Finding Your Way Back to Work After Cancer (French only)
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[00:00:00 À l’écran : Parole d’experts]
Catherine Duranceau : [00:00:05] Bonjour. Bienvenue au balado Paroles d'experts. Je suis votre animatrice Catherine Duranceau. Aujourd'hui, on aborde un sujet délicat, mais très important : le retour au travail après un cancer. Trop souvent, les ressources disponibles sont méconnues, autant par les employés que par les employeurs, ce qui complique inutilement le processus. Ensemble, on va décortiquer comment les milieux de travail peuvent accompagner en douceur leurs employés et quels outils font vraiment la différence.
[00:00:30 À l’écran : Nos invitées]
[00:00:34 À l’écran : Cheffe sushi et entrepreneure québécoise, propriétaire de l’entreprise « Sushi à la Maison »]
Geneviève Everell : [00:00:33] Allô! Mon nom est Geneviève Everell. Je suis cheffe propriétaire de l'entreprise Sushi à la maison. Donc, je suis cheffe sushi, animatrice, conférencière, auteure et en rémission d'un cancer du sein depuis un an.
[00:00:45 À l’écran : Sarah Beaudry, conseillère promotion santé chez Beneva]
Sarah Beaudry : [00:00:45] Bonjour, je m'appelle Sarah Beaudry, je suis conseillère en santé organisationnelle chez Beneva et, mon but principal au travail, c'est de venir accompagner les organisations pour implanter les meilleures pratiques de gestion afin de créer des environnements de travail qui vont être sains, bienveillants et inclusifs pour tous.
[00 :01 :01 À l’écran : Table ronde]
Catherine Duranceau : [00:01:04] Geneviève, vraiment contente de t'avoir avec nous. Tu as traversé une dure épreuve, celle du cancer du sein tout en étant enceinte. Raconte-nous un peu ton histoire et comment tu as fait pour traverser cette épreuve-là?
Geneviève Everell : [00:01:16] C'est sûr que tsé, j'étais complètement enceinte, à peu près à ton stade, là.
Catherine Duranceau : [00:01:19] Tu me regardes, là, oui c’est ça.
Geneviève Everell : [00:01:20] Fait que tsé, c'est sûr que je me replonge dans un moment où j'ai là perdu complètement le fil du reste de ma grossesse, parce que j'ai déniché une bosse dans mon sein gauche en pensant que j'étais juste, genre, montée de lait, hormones, etc. Finalement, pour me rendre compte que j'avais un cancer du sein stade 3 agressif. Donc, c'est comme « OK, qu'est-ce qu'on fait maintenant? » Donc, ça a été vraiment l’espèce de vitesse grand V de : il faut faire une césarienne d'urgence, puis il faut commencer les traitements de chimiothérapie invasive le plus tôt possible. Fait que, ça a été une très grosse année, année et demie, deux ans là, je te dirais, où tu n'as plus le contrôle sur rien, puis tu essaies tout simplement d'essayer de te trouver à travers une nouvelle épreuve, si on veut.
Catherine Duranceau : [00:02:09] Puis tu étais à 34 semaines, je suis à 34 semaines, je ne peux pas imaginer avoir ce choc, le stress que ça peut t'apporter, tout simplement. Ils nous disent enceinte : essaie d'être pas stressée. Et là, ta vie bascule, ton congé de maternité devient un congé de maladie. Comment tu as gardé le moral?
Geneviève Everell : [00:02:24] Incroyable! Pour vrai, je te regarde, puis je réalise que c'est ça. C'est fou, là. C'est la pire affaire que tu peux recevoir comme choc, là. Bien, en tout cas. Fait que là, tu te rends compte que, non seulement, que tu vas avoir à gérer un poupon, qui est quand même un défi en soi, puis là, bien, il faut que tu gères la maladie, puis il faut que tu te gères, toi, en tant qu'humain qui a la maladie puis qui est la maman. Fait que là, mon amoureux, j'étais chanceuse parce que moi, mon chum, c'était déjà planifié qu'il était papa à la maison. C'est lui qui a pris le long congé.
Catherine Duranceau : [00:02:54] C'était déjà dans les plans. Mon Dieu!
Geneviève Everell : [00:02:55] C’était déjà dans les plans. Moi, je retournais travailler en gambadant parce que j'adore travailler. J'adore mes enfants, mais j'adore travailler aussi. Puis, c'est vraiment ironique parce que, la date à laquelle je retournais travailler techniquement sur mes papiers de RQAP, c'est ma date de ma première chimiothérapie. Fait que, c'est vraiment fascinant, parce que là finalement, il n'y a plus rien qui se passe comme prévu. Mais étrangement, puis là, on s'entend que vous allez comprendre la nuance, là, c'est que je n'aurais jamais passé autant de temps avec ma fille puis mon amoureux parce que je serais retournée travailler, tsé. Fait qu'il y a quelque chose de beau quand même, parce que je suis cette personne qui réussit à trouver le beau dans le lait. Bien, j'ai été avec ma fille à toutes les minutes.
Catherine Duranceau : [00:03:36] C'est tellement beau.
Geneviève Everell : [00:03:37] Je suis vraiment privilégiée.
Catherine Duranceau : [00:03:37] Puis tout ça est parti, tu en as parlé, de ton entreprise Sushi à la maison. C'est ton bébé, tu es une entrepreneure qui a de l'énergie. Fait que, comment tu as annoncé à ton équipe : OK, je dois prendre une pause. Comment tu as préparé un peu ce départ qui n'était pas voulu? Comment ça s'est fait?
Geneviève Everell : [00:03:54] Bien, je préparais mon départ de congé de maternité d'à peu près deux mois. Fait que déjà, on avait une base de départ, là, tsé, de non-présence, là, tsé. Mais en même temps, je m'imaginais très bien aller au bureau avec Milie dans la coquille, là, tsé. Fait que. Mais en même temps, je suis tellement proche de mon équipe, fait que tsé tout ce qui est administration de Sushi à la Maison, tsé, on est cinq là, tsé, c'est tout petit, tout petit, là.
Catherine Duranceau : [00:04:13] C’est fou, hein!
Geneviève Everell : [00:04:14] Tsé, on était dans… les filles savaient tout là en temps réel, là. Fait que, tsé, c'est pas… genre, j'ai pas annoncé.
Catherine Duranceau : [00:04:19] Puis j'ai vu que, ta meilleure amie, c'est aussi ton bras droit.
Geneviève Everell : [00:04:23] Oui.
Catherine Duranceau : [00:04:24] C'est-tu aussi grâce à elle que ça a été aussi fluide, est-ce que tu dirais ça?
Geneviève Everell : [00:04:27] Bien, Stéphanie est devenue ma meilleure amie à cause du travail. Je la connaissais pas avant. Fait que, c'est devenu ma douce moitié, comme je l'appelle là. Fait que oui, oui, définitivement que c'est, entre autres, à cause d'elle que tout a continué de bien fonctionner. En fait, j'ai l'impression que tout le monde a son chapeau dans l'entreprise. Puis quand j'ai annoncé ma maladie, tout le monde a fait ça de même, tsé, genre : je vais le tenir bien fort, mon chapeau.
Catherine Duranceau : [00:04:47] Une belle solidarité. C'était la façon d'être là pour toi. Puis ça, c'est un scénario parfait. Sarah, qu'est-ce que tu pourrais nous dire? Comment ce modèle de solidarité était peut-être comme un modèle idéal que d'autres employeurs devraient s'inspirer?
Sarah Beaudry: [00:05:00] Bien oui, absolument. Et puis, je trouve que ton exemple est magnifique, là, en fait. Puis c’est ce qu'on… on peut voir justement la portée de ce soutien-là qui est bien installé, puis cette sécurité là psychologique que tu as envers ton équipe, à quel point ça peut être puissant pour la personne qui vit une expérience difficile avec la maladie.
