Balado
Parole d’experts

En affaires, l’expérience et l’info changent la donne. Le balado Paroles d’experts vous entraîne dans le monde des assurances et des produits financiers avec des faits vécus et des conseils pratiques. Élargissez vos horizons sur la prévention des réclamations, la psychologie des consommateurs, la santé organisationnelle, et bien plus. En prime, vous passerez un agréable moment avec notre animatrice Catherine Duranceau et ses invités. Bonne écoute!


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Accompagner les premiers acheteurs vers leurs premières propriétés

L’accès à la propriété devient un défi de taille pour les premiers acheteurs. Comment faciliter leur parcours? Notre animatrice en discute avec François Des Rosiers, professeur titulaire en finance immobilière à l’Université Laval, et Marianne Spear, conseillère en sécurité financière. Au programme : bien des clés pour outiller les futurs propriétaires et ceux qui les guident. 

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[00:00:01 À l’écran : Parole d’experts]

Catherine Duranceau : [00:00:05] Bonjour, bienvenue au balado de Beneva, Parole d'experts. Je suis votre animatrice Catherine Duranceau. Aujourd'hui, on va parler de l'accès à la propriété pour les tout premiers acheteurs. On le sait, accéder au marché immobilier est un défi en soi avec le prix des propriétés. Et quand c'est le cas d'une toute première maison, eh bien, le défi peut-être difficile et parfois complexe. Alors, comment mieux soutenir les premiers acheteurs dans leurs démarches? Eh bien, on va le découvrir ensemble.

[00:00:29 À l’écran : Nos invités]

[00:00:31 À l’écran : François Des Rosiers
Professeur en finance immobilière 
à l’Université Laval]

François Des Rosiers : [00:00:31] Bonjour, mon nom est François Des Rosiers. Je suis professeur titulaire au département de Finance, Assurance et immobilier de la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval. Et, j'enseigne l'économie urbaine et immobilière depuis plusieurs décennies. Je m'intéresse particulièrement à la question du logement et à la formation des prix. J'y ai consacré une bonne partie de mes activités de recherche.

[00:00:55 TRANSITION]

[À l’écran : Marianne Spear, Partenaire autorisée Beneva, conseillère en sécurité financière, représentante en épargne collective]

Marianne Spear : [00:00:56] Bonjour, je m'appelle Marianne Spear, conseillère en sécurité financière, représentante en épargne collective, partenaire de Beneva. Alors mon rôle, c'est d'aider mes clients à atteindre leurs objectifs financiers. J'ai toujours été très impliquée dans le domaine. Notamment, j'ai une émission d'économie à MAtv.

[00:01:10 À l’écran : Table ronde]
Catherine Duranceau : [00:01:13] Monsieur Des Rosiers, entrons dans le vif du sujet. Qu'est-ce qui explique la complexification du marché immobilier et quelles sont les principales causes?

François Des Rosiers : [00:01:20] Je ne sais pas si le marché immobilier s'est complexifié parce que ça a toujours été complexe.

Catherine Duranceau : [00:01:26] OK, bon point.

François Des Rosiers : [00:01:28] Mais, disons qu'on est dans une période qui est assez trouble pour ce qui est de l'accession à la propriété et de l'abordabilité du logement. Donc, c'est un peu ce qui est le problème de beaucoup de ménages, c'est que c'est devenu de plus en plus difficile d'acheter une propriété, d'abord pour les premiers acquéreurs, et même pour les locataires, de trouver des logements qui leur conviennent à un prix raisonnable. Et, ça s'est détérioré au fil du temps. C’est ce qui est une des caractéristiques. Si on regarde le rapport entre le prix des maisons et le revenu des gens…

Catherine Duranceau : [00:02:06] Ça suit pas, là, oui.

François Des Rosiers : [00:02:08] Ça s'est détérioré beaucoup depuis 20, 25 ans et, à mon avis, ça a des risques de continuer à se détériorer.

Catherine Duranceau : [00:02:16] Ah oui? Avec votre expérience?

François Des Rosiers : [00:02:18] Bien, on peut en discuter parce que le problème est fondamentalement, si on veut résumer ça, que l'offre ne suit pas la demande. Et quand l'offre ne suit pas la demande, les prix montent.

Catherine Duranceau : [00:02:32] Donc, il manque de logements.

François Des Rosiers : [00:02:33] Il manque de logements, il y a pas assez de construction. Même si on en voit beaucoup, si vous vous promenez, vous voyez tous les trous qui pouvaient exister à Montréal, à Québec.

Catherine Duranceau : [00:02:45] Il y a des cônes orange, oui.

François Des Rosiers : [00:02:46] Les terrains vagues, les stations-service, ça a disparu, et on construit surtout du logement. Mais malgré l'activité de construction, c'est pas encore assez. Il faudrait à peu près doubler pour qu'on puisse atteindre les objectifs qu'on s'est fixés, qui est de construire 500 000 logements par année pendant les prochaines années, les cinq, six prochaines années.

Catherine Duranceau : [00:03:09] Mais, est-ce qu’il y a un souci aussi de condos qui sont peut-être trop chers, qui sont construits?

François Des Rosiers : [00:03:15] Il y a plusieurs éléments qui expliquent la hausse des prix. Il y a la hausse des coûts. Les coûts de construction ont beaucoup augmenté. Les coûts de construction des matériaux, mais aussi, de la main-d'œuvre. Et la main-d'œuvre est rare, de plus en plus rare.

Catherine Duranceau : [00:03:32] Très intéressant. Mais je me demandais aussi, avec les changements économiques qu'on connaît actuellement, ça doit bien sûr impacter la capacité d'achat des ménages, vous l'avez mentionné, la hausse des coûts. Mais, j'imagine qu’il y a aussi une clientèle qui n'a pas les sous pour s'acheter les propriétés qui sont disponibles en ce moment.

François Des Rosiers : [00:03:46] Il y a comme un fossé qui se creuse entre deux types de clientèle : ceux qui ont les moyens puis ceux qui les ont pas.

Marianne Spear : [00:03:53] Si je peux me permettre, je le vois vraiment, ça.

Catherine Duranceau : [00:03:55] Tu vois la différence?

Marianne Spear : [00:03:56] Tsé, c'est des jeunes dans la vingtaine qui ont déjà acheté leur propriété, que la mise de fonds a été mise par un parent, qui ont habité chez leurs parents durant toutes leurs études, que ça a été beaucoup plus facile. Puis d'autres qui sortent avec des prêts étudiants, tsé, qui n'auront pas d'aide des parents pour y accéder, puis je vois cet écart-là se creuser.

Catherine Duranceau : [00:04:13] Ce fossé-là.

François Des Rosiers : [00:04:15] Le problème, c'est que, lorsque les gens ne peuvent pas accéder à une propriété, donc ils restent locataires, et ils engorgent le marché de la location. Et donc, les loyers montent. Les prix montent et les loyers montent. Puis en fait, il y a une relation positive entre les deux. Quand le prix des maisons augmente, ça devient de plus en plus difficile d'accéder à la propriété, donc on se rabat sur le locatif. Comme la demande locative augmente et, en dépit de la construction qu'on observe, les loyers augmentent.

Catherine Duranceau : [00:04:42] Et souvent, on parle de clientèles intermédiaires. Ça, c'est quoi exactement?

François Des Rosiers : [00:04:46] C'est ceux qui sont, au niveau des revenus, par exemple, qui ont quand même des revenus suffisants pour épargner, mais pour qui la situation se détériore quand même.

Catherine Duranceau : [00:04:58] Parce que c'est trop cher, donc.

François Des Rosiers : [00:04:59] Oui. Ça peut se traduire par le fait que vous achetez une propriété, mais étant donné que c'est très cher et qu'une grosse partie de votre revenu va au coût du logement, vous devez couper sur d'autres choses. Par exemple, la nourriture, les vacances, les restaurants. Les gens aiment beaucoup aller au restaurant, mais ça coûte très cher.

Catherine Duranceau : [00:05:21] Ça coûte cher, oui!

François Des Rosiers : [00:05:22] Très, très cher.

Catherine Duranceau : [00:05:23] Il y a-tu un pourcentage maximal qu'on devrait mettre sur notre hypothèque ou maison?

Marianne Spear : [00:05:28] Bien, historiquement, on a entendu parler comme du 25 %, 30 % du revenu brut. Puis ça, c'est pour l'ensemble des frais reliés à l'habitation. Fait qu’aussi les frais de chauffage, les frais d'électricité, etc.

François Des Rosiers : [00:05:39] Oui, voilà.

Marianne Spear : [00:05:40] Mais, tsé, moi, j'en fais des budgets beaucoup par année, avec beaucoup de gens, puis c'est très rare que je voie que ça représente 30 %. On est souvent plus autour d'un 35, 36. Puis, tsé, une règle encore plus générale qu'on entend parler, c'est le 50, 30, 20. Fait que 50 % des dépenses budget qui s'en vont dans les besoins de base.

Catherine Duranceau : [00:06:00] Donc logement.

Marianne Spear : [00:06:01] Oui, c'est ça. Un 30 % qui s'en va dans les désirs, puis un 20 % qui s'en va dans l'avenir. Fait que l'épargne, etc. Deux budgets sur trois que je fais, on est plus autour de 70 % que de 50 %.

Catherine Duranceau : [00:06:11] De base, wow.

Marianne Spear : [00:06:12] Chez les jeunes, c'est ça que je vois en fait. Fait que, c'est sûr que, là, il faut couper à quelque part, puis on a tendance à aller couper dans l'avenir en premier. Mais c'est dommage, mais c'est pas ça qu'il faudrait faire, tsé. Fait que oui, là, c'est les restos, puis ces choses-là. Puis c'est poche d’avoir à dire à quelqu'un de faire ça, puis je pense que c'est pas non plus notre rôle de lui dire, mais de l'amener à le réfléchir par lui-même.

Catherine Duranceau : [00:06:32] On a besoin d'avoir des experts comme toi qui nous conseillent comme vous, là, pour prendre des bonnes décisions dans ces situations-là. Et je suis curieuse : comment la réglementation municipale peut avoir un impact aussi sur la hausse des prix, sur l'accessibilité?

François Des Rosiers : [00:06:45] C'est un autre élément. Si vous me demandez quels sont les facteurs qui influencent les prix, bien, il y a les taux d'intérêt. Donc, les taux d'intérêt, c'est un facteur. Mais, il y a aussi des facteurs réglementaires qui ont beaucoup d'importance. Les municipalités ont un gros mot à dire là-dedans, via le zonage, par exemple. C'est eux qui établissent le zonage. Puis un des problèmes que l'on a connu, que l'on connaît, c'est qu'il y a des quartiers entiers qui sont zonés basse densité, bungalow.

Catherine Duranceau : [00:07:17] OK.

François Des Rosiers : [00:07:18] Alors que là, on aurait besoin de densifier le territoire pour construire, pas seulement des grands blocs de 50 étages, mais ne serait-ce que de remplacer un bungalow par quatre logements; des quadruplex. Donc, ça prend une réglementation qui le permet. Les permis de bâtir que les municipalités accordent, ça prend du temps, accorder un permis de bâtir. Si vous êtes dans des municipalités de grande taille comme Montréal, Québec, le processus est très long. Alors ça, il y a quelque chose. En 2023, il y a eu une nouvelle loi, le projet de loi 39, qui est venu modifier la Loi sur la fiscalité municipale, et qui a accordé aux municipalités un grand nombre de permissions pour faciliter, justement, la construction de logements. Donc, oui, les municipalités ont un gros mot à dire, et puis on pourra jamais régler la crise du logement sans la collaboration des municipalités. Il faut que ce soit le fédéral, le provincial et les municipalités.

Catherine Duranceau : [00:08:20] Tout le monde ensemble. Pas un tout seul, oui.

François Des Rosiers : [00:08:22] Oui. Et il n'y a pas un remède miracle, là.

Catherine Duranceau : [00:08:26] Et Marianne, toi, tu as accès aux jeunes, aux clients qui veulent s'acheter une toute première propriété. À quoi ressemble leur réalité, pour ceux qui souhaiteraient devenir propriétaires pour la première fois?

Marianne Spear : [00:08:37] On dirait que tout le monde a beaucoup d'angoisses. Parce que ce qui est répété comme message, comme dans ce qu'on dit aujourd'hui, dans les médias, sur les réseaux sociaux, c'est que : c’est difficile l'accès à la propriété. Puis c'est vrai, mais il y a des gens qui ont eu de l'aide des parents et qui sont en certaines postures. Puis, tsé, j'en vois là, des clients qui accèdent à la propriété. J'en ai eu cette année, j'en ai eu l'année dernière. C'est vraiment agréable quand on voit leur projet se réaliser. Puis, c'est pas tous des gens qui ont eu de l'aide des parents. Puis c'est même des gens qui, au départ, me disaient« Ah, je vais acheter dans quatre ou cinq ans ». Puis finalement, tsé, il y a quelque chose qui arrive, puis ils ont été capables d'amasser des sous plus tôt. Ils arrivent dans le bureau avec beaucoup d'angoisses. Il y en a même que je vois qui disent« Ah! J'aimerais ça, mais tsé, ça sera pas possible ».

Catherine Duranceau : [00:09:14] Déjà découragés.

Marianne Spear : Oui, avant même d'avoir regardé le budget, avant même d'avoir regardé leur situation, c'est ça que je vois.

Catherine Duranceau : [00:09:19] Oui. Est-ce que c'est commun? On parlait un petit peu des parents qui aident et, parfois, on achète une maison plus facilement. Mais le love money, ce terme-là, est-ce que c'est assez commun comme situation?

Marianne Spear : [00:09:31] Je pense que c'est beaucoup plus commun qu'avant. Il y a beaucoup de gens qui cherchent à donner de leur vivant maintenant. Fait que c'est sûr que, la première chose à regarder, c'est comme dans un avion, c'est de mettre son masque d'oxygène avant de le mettre à l'enfant. Mais une fois qu'on a posé la question à notre conseiller, puis on a regardé, c'est vraiment possible de simuler. Si j'enlève 50 000 de ton...

Catherine Duranceau : [00:09:52] De mon REER?

Marianne Spear : [00:09:52] De ton CELI, de ton REER puis que tu le donnes à ton enfant, est-ce que tu vas avoir la même retraite? C'est tout à fait possible de le faire. Une fois que cette question-là est réglée, ça peut être envisageable. Mais là, c'est de préserver la relation avec son enfant. Fait que, c'est d'avoir des barèmes très clairs. Et c'est sûr qu'à ce moment-là, je recommanderais d'avoir une rencontre avec le conseiller et le parent.

Catherine Duranceau : [00:10:10] Et le parent, c'est vrai. Puis, quand on dit love money, dans le fond, c'est un don d'un parent? Concrètement, comment tu décrirais ça?

Marianne Spear : [00:10:17] Bien, c'est ça, là, j'ai parlé comme d'un montant d'argent qui serait peut-être mis pour aider pour la mise de fonds. Mais c'est sûr que des fois aussi, ça peut être que le parent va être cosignataire parce que la personne se qualifie pas tout à fait pour son prêt.

Catherine Duranceau : [00:10:28] Ah, je connais ça. Je dois te confirmer. Cosignataire m'a servi et, grâce à ça, la banque était plus rassurée. Donc c'est ça, j'imagine que…

Marianne Spear : [00:10:36] Exactement. Tsé, il faut faire attention, là, parce qu'il faut s'assurer que tsé, à un moment donné, si on se qualifiait pas pour un certain montant, il y avait comme des raisons. Mais je comprends que des fois, c'est vraiment circonstanciel. Comme par exemple, un travailleur autonome qui se lance travailleur autonome, mais dans un domaine qu'il travaillait déjà depuis longtemps. Puis là, il a pas les deux ans de revenus de travailleur autonome pour les papiers à la banque.

Catherine Duranceau : [00:10:53] Écoute, est-ce que tu as lu mon dossier, Marianne?

Marianne Spear : [00:10:54] C’est tu ça? Oh mon Dieu!

Catherine Duranceau : [00:10:54] C’est un peu ça. Mais il y a quelques années quand même. Mais c'est exactement ça. C'est ça.

Marianne Spear : [00:11:01] Bien c'est ça, donc tsé, il faut y aller avec la logique. Mais sinon, c'est sûr que si on se qualifie pas, bien là, tsé, c'est de creuser pourquoi^. Parce que, au final, si on est pas capable de payer l'hypothèque à chaque mois, bien, ça ne va pas. Mais en effet, fait que cosignataire aussi. Fait que, tsé, dans ce cas-là, il n’y a pas eu de don en argent, mais on a aidé quand même la personne à accéder à la propriété. Puis sinon, pour le don en argent, oui, c'est vraiment un don en fait, là.

Catherine Duranceau : [00:11:23] Oui, absolument. Puis, je trouve que le rôle de conseiller a beaucoup évolué au cours des dernières années. Comment tu dirais que tu fais une réelle différence aujourd'hui, pour aider les futurs acheteurs?

Marianne Spear : [00:11:36] Bien, comme j'ai dit tout à l'heure, je sens beaucoup d'angoisse quand les jeunes me parlent d'accéder à la première propriété, puis je sens que mon rôle vient vraiment réduire cette angoisse-là. Je pense qu'il y a eu une époque où est-ce que, notre rôle, c'était surtout de mettre un produit de l'avant. Puis les produits financiers étaient pas vraiment accessibles, disons, pour la moyenne de la population, si on ne passait pas par un conseiller. Fait que, c'était surtout de présenter les produits. Mais là, on n'est plus du tout là, tsé. L'accès au produit est plus facile sur Internet et tout. C'est plus accessible. Nous, c'est vraiment d'être capable d'avoir une vue d'ensemble de la situation, puis un regard extérieur, pas émotif, puis d'arriver avec des solutions qui vont correspondre à son besoin, mais également, à sa capacité.

Catherine Duranceau : [00:12:18] Et parlant de solutions, ce serait quoi les stratégies pour les aider à mettre des sous de côté pour la mise de fonds? J'imagine que tu as différentes stratégies que tu proposes à tes clients?

Marianne Spear : [00:12:27] Oui. Bien, je dirais que tsé, il y a la stratégie au niveau du budget puis il y a la stratégie d'investissement ou de placement. Puis, au niveau du budget, il y aurait bien, premièrement, toutes les dettes à haut taux d'intérêt. Fait que, cartes de crédit et tout, c'est sûr que ça va nuire ou ça va annuler notre effort d'épargne parce que le taux d'intérêt est trop élevé par rapport à ce qu'on pourrait générer avec nos placements. Fait que, c'est de commencer par focusser sur le remboursement de ces prêts là. Ensuite, c'est de venir mettre des prélèvements automatiques, fait que de l'épargne automatique. Puis ce qui est bien, c'est si ce prélèvement automatique là, il peut simuler un petit peu l'hypothèque qu'on s'attend à payer. Fait que tsé, si c'est 1500, 2000 par mois, bien de voir : est-ce que je suis capable de le mettre de côté? Puis, si on est déjà en logement puis que, par exemple, mon logement est 1200 par mois, bien, c'est de voir si je suis capable d'économiser la différence dans le fonds.

Catherine Duranceau : [00:13:14] Puis on les met dans des comptes, par exemple, soit CELI ou REER.

Marianne Spear : [00:13:17] C’est exactement là où la stratégie de placement embarque, dans le fond. Fait que, c'est la première étape.

François Des Rosiers : [00:13:21] Ou CELIAPP pour les premiers acheteurs, qui est, à peu près, ce qu'il y a de mieux, qui est vraiment fantastique parce que vous avez une déduction fiscale du montant que vous investissez, puis c'est à l'abri de l'impôt. Alors, c’est ce qu'il y a de mieux. Mais, on a droit à 40 000 $. Pour quelqu'un qui veut devenir propriétaire pour la première fois, c'est là-dedans, d'abord, qu'il devrait investir.

Catherine Duranceau : [00:13:45] OK, plus CELIAPP que REER pour faire le RAP.

François Des Rosiers : [00:13:47] Encore plus, parce que c'est encore plus avantageux pour les premiers acheteurs.

Catherine Duranceau : [00:13:51] OK. Puis, si on compare avec le REER et le RAP, juste pour bien distinguer la différence?

Marianne Spear : [00:13:56] Oui, c'est comme ça. J'ai juste parlé, dans le fond, de la stratégie budgétaire. Puis, quand on embarque dans la stratégie d'investissement, bien, il faut choisir un véhicule de placement. Fait que, c'est là où le CELIAPP peut vraiment prioriser, quand on a un projet d'achat de première propriété. Ensuite, on peut venir le jumeler avec le REER ou le CELI. Puis je vais commencer par expliquer le REER, parce que, le CELIAPP, c'est le meilleur des deux mondes, entre le CELI puis le REER dans le fond. Fait que le REER, quand on met des sous à l'intérieur, bien, ça vient réduire notre revenu imposable. Fait que, si je gagne 60 000, je mets 5000 en REER, je vais être imposée sur 55 000. Ce que je peux faire avec le REER, c'est de« RAPer ». Fait que, c'est de le convertir en« régime d'accès à la propriété », RAP. Puis à ce moment-là, je peux retirer jusqu'à 60 000 de mon REER avec le régime de RAP, puis l'utiliser pour ma mise de fonds. Puis à ce moment-là, il est pas imposable, mon retrait.

Par contre, je dois me le rembourser, dans le fond. Fait que, je dois le remettre dans un REER sur plusieurs années, puis il y a quand même un délai de grâce avant d'avoir à commencer à se rembourser. Mais ultimement, il faut remettre l'argent dans ce REER-là. Puis ensuite, pour le CELIAPP, bien, c'est la même chose. L'argent qu'on met à l'intérieur du CELIAPP vient réduire notre revenu imposable. Sauf que, quand on le retire, bien là, on n'a pas besoin de le rembourser. Fait que, c'est un retrait non imposable qu'on n'a pas besoin d'aller rembourser. Fait que, c'est vraiment une déduction de revenus gratuite. Donc, c'est à prioriser.

Catherine Duranceau : [00:15:18] J'adore ça. Et dites-nous, c'est quoi les éléments financiers les plus sous-estimés, méconnus pour les nouveaux acheteurs?

François Des Rosiers : [00:15:24] Bien, c'est tout ce qui accompagne l'acquisition d'une propriété. Quand vous achetez une maison, il y a les frais d'intérêts. Il y a évidemment l'hypothèque à rembourser. Mais, il y a aussi l'électricité, le chauffage, mais aussi l'entretien, puis éventuellement, les rénovations.

Catherine Duranceau : [00:15:44] Oui.

François Des Rosiers : [00:15:45] Quand vous achetez un condo, il y a les frais communs. Les frais communs ont beaucoup augmenté depuis quelques années et à juste titre. Et c'est une bonne chose parce qu'ils étaient beaucoup trop bas avant. Puis en plus, quand vous achetez une propriété, il faut vous meubler, il faut prendre des électroménagers. Donc, tous ces aspects-là, c'est absolument important de les prendre en considération. C'est pas juste l'hypothèque.

Marianne Spear : [00:16:08] Puis aussi, la taxe de bienvenue, taxes municipales, notaire…

Catherine Duranceau : [00:16:11] Notaire auquel je pense...

Marianne Spear : [00:16:14] Notaire. Tout, inspection. Oui, oui, frais d’inspection.

