L’ABC du REEE : le petit guide des nouveaux parents

Entre 2 changements de couche et après quelques nuits écourtées, les études postsecondaires ne figurent peut-être pas parmi vos premières préoccupations. C’est bien normal. Mais commencer à y penser peut s’inscrire tout naturellement dans la suite des décisions financières que vous avez prises depuis l’arrivée de votre enfant.

Après avoir veillé à la protection financière de votre famille et adapté votre budget à votre nouvelle réalité, vous pouvez commencer à voir plus loin. Le REEE est souvent le premier outil que les parents choisissent pour épargner en vue des études d’un enfant. Avec raison. Car les premières années de vie sont souvent un bon moment pour s’y mettre. Voici pourquoi.

Le saviez-vous?

Un REEE, c’est quoi, exactement?

Le régime enregistré d’épargne-études, ou REEE, est un outil conçu pour aider les familles à mettre de l’argent de côté en vue des études postsecondaires d’un enfant.

Son fonctionnement est simple : vous versez des cotisations dans un compte prévu à cette fin. Les gouvernements provincial et fédéral y ajoutent d’intéressantes subventions. Les sommes placées dans le régime fructifient à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait, comme dans un REER.

Lorsque l’enfant entreprend des études postsecondaires admissibles, les sommes accumulées peuvent servir à financer son parcours scolaire.

REEE ou compte d’épargne?

Si le REEE est souvent recommandé aux nouveaux parents, ce n’est pas seulement parce qu’il permet d’épargner. C’est surtout parce qu’il offre des avantages qu’un compte d’épargne traditionnel ne procure pas.

1. Des subventions gouvernementales

C’est probablement ce qui fait la popularité du REEE.

Les subventions gouvernementales s’ajoutent à vos cotisations et augmentent les sommes qui fructifient au fil du temps. Votre épargne croît donc plus rapidement.

2. Une croissance à l’abri de l’impôt

Les placements détenus dans un REEE peuvent générer des revenus au fil du temps.

Tant que l’argent demeure dans le régime, ces revenus s’accumulent à l’abri de l’impôt, ce qui favorise la croissance de l’épargne.

3. Des retraits avantageux sur le plan fiscal

Le retrait de vos cotisations n’est pas imposable. Quant aux subventions gouvernementales et aux revenus de placement accumulés, ils sont versés à l’enfant sous forme de paiement d’aide aux études. Comme son revenu est souvent limité pendant cette période, l’impôt à payer est généralement faible.

Et pourquoi pas un CELI?

Tout dépend de votre objectif. Si la priorité est d’épargner en vue des études de votre enfant, le REEE a un avantage important : il donne droit aux subventions gouvernementales.

Le CELI peut aussi faire partie de votre stratégie si vous souhaitez garder une certaine flexibilité pour d’autres projets familiaux. L’argent peut y fructifier à l’abri de l’impôt et être retiré en tout temps, selon vos besoins. Mais contrairement au REEE, il ne donne pas accès aux subventions destinées à l’épargne-études.

Quel est le meilleur moment pour ouvrir un REEE?

Vous n’avez pas besoin d’attendre l’entrée à la garderie ou à l’école pour ouvrir un REEE. Vous pouvez le faire dès les premiers mois de vie de votre enfant.

Plus tôt vous commencez, plus le temps joue en votre faveur, puisque les intérêts s’accumuleront au fil des années.

Avec les nouvelles dépenses et la baisse du revenu pendant le congé parental, le budget est serré? Pas besoin de cotiser beaucoup dès le départ : de petites sommes versées régulièrement en valent la peine.

Mais attention : l’épargne-études reste une priorité parmi d’autres. Elle ne devrait pas se faire au détriment des dépenses essentielles, du fonds d’urgence ou de l’équilibre financier de votre famille.

Commencer tôt peut faire toute la différence

Découvrez comment intégrer le REEE à votre plan financier et profiter pleinement des occasions offertes pour l'avenir de votre enfant.

