Maladies graves : réduire la pression financière pour soutenir la guérison

Un diagnostic de maladie grave change les priorités en un instant. Pour les organisations et les gestionnaires, les répercussions vont bien au-delà de l’absence d’une ou d’un de leurs employés. Un rétablissement ralenti par des préoccupations financières peut prolonger l’invalidité, compliquer le retour au travail et accroître la pression sur vos équipes.

Pour la personne atteinte, il y a les traitements, les rendez-vous et les décisions médicales à prendre. Mais il y a aussi les revenus qui diminuent, les dépenses qui augmentent et les inquiétudes financières qui s’ajoutent au moment où l’énergie manque.

Mieux comprendre cette réalité vous permet d’offrir un soutien adapté. Cela peut favoriser le rétablissement de la personne, tout en facilitant un retour au travail plus durable.

Un diagnostic qui bouleverse bien plus que la santé

À l’annonce d’une maladie grave, les répercussions dépassent la seule sphère médicale.

Sur le plan humain, la personne doit composer avec le choc du diagnostic, l’incertitude et un sentiment de perte de contrôle sur un quotidien qui change brusquement.

À cela peuvent s’ajouter des préoccupations financières: déplacements pour les traitements, services d’aide à domicile et, parfois, médicaments non couverts, baisse de revenus liée à l’invalidité.

Pendant ce temps, les questions entourant l’avenir professionnel demeurent présentes. Quelles conséquences l’absence a-t-elle sur l’équipe? Quand et comment se déroulera le retour au travail?

Lorsqu’elles s’accumulent, ces préoccupations peuvent freiner la guérison.

Le saviez-vous?

Le rapport Points de repère 2026 de Beneva fait ressortir que : 

  • Les personnes atteintes d’un cancer et leurs proches aidants doivent assumer près de 33 000 $ en coûts directs et indirects liés à la maladie au cours de leur vie.
  • Les tensions financières associées à une maladie grave, qualifiées de « toxicité financière », sont liées à davantage d’anxiété et à un rétablissement plus difficile.
  • Lorsqu’une maladie grave s’accompagne de stress financier et d’anxiété. La guérison est souvent plus complexe, les périodes d’invalidité sont plus longues et les besoins en soins continus augmentent.

Quand les finances freinent la guérison

Même lorsque l’assurance collective couvre certains soins, des frais peuvent demeurer à la charge de la personne en raison des franchises, des limites de remboursement ou de maximums atteints.

Reporter des soins

Certaines personnes reportent des soins, réduisent la fréquence de leurs consultations ou renoncent à des services qui pourraient pourtant les aider.

D’autres consacrent une part importante de leur énergie à gérer leur situation financière, alors qu’elles devraient pouvoir se concentrer sur leur guérison.

Composer avec la pression

Les préoccupations financières ne s’arrêtent pas au budget. Elles peuvent aussi nuire au repos, à la concentration et à la résilience émotionnelle. Elles peuvent même influencer les décisions liées à la santé et au travail.

Revenir plus tôt ou plus tard?

Cette pression peut également avoir un effet sur le retour au travail. Certaines le retardent en raison d’une anxiété anticipatoire que l’on associe à la crainte de ne pas performer comme avant. D’autres reviennent avant d’être complètement prêtes pour alléger la pression sur leur budget.

Apaiser l’incertitude avec des protections

Les protections offertes par un régime d’assurance collective ne servent pas uniquement à rembourser des dépenses. Elles contribuent aussi à réduire certaines sources de pression, afin que les personnes puissent concentrer leur énergie sur leur rétablissement.

L’assurance invalidité

Lorsqu’une personne est incapable de travailler pendant une période donnée, l’assurance invalidité peut remplacer une partie de son revenu.

Elle peut aussi donner accès à des services d’accompagnement favorisant la coordination des soins et la préparation du retour au travail pour assurer le continuum santé.

L’assurance maladies graves

L’assurance maladies graves verse une somme forfaitaire lorsqu’une personne reçoit un diagnostic couvert par le contrat.

Cette somme peut être utilisée librement : pour compenser une perte de revenu, payer des dépenses ou répondre aux besoins qui se présentent au fil de la guérison. Cette flexibilité atténue l’incertitude à un moment où il est difficile de tout prévoir.

Maintenir un lien qui soutient

Lorsqu’une personne s’absente en raison d’une maladie grave, comme gestionnaire, il est naturel de vouloir offrir son soutien. Encore faut-il trouver la bonne façon de le faire.

À quelle fréquence en parler? Quels sujets aborder? Comment le faire sans être intrusif?

Il n’existe pas de recette universelle. L’essentiel est de convenir, avec la personne, d’un mode de communication respectueux de son rythme et de sa vie privée, sans chercher à jouer au psychologue.

Souvent, le simple fait de maintenir un lien humain et de rappeler les ressources disponibles réconforte. L’objectif n’est pas de parler constamment du retour au travail, mais plutôt de montrer à la personne qu’elle fait partie intégrante de l’équipe et qu’elle demeure soutenue pendant son absence.

Faire du retour au travail une étape du rétablissement

Le retour au travail n’est pas nécessairement la fin du parcours. Même après la fin des traitements ou l’amélioration de l’état de santé, une personne peut encore composer avec de la fatigue, des effets secondaires et des limitations temporaires.

Bien gérer le retour au travail après une invalidité est crucial. Un retour progressif et adapté est souvent la meilleure approche. Selon la situation, certains ajustements peuvent être envisagés : horaire, tâches, charge de travail, environnement.

Le plan de retour devrait être bâti en collaboration avec la personne et les intervenants appropriés, puis réévalué au fil du temps. Les capacités évoluent, tout comme les besoins.

Une gestion structurée aide à éviter les attentes irréalistes, tout en donnant aux gestionnaires et aux collègues des repères clairs.

Une transition parfois difficile

Une recherche menée par Marie-José Durand à l’Université de Sherbrooke démontre que le retour au travail est plus difficile quand la personne n’est pas impliquée et que les décisions sont prises par le médecin.

La guérison après une maladie grave est souvent un chemin sinueux. Les entraves au retour au travail peuvent perdurer pendant des mois après la fin du traitement.

Des outils pour mieux s’orienter

Après un diagnostic, trouver l’information pertinente peut représenter un défi en soi. Nos outils d’accompagnement en libre-service et ceux de la Société canadienne du cancer (Cet hyperlien s'ouvrira dans un nouvel onglet) peuvent aider les membres et leurs proches.

Pour les organisations, il est tout aussi important de faire connaître les protections et les ressources offertes que de les mettre en place. Une information claire et accessible permet aux employés de savoir vers qui se tourner lorsqu’ils en ont besoin.

Créer les conditions d’un retour au travail durable

Une maladie grave apporte son lot d’incertitudes, autant pour la personne touchée que pour son équipe. S’il est impossible de tout prévoir, vous pouvez créer un environnement de soutien favorisant un retour au travail durable.

Combinés, des protections d’assurance adaptées, des ressources accessibles, une communication bienveillante et un retour au travail structuré permettent de traverser ces moments avec plus de stabilité.

Poursuivez votre réflexion

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