Catherine Duranceau : [00:16:16] Et, c'est quoi, la différence si on prend notre assurance? On prend une assurance hypothécaire avec notre banque ou avec notre assureur?

Marianne Spear : [00:16:23] Il y a vraiment beaucoup de différences, honnêtement. Puis je veux pas sembler partisane dans ma réponse, mais de façon générale dans l'industrie, c'est très recommandé de ne pas prendre son assurance avec le prêteur lorsque c'est possible. Dans le fond, avec un assureur, le prix de l'assurance va être fixe pour la durée du contrat puis le montant pour lequel on est assuré, fait que le capital va être fixe pour toute la durée du contrat également. Fait que disons, 500 000 pendant 25 ans, ça me coûte 47 $ par mois, on va dire 50 pour faire rond, là. Puis ça, ça va pas bouger, selon les termes de mon contrat, pendant les 25 prochaines années. Versus quand on y va avec un prêteur, le prix de notre assurance, dans les deux cas, là, c'est par rapport à notre âge et notre état de santé. Sauf qu'avec le prêteur, notre contrat, à chaque renouvellement d’hypothèque, le contrat est renégocié, puis ça repart à zéro pour l'assurance. Fait qu'on est rendu plus vieux, fait que ça coûte plus cher. Fait qu'à chaque renouvellement, le prix augmente.

Puis parallèlement, vu que c'est vraiment une assurance… c'est une assurance vie, au final, l'assurance hypothécaire avec le prêteur, mais c'est une assurance vie qui est là juste pour protéger notre prêt. Fait qu'à chaque année, aussi, bien on rembourse notre prêt. Fait que, le capital sur lequel on est assuré baisse, puis notre prime augmente. Puis j'ai vraiment vu des cas de personnes, 60, 65 ans, qu’il restait une petite hypothèque, mais avec un paiement d'assurance, que ça avait comme pas de bon sens.

Catherine Duranceau : [00:17:46] Mais la banque est contente, dans des contextes comme ça.

Marianne Spear : [00:17:49] Bien oui, puis, tsé, c'est pas pour pointer du doigt personne, parce qu'aussi, c'est un produit qui, des fois, va être un petit peu plus accessible, dans le sens où ils posent moins de questions de santé. Tsé, des fois, c'est comme plus facile, tsé, on est dans la transaction immobilière, c'est notre premier achat. On a passé chez le notaire, on a vu l'inspecteur, puis là on arrive devant la banque pour prendre notre prêt. Puis moi, quand j'ai acheté, c'est ça qu'ils m'ont dit.

Catherine Duranceau : [00:18:10] Ils vont te mettre dans le doute.

Marianne Spear : [00:18:11] Si tu sors puis tu te fais frapper.

Catherine Duranceau : [00:18:13] Moi aussi, si jamais tu as un accident, là, après, dans 24 heures, mais mon Dieu, mon Dieu!

Marianne Spear : [00:18:17] Si tu sors puis tu te fais frapper. Puis dans le fond, moi, ce qui se passait, c'est que mon assurance que j'avais prise de mon côté avec moi-même, là, elle était à l'étude. Parce que, comme je dis, on pose plus de questions auprès d'un assureur, puis des fois, il va y avoir un petit délai d'étude du dossier. Puis, tsé, c'est émotif, là, quand tu achètes une maison.

Catherine Duranceau : [00:18:33] Ah, absolument!

Marianne Spear : [00:18:33] Dans le sens que, tsé, tu es fatiguée. Tu travailles au travers, c'est ton argent qui s'en va, là, et tout. Puis j'achetais pas seule, fait que, tsé, c'est les émotions de mon chum aussi. Puis j'ai juste fait« Regarde, on signe, je le sais que je vais l'annuler après, tsé ». Fait qu’il faut savoir aussi qu'une assurance, on n'est jamais pris avec ça. Les gens, des fois, ils pensent qu'ils signent une assurance, puis que c'est comme un prêt auto, là. Non, non, on peut l'annuler.

Catherine Duranceau : [00:18:54] OK. Parfait. Je peux respirer.

Marianne Spear : [00:18:55] Puis tsé, moi de mon côté, comme j'ai signé. Mais finalement, on ne l'a jamais payée, puis j'ai été acceptée de mon côté en individuel, pas long après. Puis là, je suis très heureuse, je suis bien assurée.

Catherine Duranceau : [00:19:07] Puis, comment le conseiller peut prévenir le stress financier? Parce que ça peut être une réalité.

Marianne Spear : [00:19:11] Bien, je pense qu'on aide à éviter que les gens aillent dans l'isolement quand ils ont des difficultés financières. Tsé, on va tous, dans notre période de vie, avoir des moments où on est plus serré que d'autres. On peut pas l'éviter à tout prix. C'est sûr qu'on peut mettre des choses en place, mais il peut toujours y avoir des imprévus qui arrivent. Je pense que c'est plus de le réduire que de l'annuler complètement, en étant une personne de confiance, mais également compétente, professionnelle, qui peut guider la personne dans ces situations-là.

François Des Rosiers : [00:19:36] Est-ce que c'est pas aussi d'apprendre aux gens à faire des budgets?

Marianne Spear : [00:19:42] Oui.

François Des Rosiers : [00:19:43] Parce qu'il y en a beaucoup qui ont jamais fait de budget.

Marianne Spear : [00:19:44] Mais, je suis tellement d'accord.

François Des Rosiers : [00:19:45] Puis, même des gens qui ont des gros revenus. J'ai déjà en tête très précisément qui se sont fait construire une immense maison, piscine. Au bout de la ligne, ça coûte 1 100 000. Même avec des gros revenus, ils n'arrivaient plus parce qu'ils budgètent pas.

Catherine Duranceau : [00:20:05] Puis quand on parle budgéter, là, j'ai deux experts avec moi, on part de la base. Genre, le salaire qu'on a, donc combien on met à économiser.

François Des Rosiers : [00:20:13] Il faut partir du salaire qui est sûr, pas les peut-être.

Marianne Spear : [00:20:18] C’est ça, pas le« Mon boni va être combien ». Moi des fois, j'en ai, je dis« Bon, vous allez faire combien? »« Ah bien là, c'est difficile, mon boni change un peu à chaque année ». Dis-moi, c'est quoi le plus petit boni que tu pourrais potentiellement avoir.

François Des Rosiers : [00:20:26] C’est ça.

Marianne Spear : [00:20:27] Il revient à chaque année, ton boni. OK, c'est quoi le plus petit?

François Des Rosiers : [00:20:29] Ce qui est le plus conservateur. Puis on parle du bout, puis on enlève les morceaux : la nourriture, les études des enfants, les déplacements, l'hypothèque. Qu'est-ce qui vous reste pour le reste? Le revenu discrétionnaire qui vous permet d'aller au cinéma, d'aller manger au restaurant une fois de temps en temps, de prendre des vacances. C'est comme ça que vous devez budgéter, partir de quelque chose qui est garanti comme revenu, puis enlever tout ce que ça prend puis qu'on connaît. On connaît le prix de l'électricité, on connaît…

Catherine Duranceau : [00:21:06] Hydro, ça on le sait. Oui. Il y a des choses qui peuvent augmenter, mais oui, OK. Donc, tous les prix qu'on connaît, puis après ça, on sait combien il nous reste. Si on est dans le négatif, c'est là qu'on réalise qu’on n’a pas budgéter.

François Des Rosiers : [00:21:17] On peut faire la même chose pour établir quel est le prix de la maison que je peux me permettre d'acheter.

Marianne Spear : [00:21:22] C'est ça.

Catherine Duranceau :, [00:21:23] Parlant de prix de maison, souvent quand on veut s'acheter notre première maison, on regarde quel est le prix idéal et, par la suite, on fait notre préqualification hypothécaire. De quelle façon on peut conseiller les premiers acheteurs pour gérer leurs attentes?

Marianne Spear : [00:21:37] Bien, c'est sûr que c'est ça, c'est le processus d'accumulation de mise de fonds commence avant la préqualification, habituellement. La préqualification qui nous dit combien la banque nous prêterait, qui se fait souvent avec un représentant hypothécaire ou un courtier hypothécaire. Quand on fait l'accumulation de la mise de fonds, bien tsé, moi personnellement, je ne suis pas courtière hypothécaire ni représentante hypothécaire, fait que je ne sais pas exactement mon client va pouvoir s'offrir une maison de combien, dans le fond. Je sais le paiement qu’il va être capable de payer à chaque mois. Mais dans le fond, il y a comme trois situations possibles. Une fois qu'il fait la préqualification, c'est soit qu'il peut absolument avoir le montant qu'il souhaitait, le montant qu'il avait en tête, soit il peut emprunter moins que ce qu'il avait imaginé, soit il peut emprunter plus que ce qu'il avait imaginé. Fait qu’après, c'est de prendre un moment avec lui. Puis, si on est en plein dans le mille, bien tant mieux, ça ne change pas, ça déboussole pas grand-chose. Mais si c'est vraiment plus élevé, bien là des fois, c'est peut-être de calmer son enthousiasme, d'être comme« Hein, je peux emprunter 200 000 de plus, je vais pouvoir prendre une grosse maison, puis tout ». C'est pas parce qu'on peut emprunter ça, qu'on est obligé d'aller le topper. Tsé, c'est de revenir au budget, finalement. Par mois, c'était combien? Tsé, si tu veux garder ton abonnement au gym, tes trois abonnements Netflix, Crave, Prime.

Catherine Duranceau : [00:22:46] Ça s’additionne.

Marianne Spear : [00:22:46] Tu as envie de couper là-dedans ou pas, fait que c'est de le ramener là. Puis, si le montant est plus bas que ce qu'il s'imaginait, bien, c'est plus, je pense, de l'écouter à ce moment-là et puis de le mettre en lien avec un courtier immobilier qui va pouvoir lui présenter des choses qui lui conviennent quand même.

François Des Rosiers : [00:23:01] Mais, c'est important ce que vous venez de dire. Parce que je me rappelle qu'il y a eu des périodes où les institutions financières faisaient de la surenchère en prêtant trop, et en se fiant à des prix qui étaient gonflés par la spéculation. J'ai en tête des cas où j'ai fait pas mal d'études pour la CORPIQ il y a un bout de temps, et j'avais étudié la rentabilité des petits immeubles de 2 à 5 logements dans Rosemont La Petite-Patrie. Et à l'époque, au début des années 2010, on avait ce mouvement là où les prêteurs prêtaient à tour de bras des prix de fou pour des logements qui étaient en condition souvent...

Catherine Duranceau : [00:23:51] Ordinaire.

François Des Rosiers : [00:23:52] Parce que, les gens qui les achetaient, bien, ils se disaient,« Ça va être mon plan de retraite ». Mais, ils avaient mal calculé tous les coûts qu'ils devaient assumer une fois qu'ils avaient acheté. C'est un risque très important. Parce que, ce que j'ai vu, c'est que souvent, les gens qui achetaient ces immeubles-là ou ces portions d'immeubles, ils étaient absolument pas capables de les entretenir. Je parle même pas de rénovations, je parle d'entretien courant. Il fallait qu'ils paient de leur poche. Ils pouvaient pas avec les loyers qui..

Catherine Duranceau : [00:24:23] Ça se payait pas, oui, oui, oui.

François Des Rosiers : [00:24:25] … que ces immeubles-là demandaient, payer l'hypothèque, et puis les dépenses.

Marianne Spear : [00:24:30] Puis les frais.

Catherine Duranceau : [00:24:30] Et ça m'amène un peu à ma question : est-ce que c'est encore un bon investissement d'acheter une propriété aujourd'hui 2025?

François Des Rosiers : [00:24:38] C'est toujours un bon investissement quand on sait acheter la bonne propriété au bon prix, au bon endroit. À mon avis, les prix des propriétés vont pas se mettre à chuter, ils vont augmenter. Et en général, ils augmentent plus que l'inflation. Donc, c'est un placement. Un des avantages de la propriété, c'est d'obliger le ménage à épargner. C'est de l'épargne forcée.

Marianne Spear : [00:25:05] Tellement, c’est vrai.

François Des Rosiers : [00:25:07] Très souvent, les gens qui n'ont pas de propriété, bien, ils dépensent sur d'autres choses. Finalement, ils épargnent pas.

Marianne Spear : [00:25:14] C'est ça.

François Des Rosiers : [00:25:14] Tandis que quand vous êtes propriétaire, bien, vous avez une obligation d'épargner pour payer votre hypothèque, puis votre hypothèque s'amortit puis se rembourse. Donc, vous devenez éventuellement propriétaire. Et puis, à partir de là, c'est un capital que vous avez. Donc, c'est ça, l'avantage.

[00:25:35 À l’écran : Moment marquant]

Catherine Duranceau : [00:25:43] Marianne, aurais-tu une anecdote à nous partager, que tu as vécue avec un de tes clients ou clientes?

Marianne Spear : [00:25:48] Oui! Bien, je pense à deux sœurs en particulier. J'ai rencontré une des deux en premier, puis elle me disait que, bon, peut-être qu'elle aimerait acheter, mais elle penserait pas que c'était possible. Elle avait des études en marketing, c'était son premier poste. Là, elle travaillait à temps plein, puis tsé son revenu était assez bas là au début. Mais ça reste un revenu garanti. Puis ça, les prêteurs, ils aiment ça.

Catherine Duranceau : [00:26:07] OK. Mieux que les travailleurs autonomes.

Marianne Spear : [00:26:09] Oui, c'est ça. Fait que là, tsé, je l'écoutais puis je disais« OK, c'est bon ». Puis, quelques mois plus tard, elle me dit« Ah, je pense que je t'avais pas dit, mais tsé, moi je suis en colocation avec ma sœur, puis là, ma sœur aussi aimerait te rencontrer pour ses finances et tout ». Fait que j'ai dit« Ah OK. Bien oui, avec plaisir ». Fait que là, je rencontre sa sœur qui me dit, tsé, elle aussi elle aimerait peut-être acheter une propriété, mais que, bon, en ce moment ils ont un bon bail les deux, puis ça leur convient. Puis là finalement, je les ai comme poussées un peu. J'ai dit« Bien, tsé, allez faire une préqualification, je vais vous référer à un courtier hypothécaire ». Puis au début, elles étaient un peu hésitantes, elles me disaient« Non, je pense vraiment pas que ça va être possible. Tsé, on ne veut pas être plus déçues que… »

Catherine Duranceau : [00:26:44] Oui, que là.

Marianne Spear : [00:26:44] C'est ça, on en a pas pour l'instant de déception. On a juste pas d'attente, fait qu'on ne veut pas se faire vivre une déception. Puis finalement, en fait, je leur ai juste envoyé les coordonnées, puis j'ai pas vraiment eu de nouvelles d'eux avant quelques mois. En fait, j'ai pas eu de nouvelles d'eux avant vraiment un bout, jusqu'à ce que la courtière hypothécaire m'appelle pour me dire« Merci pour la référence. Tes clientes, elles ont acheté. Je voulais juste te dire, elles passent chez le notaire telle date », je suis là« Hein?! ».

Catherine Duranceau : [00:27:06] Hein?

Marianne Spear : [00:27:07] C'est ça. Fait que, là, j'ai appelé une des deux sœurs puis j'ai dit« Hey, vous avez trouvé? » Elles m'ont dit« Oui, on est tellement contentes. Merci vraiment beaucoup ». Puis, quand je les vois, bien, je suis toujours contente d’où est-ce qu'elles étaient, puis d’où est-ce qu'elles sont arrivées. Puis quelque chose qui est un petit peu drôle, c'est qu'à ma dernière rencontre avec une des deux, bien, tsé, je les rencontre par Teams, puis on est toujours un peu en mode professionnel, là. Puis là, je voyais une personne passer en arrière, comme elle est en pyjama avec quelque chose sur la tête et tout. Puis j'ai fait« Ah bien, ça, c'est sa sœur, c'est ma cliente ». J'ai dit,« C’est elle ». Elle dit« Oui », fait que j'ai trouvé ça drôle de…

Catherine Duranceau : [00:27:42] C'est le fun.

Marianne Spear : [00:27:43] De les voir un peu comme ça, dans l'intimité.

Catherine Duranceau : [00:27:45] Ça rend ça plus humain. Puis ton rôle de conseillère est allé encore plus loin, fait que c'est gratifiant.

Marianne Spear : [00:27:51] C’est ça. On a passé beaucoup d'étapes ensemble. Prochaine étape, je fais la rencontre en pyjama.

Catherine Duranceau : [00:27:57] C’est ça, j'arrive. Je suis là.

Marianne Spear : [00:27:58] Oui. Oui.

[00:28:00 À l’écran : À retenir]

Catherine Duranceau : [00:28:07] Marianne, peux-tu nous résumer en quelques phrases comment on peut accompagner les premiers acheteurs?

Marianne Spear : [00:28:12] Premièrement, le budget. Je pense qu'on ne peut pas passer à côté. Fait que, revenus moins dépenses égales marge de manœuvre. Puis, on travaille avec ça pour épargner notre mise de fonds, puis s'assurer qu'on va pouvoir payer notre hypothèque. Une fois que le budget est fait, bien, c'est d'arriver avec un plan d'action puis de suivre son client jusqu'au bout.

Catherine Duranceau : [00:28:32] Jusqu’au bout!

Marianne Spear : [00:28:33] Oui, c'est ça. Puis, de lui présenter une stratégie d'investissement qui va lui permettre d'arriver à cet objectif-là le plus rapidement possible. Fait que, regarder les véhicules d'épargne, c'est quoi ses droits de cotisation, comment est-ce qu'on peut venir optimiser tout ça. Puis, s'il y a des programmes gouvernementaux aussi qui peuvent l'aider comme la SCHL, etc. Je ne dis pas que c'est toujours à prioriser, mais c'est définitivement à considérer. Puis avec ça, on devrait être très bien parti.

Catherine Duranceau : [00:28:58] Merci énormément pour vos conseils. Je pense que ça va guider les premiers acheteurs et leur donner confiance.

François Des Rosiers : [00:29:06] Bien, j'espère. Je leur souhaite bonne chance.

Marianne Spear : [00:29:08] Oui. Bonne chance!

[00:29:10 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:29:08] Et merci de nous avoir écoutés. On espère que ces conseils vont vous servir dans votre future pratique. Si jamais vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Si vous souhaitez obtenir plus d'information ou de découvrir d'autres épisodes, allez sur le site web de Beneva, section balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vont vous donner des outils pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.

[00:29:35 Générique]

FIN DE TRANSCRIPTION

L'assurance comme levier de croissance pour les détaillants

Et si les protections d’assurance évoluaient au même rythme que les entreprises de commerce de détail? Dans cet épisode, notre animatrice accueille Andréanne Marquis, présidente et fondatrice de Womance et de Sans-Façon Cosmétiques, et Christian Vanasse, directeur principal - Expérience partenaires et développement des affaires en assurance entreprises chez Beneva. Un tour d’horizon essentiel pour transformer l’assurance en véritable avantage stratégique.

00:00

28:40

Catherine Duranceau : [00:00:05] Bonjour, bienvenue au balado de Beneva, Parole d’experts. Je suis votre animatrice Catherine Duranceau. Aujourd'hui, on plonge dans l'univers des protections d'assurance pour les entreprises de détail. On va voir comment les protections peuvent évoluer avec la croissance d'une organisation et, surtout, comment l'assurance peut devenir un véritable moteur stratégique pour les détaillants.

[00:00:23 À l’écran : Nos invités]

[00:00:26 À l’écran : Andréanne Marquis
Entrepreneure, Propriétaire de Womance et Sans-façon Cosmétiques]

Andréanne Marquis : [00:00:26] Allô! Je m'appelle Andréanne Marquis, je suis présidente et fondatrice de Womance et Sans-façon Cosmétiques. En fait, nous, on travaille à temps plein pour faire du beau, pour que les femmes se sentent bien.

[00:00:36 À l’écran : Christian Vanasse
DP – Expérience partenaires et développement]

Christian Vanasse : [00:00:36] Bonjour! Mon nom est Christian Vanasse. Je suis directeur principal à l'assurance des entreprises pour Beneva. Je m'occupe principalement des partenariats et du développement des affaires.

[00 :00 :47 À l’écran : Table ronde]

Catherine Duranceau : [00:00:50] Andréanne, fait que tu es fondatrice de Womance et Sans-façon. Peux-tu nous raconter, premièrement, comment Womance a été mis sur pied du prêt-à-porter, puis ensuite, tu es allée dans le cosmétique quelques années plus tard avec Sans-façon?

Andréanne Marquis : [00:01:00] Womance est arrivé… je dis souvent que c'est arrivé dans ma vie par inadvertance. Moi, je ne savais pas que j'allais me partir en affaires. Je sais qu'il y en a qui ont genre 6 ans, puis ils vendent des limonades sur le bord du chemin. Moi, c'était vraiment pas mon cas. Je n'étais pas… j'étais vraiment pas là-dedans. Puis on recule en 2015. Il faut savoir qu'il y avait peu de boutiques en ligne. Les gros joueurs avaient des présences web. Simons, Dynamite, etc., mais peu de gens qui se disent « Moi, je vais me partir une boutique en ligne ». J'avais l'air super avant-gardiste, mais en fait, c'est que j'avais pas vraiment de moyens pour m'ouvrir une vraie boutique physique. Puis je savais pas du tout… J'avais jamais vendu de linge de ma vie. Fait que, c'est vraiment parti de ça, de l'idée de dire :je vais acheter des vêtements, je vais les porter, je vais m’assurer qu’ils sont confortables, puis je vais les revendre par la suite.

Le web, c'était la nouveauté, c'était un peu la facilité, comme je disais, que tu avais pas nécessairement de boutique. Évidemment, avec le temps, ça a vraiment pris de l'ampleur. Puis après ça, bien, Sans-façon est arrivée dans ma vie très naïvement, encore une fois. Womance avait pris beaucoup d'expansion. On faisait beaucoup de web dans ce temps-là, on faisait pas de boutiques physiques, puis j'avais comme l'impression que j'avais plus rien à donner à Womance.

Catherine Duranceau : [00:01:59] Plus rien. Mais non! Mais OK?

Andréanne Marquis : [00:02:02] Non, mais comme… c’est pas que j’avais pas de défis, mais je me disais « Ah, le web est là, tsé, ça va être ça ». Puis naïvement, je suis rentrée à un moment donné dans un Jean Coutu, puis là, je me disais :« Han? Pourquoi qu'il y a rien? » Je trouvais que, depuis Lise Watier, il n'y avait pas eu d'autres joueurs québécois, canadiens dans du maquillage. Soins de la peau, on était full là. Tsé, tu as des Omy, des IDC, des Ora. Mais maquillage j'étais comme, « Ah! Pourquoi qu’il y a rien qui…? » Tsé, mes amis, personne achetait des cosmétiques canadiens, personne achetait des cosmétiques québécois, tout le monde achetait des grandes marques, Lafrance ou tsé. C'était comme…

Catherine Duranceau : [00:02:37] C’était super fancy.

Andréanne Marquis : [00:02:37] C'est ça, rien… Fait que là, je me disais « Ah, il y a comme un trou dans le marché ». Fait que, c'était plein de naïveté. J'ai compris, en le faisant, pourquoi personne l'avait fait.

Catherine Duranceau : [00:02:44] Oui, les réglementations, la peau…

Andréanne Marquis : [00:02:47] Oui, les taux, les minimums, l'argent.