Geneviève Everell : [00:05:18] Puis, je pense que les employés étaient heureux que je leur fasse aussi confiance. Tsé, c'est étrange un peu à dire, mais tsé, je pense que si tu as un employeur qui quitte ou des employés qui sont comme, « Bien là, tu vas-tu bien t’occu… » Tsé, là, c'est comme, à un moment donné, il faut faire confiance. Puis, tsé, je veux dire, en tout cas, nous, on n'opère pas à cœur ouvert, là, tsé, Je veux dire, on sauve pas des vies, là. Fait que, tsé. Après ça, on va gérer.
Sarah Beaudry: [00:05:37] Bien non, c'est ça. Ça fait que, tsé, ça revient à dire, justement, je pense que ce lien-là de proximité et de confiance, ça se travaille bien avant qu'un employé quitte là pour une raison médicale ou en tout cas.
Catherine Duranceau : [00:05:50] Puis, ce serait quoi les premières choses à mettre en place, là, avant que l'employé quitte en congé?
Sarah Beaudry: [00:05:54] Oui, bien, assurément justement de construire cette culture-là de prévention, de support, que les gens soient confortables, aller vers les uns vers les autres pour avoir des belles conversations franches avec de la confiance, de l'ouverture d'esprit. Fait que ça, ça se construit, ça ne se fait pas en une journée, évidemment. Puis après, justement, si un employé doit quitter pour une absence, bien, c'est de le maintenir aussi, ce contact-là, même quand l'employé n'est pas là. De toujours valider « Est-ce que tu es confortable que je t'appelle? Je prends des nouvelles, veux-tu des nouvelles de tes collègues aussi? Tu veux-tu savoir comment ça marche aussi au travail pendant que tu es pas là? » Tsé, il y en a, pour certaines personnes, ils veulent rester dans la loop de tout ça, là.
Geneviève Everell : [00:06:33] Oui, puis on parle très rarement aussi des gens malades qui désirent continuer à travailler. Il y en a.
Catherine Duranceau : [00:06:37] Oui, ça c’est vrai. J’en connais.
Geneviève Everell : [00:06:39] Il y en a qui peuvent, puis il y en a qui veulent. C'est ça, tsé. Fait que je pense que c’est… En tout cas, je dis ça, je dis rien. Mais en tant qu'employeur, la question se pose. De faire comme « Toi, tu as envie de le vivre comment, ta maladie? » Parce qu'on n'est pas tous pareils comme humains en général. Fait que, dans la maladie, il y a plein de scénarios possibles, là, tsé.
Sarah Beaudry: [00:06:54] Oui. Puis, ça peut être un super grand facteur de motivation aussi, là, le travail. Il y en a pour plusieurs qui se réalisent tellement là-dedans que, pour eux, c'est important de revenir, c'est important d'encore être dans le groupe…
Geneviève Everell : [00:07:05] D’être tenu au courant, oui.
Sarah Beaudry: [00:07:05] …dans l'équipe, d'être fonctionnel, puis tout ça. Fait que, tsé, tout ça là, c'est tout relié, là. C'est tout relié ensemble.
Geneviève Everell : [00:07:11] Oui, puis il faut pas prétendre qu'on veut pas être dérangée. Tsé, il y en a « Ah bien, là, on va t'enlever des conversations parce que, tsé, tu es malade, prends ça pour toi ». Hey! Moi, juste de savoir, là, qu'est-ce qui se passe, les dossiers sont rendus où, nanana…
Catherine Duranceau : [00:07:21] Ça te sécurisait?
Geneviève Everell : [00:07:22] Bien, pas nécessairement moi, mais je pense à quelqu'un qui pourrait faire « Hey moi, j'ai pas envie de me sentir exclu » et revenir dans un an et demi, deux ans, puis faire comme « Mon Dieu, j'ai plus rapport ici ». Ça doit être un choc là, tsé.
Catherine Duranceau : [00:07:33] Non, tu as raison, tu le ressens plus. Absolument. Puis le fait de retourner, réintégrer le travail, ça s'est fait de façon naturelle et tu es rentrée à 100 %, tu es revenue à 100 %?
Geneviève Everell : [00:07:44] Ouin, peut-être trop intense.
Catherine Duranceau : [00:07:46] Ah oui? OK. Parle-nous de ça?
Geneviève Everell : [00:07:47] Écoute, j'avais même pas encore tant que ça de poils repoussés sur mon coco, puis j'étais en événement, là. Tsé, j'ai exagéré. Oui. Je m'en veux pas. Vraiment pas. Puis, ça a pas terni quoi que ce soit.
Catherine Duranceau : [00:07:59] Tu dis dès que tes traitements ont terminés?
Geneviève Everell : [00:08:01] Oui, dès que mes traitements ont terminé. Moi j'ai…
Catherine Duranceau : [00:08:04] C’est un an?
Geneviève Everell : [00:08:05] Un an, un an et demi. Parce que moi, j'avais luminothérapie aussi. Donc là, il y a l'opération, ensuite il y a la radiothérapie. Puis ensuite, il y a luminothérapie qui m'a suivie pendant… donc, la molécule ciblée jusqu'en février suivant. Fait que, ça a été une grosse année et demie, là.
Catherine Duranceau : [00:08:19] Puis après ça, tu t’es dit : J'ai la force de retourner cinq jours, cinq jours semaine au travail?
Geneviève Everell : [00:08:27] Pour tout le reste de ma vie, là. Non, non, mais oui, rapidement. Mais j'ai… rapidement, ce qui me manquait, c'était le contact humain. Fait que, là, moi, j'avais comme soif de voir des gens, de voir mes clientes, aller faire des soirées. Je voulais remettre du riz sur ma feuille d'algue, je voulais entendre les gens faire « Hum, hum, hum… C'est bon, c'est bon », tu comprends? Fait que, c'est ça, ma paye, moi dans la vie. C'est les humains que je côtoie, puis qui aiment le produit, tsé.
Catherine Duranceau : [00:08:47] Fait que, si tu avais à le refaire, c'est quoi, la différence? Tu le ferais quatre jours semaine? Ce serait quoi, ta petite nuance?
Geneviève Everell : [00:08:51] Bien, peut-être que je prendrais pas autant de choses. C'est juste ça. Je me gérerais un petit peu plus un horaire intelligent. Parce que tsé, c'est ça. Tsé, c'est juste, comme « Geneviève là, tu as genre sept événements cette semaine ». Tsé, je prenais tout. On dirait que, non seulement, qu'on le fait quand on est de retour de congé de maternité, on dirait qu'on veut reprendre le temps perdu.
Catherine Duranceau : [00:09:09] Oui, mais là, j’imagine.
Sarah Beaudry : [00:09:10] On veut retrouver nos trucs.
Geneviève Everell : [00:09:11] Congé de maternité, puis là, congé de maladie. Là, j'étais comme « J'ai été tellement invalide. Là, je vais montrer que je suis valide ».
Catherine Duranceau : [00:09:16] Je suis valide, je suis là, j'ai toute ma tête. Puis Sarah, comme elle l'a mentionné dans le fond, tu serais revenue peut-être quatre jours avec un petit peu moins de tâches. Est-ce que c'est un peu ce que tu conseillerais aux employeurs?
Sarah Beaudry: [00:09:29] Bien oui. Oui, oui, absolument. Tsé, au-delà de l'horaire de la semaine, souvent on voit des retours progressifs. On va beaucoup axer sur le nombre d'heures par semaine. Mais, évidemment qu'il faut que les tâches aussi aillent avec là, tsé. Il faut qu'il y ait une progression aussi par rapport à ça. Puis, tsé, il ne faut pas penser que l'employé est moins compétent quand il revient, là, tsé. Il y a encore les mêmes compétences, sinon plus. Il a gagné en bagage, en expérience. Fait que tsé, tout ça fait partie d'une transition. Fait que, encore là, c'est toujours de voir avec l'employé c'est quoi sa zone de confort, qu'est-ce qu'il veut donner, qu'est-ce qu’il est confortable, c'est quoi son niveau d'énergie aussi. Puis, toujours faire des suivis par rapport à ça pour être sûr que ça répond bien à sa transition à lui aussi.