Qui devrait être titulaire du REEE?

Le titulaire est la personne qui ouvre le REEE et en assure la gestion. C’est notamment elle qui :

  • verse les cotisations
  • sélectionne les placements
  • autorise les retraits lorsque l’enfant entreprend des études postsecondaires

Le ou la titulaire n’a pas forcément à être le parent de l’enfant. Comme cette personne prendra des décisions liées au régime pendant plusieurs années, mieux vaut choisir quelqu’un qui comprend bien ses responsabilités et qui pourra en faire le suivi à long terme.

Vos options, selon votre situation familiale

Parent seul?

Le choix est généralement facile : vous pouvez ouvrir le régime et en être l’unique titulaire.

En couple?

Vous pouvez être cotitulaires du REEE et le gérer ensemble, ou encore désigner une seule personne comme titulaire.

Avant de prendre une décision, gardez toutefois à l’esprit qu’en cas de séparation, un REEE conjoint ne se partage pas toujours aussi simplement qu’un compte bancaire.

Famille recomposée?

Mieux vaut clarifier dès le départ qui cotise au régime, qui en assure la gestion et comment les décisions seront prises au fil du temps.

Les principaux types de REEE

Tous les REEE ont le même objectif : aider à financer les études postsecondaires. La principale différence entre les types de REEE réside dans le nombre de bénéficiaires et le niveau de souplesse offert.

Pour déterminer celui qui sera le mieux adapté à votre situation, réfléchissez aux questions suivantes :

  • Épargnez-vous pour un enfant ou pour plusieurs?
  • Souhaitez-vous pouvoir répartir l’épargne entre plusieurs enfants?
  • Quel degré de flexibilité recherchez-vous?

Le REEE individuel

Le REEE individuel compte un seul bénéficiaire.

Il peut être un bon choix si :

  • vous épargnez pour un enfant en particulier
  • vous épargnez pour un enfant unique
  • vous souhaitez que l’épargne demeure distincte de celle de ses frères et sœurs.

Autre avantage : la personne qui ouvre le REEE n’a pas besoin d’être le parent de l’enfant. Un grand-parent peut, par exemple, ouvrir un REEE individuel pour son petit-enfant.

Le REEE familial

Le REEE familial permet de désigner plusieurs bénéficiaires ayant un lien de parenté avec le titulaire, comme ses enfants ou ses petits-enfants.

Souvent choisi par les familles comptant plusieurs enfants, il permet de regrouper l’épargne dans un seul régime et de répartir les sommes selon les besoins de chacun. Cette souplesse peut être utile lorsque les parcours d’études diffèrent d’un enfant à l’autre.

Le REEE collectif

Le REEE collectif, parfois appelé « régime de bourses d’études », est offert par certains fournisseurs spécialisés. Les cotisations des participants sont regroupées et administrées selon des règles établies par le promoteur.

Ces régimes peuvent entre autres, prévoir un calendrier de cotisation plus rigide ainsi que des frais ou des pénalités si vous cessez de cotiser. Avant d’adhérer, vérifiez :

  • les frais applicables
  • les modalités de cotisation et de retrait
  • les conséquences possibles si l’enfant change de projet scolaire ou ne poursuit pas d’études postsecondaires

Comme les modalités peuvent varier d’un fournisseur à l’autre, il est particulièrement important de lire la documentation et de poser vos questions avant de prendre une décision.

À retenir : le meilleur REEE n’est pas forcément celui qui promet le rendement le plus élevé. C’est avant tout celui qui correspond à votre réalité familiale et à votre façon d’épargner.

Combien faut-il cotiser à un REEE?

Le bon montant, c’est d’abord celui que vous pouvez verser régulièrement sans compromettre votre budget ni votre capacité à faire face aux imprévus.

Pas besoin de verser de grosses sommes pour commencer. En matière d’épargne, la régularité compte souvent plus que les dépôts occasionnels.