Catherine Duranceau : [00:02:49] Mais, tu as pas eu peur de te lancer quand même.

Andréanne Marquis : [00:02:51] Non.

Catherine Duranceau : [00:02:52] Parce que, c'était tout nouveau. Parce qu'on s'entend, vêtements et peau, c'est comme deux univers. Est-ce que tu t’es affiliée avec quelqu'un qui t'a aidée pour ce processus-là?

Andréanne Marquis : [00:02:59] Bien, la façon que ça fonctionne, nous, on n'a pas de laboratoire, fait qu’on travaille avec différents laboratoires. Un peu comme les manufactures de vêtements. Tsé, on a plusieurs manufactures qui font plusieurs choses. C'est un peu pareil dans le laboratoire. Un laboratoire qui fait des soins de la peau ne va pas nécessairement faire de mascara, vice-versa. Fait qu'au début, on a approché des laboratoires. En toute sincérité, personne voulait travailler avec nous.

Catherine Duranceau : [00:03:17] Ah oui? Pourquoi?

Andréanne Marquis : [00:03:18] Bien, parce que premièrement, on les approchait sous le nom de Womance, avec une marque qui n'existait pas, puis qui avait pas de nom, puis on ne savait pas trop ce qu’on faisait avec ça.

Catherine Duranceau :[00:03:24] C'est risqué pour eux, là.

Christian Vanasse : [00:03:26] Pour eux, oui.

Andréanne Marquis : [00:03:26] C'était « Attends un peu comment et où est-ce qu'ils vont avec ça ». On y allait au début, on créait les produits avec les laboratoires. Puis là, ça fait quand même un bon temps, peut-être trois ans, qu'on a une chimiste à l'interne avec laquelle on retravaille les formules, puis tout ça. Parce que, c'est facile d'écouter le laboratoire. Mais, si tu veux amener ton produit plus loin, tu es mieux d'avoir un peu ta connaissance à l'interne.

Catherine Duranceau : [00:03:45] C'est ça, pour que tu puisses guider la personne, tsé.

Andréanne Marquis : [00:03:48] Exactement.

Catherine Duranceau : [00:03:49] C'est incroyable comment tu as touché un peu à tout. Quelle étape, dans la croissance de ton entreprise, a peut-être été la plus imprévisible, la plus challengeante? Parce que, toi, ça arrête pas, là.

Andréanne Marquis : [00:03:58] Bien en fait, moi ce que j'ai trouvé le plus challengeant et que je trouve encore le plus challengeant, c'est qu’à une certaine grosseur d'entreprise, tu peux plus grandir par opportunité. Au début, moi, c'était ça. C'était comme « Ah! On pourrait faire du maternité. OK, on fait du maternité ». Mais là, les décisions impliquent de l'argent, ça implique de, OK, est-ce que… Tsé, admettons la maternité, pour donner un bon exemple…

Catherine Duranceau : [00:04:18] Oui.

Andréanne Marquis : [00:04:18] Nous, notre modèle d'affaires fait que notre rotation d'inventaire roule assez vite. Mais la maternité, c'est pas… Tu peux pas rouler rapidement un inventaire de maternité. Fait que tsé, là, on a décidé de ne plus en refaire. Tsé, on en a fait… parce que ça vient un peu briser le modèle d'affaires dans lequel on est. Ça nécessite une connaissance qui est supplémentaire. Fait que, tsé, il y a des trucs comme ça que, là, avant de faire comme :OK, let's go, on le fait, puis on est excité. On prend comme un pas de recul, puis on se dit :OK, est-ce que ça va vraiment valoir la peine?

Catherine Duranceau : [00:04:43] C'est bon, j'aime ça. Et comme ton entreprise est beaucoup en changement, Christian, quel rôle l'assureur pourrait avoir, pour vraiment être sûr que tout se déroule le plus possible sans embûche? C'est jamais parfait, on s'entend.

Christian Vanasse : [00:04:54] C'est vraiment un rôle de de partenaire ou d'accompagnateur. J'aime ce qu'Andréanne fait parce que c'est le modèle parfait de quelqu'un qui innove beaucoup, qui va changer des processus souvent. Puis l'assureur doit connaître le risque, doit suivre les processus. On parle de linge, vendre du linge confortable pour madame, pour un assureur, il n'y a pas beaucoup d'enjeux. Vendre du linge confortable pour enfants, par exemple, là ce serait un enjeu. Ça, c'est un risque différent, parce qu'en cas de poursuite, ça pourrait coûter beaucoup plus cher.

Andréanne Marquis : [00:05:29] Puis, c'est super réglementé, là.

Christian Vanasse : [00:05:30] Oui. En plus.

Andréanne Marquis : [00:05:31] Faire des vêtements pour enfants, ça ne se fait pas comme ça, là.

Catherine Duranceau : [00:05:33] Pour vrai! J’aurais pas cru!

Andréanne Marquis : [00:05:34] Il y a beaucoup de règles. Au Canada, on a beaucoup de règles. Le positionnement des boutons, la… oui, c'est ça, c'est quand même…

Catherine Duranceau : [00:05:37] Le zipper qui peut, peut-être, être dangereux.

Andréanne Marquis : [00:05:39] C'est vraiment...

Catherine Duranceau : [00:05:40] L’enfant qui veut le manger, des fois, on comprend pas mais…

Christian Vanasse : [00:05:42] L'accompagnement de l'assureur, c'est souvent un peu ça. C'est que les gens, les entrepreneurs comme toi, c'est des passionnés. C'est la passion, ça a une idée, ça veut la mettre en place, ça la met. Écoute, je vous raconte une anecdote, là, puis c'est pas… je nommerai pas de nom, mais c'est sur un commerce, là. Il y a quelqu'un qui a bâti un bâtiment qu’il a assuré pendant la construction. Nous, on assure cette entreprise-là, on va assurer le bâtiment après la construction. Il y a un directeur de compte de ma gang qui a vu l'inauguration sur Instagram du bâtiment. Il avait juste oublié de nous appeler. 30 millions. Un bâtiment de 30 millions. Même pour nous, l'assureur, on peut pas dire « OK, 30 millions, on assure ça de même ». Ça prend du temps, ça prend des réflexions. C'est pour ça que, le partenariat puis l'échange dans les idées, en assurance, sont importants. Ça, c'est comme pour un entrepreneur, c'est tout à fait naturel de présenter son plan d'action, son plan de développement à son banquier.

Catherine Duranceau : [00:06:49] Parce que c'est lui qui a les sous. Alors, tu te dis « Il faut qu’il me donne les sous pour que ça fonctionne! ».

Christian Vanasse : [00:06:53] Lui, il donne les sous, mais lui, il va se protéger partout.

Catherine Duranceau : [00:06:55] Oui.

Christian Vanasse : [00:06:56] Tandis que l'assureur, lui, va venir tout garantir tout ça.

Catherine Duranceau : [00:07:00] Que tu perds pas tes...

Christian Vanasse : [00:07:00] Et on oublie de lui parler, souvent.

Catherine Duranceau : [00:07:03] Des fois, c'est une peur. On se dit « Ah mais là, ça va être cher » ou je sais pas. Est-ce que des fois, tu as ressenti ça? C'est pour ça que les entrepreneurs, ils vous appellent moins vite?

Christian Vanasse : [00:07:12] Bien, je pense qu'il y a des peurs. Il y a un peu un niveau d'insouciance dans « Ça peut pas m'arriver à moi ». Et puis, c'est là qu'on est utile aussi, l'assureur. C'est qu’un assureur, on en a vu d'autres, fait qu'on est capable de ramener, puis dire :OK, est-ce que tu as pensé à ça? Dans le fond, l'assureur, il aide aussi à évaluer les risques et à dire « OK, qu'est-ce que tu fais, Andréanne, avec ce risque-là? Est-ce que tu le préviens? Est-ce que tu l'assumes? Tu en es consciente, puis tu fais rien avec, ou est-ce que tu l'assures? Puis si tu l'assures, bien là, on va te donner des conseils de prévention puis on va partager le risque soit par la franchise, soit par quelque chose, mais on va faire ça ensemble ». Puis, vous savez, les assureurs, on a des défauts. Le plus gros défaut…

Catherine Duranceau : [00:07:54] C’est lequel?

Christian Vanasse : [00:07:55] Puis là, tous mes chums, actuaires vont vraiment haïr ça, là, c'est qu'on travaille avec des statistiques. Puis les statistiques, c'est le passé. À chaque fois que quelqu'un innove dans quelque chose, les actuaires en assurance ont aucune information en arrière pour faire des normes, étudier comment ça se passe, la tarification. Ils ont rien.

Catherine Duranceau : [00:08:18] C'est de la créativité, c’est nouveau, là. Oui, oui.

Christian Vanasse : [00:08:19] Tout à fait. Mais, si on sait ce que l'entrepreneur va faire dans son plan puis qu'il dit « Regarde, moi Christian, Womance, je les vois là dans cinq ans. Penses-tu que je pourrais avoir un problème côté assurance? » « Ah OK, on va regarder. On va étudier ce qu'il peut y avoir là, puis on va être positionné pour être capable de te donner des conseils sur les risques, puis voir qu'est-ce qu'on peut assurer ». Quand on est capable de réfléchir en amont avec l'entrepreneur, bien, c'est gagnant pour tout le monde.

Catherine Duranceau : [00:08:49] Puis Andréanne, ça a été naturel pour toi de consulter tes assureurs pour parler de ton évolution, croissance, ou tu as appris un peu que « Ah OK, je devrais peut-être le faire »?

Andréanne Marquis : [00:08:58] Oui, non, vraiment. Moi je suis quand même… je suis une fille de règlements.

Catherine Duranceau : [00:09:02] OK.

Andréanne Marquis : [00:09:05] Fait que, c'est ça. Je suis quand même… Fait que tsé, rapidement, ça a été… oui.

Catherine Duranceau : [00:09:08] OK. Tu t’es-tu déjà fait surprendre en te disant « OK, je savais pas que je devais avoir une protection pour tel produit dans telle situation »? Parce que tu as été dans des boutiques éphémères, dans les centres d'achats.

Andréanne Marquis : [00:09:18] Oui. Tsé, moi, il y a une affaire que je savais pas au départ, que je trouve tellement pertinent, c'est vraiment l'assurance de perte de revenu. Tsé, je savais pas que ça existait, que si le feu pogne à l'entrepôt, puis justement, je peux pas vendre, bien, j’ai quand même partie d'un pourcentage qui peut être assuré par mon assureur des ventes que je vais perdre. Fait que, c'est quand même pertinent. C'est quelque chose que je savais pas. Puis quand on a fait la tournée de boutiques éphémères, c'était en 2017. On avait loué, c'était à peu près neuf places en douze mois qu'on se promenait de Rimouski, Rivière-du-Loup, Gatineau, Sherbrooke. On a fait le tour du Québec, Repentigny. Puis moi, ce que j'avais pas catché, c'est qu'il fallait que j'assure le stock en roulement dans le camion.

Catherine Duranceau : [00:09:55] Sur l'autoroute, quelqu'un te rentre dedans.

Christian Vanasse : [00:09:57] Oui, en transport.

Andréanne Marquis : [00:09:59] Oui, c’est ça. C'est drôle parce que, quand j'avais appelé mon assureur à ce moment-là, il avait jamais vu ça de sa vie.

Catherine Duranceau : [00:10:03] Que tu le savais pas ou que tu devais assurer?

Andréanne Marquis : [00:10:05] En fait, il était comme :comment on va faire? Parce que, là, ça me prenait une assurance responsabilité civile dans chaque endroit où j'allais d’une période de comme…

Catherine Duranceau : [00:10:13] Deux jours ou… oui, oui, oui.

Andréanne Marquis : [00:10:14] Une semaine à un mois à peu près. Après ça, il fallait que j'assure de mon entrepôt à Repentigny, mon entrepôt… Tsé, il fallait tout que j'assure ça. Puis là, lui, il était comme :« Tu vas pas rappeler à chaque semaine, là ».

Catherine Duranceau : [00:10:24] C'est parce qu'on perd du temps ici, là. Oui.

Andréanne Marquis : [00:10:26] Puis lui, il était comme :« Ça a pas de bon sens ».

Christian Vanasse : [00:10:27] Puis, c'est vrai que les notions d'assureur, de biens en transport, biens temporairement hors des lieux, biens en entrepôt, biens au magasin, c'est flou, là. C'est effectivement pas clair. C'est pas comme dire :OK, on assure ton contenu, peu importe où il est.

Andréanne Marquis : [00:10:41] C'est ça. Puis c’est pas tout!

Christian Vanasse : [00:10:42] Non.

Andréanne Marquis : [00:10:43] Parce que, là, moi, je pars pas tout mon inventaire, puis là, il faut que ça reste… Puis là, en plus, j'ai ma responsabilité civile dans le centre d'achat. Fait que, à cette époque-là, l'assureur que j'avais, il avait vraiment été comme « Je vais prendre un stepback, je te rappelle ». Là, il était revenu avec comme « On va faire un gros package, là, pour un an et puis on en parlera plus, tsé ». Parce que là, la logique au départ, c'était de dire bien, « OK, bien en mois de mars, je vais partir de de là, je vais aller là. Bien là, rappelle, à ce moment-là ». J'étais comme « Là, on va pas se rappeler... »

Catherine Duranceau : [00:11:06] Bien, c'est parce que là, ça ne marchera pas à long terme.

Andréanne Marquis : [00:11:08] Bien non, tsé.

Catherine Duranceau : [00:11:09] Fait qu'il a trouvé une méthode, puis il s'est adapté un peu à ta situation.

Andréanne Marquis : [00:11:10] C’est ça. Oui, vraiment.

Catherine Duranceau : [00:11:12] Et, c'est quand même dans ces cas-là qu'on a besoin d'avoir une bonne relation avec notre assureur.

Andréanne Marquis : [00:11:15] Oui.

Catherine Duranceau : [00:11:16] Que c'est très important. Dans le cas d'Andréanne, Christian, comment peut-être l'assureur aurait pu faire pour encore mieux l'accompagner? Il a bien fait là, il a fini par la rappeler. Mais, toi, tu aurais-tu eu d'autres stratégies?

Christian Vanasse : [00:11:27] Ça se serait probablement ressemblé comme stratégie. Je crois que tsé, une des différences, c'est le courtage puis l'assurance directe. Le courtage qui est l'intermédiaire de marché, bien, c'est pas l'assureur, c'est un intermédiaire entre les deux. Donc, il doit aller consulter les assureurs puis, à la limite, faire le marché pour certaines protections. Dans le direct, c'est un peu différent. Tu parles directement à l'assureur, il y a un intermédiaire de moins, donc ça rend l'opération un petit peu plus agile. Puis l'expérience qu'on a dans le commerce de détail fait que, dans notre cas, c'est une situation qu'on a déjà vue, puis qu'on a vue quand même assez souvent.

Andréanne Marquis : [00:12:04] Oui. Mais tsé, en 2017, là...

Christian Vanasse : [00:12:06] C'était moins fréquent.

Catherine Duranceau : [00:12:07] C’était plus nouveau, là.

Andréanne Marquis : [00:12:07] Tsé, moi, je me rappelle, quand j'allais dans les centres d'achat pour louer…

Catherine Duranceau : [00:12:10] Ils t'aimaient pas, hein?

Andréanne Marquis : [00:12:11] Non, ils m'aimaient pas.

Catherine Duranceau : [00:12:12] C'est ce que j’ai vu.

Andréanne Marquis : [00:12:13] Ils me disaient que je tuais les centres d'achat, le web. Tsé dans ce temps-là, il y a vraiment une guerre web. Mais tsé, c'était nouveau, là, c'était vraiment...

Catherine Duranceau : [00:12:19] On avait les idées.

Andréanne Marquis : [00:12:20] Oui, on essaie. Mais tsé, c’est ça, ça a marché.

Catherine Duranceau : [00:12:23] C’est ça, ça a marché. Et, dis-nous Christian, c'est quoi les protections de base qu'une entreprise en détail devrait avoir?

Christian Vanasse : [00:12:27] Il faut les regarder parce que ça dépend du risque de chaque entreprise. Mais de base, ça part avec la responsabilité civile. Tsé, c’est tout ce que tu peux faire à d'autres que tu peux nuire. Donc toutes les poursuites que tu peux recevoir, c'est l'essentiel.

Catherine Duranceau : [00:12:40] Numéro un.

Christian Vanasse : [00:12:41] Si une entreprise a une, seulement une protection à prendre dans le budget, c'est celle-là. Après ça, bien, il y a l'assurance de tout le contenu. Donc, les biens, la marchandise, tout le stock que tu as à vendre. Si tu as un immeuble, l'immeuble. On pense aussi dans les biens, parce qu'on le considère comme un bien, toute l’amélioration locative. Tu rentres dans une boutique Womance, il y a de l'argent qui est mis à l'intérieur pour que madame apprécie, puis qu'elle ait le goût de rester, là.

Andréanne Marquis : [00:13:05] Que ce soit beau.

Catherine Duranceau : [00:13:07] C'est ça, là, oui, oui, oui! C’est très important.

Christian Vanasse : [00:13:08] Fait que ça, ça fait partie des biens, fait qu'on vient assurer ça pour le feu, le vol, les dégâts d'eau, les dommages par le vent, à peu près tout ce qui peut arriver là-dessus. Puis après ça, tu disais Andréanne, c'est la perte de revenus qui est assez important. Parce que selon la catastrophe, selon le sinistre, bien, tu peux, pendant longtemps, être privé d'un certain revenu qui peut mettre en danger l'entreprise. Parce que les frais fixes, ils restent là, là. Ils sont encore là.

Andréanne Marquis : [00:13:33] C’est ça. Fait qu’il avait une partie, je pense, un peu salaire, loyer. C'était-tu ça?

Christian Vanasse : [00:13:38] Oui, oui. Il y a plusieurs modes. Je suis content.

Andréanne Marquis : [00:13:42] Oui!

Christian Vanasse : [00:13:43] Oui, vraiment!

Andréanne Marquis : [00:13:43] Avez-vous des questions?

Christian Vanasse : [00:13:44] Je vraiment content. Tu es dans mon top 20 là, de ceux qui maîtrisent le plus, là.

Catherine Duranceau : [00:13:51] Qui maîtrisent la matière!

Christian Vanasse : [00:13:52] Oui, tout à fait!

Catherine Duranceau : [00:13:52] Elle va bien vendre ça.

Christian Vanasse : [00:13:53] Effectivement, il y a plusieurs options qui sont de juste remplacer le revenu, mais on peut aussi payer le salaire des personnes clés que tu ne veux pas perdre durant cette période-là. Fait que, il y a des protections qui s'ajustent, bien entendu, à ça. Aujourd'hui, on peut pas oublier le cyber qui est pas « Si tu vas te faire hacker quelque part », c’est « Quand ça va arriver », c'est sûr et certain. Ça veut dire que c'est sûr qu'on va payer un jour pour certaines choses. Ça fait qu'il y a beaucoup de branle-bas de combat chez les assureurs pour être capable de bien définir le produit, les protections, sans que l'assureur se mette dans le trouble non plus.

Catherine Duranceau : [00:14:32] Parce qu’on dirait qu’on le voit pas, ça, la cyber.

Andréanne Marquis : [00:14:33] C'est ça. Puis, c'est moins tangible que de dire, bien, je ne sais pas, le feu pogne. Mais c'est drôle parce que j'avais eu un cours à l'école avec un ancien brigadier général du Canada, puis il disait que l'avenir appartenait à ceux qui vont être surpris le moins longtemps.

Christian Vanasse : [00:14:48] Ah, j'adore ça!

Andréanne Marquis : [00:14:48] Je trouvais ça vraiment bon.

Catherine Duranceau : [00:14:50] C'est donc bien beau!

Andréanne Marquis : [00:14:50] Oui, puis c'est vrai. Tsé, moi, je savais pas c'était quoi un brigadier général avant de le rencontrer.

Catherine Duranceau : [00:14:54] Puis, je dois te confirmer que, moi aussi, j’ai un petit doute.

Christian Vanasse : [00:14:57] Je suis pas sûr!

Andréanne Marquis : [00:14:59] En fait, c’est si jamais on tombe en guerre, c'est lui qui prend la place du premier ministre du Canada, en fait.

Catherine Duranceau : [00:15:02] Ah OK!

Andréanne Marquis : [00:15:03] Il disait que, dans l'armée, ils ont des plans pour tout, tout, tout, tout, tout. Mais c'est vrai que l'avenir appartient à celui qui va être le moins surpris longtemps.

Catherine Duranceau : [00:15:11] Oui, fait qu'il faut s'adapter.

Andréanne Marquis : [00:15:12] Il faut avoir un plan.

Catherine Duranceau : [00:15:13] Au changement. Oui, il faut avoir le plan.

Andréanne Marquis : [00:15:14] Puis, c'est pas « si », c'est plus « quand ».

Catherine Duranceau : [00:15:17] Puis, les statistiques sont quand même alarmantes pour les cyberattaques. J'avais vu 61 % des entreprises canadiennes ont fait face à au moins un incident de cybersécurité. Et qu'est-ce que l'assureur peut faire pour protéger son client? Et peut-être aussi, si jamais… pas simplement en cas de cyberattaque, peut-être en mode prévention?

Christian Vanasse : [00:15:34] Nous sommes là oui pour assurer les dommages qui pourraient arriver, mais nous sommes aussi là en conseil. Tsé, dans le cas d'Andréanne, tu es déjà bien encadrée. Tu le dis toi-même, là, tsé, tu as des entreprises qui font de la surveillance, qui font ça. L'assureur, on donne accès à ça. Si, admettons, Andréanne, tu nous avais dit « Ah non, non, moi… »

Andréanne Marquis : [00:15:55] Je connais rien.

Christian Vanasse : [00:15:55] J’ai acheté un pare-feu. J'ai acheté un pare-feu sur le web. Là, on pose plus de questions. Dans le fond, comme on disait tantôt, notre rôle premier, c'est d'identifier les risques qui peuvent arriver. Puis là, bien, on va donner des outils en prévention pour venir les prévenir. Parce qu'on le sait, là. L'assurance, c'est aussi ça. On est là pour la catastrophe, mais il ne faut pas qu'il y ait deux ou trois catastrophes en ligne parce que ça finit par coûter vraiment cher au niveau de l'assurance. Fait qu'on aime mieux prévenir avant. Puis moi, en assurance, ça a toujours été ma façon de penser, là. Tsé, je vais revenir sur ta question tantôt, si ça te dérange pas. Tu disais :pourquoi les gens, ils nous parlent pas beaucoup, les assureurs? Puis honnêtement, là, moi, j'ai passé ma carrière à essayer de rendre l'assurance sexy. Parce que c'est pas sexy, là.

Catherine Duranceau : [00:16:42] Ça marche-tu avec tes clients?

Christian Vanasse : [00:16:43] Quand tu prends la liste… Non mais c'est vrai!

Catherine Duranceau : [00:16:47] Oui.

Christian Vanasse : [00:16:48] Dans une entreprise, là, quand tu dis au contrôleur « C'est toi qui va s'occuper des assurances, là », il rentre jamais chez eux en disant sa femme ou à son mari.

Andréanne Marquis : [00:16:55] C'est pas une belle journée.