Geneviève Everell : [00:10:09] C'est tellement intéressant qu’est-ce que tu dis. Parce que dans ma tête à moi, le visage qu'on a quand on revient au travail, on est encore assez amochée, tsé. Je vais être honnête, là, avant que tu redeviennes toi-même, là, c'est un beau tour d'horloge, là, de calendrier annuel, tsé. Fait que, je pense que c’est ce qui peut intimider l'employeur, de faire « Mon Dieu, tsé, elle est maganée. Elle est peut-être encore…. Ouh! », tsé. Mais, on est là, là, pareil là dans notre tête. Tsé, c'est un peu comme…
Catherine Duranceau : [00:10:34] Contradictoire?
Geneviève Everell : [00:10:34] Oui, full.
Catherine Duranceau : [00:10:36] Parce que ton cerveau est là, mais ton corps est comme : attends là, c'est parce qu'il faut que tu me donnes un petit peu le temps de revenir.
Geneviève Everell : [00:10:41] Oui. Puis ça peut être intimidant pour l'employeur qui lui, son impression, c'est « Elle est peut-être pas prête » ou, tsé. Tandis que je pense que c'est… vraiment, ce que tu dis, c'est la communication.
Sarah Beaudry: [00:10:49] Oui, bien oui! C'est ça, de mettre des mesures d'adaptation, là. Dans tous les nouveaux, en fait là. De valider justement toutes les aptitudes physiques, psychologiques, aussi le niveau d'énergie puis...
Catherine Duranceau : [00:10:59] Pour être sûr que ça se fasse de façon fluide.
Sarah Beaudry: [00:11:01] Absolument. C'est ça.
Catherine Duranceau : [00:11:02] Ah oui!
Sarah Beaudry: [00:11:02] Tsé, progressif, à son rythme aussi, puis à respecter tout ça.
Catherine Duranceau : [00:11:05] Tu l'as un peu mentionné, mais c'est quoi les conseils que tu donnerais vraiment à des employeurs? Parce que tu l'as vécu et tu es aussi entrepreneure. Tu as comme tous les chapeaux. Ça serait quoi le conseil que tu donnerais ou les conseils?
Geneviève Everell : [00:11:17] Bien tsé, le conseil, c’est vraiment d'écouter la personne. Tsé, je pense que c'est la personne qui sait le plus qu'est-ce qu'elle a besoin pour elle, tsé. À la limite même « As-tu des nouveaux objectifs? As-tu envie d'en faire plus? As-tu des nouvelles idées? » On a tellement le temps de penser, quand on est en arrêt de travail. Tsé, si tu as la chance d'être dans une entreprise dans laquelle tu peux t'impliquer, tu peux investir ton temps, ta créativité, c'est sûr que ça peut être chouette de le demander. C'est sûr que si c'est une job, un peu plus de bureau de 9 à 5, bon, c'est une autre réalité qui est aussi pertinente. Mais tsé, c'est de demander… comme tsé, vraiment un genre de… il doit y avoir des questionnaires de retour de travail, tsé, des trucs de même ou des outils?
Sarah Beaudry: [00:11:53] Oui, oui, bien, il y en a plein. Tsé, c'est ça. Quand l'employé justement est prêt à revenir, bien, c'est sûr que les équipes prennent en charge soit des équipes de ressources humaines ou d'invalidité ou peu importe, qui valident avec l'employé ces nouvelles habiletés, justement s'il est prêt à revenir, comment il voit ça aussi. Fait que, tsé, puis porter le message aussi à l'équipe qui attend cette personne-là aussi. Tsé, l'équipe, possiblement qu'ils vont avoir des questions aussi. Est-ce qu'ils ont le droit de lui demander ça? Ou la personne, il y en a qui ne sont pas confortables d'en parler. Tsé, ils veulent tu aller là, ne veulent pas? Fait qu'encore là, tout est dans la communication.
Geneviève Everell : [00:12:22] Vraiment!
Sarah Beaudry: [00:12:23] Puis, de rendre ça très bienveillant aussi pour la personne qui le vit.
Geneviève Everell : [00:12:24] C'est le contact humain, tsé. Je pense que c'est de vraiment faire « Tsé comment ça va? », puis de…
Catherine Duranceau : [00:12:31] De s’asseoir.
Geneviève Everell : [00:12:33] Tsé, de montrer. En tant qu'employeur, je pense que tu es un humain aussi. Tu peux être vulnérable, puis tu as littéralement vraiment envie de savoir comment la personne va, tsé.
Catherine Duranceau : [00:12:39] Et la chose à ne pas faire, c'est quand tu reviens, c'est pas ça. On dirait que cette question-là met juste la pression. Fait que : c'est quand ton retour?
Sarah Beaudry: [00:12:45] Bien oui!
Geneviève Everell : [00:12:46] Oui, c’est ça.
Catherine Duranceau : [00:12:46] Puis ça, c'est comme à ne pas faire, hein? Tu ris, mais c'est vrai.
Sarah Beaudry: [00:12:49] Mais non, ça me fait penser. Parce que quand on…
Geneviève Everell : [00:12:51] C'est vrai.
Sarah Beaudry: [00:12:51] Quand je dis « Gardez le contact avec l'employé s'il est d'accord pendant son absence ». Mais tsé l'idée, c'est pas justement de demander des questions sur son état de santé, c'est pas ça du tout. C'est juste de garder cette petite bulle-là que peut-être pour la proximité que vous avez gardée. C’est ça.
Geneviève Everell : [00:13:04] On pense à toi. Tsé, envoyer une petite carte à Noël, si tu es ton processus se passe pendant les Fêtes, tsé juste pour...
Sarah Beaudry: [00:13:09] Exact. C'est pas pour poser des questions sur son état de santé. « Quand est-ce que tu reviens? On t'attend. Tsé, la charge, nanana ». C'est pas ça, là.
Geneviève Everell : [00:13:15] Ou le dossier, il est où, là? Tsé.
Catherine Duranceau : [00:13:18] « Tsé tu es partie. Ton dossier, on le cherche ». Hey non, non, pas stresser.
Geneviève Everell : [00:13:21] Malgré que ça dépend de la personne. Elle pourrait se sentir bien, bien confortable de le dire parce qu'elle ferait comme « Ah tsé, ils ont… »
Catherine Duranceau : [00:13:27] Ils ont pensé à moi, tsé.
Geneviève Everell : [00:13:27] « Je suis encore utile », tsé, genre.
Catherine Duranceau : [00:13:30] Mais c’est délicat.
Geneviève Everell : [00:13:31] Mais c'est délicat, parce que tsé, on réagit pas pareil. Puis la maladie, ça te marque au fer rouge, là, tsé. Il faut juste filer le vibe de comment la personne réagit, tsé.
Catherine Duranceau : [00:13:37] Fait que filer le vibe, mais des gestes concrets que l'employeur pourrait faire, qu'est-ce que tu dirais que ce serait?
Sarah Beaudry: [00:13:42] On garde le contact, c'est certain, mais on le travaille en amont. Puis après ça, pendant l'arrêt de travail, on essaie de garder aussi les collègues, l'équipe dans la boucle de tout ça. On ajuste les tâches, l'horaire, fait que le temps, les projets aussi pour le retour au travail. C'est important aussi que le gestionnaire connaisse : c'est quoi qui est disponible aussi dans l'organisation? C'est quoi que l'entreprise offre à l'employé? Est-ce qu'il y a un programme d'aide aux employés avec la couverture d'assurance? Il y a tu lieu d'avoir, justement, thérapie, ergothérapeute. Tsé, il y a tellement plein de services qui sont offerts, mais il faut que le gestionnaire, l'équipe de ressources humaines soit en mesure de communiquer cette information-là aussi à l'employé.
Catherine Duranceau : [00:14:16] En mesure de… pas le vendre à l'employé, mais de dire si c’est disponible, go.