Par exemple, vous pourriez :

  • cotiser un montant fixe chaque mois
  • mettre de côté une partie des allocations ou des remboursements d’impôt
  • effectuer une cotisation supplémentaire lorsque votre budget le permet

Il n’existe pas de cotisation annuelle obligatoire, mais le plafond à vie est de 50 000 $ par bénéficiaire.

Des subventions qui bonifient l’épargne

Les premiers 2 500 $ cotisés dans un REEE chaque année peuvent être bonifiés d’environ 30 % grâce aux subventions gouvernementales.

Les principaux programmes :

Autrement dit, une cotisation de 1 000 $ au cours d’une année vous donne droit à environ 300 $ en subventions avant même les revenus de placement.

Les critères d’admissibilité, les montants et les plafonds peuvent changer. Avant d’ouvrir un REEE, vérifiez les renseignements à jour auprès de votre institution financière ou sur les sites des gouvernements du Canada et du Québec.

Que pourrait devenir une épargne de 2 500 $ par année?

ÂgeCotisationSCEEIQEEDépôt annuel totalTotal investi cumulatifValeur accumulée à 5 %*
12 500 $500 $0 $3 000 $2 500 $3 000 $
22 500 $500 $250 $3 250 $5 000 $6 400 $
32 500 $500 $250 $3 250 $7 500 $9 970 $
42 500 $500 $250 $3 250 $10 000 $13 719 $
52 500 $500 $250 $3 250 $12 500 $17 654 $
62 500 $500 $250 $3 250 $15 000 $21 787 $
72 500 $500 $250 $3 250 $17 500 $26 127 $
82 500 $500 $250 $3 250 $20 000 $30 683 $
92 500 $500 $250 $3 250 $22 500 $35 467 $
102 500 $500 $250 $3 250 $25 000 $40 490 $
112 500 $500 $250 $3 250 $27 500 $45 765 $
122 500 $500 $250 $3 250 $30 000 $51 303 $
132 500 $500 $250 $3 250 $32 500 $57 118 $
142 500 $500 $250 $3 250 $35 000 $63 224 $
152 500 $200 $250 $2 950 $37 500 $69 335 $
162 500 $0 $100 $2 600 $40 000 $75 402 $
172 500 $0 $0 $2 500 $42 500 $81 672 $

 

* L’exemple est présenté à titre illustratif seulement et utilise un rendement annuel de 5 %. Il inclut uniquement les montants de base versés aux familles québécoises. Les familles à faible ou à moyen revenu peuvent toucher des montants additionnels au titre de la SCEE et de l’IQEE.

Où ouvrir son REEE?

Vous pouvez ouvrir un REEE auprès d’un assureur, d’une banque ou d’une caisse, par l’entremise d’un courtier ou une courtière ou d’une plateforme de placements. Le meilleur choix dépend surtout du niveau d’accompagnement que vous recherchez et de votre aisance à gérer vos placements.

Auprès d’un assureur

Cette option peut être intéressante si vous recherchez un accompagnement personnalisé. Un conseiller ou une conseillère en sécurité financière peut vous aider à intégrer le REEE dans une réflexion plus globale sur les besoins financiers de votre famille, qu’il s’agisse d’épargne, d’assurance ou de planification successorale. Selon les produits offerts, certaines garanties ou protections peuvent également être disponibles.

À la banque ou à la caisse

C’est souvent l’option la plus familière. Vous aurez à choisir parmi les différents types de placement offerts. Les modalités et les services associés varient selon l’institution.

Auprès d’un courtier ou d’une plateforme de placements

Ces solutions conviennent souvent aux personnes qui aiment gérer elles-mêmes leurs placements et qui recherchent davantage d’autonomie. Elles permettent généralement d’accéder à un vaste choix d’options de placement.

Auprès d’un fournisseur spécialisé

Certains fournisseurs se consacrent exclusivement aux REEE. Avant de choisir cette avenue, prenez le temps de bien comprendre les frais, les règles de cotisation et les conditions applicables.