Christian Vanasse : [00:16:56] « J'ai eu vraiment tout un mandat! ». Ça arrive jamais. Je déteste ça. Puis je pense que, le modèle que moi j'essaie d'appliquer depuis trente ans avec ma gang, c'est ce modèle-là. De dire « Commence par offrir le conseil, commence par donner le service, ayons une tarification qui fait la job, qui fait du sens en fonction des calculs, puis après ça, bien, la personne, elle va vouloir venir à toi, tu n'auras pas besoin de faire toutes les techniques de vente de closage de ».

Andréanne Marquis : [00:17:27] Oui. Puis, je pense qu'il y a une partie de l'entrepreneuriat aussi qui, à un moment donné, tu es gênée parce que tu ne connais pas. Fait que là, tu arrives à un point que tu te dis « Mon Dieu, qu'est-ce qu'ils vont penser de moi? » Moi, j'ai pas cette gêne-là. Je suis vraiment pas d'ego. Fait que moi…

Catherine Duranceau : [00:17:40] C'est bon!

Andréanne Marquis : [00:17:40] Je le sais pas, je le dis.

Christian Vanasse : [00:17:41] Mais, tu as raison. Oui.

Andréanne Marquis : [00:17:42] Mais souvent, les gens là, admettons, en termes de cybersécurité, pour donner un exemple, je le sais qu'il y a plein de gens qui vont écouter ça, qui vont dire « Hé boy, que j'ai pas de… »

Catherine Duranceau : [00:17:51] J’ai pas de plan.

Andréanne Marquis : Puis leur premier réflexe, ça va être… coquille. « Ah, je vais faire ça plus tard ». Parce que, tsé, naturellement, le cerveau s'en va de notre inconfort. Fait que c'est inconfortable. Fait que tsé, moi, je pense qu’il y a cette partie-là, souvent, que les entrepreneurs, dans la liste des angoisses qu'il faut qu'ils vivent dans une journée, parce qu'il y en a beaucoup, tsé, c'est souvent… Moi, mon chum, il me dit toujours « Je savais pas que gérer des business, c'était autant de problèmes ». Tsé, je suis comme, tsé, « J'ai juste des problèmes.

Catherine Duranceau : [00:18:14] C'est juste ça, non? C'est ça, des petits soucis là.

Andréanne Marquis : [00:18:17] Fait que, tsé, il y a beaucoup de problèmes, fait que je pense qu'ils se disent… ils mettent ça de côté tout le temps. Puis finalement, bien, malheureusement, c'est quand tu en as de besoin que…

Catherine Duranceau : [00:18:25] Que ça éclate, là. Exactement. Puis ton entreprise ou tes entreprises ont été beaucoup en changement depuis les dernières années. Depuis la dernière décennie, on peut déjà dire. Puis, comment tu as fait pour avoir une couverture adaptée à les deux entreprises que tu as? Parce que ça a tellement évolué, tu as été novatrice, il y en avait pas d'autres comme toi, tsé.

Andréanne Marquis : [00:18:44] Oui. Bien en fait, le truc je te dirais, c'est de le dire. Tsé, quand tu arrives à ton renouvellement d'assurance, de dire « OK, nous cette année, on a fait ça, ça, ça, ça, est-c'est qu'on est correct ». Tsé, admettons l'Internet, là, tu payes ton Internet puis tu te poses pas de questions. Tsé, c'est comme…

Catherine Duranceau : [00:19:01] Pfff, quand j'ai pas le choix, là…

Andréanne Marquis : [00:19:02] À un moment donné, ça marche pas, tu repars le routeur, tsé. Puis c'est drôle parce que les assurances… l'hydro, c'est un frais fixe. Mais les assurances, ça nécessite une discussion, ça nécessite de dire « OK, moi j'ai fait telle chose, telle chose, je suis-tu correcte? ». Tsé, admettons, le cosmétique, ça n'a rien à voir avec le vêtement en termes de responsabilité civile. On crée des formules, on les met dans le visage des gens. Fait que tsé, c'est… il faut que tu sois capable de le témoigner. Puis tsé, quand vient le temps de renouveler ton assurance, c'est pas juste « Bon, ça va coûter combien plus cher? »

Catherine Duranceau : [00:19:31] C'est ça, c'est pas l'attitude à avoir.

Christian Vanasse : [00:19:32] Non.

Andréanne Marquis : [00:19:32] Puis, tsé, ça se peut que tu aies des choses que tu as plus besoin d'être assuré non plus. Fait que, c'est plus d’y aller en discussion, de faire une espèce de mise à jour. C'est nécessaire. Puis souvent, ça vaut la peine de le faire.

Christian Vanasse : [00:19:42] Puis malheureusement, la plus-value de l'assureur arrive parfois juste quand il y a un sinistre ou quand il y a quelque chose. C'est pas nécessairement publicisé aussi, les conseils qu'on donne. Juste ce qu'on a en statistiques, par exemple. Je prends à Montréal, un client qui va nous appeler « Je rouvre une boutique à telle place ». « OK. Fais-tu de l'entreposage dans le sous-sol? » « Oui » « OK. Regarde, je te conseillerais de mettre ton stock à six pieds de hauteur dans ton sous-sol, les inondations là… »

Catherine Duranceau : [00:20:08] En raison des inondations.

Andréanne Marquis : [00:20:09] C’est arrivé tant de fois, oui c’est ça.

Christian Vanasse : [00:20:11] C'est ça. Avant que tu perdes ton stock une fois, bien, on est capable de te le dire. Fait que là « Pourquoi cette question-là? » Pour t’aider.

Catherine Duranceau : [00:20:18] C'est pas pour te pogner, c’est pour t’aider.

Christian Vanasse : [00:20:21] C'est ça, c’est pas pour te pogner, c'est pour t'aider.

Catherine Duranceau : [00:20:23] Ah, c'est intéressant!

Christian Vanasse : [00:20:24] Puis, ça nous aide aussi parce qu'on n'aura pas de perte à payer là. Tsé, c'est un partenariat qui fait que c'est bénéfique pour les deux.

Catherine Duranceau : [00:20:30] Tantôt, tu mentionnais pour les produits de beauté, c'est un petit peu différent que le prêt-à-porter. Comment ça s'est concrétisé, d'avoir des assurances avec un produit qui demande beaucoup plus de réglementations?

Andréanne Marquis : [00:20:41] Cléricalement parlant, c'est deux entreprises complètement différentes. Fait que là, encore, là, c'est deux assurances complètement différentes. Parce que c'est ça, la responsabilité civile, le fait qu'on développe des produits, on n'est vraiment pas dans le même type d'assurance. Mais, tsé, encore comme je disais tantôt, c'est juste d'être le plus honnête possible puis de dire comment tu fonctionnes, où tu fais les choses, comment tu les fais.

Catherine Duranceau : [00:21:02] Puis ça se fait quand même bien.

Andréanne Marquis : [00:21:03] C'est ça. Puis tsé, il y a quand même le fait que, quand on crée un produit, on envoie chez Santé Canada, eux valident la liste. Tsé, il y a quand même un processus.

Catherine Duranceau : [00:21:08] Qui est plus complexe.

Andréanne Marquis : [00:21:10] Qui nécessite pas à l'assureur de dire :est-ce que cet ingrédient est dangereux? Tsé, on n'est pas là, là.

Christian Vanasse : [00:21:15] Tsé, tu es obligé de le mentionner, tsé. Par exemple, le cosmétique, c'est pas un produit d'assurance que tu vas acheter n'importe où au coin de la rue. Il y a beaucoup d'assureurs qui veulent pas aller là, c'est ça?

Andréanne Marquis : [00:21:27] Qui veulent pas, c’est ça. Puis même, moi quand j'ai commencé en 2015 pour Womance, ça avait été difficile d'assurer du web.

Catherine Duranceau : [00:21:34] Parce que c'était nouveau.

Andréanne Marquis : [00:21:35] Parce que c'était nouveau, parce que c'était il y avait pas de… tu avais pas de dur à t’assurer, tu avais pas de bâtisse. Moi, j'avais mon inventaire dans mon sous-sol. Il était pris entre :là, le vêtement, il est fait comment, il arrive d'où? Puis là, c'est parce que tsé, souvent tu peux assurer, admettons, je commande des vêtements. Finalement, ils me livrent jamais. Là moi, j'ai payé 100 000 $ et puis ils arrivent pas. Mais là, il y avait beaucoup d'assureurs qui étaient comme « Wô!... » Là, comment tu fais pour essayer de recouvrir quelqu'un qui est outre-mer? Fait que, tsé, c'était… Moi, je me rappelle, les premières fois, j'avais eu beaucoup de refus de plusieurs assureurs qui voulaient juste pas…

Catherine Duranceau : [00:22:06] Ça t'a pas découragée, non?

Andréanne Marquis : [00:22:07] J'avais pas bien, bien le choix. Fait que, j’étais comme je vais prendre le…

Christian Vanasse : [00:22:10] Mais, tu l'as fait de la bonne façon, Andréanne. Parce que tsé, tu viens le dire. Tsé, tu es allée de façon honnête.

Andréanne Marquis : [00:22:16] Bien oui!

Christian Vanasse : [00:22:17] Si tu serais arrivée quelque part en disant « OK, moi, je veux un prix, je fais des cosmétiques. Ah, pose-moi pas trop de questions, là! »

Catherine Duranceau : [00:22:25] Mais non, tu as pas le choix, là.

Christian Vanasse : [00:22:26] Ça aurait fait…

Catherine Duranceau : [00:22:27] Quel type de cosmétiques?

Christian Vanasse : [00:22:28] C'est terminé!

Catherine Duranceau : [00:22:29] C’est ça.

Andréanne Marquis : [00:22:30] Je pense que ça dépend, c'est ça aussi, du type d'entrepreneur. Moi, je sais que je suis une personne plus... Je suis très soucieuse du bonheur des autres, comment les gens se sentent. Fait que tsé, pour moi, je veux tu pas qu'il arrive de quoi, tsé? Fait que, quand on crée un cosmétique, ça nous prend trois ans, là. C'est long!

Catherine Duranceau : [00:22:45] Par produit?

Andréanne Marquis : [00:22:46] Ça, c'est quand ça va bien, là. Ça fait que tsé, c'est long, puis l'instabilité, puis là « Mets ça au chaud, au froid, congélateur, rayons UV ». Toute cette rigueur-là est full importante. Parce que quand quelqu'un l'achète, je veux que… ça se peut qu'il arrive de quoi, peut-être un pourcentage très minime. Mais sinon, j'ai tout fait ce que j'avais à faire.

Christian Vanasse : [00:23:03] Quand tu te couches le soir, tu rêves pas de voir des plaques rouges à une madame qui a mis…

Andréanne Marquis : [00:23:08] Bien non.

Catherine Duranceau : [00:23:09] C’est ça. Une petite madame qui tu vas te rappeler, tu es comme « Bon, bien, on va essayer de trouver autre chose ».

Andréanne Marquis : [00:23:11] Bien non, c’est ça.  

[00:23:12 À l’écran :Moment marquant]

Catherine Duranceau : [00:23:18] Pourrais-tu nous partager une anecdote où vous avez vraiment fait la différence?

Christian Vanasse : [00:23:21] Oui! Tout le monde se rappelle de la fameuse tempête Debbie.

Catherine Duranceau : [00:23:26] Oui.

Christian Vanasse : [00:23:27] Nous on a… les assureurs, on a un paquet de fichiers qui sait à peu près où l'eau va passer, puis avec les sinistres antérieurs, on sait les quartiers qui sont un peu plus dangereux que d’autres.

Catherine Duranceau : [00:23:35] Oh, bon à savoir, ça!

Christian Vanasse : [00:23:36] Fait qu'on a un client détaillant qui reçoit une grosse commande de plusieurs centaines de milliers de dollars de stock, et du stock sujet à l'eau. Là, je me mets peut-être un peu dans le trouble, mais il n'était pas à cette époque-là très collaboratif. Je pense qu'il avait beaucoup d'autres problèmes ou beaucoup d'autres enjeux en ouvrant sa boutique que de penser à nous autres, les assureurs.

Catherine Duranceau : [00:23:58] Ça lui tentait pas, là.

Christian Vanasse : [00:23:59] Fait que, mon directeur de compte lui dit « Hey, est-ce que tu as du racking au sous-sol pour mettre ça? » Il dit « Oui là, selon la réglementation, je mets ça sur des palettes ». Fait qu’on se rappelle qu’une palette, c'est pas très haut. Le directeur de comptes, il dit « Hey, je vous conseillerais peut-être plus au moins un 2 à 4 pieds, là ». Il dit « Là tu es-tu malade? 2 à 4 pieds, je perds beaucoup d'espace », puis tout le bataclan. Ça reste comme ça. On l'oblige pas pareil de le faire parce qu'il rentre son stock trop rapidement pour ça. À la fameuse Debbie, il a perdu plusieurs centaines de milliers de dollars, mais à peu près juste la moitié de son stock, parce qu'il y avait eu le temps de mettre sur 4 pieds une partie de son stock. Puis ça, il est venu nous dire que « J'en ai parlé à ma femme. J’ai dit, ils exagèrent, les assurances, ils sont en train de me dire où je vais mettre mon stock, comment je vais entreposer mon stock, pour qui ils se prennent? » Puis elle lui a dit « Bien, peut-être que c'est une bonne idée, peut-être qu'ils ont de l'information que tu n'as pas ». Fait qu'il a sauvé à peu près la moitié de son stock qu’il avait mis sur…

Catherine Duranceau : [00:25:05] C’était deux pieds de haut, plusieurs cas avec Debbie. Donc on s'entend que…

Christian Vanasse : [00:25:08] Oui, oui, oui! Même, il a passé proche parce qu'il n'avait pas fait faire du racking supplémentaire, il y avait juste comme rajouté des étages de palettes. Mais il a sauvé la moitié de son contenu. Fait que, maintenant, il nous en remercie. Moi, j'ai trouvé ça drôle quand même.

Catherine Duranceau : [00:25:24] Oui, c'est bon.

Christian Vanasse : [00:25:24] Je l'avoue.

Catherine Duranceau : [00:25:25] Il a ri. Mais il a pleuré sans doute.

Christian Vanasse : [00:25:28] Moi, j'ai ri un peu, je l'avoue. J'étais fier de mon directeur de compte.

Catherine Duranceau : [00:25:31] Merci de l'avoir partagé.

Christian Vanasse : [00:25:33] Ça fait plaisir.

[00:25:35 À l’écran :À retenir]

Catherine Duranceau : [00:25:40] Christian, peux-tu nous résumer la conversation et nous dire comment les entreprises de détail peuvent poursuivre dans la croissance, la pérennité?

Christian Vanasse : [00:25:47] Tout passe par la communication, tout passe par la transparence. Il faut que l'assureur ou l'intermédiaire de marché devienne un partenaire d'affaires au même titre que le banquier, parce qu'on doit voir venir la croissance d'une entreprise. On doit voir venir ce qui va arriver comme activité. Il faut être capable de se préparer pour pouvoir accompagner les entreprises dans ce qu'ils vont faire. Parce qu'on se rappelle tout le temps des gens de Communauto, par exemple, qui, s'il n'y avait pas eu d'assurance, Communauto n'existait pas. C'est le même principe. Même en commerce de détail. Il y a des commerces de détail, que je nommerai pas le nom, qui avait des skateparks dans leur sous-sol. Donc le risque, ce n'est plus juste le risque de ce que tu vends. C'était une belle idée marketing, d'avoir un skatepark pour les jeunes mais…

Catherine Duranceau : [00:26:36] Très cool! Mais côté blessures…

Christian Vanasse : [00:26:38] Oui, c’est super cool! Vraiment bonne idée. Mais si tu nous avertis pas avant, l'assureur, bien, ça se pourrait qu'il dise « Moi je le savais pas, puis c'est un risque que j'assure pas ». Puis qu’un enfant soit blessé sérieusement, puis que tu sois pris avec une poursuite vraiment grande.

Catherine Duranceau : [00:26:50] Donc, une communication en continu.

Christian Vanasse : [00:26:52] Communication en continu. Je pense que, ce qu'il faut retenir, c'est arrêter de magasiner un prix. C'est quoi tes besoins, puis c'est quoi le risque, puis qu'il y ait un partage d'informations qui se fasse, pour que tout le monde soit sur la bonne longueur d'onde, puis qu'on soit capable d'accompagner l'entreprise dans sa croissance, les revenus. Toutes les pyramides fiscales aussi qui se font. Quand une entreprise croît, souvent elle crée des inc, des holdings, puis toutes sortes de choses pour, fiscalement, que ça soit plus avantageux.

Catherine Duranceau : [00:27:22] Il faut les assurer, là.

Christian Vanasse : [00:27:24] Mais ces entreprises-là, ces inc, si l'assureur le sait pas, ils sont pas couverts. Ça fait que c'est vraiment… à résumer, c'est vraiment la communication franche avec l'assureur. L'assureur est jamais là pour mettre des bâtons dans les roues. Il est là pour accompagner puis faire prendre conscience des risques. Parce que, ce qu'on veut, c'est justement de la croissance et que le détaillant fleurisse un peu à l'image de Womance.

Catherine Duranceau : [00:27:49] Bien dit! Oh merci tellement pour cette belle jasette!

Andréanne Marquis : [00:27:51] Ah, bien merci!

Catherine Duranceau : [00:27:53] C'était le fun, ces conseils, ces découvertes et ça donne le goût de se bâtir une business.

Andréanne Marquis : [00:27:57] Oui c'est ça, tu attendras…

Catherine Duranceau : [00:27:59] Oui, je vais attendre le bébé.

Andréanne Marquis : [00:28:01] Ça va arriver en même temps, sinon. Moi, ça serait mon conseil.

Catherine Duranceau : [00:28:03] C’est ça! Merci, je le prends.

[00:28:05 Transition]

Catherine Duranceau : [00:28:03] Merci de nous avoir écoutés et on espère que ces conseils vont vous servir dans votre future pratique. Si jamais vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Si vous souhaitez obtenir plus d'information ou découvrir plus d'épisodes, on vous invite à vous rendre au site web de Beneva, section balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vont vous guider pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.

FIN DE TRANSCRIPTION

Revenir au travail après un cancer

Quand la vie bascule, comment le travail suit-il? Geneviève Everell, chef propriétaire de Sushi à la maison, raconte le choc d’un cancer découvert à sa 34e semaine de grossesse. Notre animatrice la reçoit aux côtés de Sarah Beaudry, conseillère en santé organisationnelle. Leur constat : accompagner ceux et celles qui reprennent le travail demande une approche amorcée bien avant la maladie!

00:00

19:40

[00:00:00 À l’écran : Parole d’experts]

Catherine Duranceau : [00:00:05] Bonjour. Bienvenue au balado Paroles d'experts. Je suis votre animatrice Catherine Duranceau. Aujourd'hui, on aborde un sujet délicat, mais très important : le retour au travail après un cancer. Trop souvent, les ressources disponibles sont méconnues, autant par les employés que par les employeurs, ce qui complique inutilement le processus. Ensemble, on va décortiquer comment les milieux de travail peuvent accompagner en douceur leurs employés et quels outils font vraiment la différence.

[00:00:30 À l’écran : Nos invitées]

[00:00:34 À l’écran : Cheffe sushi et entrepreneure québécoise, propriétaire de l’entreprise « Sushi à la Maison »]

Geneviève Everell : [00:00:33] Allô! Mon nom est Geneviève Everell. Je suis cheffe propriétaire de l'entreprise Sushi à la maison. Donc, je suis cheffe sushi, animatrice, conférencière, auteure et en rémission d'un cancer du sein depuis un an.

[00:00:45 À l’écran : Sarah Beaudry, conseillère promotion santé chez Beneva]

Sarah Beaudry : [00:00:45] Bonjour, je m'appelle Sarah Beaudry, je suis conseillère en santé organisationnelle chez Beneva et, mon but principal au travail, c'est de venir accompagner les organisations pour implanter les meilleures pratiques de gestion afin de créer des environnements de travail qui vont être sains, bienveillants et inclusifs pour tous.

[00 :01 :01 À l’écran : Table ronde]

Catherine Duranceau : [00:01:04] Geneviève, vraiment contente de t'avoir avec nous. Tu as traversé une dure épreuve, celle du cancer du sein tout en étant enceinte. Raconte-nous un peu ton histoire et comment tu as fait pour traverser cette épreuve-là?

Geneviève Everell : [00:01:16] C'est sûr que tsé, j'étais complètement enceinte, à peu près à ton stade, là.

Catherine Duranceau : [00:01:19] Tu me regardes, là, oui c’est ça.

Geneviève Everell : [00:01:20] Fait que tsé, c'est sûr que je me replonge dans un moment où j'ai là perdu complètement le fil du reste de ma grossesse, parce que j'ai déniché une bosse dans mon sein gauche en pensant que j'étais juste, genre, montée de lait, hormones, etc. Finalement, pour me rendre compte que j'avais un cancer du sein stade 3 agressif. Donc, c'est comme « OK, qu'est-ce qu'on fait maintenant? » Donc, ça a été vraiment l’espèce de vitesse grand V de : il faut faire une césarienne d'urgence, puis il faut commencer les traitements de chimiothérapie invasive le plus tôt possible. Fait que, ça a été une très grosse année, année et demie, deux ans là, je te dirais, où tu n'as plus le contrôle sur rien, puis tu essaies tout simplement d'essayer de te trouver à travers une nouvelle épreuve, si on veut.

Catherine Duranceau : [00:02:09] Puis tu étais à 34 semaines, je suis à 34 semaines, je ne peux pas imaginer avoir ce choc, le stress que ça peut t'apporter, tout simplement. Ils nous disent enceinte : essaie d'être pas stressée. Et là, ta vie bascule, ton congé de maternité devient un congé de maladie. Comment tu as gardé le moral?

Geneviève Everell : [00:02:24] Incroyable! Pour vrai, je te regarde, puis je réalise que c'est ça. C'est fou, là. C'est la pire affaire que tu peux recevoir comme choc, là. Bien, en tout cas. Fait que là, tu te rends compte que, non seulement, que tu vas avoir à gérer un poupon, qui est quand même un défi en soi, puis là, bien, il faut que tu gères la maladie, puis il faut que tu te gères, toi, en tant qu'humain qui a la maladie puis qui est la maman. Fait que là, mon amoureux, j'étais chanceuse parce que moi, mon chum, c'était déjà planifié qu'il était papa à la maison. C'est lui qui a pris le long congé.

Catherine Duranceau : [00:02:54] C'était déjà dans les plans. Mon Dieu!

Geneviève Everell : [00:02:55] C’était déjà dans les plans. Moi, je retournais travailler en gambadant parce que j'adore travailler. J'adore mes enfants, mais j'adore travailler aussi. Puis, c'est vraiment ironique parce que, la date à laquelle je retournais travailler techniquement sur mes papiers de RQAP, c'est ma date de ma première chimiothérapie. Fait que, c'est vraiment fascinant, parce que là finalement, il n'y a plus rien qui se passe comme prévu. Mais étrangement, puis là, on s'entend que vous allez comprendre la nuance, là, c'est que je n'aurais jamais passé autant de temps avec ma fille puis mon amoureux parce que je serais retournée travailler, tsé. Fait qu'il y a quelque chose de beau quand même, parce que je suis cette personne qui réussit à trouver le beau dans le lait. Bien, j'ai été avec ma fille à toutes les minutes.