Sarah Beaudry: [00:14:20] Non, non, mais oui, c’est ça. Si c'est disponible, prends-le, tsé, si tu as besoin. Fait que, c'est sûr que c'est super important. Puis, tsé, on fait des suivis réguliers aussi. Puis avant que l'employé revienne, on lui demande : Comment tu vois ça? Comment tu vois ta collaboration future? Il y a tu des projets qui te stimulent? Tsé, il y a plein de questions à poser justement pour préparer ce terrain-là.
Catherine Duranceau : [00:14:36] Puis après une longue absence, il y a des fois des effets cognitifs qu'on peut avoir?
Sarah Beaudry: [00:14:41] Oui, bien oui, c'est sûr. Là, je ne suis pas médecin, je ne suis pas professionnelle de la santé, mais évidemment que j'ai lu beaucoup sur le sujet. Fait que tsé. lenteur mentale, perte de mémoire. Fait que, oui, c'est sûr que ça existe. Puis encore là, l'idée en arrière de tout ça, bien, c'est d'en parler aussi, de le communiquer aussi à son employeur. « Bien, tsé, moi j'ai ces impacts-là, comment qu'on peut justement trouver des solutions », peut-être avec le médecin gestionnaire puis la personne qui le vit, quelles solutions on peut mettre en place pour que ça soit un retour un peu plus fluide.
Catherine Duranceau : [00:15:08] Tsé, comme, quand on a un congé de maternité où on arrive, on a le mom brain, ça, on sait que ça existe.
Geneviève Everell : [00:15:11] Chemo brain.
Catherine Duranceau : [00:15:13] Chemo brain?
Geneviève Everell : [00:15:13] Oui, oui, oui! Oui, oui! Oui, oui! Hein, Jelly Bean solide!
Catherine Duranceau : [00:15:17] Je ris, mais je devrais pas rire.
Geneviève Everell : [00:15:18] Oui, oui, non, non, mais à un moment donné, un chat c'est un chat. Oui, oui, vraiment, c'est un fait, là. Tsé, tu es comme dans une espèce de brouillard, là. Tu n'es plus capable de penser, ça...
Catherine Duranceau : [00:15:28] Parce que ça brûle dans le fond, ton système, donc ton énergie, de la fatigue?
Geneviève Everell : [00:15:32] Oui, oui. Bien la fatigue, c'est le premier symptôme que presque tout le monde a en chimio. Moi, j'ai été chanceuse, j'ai pas eu de fatigue. Mais tsé, c'est vraiment quelque chose de très, très répandu. Puis sinon, bien, c'est ça, l'espèce de… tsé, pas d'être dans les vapes là, mais tsé. Puis, ça peut rester un petit peu, là. Tsé, il y a un moment d'adaptation, là.
Catherine Duranceau : [00:15:50] Je connaissais pas ce terme-là, mais c'est bon à savoir.
Geneviève Everell : [00:15:53] Oui, oui, c'est capoté. Tu es pas comme l'ombre de toi-même en chimiothérapie.
Catherine Duranceau : [00:15:57] C’est ça, tu es comme tranquillement une autre personne, c'est ça.
Geneviève Everell : [00:16:01] Tu es comme… ça va pas.
[00:16:02 À l’écran : Moment marquant]
Catherine Duranceau : [00:16:09] Geneviève, est-ce que tu aurais une anecdote touchante, drôle que tu pourrais nous partager aujourd'hui?
Geneviève Everell : [00:16:13] Bien tsé, je pense que vous comprenez mon vibe, là. Je suis très… je dédramatise puis je rends les choses un peu cocasses, tsé. Puis c'est drôle parce que, les premiers mandats de travail que j'ai eu après la maladie, tsé, j'avais encore l'air… pas malade, mais tsé, j'avais encore mon coco, puis tsé, la médication transforme un peu ton corps, puis ton teint, puis tout ça, tsé. Fait que tsé là, je voyais des collègues, mais admettons plus éloignés ou tout ça, ou des amis de l'univers du travail qui étaient comme « Allô… » tsé? Puis je pense qu'il faut juste comme regarder la personne avec les mêmes yeux qu'avant. Tsé, je pense, personne a été maladroit ou pas fin ou quoi que ce soit, mais juste comme il y a comme un genre de « Allô… » Puis tu es comme « Hey, non, non, mais ça va, je te jure, là, tsé! » Fait que, je pense qu'en tant qu'humain, quand on rencontre quelqu'un qui traverse la maladie, tsé, de juste rester soi-même.
Catherine Duranceau : [00:17:02] Puis, de comme pas me prendre par pitié. On dirait que c’était comme ah…
Geneviève Everell : [00:17:05] Oui, ou même comme un enfant. Ça, c'est drôle. « Est-ce que tu veux quelque chose? » ou tsé comme… Tu es juste genre « Hey, ça va, je suis encore une adulte qui vient de mettre au monde un enfant et tout va bien, tsé ». Mais, je comprends parce que tu veux comme… on dirait que, la personne, elle devient fragile. Fait que, je comprends l'espèce d'intention de vouloir être doux. Mais tsé, je pense qu'il faut continuer de se faire regarder. Puis tsé, même mon conjoint là, tsé. On parle peu des conjoints dans l'aventure de la maladie, puis tsé, je le… En tout cas, je les trouve extraordinaires de garder le fort, puis de nous aimer avec les yeux du cœur. Parce que je ressemblais plus du tout à la personne qu’il a choisie. Mais, c'est revenu!
Catherine Duranceau : [00:17:43] Ah!... L'amour est là. Vous avez tellement l'air heureux ensemble.
Geneviève Everell : [00:17:45] Oui, vraiment.
[00:17:46 À l’écran : À retenir]
Catherine Duranceau : [00:17:46] Et Sarah, dis-nous, pourrais-tu faire un petit résumé de notre conversation?
Sarah Beaudry: [00:17:57] Bien oui, absolument. Je pense que le message à retenir, en fait, de tout ça là, c'est d'avoir cette approche-là qui va être humaine, bienveillante, avec de l'ouverture d'esprit, mettre en place une culture de sécurité psychologique justement avec, peu importe. Que ça soit pour le cancer ou peu importe la maladie ou la situation, tsé, on vit tous des situations qui sont difficiles, fait que tsé, je pense que c'est tellement porteur pour un milieu de travail, de développer tout ça. Puis, une fois justement que la personne est prête, bien, on se fait un plan de retour au travail qui va être graduel. On ajuste ce qui doit être ajusté au niveau des attentes, des besoins, des tâches, des heures, peu importe là. On garde ce lien-là, on le cultive, puis c'est ça qui va faire qu'on a un terreau fertile pour faire en sorte que l'employé, je pense, va se sentir bien et épanoui dans tout ça, dans cette transition de vie là, puis il va en sortir grandi, lui, au final.
Catherine Duranceau : [00:18:46] Bien dit : transition de vie.
Sarah Beaudry: [00:18:47] Oui.
Catherine Duranceau : [00:18:48] Hey les filles, merci tellement pour votre temps. Merci d'avoir été aussi généreuses. Puis, je sais que tu es habituée de partager ton parcours, mais vraiment, ça va vraiment en inspirer d'autres. Et merci pour tes outils, pour savoir comment gérer un retour fluide.
[00:19:04 TRANSITION]
Catherine Duranceau : [00:19:06] On vous remercie de nous avoir écoutés et, surtout, on espère que ces conseils vous seront utiles dans votre future pratique. Si jamais vous avez des questions, on vous invite à nous écrire balado@beneva.ca. Si vous souhaitez avoir plus d'information et de découvrir de nouveaux épisodes, on vous invite à aller sur le site web de Beneva, section balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vont vous donner des outils pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.
[00:19:29 Générique]
FIN DE TRANSCRIPTION
How can you support someone returning to work after a long absence? That’s the central theme of this episode, in which Geneviève Everell shares a life-changing experience: a cancer diagnosis at 34 weeks of pregnancy. Our host, Catherine Duranceau, and Sarah Beaudry, an organizational health advisor, talk with her about best practices… and attitudes to avoid, such as overprotecting employees who are easing back into work.