Quels placements choisir dans un REEE?

Le REEE est un véhicule d’épargne, mais vous devez aussi choisir comment l’argent sera investi.

Selon l’institution financière, différentes options peuvent être offertes, notamment des produits garantis, des fonds communs de placement, des fonds distincts ou des portefeuilles diversifiés.

  • Les produits garantis, comme les certificats de placement garanti, misent surtout sur la stabilité. Ils peuvent vous convenir si vous préférez limiter les fluctuations de votre épargne. Plus les études approchent, plus vous pourriez vouloir adopter une approche prudente afin de protéger l’argent accumulé.
  • Les fonds et les portefeuilles diversifiés offrent généralement un potentiel de croissance plus élevé à long terme, mais leur valeur peut varier davantage. Le temps disponible avant les études fait donc partie des éléments à considérer dans l'élaboration d’une stratégie.

Le bon choix dépend surtout du nombre d'années avant les études postsecondaires et de votre niveau de confort face au risque.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Attendre le moment parfait pour commencer. Même de petites cotisations peuvent permettre de profiter des subventions gouvernementales et du temps, 2 précieux alliés de l’épargne.
  • Choisir un régime sans bien comprendre son fonctionnement. Avant d’ouvrir un REEE, vérifiez les frais, les règles de cotisation et les options de retrait.
  • Adopter une stratégie de placement qui ne correspond pas à sa réalité. Le choix des placements devrait tenir compte de l’horizon d’épargne et de votre tolérance au risque. Un conseiller ou une conseillère en sécurité financière peut vous aider à y voir plus clair.
  • Oublier de mettre à jour ses renseignements. Un changement d’adresse ou des informations incomplètes concernant le bénéficiaire peuvent compliquer certaines démarches, notamment celles liées aux subventions.
  • Sous-estimer le coût global des études en ne pensant qu’aux droits de scolarité.

Et si mon enfant ne poursuit pas d’études?

Même si le REEE est conçu pour financer les études postsecondaires, cela ne signifie pas que l’argent est perdu si votre enfant choisit un autre parcours. Seules les subventions devront être remboursées, mais vous conserverez le rendement accumulé.

Selon la situation, vous pourriez notamment :

  • récupérer vos cotisations sans qu’elles soient imposables
  • désigner un autre bénéficiaire admissible
  • dans certains cas, transférer une partie des revenus accumulés dans un REER
  • remettre l’argent à votre enfant pour qu’il le verse dans un CELIAPP et épargner pour l’achat d’une première propriété

Les règles varient toutefois selon le type de régime et les circonstances. Avant d’effectuer un retrait ou de fermer le compte, il est préférable de vérifier les options qui s’appliquent à votre situation.

Avant d’ouvrir un REEE : les questions à clarifier

  • Est-ce que j’épargne pour un seul enfant ou pour plusieurs?
  • Quel montant puis-je mettre de côté régulièrement?
  • Suis-je à l’aise de gérer mes placements moi-même ou ai-je besoin d’accompagnement?
  • Quel niveau de risque suis-je capable d’accepter?
  • Est-ce important pour moi d’intégrer l’épargne-études à une planification financière plus globale?
  • Le fournisseur s’occupe-t-il des demandes de subventions gouvernementales?
  • Les frais, les modalités de cotisation et les conditions de retrait me conviennent-ils?
  • Est-ce que je veux protéger mes cotisations en cas de décès?

Allez-y à votre rythme

Commencer tôt, même modestement, permet de profiter d’un allié précieux : le temps.

Votre stratégie d’épargne pourra ensuite évoluer avec votre enfant et votre réalité familiale. Au besoin, un conseiller ou une conseillère en sécurité financière peut vous accompagner pour l’adapter à chaque étape.

Préparez l'avenir de votre enfant, à votre rythme

Que vous soyez prêt à ouvrir un REEE aujourd'hui ou que vous souhaitiez simplement explorer vos options, un conseiller peut vous accompagner.