Catherine Duranceau : [00:03:36] C'est tellement beau.

Geneviève Everell : [00:03:37] Je suis vraiment privilégiée.

Catherine Duranceau : [00:03:37] Puis tout ça est parti, tu en as parlé, de ton entreprise Sushi à la maison. C'est ton bébé, tu es une entrepreneure qui a de l'énergie. Fait que, comment tu as annoncé à ton équipe : OK, je dois prendre une pause. Comment tu as préparé un peu ce départ qui n'était pas voulu? Comment ça s'est fait?

Geneviève Everell : [00:03:54] Bien, je préparais mon départ de congé de maternité d'à peu près deux mois. Fait que déjà, on avait une base de départ, là, tsé, de non-présence, là, tsé. Mais en même temps, je m'imaginais très bien aller au bureau avec Milie dans la coquille, là, tsé. Fait que. Mais en même temps, je suis tellement proche de mon équipe, fait que tsé tout ce qui est administration de Sushi à la Maison, tsé, on est cinq là, tsé, c'est tout petit, tout petit, là.

Catherine Duranceau : [00:04:13] C’est fou, hein!

Geneviève Everell : [00:04:14] Tsé, on était dans… les filles savaient tout là en temps réel, là. Fait que, tsé, c'est pas… genre, j'ai pas annoncé.

Catherine Duranceau : [00:04:19] Puis j'ai vu que, ta meilleure amie, c'est aussi ton bras droit.

Geneviève Everell : [00:04:23] Oui.

Catherine Duranceau : [00:04:24] C'est-tu aussi grâce à elle que ça a été aussi fluide, est-ce que tu dirais ça?

Geneviève Everell : [00:04:27] Bien, Stéphanie est devenue ma meilleure amie à cause du travail. Je la connaissais pas avant. Fait que, c'est devenu ma douce moitié, comme je l'appelle là. Fait que oui, oui, définitivement que c'est, entre autres, à cause d'elle que tout a continué de bien fonctionner. En fait, j'ai l'impression que tout le monde a son chapeau dans l'entreprise. Puis quand j'ai annoncé ma maladie, tout le monde a fait ça de même, tsé, genre : je vais le tenir bien fort, mon chapeau.

Catherine Duranceau : [00:04:47] Une belle solidarité. C'était la façon d'être là pour toi. Puis ça, c'est un scénario parfait. Sarah, qu'est-ce que tu pourrais nous dire? Comment ce modèle de solidarité était peut-être comme un modèle idéal que d'autres employeurs devraient s'inspirer?

Sarah Beaudry: [00:05:00] Bien oui, absolument. Et puis, je trouve que ton exemple est magnifique, là, en fait. Puis c’est ce qu'on… on peut voir justement la portée de ce soutien-là qui est bien installé, puis cette sécurité là psychologique que tu as envers ton équipe, à quel point ça peut être puissant pour la personne qui vit une expérience difficile avec la maladie.

Geneviève Everell : [00:05:18] Puis, je pense que les employés étaient heureux que je leur fasse aussi confiance. Tsé, c'est étrange un peu à dire, mais tsé, je pense que si tu as un employeur qui quitte ou des employés qui sont comme, « Bien là, tu vas-tu bien t’occu… » Tsé, là, c'est comme, à un moment donné, il faut faire confiance. Puis, tsé, je veux dire, en tout cas, nous, on n'opère pas à cœur ouvert, là, tsé, Je veux dire, on sauve pas des vies, là. Fait que, tsé. Après ça, on va gérer.

Sarah Beaudry: [00:05:37] Bien non, c'est ça. Ça fait que, tsé, ça revient à dire, justement, je pense que ce lien-là de proximité et de confiance, ça se travaille bien avant qu'un employé quitte là pour une raison médicale ou en tout cas.

Catherine Duranceau : [00:05:50] Puis, ce serait quoi les premières choses à mettre en place, là, avant que l'employé quitte en congé?

Sarah Beaudry: [00:05:54] Oui, bien, assurément justement de construire cette culture-là de prévention, de support, que les gens soient confortables, aller vers les uns vers les autres pour avoir des belles conversations franches avec de la confiance, de l'ouverture d'esprit. Fait que ça, ça se construit, ça ne se fait pas en une journée, évidemment. Puis après, justement, si un employé doit quitter pour une absence, bien, c'est de le maintenir aussi, ce contact-là, même quand l'employé n'est pas là. De toujours valider « Est-ce que tu es confortable que je t'appelle? Je prends des nouvelles, veux-tu des nouvelles de tes collègues aussi? Tu veux-tu savoir comment ça marche aussi au travail pendant que tu es pas là? » Tsé, il y en a, pour certaines personnes, ils veulent rester dans la loop de tout ça, là.

Geneviève Everell : [00:06:33] Oui, puis on parle très rarement aussi des gens malades qui désirent continuer à travailler. Il y en a.

Catherine Duranceau : [00:06:37] Oui, ça c’est vrai. J’en connais.

Geneviève Everell : [00:06:39] Il y en a qui peuvent, puis il y en a qui veulent. C'est ça, tsé. Fait que je pense que c’est… En tout cas, je dis ça, je dis rien. Mais en tant qu'employeur, la question se pose. De faire comme « Toi, tu as envie de le vivre comment, ta maladie? » Parce qu'on n'est pas tous pareils comme humains en général. Fait que, dans la maladie, il y a plein de scénarios possibles, là, tsé.

Sarah Beaudry: [00:06:54] Oui. Puis, ça peut être un super grand facteur de motivation aussi, là, le travail. Il y en a pour plusieurs qui se réalisent tellement là-dedans que, pour eux, c'est important de revenir, c'est important d'encore être dans le groupe…

Geneviève Everell : [00:07:05] D’être tenu au courant, oui.

Sarah Beaudry: [00:07:05] …dans l'équipe, d'être fonctionnel, puis tout ça. Fait que, tsé, tout ça là, c'est tout relié, là. C'est tout relié ensemble.

Geneviève Everell : [00:07:11] Oui, puis il faut pas prétendre qu'on veut pas être dérangée. Tsé, il y en a « Ah bien, là, on va t'enlever des conversations parce que, tsé, tu es malade, prends ça pour toi ». Hey! Moi, juste de savoir, là, qu'est-ce qui se passe, les dossiers sont rendus où, nanana…

Catherine Duranceau : [00:07:21] Ça te sécurisait?

Geneviève Everell : [00:07:22] Bien, pas nécessairement moi, mais je pense à quelqu'un qui pourrait faire « Hey moi, j'ai pas envie de me sentir exclu » et revenir dans un an et demi, deux ans, puis faire comme « Mon Dieu, j'ai plus rapport ici ». Ça doit être un choc là, tsé.

Catherine Duranceau : [00:07:33] Non, tu as raison, tu le ressens plus. Absolument. Puis le fait de retourner, réintégrer le travail, ça s'est fait de façon naturelle et tu es rentrée à 100 %, tu es revenue à 100 %?

Geneviève Everell : [00:07:44] Ouin, peut-être trop intense.

Catherine Duranceau : [00:07:46] Ah oui? OK. Parle-nous de ça?

Geneviève Everell : [00:07:47] Écoute, j'avais même pas encore tant que ça de poils repoussés sur mon coco, puis j'étais en événement, là. Tsé, j'ai exagéré. Oui. Je m'en veux pas. Vraiment pas. Puis, ça a pas terni quoi que ce soit.

Catherine Duranceau : [00:07:59] Tu dis dès que tes traitements ont terminés?

Geneviève Everell : [00:08:01] Oui, dès que mes traitements ont terminé. Moi j'ai…

Catherine Duranceau : [00:08:04] C’est un an?

Geneviève Everell : [00:08:05] Un an, un an et demi. Parce que moi, j'avais luminothérapie aussi. Donc là, il y a l'opération, ensuite il y a la radiothérapie. Puis ensuite, il y a luminothérapie qui m'a suivie pendant… donc, la molécule ciblée jusqu'en février suivant. Fait que, ça a été une grosse année et demie, là.

Catherine Duranceau : [00:08:19] Puis après ça, tu t’es dit : J'ai la force de retourner cinq jours, cinq jours semaine au travail?

Geneviève Everell : [00:08:27] Pour tout le reste de ma vie, là. Non, non, mais oui, rapidement. Mais j'ai… rapidement, ce qui me manquait, c'était le contact humain. Fait que, là, moi, j'avais comme soif de voir des gens, de voir mes clientes, aller faire des soirées. Je voulais remettre du riz sur ma feuille d'algue, je voulais entendre les gens faire « Hum, hum, hum… C'est bon, c'est bon », tu comprends? Fait que, c'est ça, ma paye, moi dans la vie. C'est les humains que je côtoie, puis qui aiment le produit, tsé.

Catherine Duranceau : [00:08:47] Fait que, si tu avais à le refaire, c'est quoi, la différence? Tu le ferais quatre jours semaine? Ce serait quoi, ta petite nuance?

Geneviève Everell : [00:08:51] Bien, peut-être que je prendrais pas autant de choses. C'est juste ça. Je me gérerais un petit peu plus un horaire intelligent. Parce que tsé, c'est ça. Tsé, c'est juste, comme « Geneviève là, tu as genre sept événements cette semaine ». Tsé, je prenais tout. On dirait que, non seulement, qu'on le fait quand on est de retour de congé de maternité, on dirait qu'on veut reprendre le temps perdu.

Catherine Duranceau : [00:09:09] Oui, mais là, j’imagine.

Sarah Beaudry : [00:09:10] On veut retrouver nos trucs.

Geneviève Everell : [00:09:11] Congé de maternité, puis là, congé de maladie. Là, j'étais comme « J'ai été tellement invalide. Là, je vais montrer que je suis valide ».

Catherine Duranceau : [00:09:16] Je suis valide, je suis là, j'ai toute ma tête. Puis Sarah, comme elle l'a mentionné dans le fond, tu serais revenue peut-être quatre jours avec un petit peu moins de tâches. Est-ce que c'est un peu ce que tu conseillerais aux employeurs?

Sarah Beaudry: [00:09:29] Bien oui. Oui, oui, absolument. Tsé, au-delà de l'horaire de la semaine, souvent on voit des retours progressifs. On va beaucoup axer sur le nombre d'heures par semaine. Mais, évidemment qu'il faut que les tâches aussi aillent avec là, tsé. Il faut qu'il y ait une progression aussi par rapport à ça. Puis, tsé, il ne faut pas penser que l'employé est moins compétent quand il revient, là, tsé. Il y a encore les mêmes compétences, sinon plus. Il a gagné en bagage, en expérience. Fait que tsé, tout ça fait partie d'une transition. Fait que, encore là, c'est toujours de voir avec l'employé c'est quoi sa zone de confort, qu'est-ce qu'il veut donner, qu'est-ce qu’il est confortable, c'est quoi son niveau d'énergie aussi. Puis, toujours faire des suivis par rapport à ça pour être sûr que ça répond bien à sa transition à lui aussi.

Geneviève Everell : [00:10:09] C'est tellement intéressant qu’est-ce que tu dis. Parce que dans ma tête à moi, le visage qu'on a quand on revient au travail, on est encore assez amochée, tsé. Je vais être honnête, là, avant que tu redeviennes toi-même, là, c'est un beau tour d'horloge, là, de calendrier annuel, tsé. Fait que, je pense que c’est ce qui peut intimider l'employeur, de faire « Mon Dieu, tsé, elle est maganée. Elle est peut-être encore…. Ouh! », tsé. Mais, on est là, là, pareil là dans notre tête. Tsé, c'est un peu comme…

Catherine Duranceau : [00:10:34] Contradictoire?

Geneviève Everell : [00:10:34] Oui, full.

Catherine Duranceau : [00:10:36] Parce que ton cerveau est là, mais ton corps est comme : attends là, c'est parce qu'il faut que tu me donnes un petit peu le temps de revenir.

Geneviève Everell : [00:10:41] Oui. Puis ça peut être intimidant pour l'employeur qui lui, son impression, c'est « Elle est peut-être pas prête » ou, tsé. Tandis que je pense que c'est… vraiment, ce que tu dis, c'est la communication.

Sarah Beaudry: [00:10:49] Oui, bien oui! C'est ça, de mettre des mesures d'adaptation, là. Dans tous les nouveaux, en fait là. De valider justement toutes les aptitudes physiques, psychologiques, aussi le niveau d'énergie puis...

Catherine Duranceau : [00:10:59] Pour être sûr que ça se fasse de façon fluide.

Sarah Beaudry: [00:11:01] Absolument. C'est ça.

Catherine Duranceau : [00:11:02] Ah oui!

Sarah Beaudry: [00:11:02] Tsé, progressif, à son rythme aussi, puis à respecter tout ça.

Catherine Duranceau : [00:11:05] Tu l'as un peu mentionné, mais c'est quoi les conseils que tu donnerais vraiment à des employeurs? Parce que tu l'as vécu et tu es aussi entrepreneure. Tu as comme tous les chapeaux. Ça serait quoi le conseil que tu donnerais ou les conseils?

Geneviève Everell : [00:11:17] Bien tsé, le conseil, c’est vraiment d'écouter la personne. Tsé, je pense que c'est la personne qui sait le plus qu'est-ce qu'elle a besoin pour elle, tsé. À la limite même « As-tu des nouveaux objectifs? As-tu envie d'en faire plus? As-tu des nouvelles idées? » On a tellement le temps de penser, quand on est en arrêt de travail. Tsé, si tu as la chance d'être dans une entreprise dans laquelle tu peux t'impliquer, tu peux investir ton temps, ta créativité, c'est sûr que ça peut être chouette de le demander. C'est sûr que si c'est une job, un peu plus de bureau de 9 à 5, bon, c'est une autre réalité qui est aussi pertinente. Mais tsé, c'est de demander… comme tsé, vraiment un genre de… il doit y avoir des questionnaires de retour de travail, tsé, des trucs de même ou des outils?

Sarah Beaudry: [00:11:53] Oui, oui, bien, il y en a plein. Tsé, c'est ça. Quand l'employé justement est prêt à revenir, bien, c'est sûr que les équipes prennent en charge soit des équipes de ressources humaines ou d'invalidité ou peu importe, qui valident avec l'employé ces nouvelles habiletés, justement s'il est prêt à revenir, comment il voit ça aussi. Fait que, tsé, puis porter le message aussi à l'équipe qui attend cette personne-là aussi. Tsé, l'équipe, possiblement qu'ils vont avoir des questions aussi. Est-ce qu'ils ont le droit de lui demander ça? Ou la personne, il y en a qui ne sont pas confortables d'en parler. Tsé, ils veulent tu aller là, ne veulent pas? Fait qu'encore là, tout est dans la communication.

Geneviève Everell : [00:12:22] Vraiment!

Sarah Beaudry: [00:12:23] Puis, de rendre ça très bienveillant aussi pour la personne qui le vit.

Geneviève Everell : [00:12:24] C'est le contact humain, tsé. Je pense que c'est de vraiment faire « Tsé comment ça va? », puis de…

Catherine Duranceau : [00:12:31] De s’asseoir.


Geneviève Everell : [00:12:33] Tsé, de montrer. En tant qu'employeur, je pense que tu es un humain aussi. Tu peux être vulnérable, puis tu as littéralement vraiment envie de savoir comment la personne va, tsé.

Catherine Duranceau : [00:12:39] Et la chose à ne pas faire, c'est quand tu reviens, c'est pas ça. On dirait que cette question-là met juste la pression. Fait que : c'est quand ton retour?

Sarah Beaudry: [00:12:45] Bien oui!

Geneviève Everell : [00:12:46] Oui, c’est ça.

Catherine Duranceau : [00:12:46] Puis ça, c'est comme à ne pas faire, hein? Tu ris, mais c'est vrai.

Sarah Beaudry: [00:12:49] Mais non, ça me fait penser. Parce que quand on…

Geneviève Everell : [00:12:51] C'est vrai.

Sarah Beaudry: [00:12:51] Quand je dis « Gardez le contact avec l'employé s'il est d'accord pendant son absence ». Mais tsé l'idée, c'est pas justement de demander des questions sur son état de santé, c'est pas ça du tout. C'est juste de garder cette petite bulle-là que peut-être pour la proximité que vous avez gardée. C’est ça.

Geneviève Everell : [00:13:04] On pense à toi. Tsé, envoyer une petite carte à Noël, si tu es ton processus se passe pendant les Fêtes, tsé juste pour...

Sarah Beaudry: [00:13:09] Exact. C'est pas pour poser des questions sur son état de santé. « Quand est-ce que tu reviens? On t'attend. Tsé, la charge, nanana ». C'est pas ça, là.

Geneviève Everell : [00:13:15] Ou le dossier, il est où, là? Tsé.

Catherine Duranceau : [00:13:18] « Tsé tu es partie. Ton dossier, on le cherche ». Hey non, non, pas stresser.

Geneviève Everell : [00:13:21] Malgré que ça dépend de la personne. Elle pourrait se sentir bien, bien confortable de le dire parce qu'elle ferait comme « Ah tsé, ils ont… »

Catherine Duranceau : [00:13:27] Ils ont pensé à moi, tsé.

Geneviève Everell : [00:13:27] « Je suis encore utile », tsé, genre.

Catherine Duranceau : [00:13:30] Mais c’est délicat.

Geneviève Everell : [00:13:31] Mais c'est délicat, parce que tsé, on réagit pas pareil. Puis la maladie, ça te marque au fer rouge, là, tsé. Il faut juste filer le vibe de comment la personne réagit, tsé.

Catherine Duranceau : [00:13:37] Fait que filer le vibe, mais des gestes concrets que l'employeur pourrait faire, qu'est-ce que tu dirais que ce serait?

Sarah Beaudry: [00:13:42] On garde le contact, c'est certain, mais on le travaille en amont. Puis après ça, pendant l'arrêt de travail, on essaie de garder aussi les collègues, l'équipe dans la boucle de tout ça. On ajuste les tâches, l'horaire, fait que le temps, les projets aussi pour le retour au travail. C'est important aussi que le gestionnaire connaisse : c'est quoi qui est disponible aussi dans l'organisation? C'est quoi que l'entreprise offre à l'employé? Est-ce qu'il y a un programme d'aide aux employés avec la couverture d'assurance? Il y a tu lieu d'avoir, justement, thérapie, ergothérapeute. Tsé, il y a tellement plein de services qui sont offerts, mais il faut que le gestionnaire, l'équipe de ressources humaines soit en mesure de communiquer cette information-là aussi à l'employé.

Catherine Duranceau : [00:14:16] En mesure de… pas le vendre à l'employé, mais de dire si c’est disponible, go.

Sarah Beaudry: [00:14:20] Non, non, mais oui, c’est ça. Si c'est disponible, prends-le, tsé, si tu as besoin. Fait que, c'est sûr que c'est super important. Puis, tsé, on fait des suivis réguliers aussi. Puis avant que l'employé revienne, on lui demande : Comment tu vois ça? Comment tu vois ta collaboration future? Il y a tu des projets qui te stimulent? Tsé, il y a plein de questions à poser justement pour préparer ce terrain-là.

Catherine Duranceau : [00:14:36] Puis après une longue absence, il y a des fois des effets cognitifs qu'on peut avoir?

Sarah Beaudry: [00:14:41] Oui, bien oui, c'est sûr. Là, je ne suis pas médecin, je ne suis pas professionnelle de la santé, mais évidemment que j'ai lu beaucoup sur le sujet. Fait que tsé. lenteur mentale, perte de mémoire. Fait que, oui, c'est sûr que ça existe. Puis encore là, l'idée en arrière de tout ça, bien, c'est d'en parler aussi, de le communiquer aussi à son employeur. « Bien, tsé, moi j'ai ces impacts-là, comment qu'on peut justement trouver des solutions », peut-être avec le médecin gestionnaire puis la personne qui le vit, quelles solutions on peut mettre en place pour que ça soit un retour un peu plus fluide.

Catherine Duranceau : [00:15:08] Tsé, comme, quand on a un congé de maternité où on arrive, on a le mom brain, ça, on sait que ça existe.

Geneviève Everell : [00:15:11] Chemo brain.

Catherine Duranceau : [00:15:13] Chemo brain?

Geneviève Everell : [00:15:13] Oui, oui, oui! Oui, oui! Oui, oui! Hein, Jelly Bean solide!

Catherine Duranceau : [00:15:17] Je ris, mais je devrais pas rire.

Geneviève Everell : [00:15:18] Oui, oui, non, non, mais à un moment donné, un chat c'est un chat. Oui, oui, vraiment, c'est un fait, là. Tsé, tu es comme dans une espèce de brouillard, là. Tu n'es plus capable de penser, ça...

Catherine Duranceau : [00:15:28] Parce que ça brûle dans le fond, ton système, donc ton énergie, de la fatigue?

Geneviève Everell : [00:15:32] Oui, oui. Bien la fatigue, c'est le premier symptôme que presque tout le monde a en chimio. Moi, j'ai été chanceuse, j'ai pas eu de fatigue. Mais tsé, c'est vraiment quelque chose de très, très répandu. Puis sinon, bien, c'est ça, l'espèce de… tsé, pas d'être dans les vapes là, mais tsé. Puis, ça peut rester un petit peu, là. Tsé, il y a un moment d'adaptation, là.

Catherine Duranceau : [00:15:50] Je connaissais pas ce terme-là, mais c'est bon à savoir.

Geneviève Everell : [00:15:53] Oui, oui, c'est capoté. Tu es pas comme l'ombre de toi-même en chimiothérapie.

Catherine Duranceau : [00:15:57] C’est ça, tu es comme tranquillement une autre personne, c'est ça.

Geneviève Everell : [00:16:01] Tu es comme… ça va pas.

[00:16:02 À l’écran : Moment marquant]

Catherine Duranceau : [00:16:09] Geneviève, est-ce que tu aurais une anecdote touchante, drôle que tu pourrais nous partager aujourd'hui?

Geneviève Everell : [00:16:13] Bien tsé, je pense que vous comprenez mon vibe, là. Je suis très… je dédramatise puis je rends les choses un peu cocasses, tsé. Puis c'est drôle parce que, les premiers mandats de travail que j'ai eu après la maladie, tsé, j'avais encore l'air… pas malade, mais tsé, j'avais encore mon coco, puis tsé, la médication transforme un peu ton corps, puis ton teint, puis tout ça, tsé. Fait que tsé là, je voyais des collègues, mais admettons plus éloignés ou tout ça, ou des amis de l'univers du travail qui étaient comme « Allô… » tsé? Puis je pense qu'il faut juste comme regarder la personne avec les mêmes yeux qu'avant. Tsé, je pense, personne a été maladroit ou pas fin ou quoi que ce soit, mais juste comme il y a comme un genre de « Allô… » Puis tu es comme « Hey, non, non, mais ça va, je te jure, là, tsé! » Fait que, je pense qu'en tant qu'humain, quand on rencontre quelqu'un qui traverse la maladie, tsé, de juste rester soi-même.