With humour and transparency, the trio gets back to basics: successful support starts well before the illness, in a culture where trust and communication flow freely. Join their conversation — whether you’re a manager, an employer, or you simply want to support your colleagues.
Animation : Catherine Duranceau
Guests: Geneviève Everell, owner and chef of Sushi à la maison and Sarah Beaudry, organizational health consultant at Beneva
00:00
19:40
[00:00:00 À l’écran : Parole d’experts]
Catherine Duranceau : [00:00:05] Bonjour. Bienvenue au balado Paroles d'experts. Je suis votre animatrice Catherine Duranceau. Aujourd'hui, on aborde un sujet délicat, mais très important : le retour au travail après un cancer. Trop souvent, les ressources disponibles sont méconnues, autant par les employés que par les employeurs, ce qui complique inutilement le processus. Ensemble, on va décortiquer comment les milieux de travail peuvent accompagner en douceur leurs employés et quels outils font vraiment la différence.
[00:00:30 À l’écran : Nos invitées]
[00:00:34 À l’écran : Cheffe sushi et entrepreneure québécoise, propriétaire de l’entreprise « Sushi à la Maison »]
Geneviève Everell : [00:00:33] Allô! Mon nom est Geneviève Everell. Je suis cheffe propriétaire de l'entreprise Sushi à la maison. Donc, je suis cheffe sushi, animatrice, conférencière, auteure et en rémission d'un cancer du sein depuis un an.
[00:00:45 À l’écran : Sarah Beaudry, conseillère promotion santé chez Beneva]
Sarah Beaudry : [00:00:45] Bonjour, je m'appelle Sarah Beaudry, je suis conseillère en santé organisationnelle chez Beneva et, mon but principal au travail, c'est de venir accompagner les organisations pour implanter les meilleures pratiques de gestion afin de créer des environnements de travail qui vont être sains, bienveillants et inclusifs pour tous.
[00 :01 :01 À l’écran : Table ronde]
Catherine Duranceau : [00:01:04] Geneviève, vraiment contente de t'avoir avec nous. Tu as traversé une dure épreuve, celle du cancer du sein tout en étant enceinte. Raconte-nous un peu ton histoire et comment tu as fait pour traverser cette épreuve-là?
Geneviève Everell : [00:01:16] C'est sûr que tsé, j'étais complètement enceinte, à peu près à ton stade, là.
Catherine Duranceau : [00:01:19] Tu me regardes, là, oui c’est ça.
Geneviève Everell : [00:01:20] Fait que tsé, c'est sûr que je me replonge dans un moment où j'ai là perdu complètement le fil du reste de ma grossesse, parce que j'ai déniché une bosse dans mon sein gauche en pensant que j'étais juste, genre, montée de lait, hormones, etc. Finalement, pour me rendre compte que j'avais un cancer du sein stade 3 agressif. Donc, c'est comme « OK, qu'est-ce qu'on fait maintenant? » Donc, ça a été vraiment l’espèce de vitesse grand V de : il faut faire une césarienne d'urgence, puis il faut commencer les traitements de chimiothérapie invasive le plus tôt possible. Fait que, ça a été une très grosse année, année et demie, deux ans là, je te dirais, où tu n'as plus le contrôle sur rien, puis tu essaies tout simplement d'essayer de te trouver à travers une nouvelle épreuve, si on veut.
Catherine Duranceau : [00:02:09] Puis tu étais à 34 semaines, je suis à 34 semaines, je ne peux pas imaginer avoir ce choc, le stress que ça peut t'apporter, tout simplement. Ils nous disent enceinte : essaie d'être pas stressée. Et là, ta vie bascule, ton congé de maternité devient un congé de maladie. Comment tu as gardé le moral?
Geneviève Everell : [00:02:24] Incroyable! Pour vrai, je te regarde, puis je réalise que c'est ça. C'est fou, là. C'est la pire affaire que tu peux recevoir comme choc, là. Bien, en tout cas. Fait que là, tu te rends compte que, non seulement, que tu vas avoir à gérer un poupon, qui est quand même un défi en soi, puis là, bien, il faut que tu gères la maladie, puis il faut que tu te gères, toi, en tant qu'humain qui a la maladie puis qui est la maman. Fait que là, mon amoureux, j'étais chanceuse parce que moi, mon chum, c'était déjà planifié qu'il était papa à la maison. C'est lui qui a pris le long congé.
Catherine Duranceau : [00:02:54] C'était déjà dans les plans. Mon Dieu!
Geneviève Everell : [00:02:55] C’était déjà dans les plans. Moi, je retournais travailler en gambadant parce que j'adore travailler. J'adore mes enfants, mais j'adore travailler aussi. Puis, c'est vraiment ironique parce que, la date à laquelle je retournais travailler techniquement sur mes papiers de RQAP, c'est ma date de ma première chimiothérapie. Fait que, c'est vraiment fascinant, parce que là finalement, il n'y a plus rien qui se passe comme prévu. Mais étrangement, puis là, on s'entend que vous allez comprendre la nuance, là, c'est que je n'aurais jamais passé autant de temps avec ma fille puis mon amoureux parce que je serais retournée travailler, tsé. Fait qu'il y a quelque chose de beau quand même, parce que je suis cette personne qui réussit à trouver le beau dans le lait. Bien, j'ai été avec ma fille à toutes les minutes.
Catherine Duranceau : [00:03:36] C'est tellement beau.
Geneviève Everell : [00:03:37] Je suis vraiment privilégiée.
Catherine Duranceau : [00:03:37] Puis tout ça est parti, tu en as parlé, de ton entreprise Sushi à la maison. C'est ton bébé, tu es une entrepreneure qui a de l'énergie. Fait que, comment tu as annoncé à ton équipe : OK, je dois prendre une pause. Comment tu as préparé un peu ce départ qui n'était pas voulu? Comment ça s'est fait?
Geneviève Everell : [00:03:54] Bien, je préparais mon départ de congé de maternité d'à peu près deux mois. Fait que déjà, on avait une base de départ, là, tsé, de non-présence, là, tsé. Mais en même temps, je m'imaginais très bien aller au bureau avec Milie dans la coquille, là, tsé. Fait que. Mais en même temps, je suis tellement proche de mon équipe, fait que tsé tout ce qui est administration de Sushi à la Maison, tsé, on est cinq là, tsé, c'est tout petit, tout petit, là.
Catherine Duranceau : [00:04:13] C’est fou, hein!
Geneviève Everell : [00:04:14] Tsé, on était dans… les filles savaient tout là en temps réel, là. Fait que, tsé, c'est pas… genre, j'ai pas annoncé.
Catherine Duranceau : [00:04:19] Puis j'ai vu que, ta meilleure amie, c'est aussi ton bras droit.
Geneviève Everell : [00:04:23] Oui.
Catherine Duranceau : [00:04:24] C'est-tu aussi grâce à elle que ça a été aussi fluide, est-ce que tu dirais ça?
Geneviève Everell : [00:04:27] Bien, Stéphanie est devenue ma meilleure amie à cause du travail. Je la connaissais pas avant. Fait que, c'est devenu ma douce moitié, comme je l'appelle là. Fait que oui, oui, définitivement que c'est, entre autres, à cause d'elle que tout a continué de bien fonctionner. En fait, j'ai l'impression que tout le monde a son chapeau dans l'entreprise. Puis quand j'ai annoncé ma maladie, tout le monde a fait ça de même, tsé, genre : je vais le tenir bien fort, mon chapeau.
Catherine Duranceau : [00:04:47] Une belle solidarité. C'était la façon d'être là pour toi. Puis ça, c'est un scénario parfait. Sarah, qu'est-ce que tu pourrais nous dire? Comment ce modèle de solidarité était peut-être comme un modèle idéal que d'autres employeurs devraient s'inspirer?