Catherine Duranceau : [00:17:02] Puis, de comme pas me prendre par pitié. On dirait que c’était comme ah…

Geneviève Everell : [00:17:05] Oui, ou même comme un enfant. Ça, c'est drôle. « Est-ce que tu veux quelque chose? » ou tsé comme… Tu es juste genre « Hey, ça va, je suis encore une adulte qui vient de mettre au monde un enfant et tout va bien, tsé ». Mais, je comprends parce que tu veux comme… on dirait que, la personne, elle devient fragile. Fait que, je comprends l'espèce d'intention de vouloir être doux. Mais tsé, je pense qu'il faut continuer de se faire regarder. Puis tsé, même mon conjoint là, tsé. On parle peu des conjoints dans l'aventure de la maladie, puis tsé, je le… En tout cas, je les trouve extraordinaires de garder le fort, puis de nous aimer avec les yeux du cœur. Parce que je ressemblais plus du tout à la personne qu’il a choisie. Mais, c'est revenu!

Catherine Duranceau : [00:17:43] Ah!... L'amour est là. Vous avez tellement l'air heureux ensemble.

Geneviève Everell : [00:17:45] Oui, vraiment.

[00:17:46 À l’écran : À retenir]

Catherine Duranceau : [00:17:46] Et Sarah, dis-nous, pourrais-tu faire un petit résumé de notre conversation?

Sarah Beaudry: [00:17:57] Bien oui, absolument. Je pense que le message à retenir, en fait, de tout ça là, c'est d'avoir cette approche-là qui va être humaine, bienveillante, avec de l'ouverture d'esprit, mettre en place une culture de sécurité psychologique justement avec, peu importe. Que ça soit pour le cancer ou peu importe la maladie ou la situation, tsé, on vit tous des situations qui sont difficiles, fait que tsé, je pense que c'est tellement porteur pour un milieu de travail, de développer tout ça. Puis, une fois justement que la personne est prête, bien, on se fait un plan de retour au travail qui va être graduel. On ajuste ce qui doit être ajusté au niveau des attentes, des besoins, des tâches, des heures, peu importe là. On garde ce lien-là, on le cultive, puis c'est ça qui va faire qu'on a un terreau fertile pour faire en sorte que l'employé, je pense, va se sentir bien et épanoui dans tout ça, dans cette transition de vie là, puis il va en sortir grandi, lui, au final.

Catherine Duranceau : [00:18:46] Bien dit : transition de vie.

Sarah Beaudry: [00:18:47] Oui.

Catherine Duranceau : [00:18:48] Hey les filles, merci tellement pour votre temps. Merci d'avoir été aussi généreuses. Puis, je sais que tu es habituée de partager ton parcours, mais vraiment, ça va vraiment en inspirer d'autres. Et merci pour tes outils, pour savoir comment gérer un retour fluide.

[00:19:04 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:19:06] On vous remercie de nous avoir écoutés et, surtout, on espère que ces conseils vous seront utiles dans votre future pratique. Si jamais vous avez des questions, on vous invite à nous écrire balado@beneva.ca. Si vous souhaitez avoir plus d'information et de découvrir de nouveaux épisodes, on vous invite à aller sur le site web de Beneva, section balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vont vous donner des outils pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.

[00:19:29 Générique]

FIN DE TRANSCRIPTION

Santé mentale au travail : une collaboration employeurs employés

Comment favoriser la santé mentale au travail? Par la promotion d’une culture santé… mais encore? Pour réunir de l’information éclairante, Catherine Duranceau anime un échange avec Simon Coulombe, titulaire de la Chaire de recherche Relief en santé mentale, autogestion et travail propulsée par Beneva, et Elizabeth Kate Gauthier, conseillère en santé organisationnelle chez Beneva. Vous constaterez qu’en santé mentale, les employeurs comme les employés ont un rôle à jouer!

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Durée de l'enregistrement : 26:28

Élizabeth Gauthier : [00:00:05] Bonjour, je m'appelle Élizabeth Gauthier. Je suis conseillère en santé organisationnelle chez Beneva. Je m'occupe principalement de la prévention et de la promotion de la santé. Je suis responsable d'accompagner les entreprises qui sont assurés chez nous. Ce qui me passionne, c'est les humains. J'aime avoir le sentiment de faire une différence chez les personnes pour les aider à se sentir accomplies dans leur milieu de travail.

Simon Coulombe : [00:00:25] Je suis Simon Coulombe, professeur chercheur à l'Université Laval et titulaire de la chaire de recherche Relief en santé mentale, autogestion et travail. Cette chaire de recherche là est supportée financièrement par Relief, un organisme à but non lucratif et par Beneva. Dans la vie, j'ai plusieurs passions, mais je suis vraiment une personne très, très, très curieuse, et donc je suis vraiment passionné et curieux d'en apprendre sur ce sujet-là. C'est un peu nerd, mais oui, c'est moi.

Voix off : [00:00:51] Vous vous questionnez?

Question : [00:00:51] Comment savoir si je prends bien soin de la santé mentale de mes employés?

Question : [00:00:58] Je me demande est-ce que les stratégies mises en place pour favoriser le bien-être de mes employés sont encore adaptées à notre réalité actuelle?

Question : [00:01:06] Est-ce que mon environnement de travail est adapté à mes besoins?

Voix off : [00:01:11] Voici nos réponses.

Catherine Duranceau : [00:01:14] Bonjour! Bienvenue au balado de Beneva : Paroles d'experts. Je suis votre animatrice, Catherine Duranceau. Dans cet épisode, on va aborder un sujet de plus en plus populaire, celui de la santé mentale. On va explorer les meilleures pratiques à adopter dans notre milieu professionnel, mais aussi, des perspectives et des exemples pertinents qui se font à travers le monde. Élizabeth, dis-nous, qu'est-ce qui explique que la santé mentale est devenue plus que prioritaire au sein des entreprises?

Élizabeth : [00:01:42] La santé mentale est vraiment sur toutes les bouches en ce moment parce que le contexte de travail a énormément changé dans les dernières années. Le Conseil du patronat du Québec mentionne, entre autres, que 94 % des entreprises ont des défis de recrutement de personnel. Donc, les entreprises ont de la difficulté à aller chercher des nouveaux talents, des personnes qui sont compétentes pour occuper les emplois qui sont disponibles. Pourquoi on a de la difficulté à trouver des travailleurs, en fait, c'est que plus du tiers des travailleurs se disent épuisés, sont en situation d'épuisement. Puis ils attribuent leur grand stress au milieu de travail. Entre autres, ce qui est mentionné, c'est que la charge de travail est énorme, et puis les travailleurs ont de la difficulté à établir un équilibre entre leur travail et leur vie personnelle.

Dans le passé, il y a eu peut-être un débalancement par rapport à justement la charge de travail, aux longues heures de travail. Puis là, il y a comme un nouveau retour du balancier. Donc, il y a plusieurs effets qui sont positifs, pour les employeurs, à mettre en place des initiatives en santé mieux-être. D'une part, en investissant dans la santé mentale, les employeurs, les entreprises vont aussi investir dans leur marque employeur. Donc, ça va être de moins en moins difficile d'aller chercher des nouveaux talents. Donc, ça va être plus facile aussi d'avoir une rétention du personnel qui est déjà en place. Donc, les personnes qui sont déjà en place, qui ont déjà une bonne santé mentale, et qui sont en mesure de travailler et de s'accomplir dans leur travail, vont vouloir continuer à travailler pour leur employeur. Il va y avoir, évidemment aussi, moins d'absentéisme et, ultimement ce qu'on voudrait, c'est d'avoir moins d'invalidités. Autant pour les employeurs, qui perdent des employés qui partent pour une durée indéterminée en congé maladie, comme on appelle, mais aussi pour les personnes qui sont en situation de souffrance. Donc, le fait d'investir dans la santé mentale va avoir vraiment plusieurs répercussions qui sont très, très positives pour les employeurs et pour les employés.

Catherine : [00:03:38] Et, on passe quand même la majorité de nos journées au travail, donc c'est vraiment quelque chose à prendre au sérieux. Puis Simon, dis-nous, tu es présentement en train de travailler sur une recherche assez impressionnante. Peux-tu nous en parler?

Simon : [00:03:50] Bien oui, dans le fond, je travaille à la chaire de recherche Relief en santé mentale, autogestion et travail, qui est propulsée par Beneva. Puis le but, c'est vraiment d'aller comprendre qu'est-ce qui se fait à travers le monde, quelles sont les meilleures recherches, les meilleurs travaux qui peuvent nous inspirer pour encore mieux comprendre les enjeux de santé mentale au travail et les bonnes pratiques pour intervenir en prévention des difficultés de santé mentale ou en promotion. Je parcours le monde à la recherche de différentes pistes de bonnes pratiques pour améliorer la santé mentale au travail. Il y a des chercheurs partout à travers le monde qui travaillent sur ces sujets-là, un peu comme moi puis mes collègues, puis l'idée, c'est d'aller s'inspirer à l'extérieur.

Catherine : [00:04:29] Parle-nous des pays que tu as visités?

Simon : [00:04:31] Jusqu'à maintenant, je suis allé au Brésil, au Chili, un petit peu en Argentine, en Afrique du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon.

Catherine : [00:04:38] Oh mon Dieu! OK. Et est-ce qu'il y a différentes thématiques que tu découvres par pays?

Simon : [00:04:42] Oui, exactement. J'ai fait un parcours sur différents thèmes. Par exemple, au Brésil, je travaille plus sur la question de littératie en matière de santé mentale.

Catherine : [00:04:53] OK. Oui, c'est ça. En d'autres mots, s’il vous plaît?

Simon : [00:04:56] En d’autres mots, c'est les connaissances et les capacités que les personnes ont par rapport à leur santé mentale, leur bien-être. C'est sur ça que j'ai travaillé, par exemple, au Brésil, au Chili, toute la question plus de précarité d'emploi ou insécurité d'emploi, qui est aussi démontrée comme étant associée à des enjeux de santé mentale. Après ça, en Afrique du Sud, je me suis intéressé à l'environnement physique de travail. Tsé, on pense de plus en plus aux aires ouvertes versus bureau de travail fermé, puis partage de l'espace dans les nouveaux types d'environnements, je dirais post-COVID notamment. Donc comment, ça, ça influence la santé mentale, et qu'est-ce qui peut être fait pour optimiser ces espaces-là.

Catherine : [00:05:30] Et c’est quoi qui était vu là-bas?

Simon : [00:05:31] Selon nos études à date et d'autres travaux, c'est assez mitigé les effets. Il n'y a pas des effets super clairs sur la santé mentale d'un ou l'autre des types.

Catherine : [00:05:39] On peut peut-être se faire déranger, fait que là, on trouve des points négatifs dans une formule.

Simon : [00:05:44] Oui, c'est ça, l'espace fermé plus ton espace à toi, qui est bon pour la santé mentale quand même. Mais tu as moins de contacts sociaux, etc. Bon, c'est juste un exemple. Mais, ce qui ressort beaucoup des travaux sur le sujet puis des consultations qu'on a faites, c'est que les gens veulent participer, veulent avoir leur mot à dire, puis ça, ça va faire une différence à la fin sur, une fois dans cet environnement-là, est-ce qu'ils vont aimer ça ou pas, puis est-ce que ça va être un truc favorable ou pas. Le sentiment de contrôle ou de compétence, c'est un des trois besoins fondamentaux que les études montrent systématiquement comme étant reliés au bien-être et à la santé mentale.

Catherine : [00:06:18] Qu'est-ce qui t'a marqué le plus dans les pratiques de bien-être parmi tous les pays que tu as découverts à ce jour?

Simon : [00:06:23] Ce qui m'a marqué le plus, en fait au départ, c'est que je trouve que la question de la santé mentale ou le bien-être des employés est vraiment à l'avant-plan ou central dans plusieurs pays. Ça, c'est comme la constante que j'ai vue. Puis les enjeux de santé mentale touchent des employés partout à travers le monde, clairement là. Ça, c'est ça qui m'a marqué. Et à travers différents pays, c'était le sens au travail comme étant central dans le bien‑être des personnes, leur santé mentale.

Catherine : [00:06:52] Donc, savoir pourquoi je travaille pour cette entreprise ou le sens que son travail a sur les autres, par exemple?

Simon : [00:06:58] Oui, c'est ça, toute cette question-là, du fait qu'il y a des gens, que ce soit dans différents contextes culturels ou sociaux des fois plus défavorisés, ou même, on peut penser à des gens dans d'autres cultures, des gens qui vivent de la discrimination, des gens qui vivent une tonne de différentes choses. Mais ce qu'on se rende compte, c'est que tsé, peu importe le type d'emploi qu'ils occupent, on dirait qu'il y a des personnes qui arrivent à trouver un sens puis à trouver une certaine joie. Après ça, au niveau des pratiques que les entreprises peuvent mettre en place pour soutenir ces aspects-là, puis s'adapter un petit peu à différents sens que les personnes donnent au travail. Tsé, c'est pas tout le monde pour qui, le travail, ça va être central dans sa vie.

Catherine : [00:07:34] Puis, c’est correct là. C’est ta vie aussi.

Simon : [00:07:36] C'est correct, mais comment, en tant que gestionnaire ou employeur, je peux travailler avec ces personnes-là, puis quand même faire en sorte que c'est des personnes qui sont bien au travail, puis qui sont quand même productives. Veux, veux pas, il y a quand même cet impératif-là. Fait que ça, ça m'a quand même marqué de voir, à travers différents pays, différents types d'emploi.

Catherine : [00:07:54] C’était commun. Puis, tu le ressens-tu un petit peu, Élizabeth, le sens à notre travail?

Élizabeth : [00:07:59] Bien, je trouve ça fascinant en fait, ce que tu es en train de dire, parce que je vois beaucoup de ressemblances, de points qui nous unissent, peu importe où on se trouve dans le monde, là. Le fait d'offrir un milieu qui est enrichissant, dans lequel les gens vont s'accomplir, se développer, je pense que c'est universel. J'ai l'impression que tous les humains ont besoin de travailler en congruence avec leurs valeurs, que ce soit peu importe quelle entreprise, le fait de se sentir accompli et d'avoir l'impression de faire une différence, ça va toucher, je pense, énormément la mobilisation de l'employeur puis ça va faire en sorte que les gens vont vouloir…

Catherine : [00:08:30] Les gens vont rester.

Élizabeth : [00:08:31] Exactement, demeurer, mais être en plus dans un bon état de santé mentale.

Catherine : [00:08:34] Très fascinant. Et si on parle de notre environnement de travail, Élizabeth, peux-tu nous dire concrètement comment on peut adopter de meilleures pratiques au travail?

Élizabeth : [00:08:43] Au point de vue des entreprises, pour adapter justement l'environnement de travail, le climat de travail, puis s'assurer que ce qu'on peut identifier comme étant des facteurs de risque à la santé mentale deviennent plutôt des facteurs de protection. Je pense que la base, c'est de choisir d'établir une culture santé. Donc la culture santé, c'est instaurer la santé, le bien-être autant physique, psychologique, mental à tous les niveaux de l'entreprise. Donc pour ce faire, évidemment, on ne le dira jamais assez, il faut que la haute direction soit en accord avec ce concept-là et soit, justement, un ambassadeur de la santé pour que tout le monde y croit. C’est-à-dire qu'on commence par instaurer des politiques en santé, mieux-être, que ce soit une politique sur la civilité, sur la prévention du harcèlement, la prévention de toutes les formes de violence, pour vraiment mettre une base de sécurité psychologique pour les employés. Ensuite, je pense que ce qui est important, c'est d'aller sonder les employés. On ne veut pas mettre en place des initiatives qui ne seront pas fructueuses. Donc, pour choisir les initiatives, il faut aller vérifier avec les personnes.

Catherine : [00:09:45] Avez-vous apprécié, moins apprécié, qu'est-ce qu'on peut modifier?

Élizabeth : [00:09:48] Quels sont vos besoins aussi? De quoi vous avez besoin pour que vous vous sentiez accompli, que vous ayez envie de venir travailler, que vous vous sentiez bien et heureux au travail. Donc, en allant sonder les personnes, on va ensuite être capable de mettre en place les initiatives qui répondent à leurs besoins. Puis, après avoir mis ces initiatives-là en place, je pense que ce qui est souvent oublié, mais le plus important, c'est d'aller les mesurer. Est-ce que ça a été efficace? Est-ce qu'on a choisi la bonne initiative pour le bon besoin? Donc, ça nous permet ensuite de rectifier le tir et de s'assurer que nos personnes qui vont bien continuer à bien aller. Donc, on va éviter justement le présentéisme, on va éviter l'absentéisme. Si je peux me permettre, le présentéisme…

Catherine : [00:10:26] Oui, j'allais dire. Attends donc, nouveau terme?

Élizabeth : [00:10:29] C’est peut-être un concept pour qu'on discute ensemble, qu’on soit tous au diapason. Le présentéisme, en fait, c'est quand un employé vient au travail, il est présent au travail, sauf qu'il va être préoccupé par un état de santé, soit physique ou psychologique. Donc ce qui arrive, c'est que l'employé, peut-être qu'il peut tout simplement pas se permettre de manquer du travail parce qu'il n'y a pas accès à une banque de congés maladie, sauf qu'il ne sera pas nécessairement aussi efficace. Donc, ça peut avoir une influence sur ses pairs, sur ses collègues, ça peut avoir une influence sur sa productivité, ça peut aussi avoir une influence sur le niveau d'accidents de travail. Quelqu'un qui n’est pas nécessairement concentré, il peut y avoir plus d'accidents au travail.

Catherine : [00:11:05] Bien oui, tu es distrait. Oui, oui.

Élizabeth : [00:11:06] Exactement. On n'a pas l'impression souvent que le présentéisme a des coûts, mais les coûts sont vraiment nombreux.

Catherine : [00:11:12], Mais, comment savoir concrètement? Parce que tu es physiquement là, puis tu as peut-être l'impression que tu vas bien, mais c'est le mental qui ne suit pas. Il y a‑tu quand même des signes alarmants?

Élizabeth : [00:11:21] C'est vraiment une super bonne question. Je pense que les employeurs ont un très grand rôle à jouer là-dedans. D'une part, en outillant leurs gestionnaires pour qu'ils soient à l'affût des petits signes avant-coureurs de modification de comportements chez les gens. Ça peut être quelqu'un qui a l'air plus fatigué, ça peut être quelqu'un qui va manquer de civisme, qui a des comportements un peu plus irritables. Donc, être capable de déceler ça pour tendre la main aux personnes qui vivent peut-être des difficultés. Parce que j'ai l'impression que c'est plus difficile de lever la main pour dire « J'ai besoin d'aide, peux-tu m'aider », plutôt que de prendre la main qui nous est tendue.

Simon : [00:11:56] Puis, c'est ça aussi que, si à la base il y a une culture santé ou il y a d'autres concepts aussi, même des fois, climat de sécurité psychologique dans l'environnement de travail, bien tsé, les gens sont plus à même de développer leur propre capacité à, je dirais, faire de l'autogestion de leur santé mentale, mais aussi, de leur présence au travail. Tsé, si les gens comprennent que c'est correct, des fois, de prendre une journée dans ta banque de congés, si tu en as une...

Catherine : [00:12:20] Tu n’as pas besoin d'avoir un rendez-vous chez le dentiste, de justifier.

Simon : [00:12:21] Tu n’as besoin de te sentir mal, de le prendre. Mais, les gens vont être plus à même, à la longue, de s'autogérer. Parce qu'il faut aussi voir qu'aller travailler quand on ne se sent pas bien puis ne pas être super productif, c'est pas nécessairement à long terme, la solution la plus adaptative et la meilleure pour prévenir les coûts futurs non plus.

Catherine : [00:12:39] Je suis curieuse aussi, parce que tu as énormément voyagé, Simon. Il me regarde, il a fait une face comme « Oh oui! » Comment tu as vécu cette expérience d'être toujours parti, et as-tu utilisé différentes méthodes d'autogestion pour t'aider à gérer ton horaire et?

Simon : [00:12:56] Ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir cette question-là aussi en pensant aux nouvelles formes de travail. Il y a quand même de plus en plus de personnes, entre autres, je pense des travailleurs autonomes, qui travaillent un peu partout à travers le monde, un peu de façon nomade. Je pense que le télétravail nomade.

Catherine : [00:13:09] C'est trendy sur les réseaux sociaux, mais oui, c’est ça.

Simon : [00:13:11] Oui. Mais, il y a aussi beaucoup de gens qui sont dans des emplois plus, je dirais, traditionnels, mais qui sont appelés à voyager beaucoup à travers le monde. J'ai beaucoup voyagé cette année, mais dans ma vie, je ne suis pas parti jamais plus que, je pense, trois semaines avant dans ma vie, là.

Catherine : [00:13:23] OK, quand même.

Simon : [00:13:24] C'était quand même nouveau pour moi.

Catherine : [00:13:23] C’était différent, cette année.

Simon : [00:13:26] Étonnamment, j'ai trouvé ça bouleversant. Perdre ses repères, même dans des pays où culturellement c'est pas si différent, c'est parce qu'à chaque mois, je changeais d'endroit. C'était un peu ambitieux. Tsé, se réajuster et tout. Justement, la question d'équilibre. Concilier vie personnelle. Puis, il y a des endroits où je me disais, j'y vais, oui, pour le travail, mais je reviendrai jamais peut-être ici. Fait que dans mes heures où je ne travaille pas le soir ou la fin de semaine, je devrais en profiter au maximum. Fait que c'est tout le temps comme…

Catherine : [00:13:54] Sans arrêt.

Simon : [00:13:55] Jamais vraiment des périodes de vrai repos. Je suis habitué de travailler à distance, mais avec des gens au Canada ou au Québec. Mais là avec les horaires, ça vient à la question de se mettre des limites, mais c'est qu'à un moment donné, les gens disaient « OK, mais il faut vraiment qu'on se parle ». Fait que je faisais des meetings la nuit, genre de minuit à 4h00. Là, j'allais me recoucher, je me relevais.

Catherine : [00:14:14] Ah, c'était épuisant!

Simon : [00:14:15] C'était vraiment épuisant. Mais après, c’est que j'ai réalisé que c'est à moi à apprendre à mettre des limites. Mais, c'est plus un processus. Je dirais que j'ai pas encore totalement réussi. Donc l'autogestion, je dirais par rapport à ça, c'est ça, c’est essayer tranquillement de trouver des méthodes qui ne sont pas nécessairement 100 % efficaces, mais…

Catherine : [00:14:31] Tu as essayé d'en appliquer, mais c'est pas aussi facile que…

Simon : [00:14:36] Non, ça montre la réalité qu'a une stratégie d'autogestion. On le dit, là, dans les travaux qu'on fait sur l'autogestion ou comment prendre soin de sa santé mentale, tsé, chacun a sa recette, puis la recette, elle évolue en fonction de la vie puis du contexte. Puis c'est par essai-erreur, un peu aussi.

Catherine : [00:14:50] Oui. C'est important de s'écouter. C'est bien de mettre en place, au sein d'une entreprise, des mesures pour aider les employés, mais il n'y a pas une part de responsabilité partagée?

Élizabeth : [00:15:00] Effectivement. Les employeurs ont leur responsabilité de mettre en place un climat puis un milieu de vie qui va être favorable à la bonne santé mentale. Mais chacun d'entre nous a la première responsabilité de choisir des habitudes de vie qui sont saines, de connaître ses limites et d'établir les limites qui lui sont le plus favorables. On a souvent tendance à, en anglais on a l'expression, people pleaser, vouloir faire plaisir à tout le monde.

Catherine : [00:15:24] Je connais ça.

Élizabeth : [00:15:25] À vouloir se faire aimer, se faire apprécier. On a souvent l'impression qu'en disant oui à tout et à tout le monde, en prenant toujours plus de projets, plus de mandats, on va être plus apprécié. Mais, je pense qu'une personne épuisée réussira pas à mener à terme tous les mandats.

Catherine : [00:15:41] C'est pour ça que des fois, on dit que, de dire non, c'est correct. C'est un peu dans cette lignée-là. Parce que de dire oui un petit peu partout, tu es pas performant et ton impression ne fonctionne pas là.

Élizabeth : [00:15:50] Effectivement. Une personne qui va devenir épuisée parce qu'elle a dit oui à tout ne sera plus nécessairement en mesure de prendre part à la culture santé. Tsé, on parlait tantôt, là, d'avoir un climat qui est favorable, d'avoir des politiques pour contrer les incivilités, des politiques de civilité. Quelqu'un qui est épuisé ne sera plus agréable envers ses collègues de travail, va probablement manquer plus de travail, peut manquer à court, à moyen et à long terme. Donc, être en mesure de mettre ses limites, à la base des limites qui sont normales, puis des limites qu'on peut respecter puis qui nous sont favorables, qui vont faire en sorte qu'on va maintenir une bonne santé mentale, c'est la première étape justement pour prendre part à cette culture santé là.

Simon : [00:16:29] C'est super intéressant, je trouve vraiment, merci de l'amener comme ça. Mais aussi, je trouve ça intéressant de voir comment la culture de l'organisation culture santé, oui peut soutenir l'employé, mais l'employé aussi, s'il est bien, il peut participer à cette culture‑là puis ça la renforce. C'est comme un cycle, là. Je trouve ça vraiment intéressant de le voir comme ça. J'essaie, dans les travaux – puis il y a d'autres chercheurs aussi, c'est pas moi qui ai inventé ça – de prendre une approche, on appelle ça écologique ou écosystémique. Ça a l'air un peu scientifique, mais c'est juste cette idée-là que chaque individu fait partie d'un écosystème. Un peu comme les animaux dans la nature, ils font partie d'un écosystème ou les plantes. Bien l'individu, on a chacun notre écosystème. Puis bon, peut-être qu’aujourd'hui, mon écosystème il inclut vous parce qu'on est ensemble.

Catherine : [00:17:10] On est ensemble, on discute.

Simon : [00:17:11] Et il inclut, tsé moi, l'organisation, la société, les gens dans l'organisation, les gens dans ma famille, tout le monde est lié. Donc tsé, de voir que la question de santé mentale est influencée par tous les aspects à chacun de ces niveaux-là, qui peuvent avoir des répercussions puis c’est un gros système qui s'interinfluence. Mais au final, c'est quand même la personne qui est au cœur de son propre écosystème de la santé mentale. Donc tsé, c'est sûr que la personne a son bout de chemin à faire. Puis oui, les conditions peuvent faciliter ce bout de chemin là ou y nuire. Donc, je pense que c'est là qu'il faut comme arriver à trouver l'équilibre entre ce qui est la part de l'employeur, ce qui est la part de l'employé, puis de voir que tout est interinfluencé.

Élizabeth : [00:17:49] L'image qui me vient en tête quand tu parles d'écosystème, en fait, c'est comme un gros casse-tête. Chaque personne est une partie du casse-tête, et le casse-tête en soi, c'est l'organisation. Mais si une personne est épuisée puis elle doit se retirer du casse-tête, elle est en invalidité, le casse-tête existe, mais il manque un morceau, il n'est pas complet. On est capable de voir l'image globale, mais il n'est pas parfait, il n'est pas complet. La place de chacun influence la place de l'autre. La notion d'écosystème est vraiment bonne, parce que justement, on a besoin de tout le monde, mais on a besoin de tout le monde en forme pour qu'ils puissent accomplir les tâches qui lui sont attribuées. Je pense que, dans les milieux de travail aussi, la notion d'efficacité et de rendement est en train de changer. C'est pas nécessairement l'efficacité, le nombre de tâches en le moins de temps possible, à plus faible coût. Maintenant, on considère l'humain, justement, comme faisant partie de l’organisation.

Catherine : [00:18:39] C'est pas plus important, mais...

Élizabeth : [00:18:39] C'est la ressource première des organisations, c'est les employés, c'est les humains.

Simon : [00:18:44] Des fois, j'utilise le terme saine. Admettons saine performance ou saine productivité. Tsé à un moment donné, il y a comme…

Catherine : [00:18:50] Ah, j’aime ça!

Simon : [00:18:50] …justement, la productivité à tout prix qui nous rend malades.

Élizabeth : [00:18:53] Est-ce que ça m'a coûté plus cher en santé d'offrir un rendement?

Simon : [00:18:57] Pour l'organisation, oui.

Élizabeth : [00:18:57] Pour l'organisation, puis personnellement, pour moi-même. Parce qu'après, si je ne suis plus en mesure de fournir un rendement parce que je dois me retirer pour aller prendre soin de moi, justement à long terme, ce rendement-là est pas efficace.

Simon : [00:19:08] Puis, ça rejoint, tsé, les travaux en santé mentale sur différentes difficultés de santé mentale. Anxiété, dépression et épuisement professionnel aussi montrent que, tsé, on a tendance à penser à la santé mentale, puis aux maladies de santé mentale ou troubles de santé mentale comme étant, OK, les personnes ont des symptômes, puis ils peuvent se rétablir. Puis c'est vrai que les personnes peuvent, dépendamment du trouble, peuvent revenir à un niveau de fonctionnement vraiment bien, etc. Mais, ça reste souvent un processus de rétablissement de longue haleine. Et puis, je dis pas ça pour décourager les gens, mais justement, pour qu'on change notre façon de voir un peu. Tsé, quelqu'un qui a une maladie chronique comme le diabète, on ne lui dira pas « OK, tu es rétabli ou tu l'es pas ». C'est chronique, la personne doit apprendre à vivre avec. Mais d'une certaine façon, certaines difficultés de santé mentale, puis même je dirais l'épuisement, bien, ça reste quand même un processus de longue haleine. Puis oui, les personnes ne seront pas en épuisement toute leur vie, mais reste que...

Catherine : [00:20:00] Ça laisse des marques.

Simon : [00:20:01] Possiblement, dépendamment des cas.

Élizabeth : [00:20:03] J'aimais l'hypothèse aussi que, la journée où on va traiter la santé mentale au même titre que la santé physique, on va avoir beaucoup moins de barrières. On parle du diabète, par exemple. On a le diabète, bien, on utilise les médicaments appropriés à cette condition-là. Peu de gens se sentent gênés d'avoir un diabète. Mais, quelqu'un qui utilise des anxiolytiques et des antidépresseurs, bien là, il va y avoir une espèce de combat mental à essayer de vaincre cette maladie-là sans la pharmacothérapie. Puis même chose, quelqu'un qui est en épuisement professionnel ou quelqu'un qui est en arrêt de travail pour une dépression, souvent, on va être moins porté à aller le visiter que quelqu'un qui s'est cassé une jambe à l'hôpital en ski. C’est ça.

Catherine : [00:20:44] C'est ça, on peut voir la blessure. Et dans ce cas-là, on la voit pas. Mais, c'est une blessure qui devrait être prise tout aussi au sérieux.

Simon : [00:20:50] Le fait que c'est pas visible. Mais, même le fait que, je pense, encore comme société et puis, même moi qui travaille dans ce domaine-là, on a encore, je pense, un malaise. Qu'est-ce que je vais dire à cette personne-là si je vais la visiter? Mon collègue qui est en arrêt de travail, par exemple, je sais qu'il est en arrêt de travail parce qu'il me l'a dit ou « j'ai entendu dire que », fait que je suis mal à l'aise. Fait que tsé, il y a comme encore, je pense, beaucoup de chemin à faire. Tsé, il y a beaucoup de programmes d'aide aux employés, je pense, dans plusieurs organisations, puis on sait malheureusement que les taux d'utilisation restent relativement faibles, que les personnes… 

Catherine : [00:21:19] Tu as comme peur de l'utiliser. On sait que c'est là, mais est-ce que j'ose…

Simon : [00:21:22] Oui, ou les personnes ne savent pas tout à fait.

Élizabeth : [00:21:24] La clé réside, à mon avis dans ce que je vois dans les entreprises, c'est vraiment dans la communication du message. Être en mesure de communiquer le fait que les personnes ont un programme d'aide aux employés pour eux et pour leur famille, expliquer ce à quoi ils ont droit. Puis aussi mentionner, et ça j'aimerais le souligner en jaune fluo là, que c'est confidentiel. L'employeur ni l'assureur ne connaîtra les raisons pourquoi on consulte. Tous les soins de santé, que ce soit physiques ou psychologiques, sont toujours confidentiels.

[00:21:52 Transition]

Catherine : [00:22:01] Élizabeth, aurais-tu une anecdote à nous partager?

Élizabeth : [00:22:04] Bien certainement. Avant, je m'entraînais à tous les jours dans un gym militaire en compagnie de militaires super en forme. Puis là, moi à presque 40 ans, je me trouvais bien bonne de faire 5 kilomètres de jogging par jour.

Simon : [00:22:17] Cinq kilomètres, c'est beaucoup!

Élizabeth : [00:22:18] Non, c'est pas beaucoup pour bien du monde.

Catherine : [00:22:20] Moi aussi, j'allais dire c'est très bon, là, mais regarde!

Élizabeth : [00:22:22] C’est pas beaucoup pour bien du monde, mais écoute. Bien, merci. Merci, je le prends, OK. Puis justement, je me tapais en arrière de l'épaule et je me disais « Wow, Élizabeth, tu es vraiment bonne! » Tsé, ceux qui s'entraînent toujours aux mêmes plages horaires, c'est toujours les mêmes visages, évidemment. Donc là à côté de moi, il y avait un monsieur filiforme, un grand homme qui courait comme une gazelle. Et puis là, je me disais : il y en a pour qui c'est facile, de courir hein, il y en a pour qui ça a l'air tellement facile. Puis je me tapais encore plus sur l'épaule en disant « Wow, tu es vraiment bonne, tsé, tu fais ton effort ». Jusqu'à ce que cet homme-là arrive en short. J'ai vu qu'il y avait une prothèse et qu’il était amputé. Donc là, je me suis dit : oupelaye, j'avais vraiment mal lu la situation. Tsé, ça a l'air facile pour lui. Sauf que par quelles étapes il a dû passer pour en arriver là? Puis là, je me suis un peu remise en question, puis je me suis dit « Oui, tsé, on n'a pas tous les mêmes enjeux, puis il faut faire attention justement à notre lecture de la situation ».

Un peu dans cette veine là aussi, il y avait un autre homme en avant de moi. Lui, il faisait un petit vélo stationnaire de cinq minutes ou à peu près, puis tsé, il n'avait pas trop chaud, tsé. Puis là je me disais « Vraiment bonne, Élizabeth, de faire ton 5 kilomètres. Bravo! »

Catherine : [00:23:27] Bien tu t’encourages, c’est bon!

Élizabeth : [00:23:28] Tsé, je m'encourageais. Jusqu'à ce que j'aie une discussion avec cet homme-là, puis il me raconte que, pour lui le plus difficile, c'était de sortir de sa voiture, puis de venir dans l'établissement, puis de commencer son entraînement. Parce que lui, il avait un état de stress post-traumatique. Puis pour lui, c'était vraiment un enjeu qui était immense, simplement de sortir puis de côtoyer ses pairs.

Catherine : [00:23:46] Puis dans le fond, ça a été une belle leçon pour toi.

Élizabeth : [00:23:48] Oui, absolument. Une belle leçon d'humilité, une belle leçon d'empathie. Puis une belle leçon aussi, justement, de faire attention à comment on regarde les autres, puis le regard qu'on pose sur les autres, et le regard qu'on pose sur soi aussi. On est souvent plus dur avec nous qu'on va l'être avec les autres.

Catherine : [00:24:02] Bien nous, on te félicite pour ton 5 kilomètres par jour.

Simon : [00:24:05] Oui!

Catherine : [00:24:06] Moi, c'est par moi!

Simon : [00:24:06] C’est ça, moi je suis rendu à un kilomètre, là. Je juge même pas ça.

Catherine : [00:24:10] C'est bon, c'est une marche. Mais tu marches beaucoup quand tu voyages.

Simon : [00:24:12 inaudible] Bien oui!

Catherine : [00:24:13] C'est ça, là, tu peux pas courir cinq kilomètres.

Simon : [00:24:14] Bien non.

Catherine : [00:24:15] Mon Dieu, moi non plus, même puis je voyage pas, fait que…

[00 :24 :18 Transition]

Catherine : [00:24:28] Élizabeth, j'aime compléter avec un résumé de notre conversation. Peux‑tu nous donner les grandes lignes de ce qui vient d'être discuté?

Élizabeth : [00:24:34] Oui, absolument. Je pense que, ce qui est à garder en tête comme employeur, c'est de mettre en place un climat qui va être sécuritaire psychologiquement pour les employés. Pour les employés, pour les travailleurs, de un, d'être en mesure d'identifier ses propres limites, de les respecter, de prendre part à la culture santé. Lorsqu'on nous propose des outils, tels que par exemple le programme d'aide aux employés, la télémédecine, quelques initiatives, que ce soit d'embrasser ça, puis d'y prendre part le plus possible pour se protéger, puis aussi apprendre à acquérir des nouvelles habiletés en gestion du stress, par exemple. Les employeurs, pour mettre en place les bonnes initiatives, aller vérifier auprès de leurs gens quelles sont les initiatives que les gens veulent qui soit mises en place, quelles sont les initiatives qu’ils ont besoin. Puis, je finirai avec ça comme mot de la fin, d’être capable de se mettre à la place de l'autre, développer son empathie.

Catherine : [00:25:30] L'empathie, c'est le mot de la fin. J’adore, yé!

Simon : [00:25:33] Empathie.

Catherine : [00:25:35] Empathie, et ce, partout à travers le monde, hein Simon?

Simon : [00:25:39] Oui, exactement.

[00:25:39 Transition]

Catherine : [00:25:41] Merci à vous deux. C'est sûr que toutes ces informations vont contribuer à promouvoir une santé mentale équilibrée. Surtout, un immense merci à tous nos auditeurs d'avoir été à l'écoute. Si vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Pour obtenir plus d'informations et, bien sûr, écouter plus d'épisodes, aller sur le site web de Beneva, section Balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vous donneront des outils pour prendre des décisions éclairées pour vos assurances et vos affaires.

FIN DE TRANSCRIPTION

Ménopause : Défaire les tabous en entreprise

Dix millions de femmes sont en ménopause au pays. Pourtant, cette réalité reste ignorée et même tabou dans les entreprises! Pour enrichir la discussion, notre animatrice reçoit Sarah Beaudry, responsable du programme santé mieux-être chez Beneva et Dr Talya Shaulov, obstétricienne, gynécologue et fertologue. Avec elles, apprenez comment adapter la gestion pour faciliter le vécu des travailleuses concernées.

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Durée de l'enregistrement : 22:16

Sarah Beaudry : [00:00:04] Je m'appelle Sarah Beaudry, je suis conseillère en développement organisationnel chez Beneva et je suis responsable du programme santé et mieux-être de nos employés internes. Ma principale passion dans mon travail, c'est d'offrir, proposer des interventions ciblées pour leur permettre de se sentir un petit peu plus épanouis, un petit peu plus heureux dans un milieu qui est inclusif.

Talya Shaulov : [00:00:23] Moi, c'est Talya Shaulov. Je suis gynécologue. Je travaille au CHUM et à la Clinique Ovo. Ma surspécialité, c'est l'endocrinologie de la reproduction et infertilité. Et ce qui me passionne le plus, c'est vraiment de travailler avec les femmes et de les suivre au courant de tous leurs stades de leur vie, en fait. Je trouve ça vraiment spécial.

Voix off : [00:00:43] Vous vous questionnez?

Question : [00:00:46] Est-ce que la ménopause est encore un sujet trop tabou au travail?

Question : [00:00:50] Je me demande comment je pourrais aider mes employées qui traversent une ménopause?

Question : [00:00:54] Quels sont les premiers pas à entreprendre pour sensibiliser les gens sur la ménopause?

Voix off : [00:00:59] Voici nos réponses.

Catherine Duranceau : [00:01:02] Bonjour, bienvenue au balado de Beneva : Paroles d'experts. Je suis votre animatrice, Catherine Duranceau. Aujourd'hui, on aborde un sujet qui est encore trop méconnu, mais si naturel : la ménopause. Environ 10 millions de femmes sont actuellement en ménopause au Canada. Et pourtant, c'est un phénomène encore tabou. Mais, on sent que de plus en plus d'entreprises désirent déstigmatiser le tout pour améliorer le bien-être de leurs employées. Maintenant, on va commencer par la base. Talya, dis-nous, c'est quoi la ménopause?

Talya : [00:01:34] Alors la ménopause, tout d'abord, est un phénomène universel que toutes les femmes vont vivre au courant d'une certaine partie de leur vie. Ça se définit en fait par une absence de règles pendant douze mois. La définition en soi, c'est ça. Mais, il y a tout ce qui vient avant, puis tout ce qui persiste après.

Catherine : [00:01:54] Et parlons-en de ce qui arrive avant. Parce qu'on pense que la ménopause dure des années, mais il y a la préménopause, ménopause, post-ménopause. Explique-nous comment on décortique tout ça?

Talya : [00:02:03] C'est ça. Alors la ménopause, c'est le moment où on n'a plus de règles pendant douze mois. Puis après, on est ménopausée pour le restant de notre vie.

Catherine : [00:02:12] C'est fait.

Talya : [00:02:13] C'est fait. Il y a une variété de symptômes qui peuvent arriver dans les années avant la ménopause, mais tous les symptômes peuvent précéder le moment spécifique de la ménopause d'à peu près dix ans.

Catherine : [00:02:22] Pendant dix ans, tu peux avoir la préménopause ou?

Talya : [00:02:24] On peut-être en préménopause, des changements de cycle menstruel, des symptômes variables, comme les bouffées de chaleur, peuvent arriver à des moments un peu sporadiques dans les années qui précèdent la ménopause. Puis après la ménopause, les symptômes peuvent durer jusqu'à peu près dix ans. Il y en a qui vont avoir des symptômes toute leur vie. C'est variable. Il y a toujours des moyennes dans tout ça, quand on parle de symptômes.

Catherine : [00:02:47] C'est jamais exact, on se comprend.

Talya : [00:02:48] C'est jamais exact. Il y a des femmes aussi qui vont vivre une ménopause complètement inaperçue, à part le fait qu'elles ont une absence de règles. Mais en termes de variation, fait que ça peut aller jusqu'à dix ans à peu près, en moyenne.

Catherine : [00:02:58] Puis, on commence à en parler. Une chance qu'on le fait.

Talya : [00:03:00] Oui. Oui.

Catherine : [00:03:01] Évidemment. Et il y a certaines femmes qui peuvent avoir une ménopause précoce. J'ai lu qu'une actrice hollywoodienne avait commencé à avoir des changements hormonaux à 36. Est-ce que, dans ce cas-là, c'est précoce? Dans quel cas est-ce qu'on peut utiliser ce terme-là? Puis est-ce qu'on doit s'inquiéter?

Sarah : [00:03:16] En terme médical, tsé moi, je suis médecin, donc j’y vais toujours avec les termes, les vraies définitions. Mais la vraie définition d'une ménopause précoce, c'est entre 40 et 45 ans. Ce n'est pas en fait un processus qui est pathologique en soi, c'est juste une ménopause qui vient avant l'âge normal. Après 45 ans, on dit que c'est une ménopause normale.

Catherine : [00:03:36] Normale. C'est ça.

Talya : [00:03:37] L'âge moyen est autour de 50, 52 ans. Et en bas de 40 ans, là c'est vraiment un processus pathologique. Pathologique, où on a besoin d'investiguer. Les femmes ont vraiment besoin d'être traitées avant 40 ans. Puis avant 40 ans, on appelle ça vraiment une insuffisance ovarienne, fait que nos ovaires arrêtent de fonctionner prématurément. Fait qu’une insuffisance ovarienne prématurée.

Catherine : [00:03:58] Puis si on parle de ces fameux symptômes, ces signes que la ménopause commence tranquillement à faire partie de notre vie, c'est quoi?

Talya : [00:04:05] Alors, les plus fréquents vont être évidemment les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale. Il y a aussi les troubles d'humeur, une baisse dans la concentration, la fatigue, les troubles de sommeil, des changements dans la mémoire. Peut-être pas la perte de mémoire, mais des changements dans la mémoire, des douleurs articulaires, la fatigue qui est un peu une conséquence des troubles de sommeil, et puis, ça vient aussi avec une perte d'énergie. Comme il y a des femmes que, comme je vous ai dit tantôt, ça passe inaperçu.

Catherine : [00:04:36] Absolument. Et Sarah, comment la ménopause peut peut-être influencer la carrière des femmes?

Sarah : [00:04:40] Clairement qu'elle peut l'influencer là, c'est bien certain. Avec tous les symptômes que Talya a nommés. Fait que c'est sûr que naturellement, quand on arrive au travail, qu'on a déjà cette fatigue-là, ça vient souvent avec une baisse d'énergie, ce qui fait qu'on peut être un petit peu moins productif au travail. Il y a aussi souvent un impact sur la santé mentale. On a pu voir qu'il peut y avoir des crises de panique, du stress associé à la ménopause, préménopause aussi, de l'anxiété, dépression. Donc, ça peut impacter la carrière d'une femme. Puis tout ce qui est gestion du temps aussi. Parce que quand on est dans cette période-là de notre vie, bien souvent, on doit s'absenter, que ce soit justement pour aller consulter un médecin, la clinique de la santé de la femme. Fait que, reste que la femme va devoir, justement, prendre un peu plus de temps pour ça. Puis, il y a toujours le volet quand même de la stigmatisation du sujet aussi, dans les milieux de travail, qui n'est pas encore tout à fait abordé partout. Fait que l'intention, c'est vraiment de briser ça, ouvrir la discussion. Fait que je pense que c'est très important, justement, dans les employeurs qu'ils soient capables d'aborder ça, puis proposer justement peut-être des ajustements quand il y a cette période de vie.

Catherine : [00:05:41] Absolument.

Talya : [00:05:44] Vu que la ménopause va être vécue de façon super variable d'une femme à l'autre, ce n'est jamais un one size fits all en ménopause. Ça peut passer inaperçu au travail, dans leur vie personnelle, avec leurs enfants, à la maison en général, comme ça peut avoir des impacts extrêmement lourds au travail, à la maison. Tsé, les femmes en fait, à l'âge de 45, 50, 55 ans sont souvent à leur pic de carrière. Puis là, ils vont voir tout d'un coup, bang, ces symptômes qui vont commencer et qui vont vraiment impacter leur productivité au travail. Et justement, tsé, on se pose la question : Est-ce que la ménopause, c'est une des raisons pour laquelle les femmes ont peut-être pas encore passé à la prochaine étape de carrière? Est-ce que la ménopause leur…

Catherine : [00:06:30] Les freine un peu?