Sarah Beaudry: [00:05:00] Bien oui, absolument. Et puis, je trouve que ton exemple est magnifique, là, en fait. Puis c’est ce qu'on… on peut voir justement la portée de ce soutien-là qui est bien installé, puis cette sécurité là psychologique que tu as envers ton équipe, à quel point ça peut être puissant pour la personne qui vit une expérience difficile avec la maladie.
Geneviève Everell : [00:05:18] Puis, je pense que les employés étaient heureux que je leur fasse aussi confiance. Tsé, c'est étrange un peu à dire, mais tsé, je pense que si tu as un employeur qui quitte ou des employés qui sont comme, « Bien là, tu vas-tu bien t’occu… » Tsé, là, c'est comme, à un moment donné, il faut faire confiance. Puis, tsé, je veux dire, en tout cas, nous, on n'opère pas à cœur ouvert, là, tsé, Je veux dire, on sauve pas des vies, là. Fait que, tsé. Après ça, on va gérer.
Sarah Beaudry: [00:05:37] Bien non, c'est ça. Ça fait que, tsé, ça revient à dire, justement, je pense que ce lien-là de proximité et de confiance, ça se travaille bien avant qu'un employé quitte là pour une raison médicale ou en tout cas.
Catherine Duranceau : [00:05:50] Puis, ce serait quoi les premières choses à mettre en place, là, avant que l'employé quitte en congé?
Sarah Beaudry: [00:05:54] Oui, bien, assurément justement de construire cette culture-là de prévention, de support, que les gens soient confortables, aller vers les uns vers les autres pour avoir des belles conversations franches avec de la confiance, de l'ouverture d'esprit. Fait que ça, ça se construit, ça ne se fait pas en une journée, évidemment. Puis après, justement, si un employé doit quitter pour une absence, bien, c'est de le maintenir aussi, ce contact-là, même quand l'employé n'est pas là. De toujours valider « Est-ce que tu es confortable que je t'appelle? Je prends des nouvelles, veux-tu des nouvelles de tes collègues aussi? Tu veux-tu savoir comment ça marche aussi au travail pendant que tu es pas là? » Tsé, il y en a, pour certaines personnes, ils veulent rester dans la loop de tout ça, là.
Geneviève Everell : [00:06:33] Oui, puis on parle très rarement aussi des gens malades qui désirent continuer à travailler. Il y en a.
Catherine Duranceau : [00:06:37] Oui, ça c’est vrai. J’en connais.
Geneviève Everell : [00:06:39] Il y en a qui peuvent, puis il y en a qui veulent. C'est ça, tsé. Fait que je pense que c’est… En tout cas, je dis ça, je dis rien. Mais en tant qu'employeur, la question se pose. De faire comme « Toi, tu as envie de le vivre comment, ta maladie? » Parce qu'on n'est pas tous pareils comme humains en général. Fait que, dans la maladie, il y a plein de scénarios possibles, là, tsé.
Sarah Beaudry: [00:06:54] Oui. Puis, ça peut être un super grand facteur de motivation aussi, là, le travail. Il y en a pour plusieurs qui se réalisent tellement là-dedans que, pour eux, c'est important de revenir, c'est important d'encore être dans le groupe…
Geneviève Everell : [00:07:05] D’être tenu au courant, oui.
Sarah Beaudry: [00:07:05] …dans l'équipe, d'être fonctionnel, puis tout ça. Fait que, tsé, tout ça là, c'est tout relié, là. C'est tout relié ensemble.
Geneviève Everell : [00:07:11] Oui, puis il faut pas prétendre qu'on veut pas être dérangée. Tsé, il y en a « Ah bien, là, on va t'enlever des conversations parce que, tsé, tu es malade, prends ça pour toi ». Hey! Moi, juste de savoir, là, qu'est-ce qui se passe, les dossiers sont rendus où, nanana…
Catherine Duranceau : [00:07:21] Ça te sécurisait?
Geneviève Everell : [00:07:22] Bien, pas nécessairement moi, mais je pense à quelqu'un qui pourrait faire « Hey moi, j'ai pas envie de me sentir exclu » et revenir dans un an et demi, deux ans, puis faire comme « Mon Dieu, j'ai plus rapport ici ». Ça doit être un choc là, tsé.
Catherine Duranceau : [00:07:33] Non, tu as raison, tu le ressens plus. Absolument. Puis le fait de retourner, réintégrer le travail, ça s'est fait de façon naturelle et tu es rentrée à 100 %, tu es revenue à 100 %?
Geneviève Everell : [00:07:44] Ouin, peut-être trop intense.
Catherine Duranceau : [00:07:46] Ah oui? OK. Parle-nous de ça?
Geneviève Everell : [00:07:47] Écoute, j'avais même pas encore tant que ça de poils repoussés sur mon coco, puis j'étais en événement, là. Tsé, j'ai exagéré. Oui. Je m'en veux pas. Vraiment pas. Puis, ça a pas terni quoi que ce soit.
Catherine Duranceau : [00:07:59] Tu dis dès que tes traitements ont terminés?
Geneviève Everell : [00:08:01] Oui, dès que mes traitements ont terminé. Moi j'ai…
Catherine Duranceau : [00:08:04] C’est un an?
Geneviève Everell : [00:08:05] Un an, un an et demi. Parce que moi, j'avais luminothérapie aussi. Donc là, il y a l'opération, ensuite il y a la radiothérapie. Puis ensuite, il y a luminothérapie qui m'a suivie pendant… donc, la molécule ciblée jusqu'en février suivant. Fait que, ça a été une grosse année et demie, là.
Catherine Duranceau : [00:08:19] Puis après ça, tu t’es dit : J'ai la force de retourner cinq jours, cinq jours semaine au travail?
Geneviève Everell : [00:08:27] Pour tout le reste de ma vie, là. Non, non, mais oui, rapidement. Mais j'ai… rapidement, ce qui me manquait, c'était le contact humain. Fait que, là, moi, j'avais comme soif de voir des gens, de voir mes clientes, aller faire des soirées. Je voulais remettre du riz sur ma feuille d'algue, je voulais entendre les gens faire « Hum, hum, hum… C'est bon, c'est bon », tu comprends? Fait que, c'est ça, ma paye, moi dans la vie. C'est les humains que je côtoie, puis qui aiment le produit, tsé.
Catherine Duranceau : [00:08:47] Fait que, si tu avais à le refaire, c'est quoi, la différence? Tu le ferais quatre jours semaine? Ce serait quoi, ta petite nuance?
Geneviève Everell : [00:08:51] Bien, peut-être que je prendrais pas autant de choses. C'est juste ça. Je me gérerais un petit peu plus un horaire intelligent. Parce que tsé, c'est ça. Tsé, c'est juste, comme « Geneviève là, tu as genre sept événements cette semaine ». Tsé, je prenais tout. On dirait que, non seulement, qu'on le fait quand on est de retour de congé de maternité, on dirait qu'on veut reprendre le temps perdu.
Catherine Duranceau : [00:09:09] Oui, mais là, j’imagine.
Sarah Beaudry : [00:09:10] On veut retrouver nos trucs.
Geneviève Everell : [00:09:11] Congé de maternité, puis là, congé de maladie. Là, j'étais comme « J'ai été tellement invalide. Là, je vais montrer que je suis valide ».
Catherine Duranceau : [00:09:16] Je suis valide, je suis là, j'ai toute ma tête. Puis Sarah, comme elle l'a mentionné dans le fond, tu serais revenue peut-être quatre jours avec un petit peu moins de tâches. Est-ce que c'est un peu ce que tu conseillerais aux employeurs?
Sarah Beaudry: [00:09:29] Bien oui. Oui, oui, absolument. Tsé, au-delà de l'horaire de la semaine, souvent on voit des retours progressifs. On va beaucoup axer sur le nombre d'heures par semaine. Mais, évidemment qu'il faut que les tâches aussi aillent avec là, tsé. Il faut qu'il y ait une progression aussi par rapport à ça. Puis, tsé, il ne faut pas penser que l'employé est moins compétent quand il revient, là, tsé. Il y a encore les mêmes compétences, sinon plus. Il a gagné en bagage, en expérience. Fait que tsé, tout ça fait partie d'une transition. Fait que, encore là, c'est toujours de voir avec l'employé c'est quoi sa zone de confort, qu'est-ce qu'il veut donner, qu'est-ce qu’il est confortable, c'est quoi son niveau d'énergie aussi. Puis, toujours faire des suivis par rapport à ça pour être sûr que ça répond bien à sa transition à lui aussi.
Geneviève Everell : [00:10:09] C'est tellement intéressant qu’est-ce que tu dis. Parce que dans ma tête à moi, le visage qu'on a quand on revient au travail, on est encore assez amochée, tsé. Je vais être honnête, là, avant que tu redeviennes toi-même, là, c'est un beau tour d'horloge, là, de calendrier annuel, tsé. Fait que, je pense que c’est ce qui peut intimider l'employeur, de faire « Mon Dieu, tsé, elle est maganée. Elle est peut-être encore…. Ouh! », tsé. Mais, on est là, là, pareil là dans notre tête. Tsé, c'est un peu comme…
Catherine Duranceau : [00:10:34] Contradictoire?
Geneviève Everell : [00:10:34] Oui, full.
Catherine Duranceau : [00:10:36] Parce que ton cerveau est là, mais ton corps est comme : attends là, c'est parce qu'il faut que tu me donnes un petit peu le temps de revenir.
Geneviève Everell : [00:10:41] Oui. Puis ça peut être intimidant pour l'employeur qui lui, son impression, c'est « Elle est peut-être pas prête » ou, tsé. Tandis que je pense que c'est… vraiment, ce que tu dis, c'est la communication.
Sarah Beaudry: [00:10:49] Oui, bien oui! C'est ça, de mettre des mesures d'adaptation, là. Dans tous les nouveaux, en fait là. De valider justement toutes les aptitudes physiques, psychologiques, aussi le niveau d'énergie puis...
Catherine Duranceau : [00:10:59] Pour être sûr que ça se fasse de façon fluide.
Sarah Beaudry: [00:11:01] Absolument. C'est ça.
Catherine Duranceau : [00:11:02] Ah oui!
Sarah Beaudry: [00:11:02] Tsé, progressif, à son rythme aussi, puis à respecter tout ça.
Catherine Duranceau : [00:11:05] Tu l'as un peu mentionné, mais c'est quoi les conseils que tu donnerais vraiment à des employeurs? Parce que tu l'as vécu et tu es aussi entrepreneure. Tu as comme tous les chapeaux. Ça serait quoi le conseil que tu donnerais ou les conseils?
Geneviève Everell : [00:11:17] Bien tsé, le conseil, c’est vraiment d'écouter la personne. Tsé, je pense que c'est la personne qui sait le plus qu'est-ce qu'elle a besoin pour elle, tsé. À la limite même « As-tu des nouveaux objectifs? As-tu envie d'en faire plus? As-tu des nouvelles idées? » On a tellement le temps de penser, quand on est en arrêt de travail. Tsé, si tu as la chance d'être dans une entreprise dans laquelle tu peux t'impliquer, tu peux investir ton temps, ta créativité, c'est sûr que ça peut être chouette de le demander. C'est sûr que si c'est une job, un peu plus de bureau de 9 à 5, bon, c'est une autre réalité qui est aussi pertinente. Mais tsé, c'est de demander… comme tsé, vraiment un genre de… il doit y avoir des questionnaires de retour de travail, tsé, des trucs de même ou des outils?
Sarah Beaudry: [00:11:53] Oui, oui, bien, il y en a plein. Tsé, c'est ça. Quand l'employé justement est prêt à revenir, bien, c'est sûr que les équipes prennent en charge soit des équipes de ressources humaines ou d'invalidité ou peu importe, qui valident avec l'employé ces nouvelles habiletés, justement s'il est prêt à revenir, comment il voit ça aussi. Fait que, tsé, puis porter le message aussi à l'équipe qui attend cette personne-là aussi. Tsé, l'équipe, possiblement qu'ils vont avoir des questions aussi. Est-ce qu'ils ont le droit de lui demander ça? Ou la personne, il y en a qui ne sont pas confortables d'en parler. Tsé, ils veulent tu aller là, ne veulent pas? Fait qu'encore là, tout est dans la communication.
Geneviève Everell : [00:12:22] Vraiment!
Sarah Beaudry: [00:12:23] Puis, de rendre ça très bienveillant aussi pour la personne qui le vit.
Geneviève Everell : [00:12:24] C'est le contact humain, tsé. Je pense que c'est de vraiment faire « Tsé comment ça va? », puis de…
Catherine Duranceau : [00:12:31] De s’asseoir.
Geneviève Everell : [00:12:33] Tsé, de montrer. En tant qu'employeur, je pense que tu es un humain aussi. Tu peux être vulnérable, puis tu as littéralement vraiment envie de savoir comment la personne va, tsé.
Catherine Duranceau : [00:12:39] Et la chose à ne pas faire, c'est quand tu reviens, c'est pas ça. On dirait que cette question-là met juste la pression. Fait que : c'est quand ton retour?
Sarah Beaudry: [00:12:45] Bien oui!
Geneviève Everell : [00:12:46] Oui, c’est ça.
Catherine Duranceau : [00:12:46] Puis ça, c'est comme à ne pas faire, hein? Tu ris, mais c'est vrai.
Sarah Beaudry: [00:12:49] Mais non, ça me fait penser. Parce que quand on…
Geneviève Everell : [00:12:51] C'est vrai.
Sarah Beaudry: [00:12:51] Quand je dis « Gardez le contact avec l'employé s'il est d'accord pendant son absence ». Mais tsé l'idée, c'est pas justement de demander des questions sur son état de santé, c'est pas ça du tout. C'est juste de garder cette petite bulle-là que peut-être pour la proximité que vous avez gardée. C’est ça.
Geneviève Everell : [00:13:04] On pense à toi. Tsé, envoyer une petite carte à Noël, si tu es ton processus se passe pendant les Fêtes, tsé juste pour...
Sarah Beaudry: [00:13:09] Exact. C'est pas pour poser des questions sur son état de santé. « Quand est-ce que tu reviens? On t'attend. Tsé, la charge, nanana ». C'est pas ça, là.
Geneviève Everell : [00:13:15] Ou le dossier, il est où, là? Tsé.
Catherine Duranceau : [00:13:18] « Tsé tu es partie. Ton dossier, on le cherche ». Hey non, non, pas stresser.
Geneviève Everell : [00:13:21] Malgré que ça dépend de la personne. Elle pourrait se sentir bien, bien confortable de le dire parce qu'elle ferait comme « Ah tsé, ils ont… »
Catherine Duranceau : [00:13:27] Ils ont pensé à moi, tsé.
Geneviève Everell : [00:13:27] « Je suis encore utile », tsé, genre.
Catherine Duranceau : [00:13:30] Mais c’est délicat.
Geneviève Everell : [00:13:31] Mais c'est délicat, parce que tsé, on réagit pas pareil. Puis la maladie, ça te marque au fer rouge, là, tsé. Il faut juste filer le vibe de comment la personne réagit, tsé.
Catherine Duranceau : [00:13:37] Fait que filer le vibe, mais des gestes concrets que l'employeur pourrait faire, qu'est-ce que tu dirais que ce serait?
Sarah Beaudry: [00:13:42] On garde le contact, c'est certain, mais on le travaille en amont. Puis après ça, pendant l'arrêt de travail, on essaie de garder aussi les collègues, l'équipe dans la boucle de tout ça. On ajuste les tâches, l'horaire, fait que le temps, les projets aussi pour le retour au travail. C'est important aussi que le gestionnaire connaisse : c'est quoi qui est disponible aussi dans l'organisation? C'est quoi que l'entreprise offre à l'employé? Est-ce qu'il y a un programme d'aide aux employés avec la couverture d'assurance? Il y a tu lieu d'avoir, justement, thérapie, ergothérapeute. Tsé, il y a tellement plein de services qui sont offerts, mais il faut que le gestionnaire, l'équipe de ressources humaines soit en mesure de communiquer cette information-là aussi à l'employé.
Catherine Duranceau : [00:14:16] En mesure de… pas le vendre à l'employé, mais de dire si c’est disponible, go.
Sarah Beaudry: [00:14:20] Non, non, mais oui, c’est ça. Si c'est disponible, prends-le, tsé, si tu as besoin. Fait que, c'est sûr que c'est super important. Puis, tsé, on fait des suivis réguliers aussi. Puis avant que l'employé revienne, on lui demande : Comment tu vois ça? Comment tu vois ta collaboration future? Il y a tu des projets qui te stimulent? Tsé, il y a plein de questions à poser justement pour préparer ce terrain-là.
Catherine Duranceau : [00:14:36] Puis après une longue absence, il y a des fois des effets cognitifs qu'on peut avoir?
Sarah Beaudry: [00:14:41] Oui, bien oui, c'est sûr. Là, je ne suis pas médecin, je ne suis pas professionnelle de la santé, mais évidemment que j'ai lu beaucoup sur le sujet. Fait que tsé. lenteur mentale, perte de mémoire. Fait que, oui, c'est sûr que ça existe. Puis encore là, l'idée en arrière de tout ça, bien, c'est d'en parler aussi, de le communiquer aussi à son employeur. « Bien, tsé, moi j'ai ces impacts-là, comment qu'on peut justement trouver des solutions », peut-être avec le médecin gestionnaire puis la personne qui le vit, quelles solutions on peut mettre en place pour que ça soit un retour un peu plus fluide.
Catherine Duranceau : [00:15:08] Tsé, comme, quand on a un congé de maternité où on arrive, on a le mom brain, ça, on sait que ça existe.
Geneviève Everell : [00:15:11] Chemo brain.
Catherine Duranceau : [00:15:13] Chemo brain?
Geneviève Everell : [00:15:13] Oui, oui, oui! Oui, oui! Oui, oui! Hein, Jelly Bean solide!
Catherine Duranceau : [00:15:17] Je ris, mais je devrais pas rire.
Geneviève Everell : [00:15:18] Oui, oui, non, non, mais à un moment donné, un chat c'est un chat. Oui, oui, vraiment, c'est un fait, là. Tsé, tu es comme dans une espèce de brouillard, là. Tu n'es plus capable de penser, ça...
Catherine Duranceau : [00:15:28] Parce que ça brûle dans le fond, ton système, donc ton énergie, de la fatigue?
Geneviève Everell : [00:15:32] Oui, oui. Bien la fatigue, c'est le premier symptôme que presque tout le monde a en chimio. Moi, j'ai été chanceuse, j'ai pas eu de fatigue. Mais tsé, c'est vraiment quelque chose de très, très répandu. Puis sinon, bien, c'est ça, l'espèce de… tsé, pas d'être dans les vapes là, mais tsé. Puis, ça peut rester un petit peu, là. Tsé, il y a un moment d'adaptation, là.
Catherine Duranceau : [00:15:50] Je connaissais pas ce terme-là, mais c'est bon à savoir.
Geneviève Everell : [00:15:53] Oui, oui, c'est capoté. Tu es pas comme l'ombre de toi-même en chimiothérapie.
Catherine Duranceau : [00:15:57] C’est ça, tu es comme tranquillement une autre personne, c'est ça.
Geneviève Everell : [00:16:01] Tu es comme… ça va pas.
[00:16:02 À l’écran : Moment marquant]
Catherine Duranceau : [00:16:09] Geneviève, est-ce que tu aurais une anecdote touchante, drôle que tu pourrais nous partager aujourd'hui?
Geneviève Everell : [00:16:13] Bien tsé, je pense que vous comprenez mon vibe, là. Je suis très… je dédramatise puis je rends les choses un peu cocasses, tsé. Puis c'est drôle parce que, les premiers mandats de travail que j'ai eu après la maladie, tsé, j'avais encore l'air… pas malade, mais tsé, j'avais encore mon coco, puis tsé, la médication transforme un peu ton corps, puis ton teint, puis tout ça, tsé. Fait que tsé là, je voyais des collègues, mais admettons plus éloignés ou tout ça, ou des amis de l'univers du travail qui étaient comme « Allô… » tsé? Puis je pense qu'il faut juste comme regarder la personne avec les mêmes yeux qu'avant. Tsé, je pense, personne a été maladroit ou pas fin ou quoi que ce soit, mais juste comme il y a comme un genre de « Allô… » Puis tu es comme « Hey, non, non, mais ça va, je te jure, là, tsé! » Fait que, je pense qu'en tant qu'humain, quand on rencontre quelqu'un qui traverse la maladie, tsé, de juste rester soi-même.
Catherine Duranceau : [00:17:02] Puis, de comme pas me prendre par pitié. On dirait que c’était comme ah…
Geneviève Everell : [00:17:05] Oui, ou même comme un enfant. Ça, c'est drôle. « Est-ce que tu veux quelque chose? » ou tsé comme… Tu es juste genre « Hey, ça va, je suis encore une adulte qui vient de mettre au monde un enfant et tout va bien, tsé ». Mais, je comprends parce que tu veux comme… on dirait que, la personne, elle devient fragile. Fait que, je comprends l'espèce d'intention de vouloir être doux. Mais tsé, je pense qu'il faut continuer de se faire regarder. Puis tsé, même mon conjoint là, tsé. On parle peu des conjoints dans l'aventure de la maladie, puis tsé, je le… En tout cas, je les trouve extraordinaires de garder le fort, puis de nous aimer avec les yeux du cœur. Parce que je ressemblais plus du tout à la personne qu’il a choisie. Mais, c'est revenu!
Catherine Duranceau : [00:17:43] Ah!... L'amour est là. Vous avez tellement l'air heureux ensemble.
Geneviève Everell : [00:17:45] Oui, vraiment.
[00:17:46 À l’écran : À retenir]
Catherine Duranceau : [00:17:46] Et Sarah, dis-nous, pourrais-tu faire un petit résumé de notre conversation?
Sarah Beaudry: [00:17:57] Bien oui, absolument. Je pense que le message à retenir, en fait, de tout ça là, c'est d'avoir cette approche-là qui va être humaine, bienveillante, avec de l'ouverture d'esprit, mettre en place une culture de sécurité psychologique justement avec, peu importe. Que ça soit pour le cancer ou peu importe la maladie ou la situation, tsé, on vit tous des situations qui sont difficiles, fait que tsé, je pense que c'est tellement porteur pour un milieu de travail, de développer tout ça. Puis, une fois justement que la personne est prête, bien, on se fait un plan de retour au travail qui va être graduel. On ajuste ce qui doit être ajusté au niveau des attentes, des besoins, des tâches, des heures, peu importe là. On garde ce lien-là, on le cultive, puis c'est ça qui va faire qu'on a un terreau fertile pour faire en sorte que l'employé, je pense, va se sentir bien et épanoui dans tout ça, dans cette transition de vie là, puis il va en sortir grandi, lui, au final.
Catherine Duranceau : [00:18:46] Bien dit : transition de vie.
Sarah Beaudry: [00:18:47] Oui.
Catherine Duranceau : [00:18:48] Hey les filles, merci tellement pour votre temps. Merci d'avoir été aussi généreuses. Puis, je sais que tu es habituée de partager ton parcours, mais vraiment, ça va vraiment en inspirer d'autres. Et merci pour tes outils, pour savoir comment gérer un retour fluide.
[00:19:04 TRANSITION]
Catherine Duranceau : [00:19:06] On vous remercie de nous avoir écoutés et, surtout, on espère que ces conseils vous seront utiles dans votre future pratique. Si jamais vous avez des questions, on vous invite à nous écrire balado@beneva.ca. Si vous souhaitez avoir plus d'information et de découvrir de nouveaux épisodes, on vous invite à aller sur le site web de Beneva, section balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vont vous donner des outils pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.
[00:19:29 Générique]
FIN DE TRANSCRIPTION