Talya : [00:06:31] Oui, les freine un peu dans tout ça. Parce que c'est tellement important et gros dans leur vie, alors ça peut vraiment impacter leur travail, comme ça peut impacter à la maison. Ils viennent à la clinique, ils sont comme « Écoutez, je ne suis plus capable de vivre. Ma vie a comme pris un 180 degrés. Je ne suis plus capable de fonctionner au travail, je ne dors plus, je ne suis plus patiente. Pas au travail, pas à la maison ». Il y a des femmes qui vivent ça comme un tsunami de symptômes qui apparaissent soudainement. Pas chez tout le monde, évidemment. Il y a des femmes qui vivent ça super bien. Puis des fois, c'est aussi notre vision, nos connaissances avant. Le fait d'éduquer des femmes avant peut faire en sorte que la transition soit un petit peu plus smooth.

Catherine : [00:07:10] Mais, si on est prêt mentalement aussi, on va savoir, OK, ces quelques symptômes, c'est normal.

Talya : [00:07:14] Exact.

Catherine : [00:07:17] Je ne ressors pas du lot. Ça peut m'arriver, comme ça peut ne pas arriver à mon amie, puis c'est la vie.

Sarah : [00:07:19] Exact. Puis on peut consulter. Tsé, on peut savoir que c'est normal. Mais bon, on n'est pas encore rendu là. Je pense qu'on fait des bons pas dans notre société, mais on n'est pas encore rendu là pour que ce soit universel et que le tabou soit complètement enlevé et que le stigma soit complètement enlevé. Mais on va vers ça, on travaille vers ça.

Catherine : [00:07:36] On ressent ce vent de fraîcheur, le changement.

Sarah : [00:07:39] Puis tsé, nous, c'est ça qu'on veut faire chez Beneva, justement, c'est de commencer ce discours-là, de sensibiliser nos gestionnaires. Parce que souvent, c'est eux qui sont sur le terrain avec le monde, fait qu'ils vont être capables de dire « OK, il me semble que je te sens un petit peu plus anxieuse ». Tsé, il peut percevoir ces signaux-là, autant physiques que psychologiques. Fait que de sensibiliser nos gestionnaires, je trouve que c'est déjà une belle étape, une belle marche à franchir. Puis ce qui va possiblement tout descendre ces pressions sociales là qu'on peut se mettre sur nos épaules, qui ne sont pas nécessaires en fait, là. Donc voilà. Ça fait que oui, je pense que d'en parler, déjà là, c'est une grande étape. Tsé nous chez Beneva, on est environ 60 % de femmes. Fait que tsé, c'est une réalité qui est vraiment là.

Catherine : [00:08:19] Wow, bravo!

Sarah : [00:08:19] Oui, c'est ça.

Catherine : [00:08:19] Premièrement, ça, c'est le fun!

Sarah : [00:08:21] Bien, oui, c'est ça! Fait que tsé, il faut être conscient de ça, puis à l'écoute de notre monde.

Catherine : [00:08:24] Oui, et de changer cette mentalité. On va parler de tabous, d'ailleurs. Comment les entreprises peuvent-elles aider à briser ces tabous, puis vraiment favoriser l'empathie envers les employés?

Sarah : [00:08:33] Oui, bien je pense que la première étape, c'est vraiment de l'éducation. Parce que justement, c’est un sujet, comme tu viens de le dire, qui reste encore un peu tabou. Fait que je pense que c'est de l'éducation surtout, de fournir justement des ressources, des outils, site internet, tous les programmes d'aide. Je pense que déjà là, c'est une belle étape. Aussi d'en parler ouvertement. C'est une réalité que toutes les femmes vont vivre, donc il n'y a pas de raison de ne pas en parler. C'est sûr que tout ce qui est formation pour les gestionnaires, je pense que ça peut être une grosse étape aussi, là. De bien les outiller, comment gérer, justement si une de ses employées qui vit cette période-là. Est-ce qu'il peut lui fournir des congés flexibles, prendre des périodes de pause un petit peu plus longues pour justement s’il y a, exemple, une bouffée de chaleur. On peut même créer des réseaux de soutien aussi au sein de l'entreprise. On voit souvent. Souvent, il y a des sentinelles en santé mentale. Bien, est-ce qu'on pourrait se créer des petites sentinelles de réseaux de ménopause? Tsé, ça peut être des choses justement qui permettent de briser ces tabous-là, puis d'ouvrir la discussion.

Catherine : [00:09:31] Absolument. Puis c'est sûr que peut-être que les gestionnaires avant n'étaient pas au courant. Les femmes elles-mêmes n'étaient pas au courant, donc on ne peut pas s'attendre à ce que notre supérieur le soit. Puis, est-ce que certaines femmes trouvent gênant d'aborder littéralement le sujet de la ménopause, puis que ce soit en raison des considérations culturelles, leur statut également socio-économique ou pour tout autre raison aussi?

Talya : [00:09:50] C'est sûr que le vécu de la ménopause va être différent selon la culture, le background ethnique, le statut socio-économique. Il y a vraiment des variations. On va voir même que la ménopause peut commencer plus tôt ou plus tard chez certaines femmes, dépendant de leur ethnicité, leur statut socio-économique, de leur charge de travail. Le travail peut influencer aussi. C’est des facteurs environnementaux.

Catherine : [00:10:13] Parce qu’il y a trop de pression?

Talya : [00:10:15] Bien tsé, les femmes qui travaillent de nuit, par exemple, peuvent avoir une ménopause qui arrive un petit peu plus tôt, parce qu'il y a plein de changements physiologiques qui viennent avec un travail de nuit. Fait que les infirmières, par exemple, qui font des shifts de nuit toute leur vie, ça, ça peut influencer. Comme ça peut influencer leur poids. Tsé, ça peut influencer plein de choses, en fait. Il y a une variation aussi dans l'aisance avec laquelle les femmes passent à travers cette phase de leur vie. Tsé, il y a des femmes qui vont vivre ça super difficilement. Puis il y a des femmes qui, malgré qu’elles ont des symptômes, vu que…

Catherine : [00:10:46] C’est valorisé quasiment.

Talya : [00:10:47] C’est valorisé et puis les femmes sont bien encadrées, elles vont vivre ça super différemment. Fait que tsé, le vécu ainsi que la physiologie, en fait, de la transition peut être différente.

Catherine : [00:10:59] Quelles sont ces communautés? On veut en apprendre plus.

Sarah : [00:11:01] Absolument. Oui, oui, il y a des communautés justement que c'est très valorisé, cette période-là de transition chez la femme. Donc la femme, justement, devient un exemple à suivre et peut accompagner, par le fait même, les personnes un peu plus jeunes. Puis c’est ça, c'est encore quand même stigmatisé au travail, tout dépendant où aussi des milieux, fait que ça peut dépendre aussi. Puis, s'il y a un manque de soutien, justement de l'employeur ou des collègues, bien, c'est sûr que là, ça ne permet pas à la femme de se sentir confortable puis d'être dans un environnement sécuritaire aussi pour en discuter, fait que tsé.

Catherine : [00:11:32] Est-ce que je vais me faire juger d'en parler?

Sarah : [00:11:34] C’est ça. Exactement. Exactement. Puis tsé, tout dépendant justement, la femme est rendue où dans sa carrière, tsé, elle veut peut-être pas non plus démontrer qu'elle est un petit peu plus vulnérable dans une période de sa vie. Donc, ça peut être des retenues qu'une femme peut avoir.

Catherine : [00:11:48] Absolument. Des fois, on a cette crainte-là. Est-ce que je vais perdre telle opportunité? Parce que là je le manifeste. Mais au contraire, si on en parle, bien, on est de plus en plus en contrôle. Et Sarah, dis-nous quelles actions simples, mais concrètes, les entreprises peuvent-elles entreprendre pour soutenir les femmes qui traversent cette période-là?

Sarah : [00:12:04] En fait, ça peut être assez simple, là. Tsé, on le sait, la réalité aujourd'hui, c'est beaucoup le mode hybride, donc une partie à la maison, une partie au travail. Fait que c'est sûr que d'offrir, peut-être, des options justement de travail à distance un petit peu plus modulables peut-être pour la personne, justement qui éprouve différents symptômes, peut faciliter toutes ses tâches professionnelles. Fait que ça, c'est assez simple à faire. Ça peut être simple aussi, on voit ça dans les bureaux corporatifs, qu’il y a des salles de repos. Fait que de permettre justement à la femme, bouffées de chaleur, un petit épuisement d'aller dans cette salle‑là de repos. Mettre un petit ventilateur aussi dans le coin pour prendre un peu d'air. C'est des petites choses. Ouvrir une fenêtre aussi, si on est dans une salle, dans une formation. Puis tsé, le but en arrière de ça, c'est vraiment de rendre notre milieu de travail inclusif pour que les femmes puissent éprouver un état de bien-être, et ne se sentent pas non plus stressées d'aller au bureau puis de vivre ces symptômes-là dans ce milieu-là.

Ou sinon, c'est toujours d'offrir justement toutes les ressources qu'un employeur peut offrir, mais d'une façon individualisée. Parce qu'on l'a dit, les symptômes vont varier d'une personne à l'autre. On peut offrir des conférences, des ateliers, des petits webinaires en milieu de travail aussi, offrir des congés flexibles aussi. Si justement on a une mauvaise journée, bien, qu'il y ait de l'ouverture pour ça. Bien former nos gestionnaires sur cette réalité-là aussi. Fait que tsé, c'est vraiment de donner de l'information à nos employés pour qu'ils sachent justement c'est quoi qu'ils vivent, c'est quoi les symptômes pour qu'ils puissent se l'approprier, puis passer cette étape‑là avec un état d'esprit justement plus éclairé, puis qu'ils soient à l'affût de ce qui se passe, puis d'offrir, c’est ça, ce milieu de travail-là qui est un peu plus inclusif pour permettre une belle transition.

Catherine : [00:13:39] Absolument, pour qu'après ça, le gestionnaire prenne le commentaire. « OK, tu as des bouffées de chaleur. OK, bien peut-être que si tu as tel bureau, tu es proche de la fenêtre », ça peut être une belle solution.

Sarah : [00:13:47] Exactement. Oui, c'est ça.

Talya : Alors je pense qu'au-delà de ce que Sarah a déjà mentionné par rapport à toutes les actions très concrètes que les entreprises peuvent prendre, je pense qu'il y a un élément de sensibiliser les entreprises de ce phénomène, pour qu'ils puissent avoir une certaine empathie envers ces femmes. Alors, on va dire qu'il y a beaucoup de gestionnaires, d'employeurs qui sont en fait jeunes, qui n'ont pas du tout ce vécu encore. Ou ce sont des hommes, alors ils n'auront jamais cette réalité, et on doit les sensibiliser pour avoir une certaine empathie. Comme ils peuvent avoir une empathie à une femme qui est enceinte ou une femme ou un couple qui passe à travers un divorce. Je pense que c'est une empathie naturelle qui va s'ensuivre et je pense que c'est très similaire pour la ménopause. Les femmes veulent se voir écoutées et se sentir supportées.

Catherine : [00:14:40] Et ressentir l'empathie, absolument. Puis quand quelqu'un est enceinte, on le voit physiquement. Et ménopause, non, donc.

Talya : [00:14:47] Bien, c'est ça. Et en fait, c'est important, je pense, de le dire aussi, parce que Sarah a mentionné beaucoup de vraiment bons points qui sont vraiment bien décrits dans la littérature. OK, alors il y a vraiment des preuves scientifiques que tous ces éléments aident. Ce n'est pas juste théorique. Ce qui est bien aussi de mentionner, c'est que le support d'un gestionnaire ou d'un employeur va probablement aussi améliorer le vécu de la ménopause.

Catherine : [00:15:14] Hum! Intéressant.

Talya : [00 :15 :15] Alors, ça va dans les deux sens ici aussi. Si une femme ressent un support, ça peut améliorer et…

Catherine : [00:15:21] Adoucir un peu?

Talya : [00:15:21] Adoucir probablement son vécu.

Catherine : [00:15:23] Wow. Et non les symptômes, mais au moins, le vécu.

Talya : [00:15:26] Peut-être aussi les symptômes.

Catherine : [00:15:27] Wow! Le corps, à quel point ça peut avoir une influence.

Talya : [00:15:29] Oui. Puis, c'est très valorisant pour une femme de travailler. Puis la transition en ménopause peut être même vécue différemment chez une femme qui travaille. Vu que c'est tellement valorisant, ça lui fait sentir vraiment mieux de travailler. Alors, je pense que quand on a un travail d'employeur, de gestionnaire, il faut justement aider à la femme à se sentir valorisée au travail pour qu'elle puisse avoir un bon estime de soi. Parce que les femmes qui vont vivre des bouffées de chaleur, qui vont être anxieuses, vont avoir une baisse dans leur estime de soi au travail, ce qui va probablement affecter tout le reste aussi.

Catherine : [00:16:00] Donc, il faut le voir à l'envers.

Talya : [00:16:01] Oui, oui.

Catherine : [00 :16 :02] Il faut se dire à la place d'isoler la femme qui est en train d'avoir des symptômes de ménopause. Reste à la maison pour travailler, puis on va donner moins de tâches; au contraire.

Talya : [00:16:09] En fait, c'est de s'adapter pour que, oui, peut-être qu'il y aura aussi un peu de travail à la maison, mais de ne pas dire « OK, bien, on va couper tes heures de moitié, reviens quand tu es mieux ». Non. Je pense que c'est de s'adapter, de trouver les solutions pour la femme, pour qu'elle puisse se sentir encore bien, pour que son estime de soi soit bien.

Catherine : [00:16:31] À son plein potentiel. Absolument. Et Sarah, dis-nous, chez Beneva d'ailleurs, vous avez fait des sondages pour vraiment sonder le bien-être des employés. Parles‑nous‑en.

Sarah : [00:16:41] Oui, bien en fait, c'est une collecte de données qu'on fait en santé globale auprès de tous nos employés. Puis on a aussi Officevibe qu'on fait aussi à l'interne. C'est un questionnaire qu'on reçoit, là, aux deux semaines, qui vient sonder aussi l'indice de bonheur et l'indice de bien-être de nos employés. Fait qu'avec ces résultats-là, on est quand même en mesure de tirer des données assez probantes. Puis nos employés nous ont bien mentionné que, la ménopause, c'est un sujet d'intérêt, qu’ils avaient de l'appétit pour ça. Donc on les a écoutés, bien évidemment. Fait que nous, on a commencé à mettre en place des actions concrètes pour répondre à leurs besoins, dont exemple, les cabines de repos qu'on a mis dans quatre de nos grands édifices chez Beneva.

Catherine : [00:17:21] Vas-y, donne-nous plus de détails. C'est croustillant!

Sarah : [00:17:22] Oui, c’est ça, on veut le savoir. En fait, la cabine te repos, ce n'est pas une salle de repos. Parce que ça, on voit ça souvent dans les grandes entreprises. C'est vraiment une grosse boîte, si je peux dire. À l'intérieur, il y a un fauteuil qui est massant, chauffant. On a de la luminothérapie, on a de la méditation consciente, de la musique aussi. Et le fauteuil vient s'incliner en position zéro-G, zéro gravité en fait, comme les astronautes quand ils sont dans leur navette, fait que ça permet vraiment de venir se reconnecter à soi. Puis tsé, pas seulement à nos femmes. Non, c’est ça.

Catherine : [00:17:58] C’est magique, là! Le 0-G comme on appelle?

Sarah : [00:18:01] Oui, c’est ça! C'est vraiment merveilleux. On sort de là, on est transformé, carrément là.

Catherine : [00:18:05] Mon Dieu! On en veut partout. Parfait.

Sarah : [00:18:06] Oui, c'est ça. Puis tsé, ça c'est une action concrète chez nous. Mais tsé, cette action-là parle autant pour nos hommes aussi. Parce que tsé, oui on en a parlé, on est 60 % de femmes chez Beneva, mais on a un gros 40 % que c'est nos hommes. Fait que même eux, ils peuvent l'utiliser. Parce qu'eux aussi vivent des transitions de vie quand même importantes. L'andropause, il faut pas la minimiser aussi, parce que pour eux aussi c'est une grande étape. Fait que, ça permet d'offrir justement cette ressource-là qui peut être très bénéfique, autant pour les hommes que pour les femmes. Oui.

Catherine : [00:18:33] Absolument. On flotte dans le 0‑G.

[00:18:37 transition]

Catherine : [00:18:44] Talya, pourrais-tu nous partager une anecdote que tu as déjà vécue?

Talya : [00:18:46] J'avais une patiente qui est venue me voir. Une patiente que je suivais justement, qui souffrait beaucoup de ses symptômes de ménopause, qui voulait changer un peu la façon qu'elle travaillait. Elle voulait avoir plus d'heures à la maison, elle voulait juste avoir plus de flexibilité au niveau de son travail. Bien un, elle était très gênée d'en parler à son employeur et, quand elle avait demandé de changer un peu ses heures, il n'était pas très ouvert. Alors, elle est venue avec ses papiers d'assurance pour que je lui signe des limitations fonctionnelles par rapport à son état de ménopause, que je trouvais… en fait, tsé, comme médecin, on est souvent dans cette position. On doit signer des papiers, mais pour des limitations physiques ou pour une raison de santé mentale. Mais la ménopause, je trouvais que c'était une catégorie à part. J'étais vraiment mal à l'aise de signer ses papiers. J'ai dit « bien, pourquoi vous ne pouvez pas lui en parler, de la ménopause? ».

Catherine : [00:18:44] Tout simplement, pas besoin d’un papier du médecin.

Talya : [00:19:36] Puis c'est là que j'ai réalisé comme « Wow, on a vraiment du travail à faire dans ce domaine parce que ça n'a pas de bon sens qu'une femme vienne me voir pour lui signer des papiers de travail où je dois vraiment inscrire. Tsé, que les questions que les compagnies d'assurance nous demandent, c'est des questions qui sont super spécifiques, des limitations fonctionnelles, puis ce n'est pas adapté à la ménopause du tout.

Catherine : [00:19:55] C'est comme justifier une transition qui est super naturelle, comme on le mentionne.

Talya : [00:19:58] Exactement. Exactement. Puis, avec une petite ouverture, il pourrait y avoir des changements qui, comme j'ai dit tantôt, ne limiteront pas le fonctionnement en tant que tel, mais qui vont juste aider à ce qu'elle soit capable de produire aussi bien, tsé. Puis c'est ça, fait que.

Catherine : [00:20:16] Je comprends que c'est un choc.

Talya : [00:20:17] Oui.

Catherine : [00:20:18] Au moins, c'est pas arrivé trop souvent.

Talya : [00:20:18] Non, non, non. Je me souviens que ça m'est arrivé une fois.

Catherine : [00:20:21] Puis une fois, c'est assez.

Sarah : [00:20:22] C'est assez, oui.

[00:20:24 Transition]

Catherine : [00:20:33] Sarah, en quelques phrases, pourrais-tu nous résumer notre conversation pour retenir l'essentiel?

Sarah : [00:20:38] Oui. En fait, je pense que ce qu'il faut retenir, c'est que les symptômes de la ménopause sont différents pour chaque femme. Ce qui souligne encore plus la nécessité de ne pas généraliser ou de l'éviter, bien évidemment. Puis, je reviens sur le principe de toute l'empathie, en fait. Nous Beneva, une de nos dimensions culturelles, c'est vraiment la bienveillance au cœur, fait que j'ai le goût de revenir un peu là-dessus. Je pense que c'est l'essence même de notre discussion en fait. D'être bien avec nous même, d'être bien avec les autres, d'offrir justement cette ouverture-là d'esprit à nos employés, à notre monde, d'initier notre dialogue aussi par rapport à ça, briser les silos. Puis je pense que chaque petit geste peut faire une différence pour chaque personne. On l'a dit, autant à un homme autant qu'une femme. Donc je pense que l'idée en dessous de ça, justement, c'est d'être bienveillant, faire preuve d'empathie avec notre monde, puis je pense que ça résume assez bien. Ça peut faire une différence pour chaque personne.

Catherine : [00:21:30] Merci beaucoup, Talya et Sarah, de nous avoir partagé ces superbes pistes de réflexion sur la ménopause qui est encore trop souvent passée sous silence. Et surtout, un immense merci à nos auditeurs. Si vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Pour obtenir plus d'informations et écouter plus d'épisodes, allez sur le site web de Beneva, section Balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vous donneront des outils pour prendre des décisions éclairées pour vos assurances et vos affaires.

FIN DE TRANSCRIPTION

Conseillers financiers : faites connaître votre valeur ajoutée

À une époque où on pense tout régler en ligne, comment démontrer l’intérêt de faire appel aux conseillers en sécurité financière? Relevez le défi avec des invités qui se démarquent par leur connaissance du métier et de la clientèle : Alexandre Trudel, représentant des ventes chez Beneva, ainsi que Jessika Groleau et Bernard-Antoine Lachance, tous deux conseillers en sécurité financière.

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Jessika Groleau : [00:00:05] Je m'appelle Jessika Groleau. Je suis conseillère en sécurité financière et épargne collective pour le compte de Beneva. J'ai choisi de me lancer en carrière il y a maintenant dix ans parce que j’avais vraiment envie d'aider mes clients à construire leur patrimoine financier en écoutant leurs valeurs, leurs besoins, et en m'adaptant à eux à tout moment.

Alexandre Trudel : [00:00:23] Bonjour, je m'appelle Alexandre Trudel. Je suis directeur de comptes en placements pour le compte de Beneva, et je suis conseiller en sécurité financière. Ça fait maintenant plus de dix ans que je travaille chez SSQ et Beneva. Je dirais que ce qui me passionne dans le quotidien de mon travail, c'est que je dois vraiment me dépasser au niveau de l'apprentissage, au niveau de l'économie, d'avoir le plus d'informations possible pour aider le développement des affaires des courtiers et des courtières qui font affaire avec notre entreprise et nos produits de placements.

Bernard-Antoine Lachance : [00:00:51] Bonjour, je m'appelle Bernard-Antoine Lachance. Je suis conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective depuis maintenant plus de 20 ans. Principalement, je m'occupe des entrepreneurs de la grande région de Québec. Ce qui me passionne dans la vie, c'est la relation humaine. L'entrepreneuriat aussi beaucoup, mais vraiment la relation entre les humains, c’est ce qui me passionne.

Voix off : [00:01:12] Vous vous questionnez?

Question : [00:01:15] Comment mon conseiller financier peut-il ajouter de la valeur à mes placements et investissements?

Question : [00:01:21] En tant que conseiller financier, quels sont les arguments clés pour démontrer mon expertise?

Question : [00:01:26] Avec la multitude d'outils disponibles en ligne, quel est l'intérêt de faire appel à un conseiller financier?

Voix off : [00:01:32] Voici nos réponses.

Catherine Duranceau : [00:01:36] Bonjour! Bienvenue au balado de Beneva, Parole d'experts. Je m'appelle Catherine Duranceau, votre animatrice. Merci de vous joindre à nous. Dans ce nouvel épisode, on va aborder un sujet particulièrement important : les stratégies pour guider vos clients vers les bons choix, tout en respectant leurs finances, leur budget et leurs priorités. Bonjour Jessika, Alexandre, Bernard, c'est un plaisir d'être avec vous aujourd'hui. Vous avez tous une grande connaissance du marché actuel et vous avez sans doute remarqué que plusieurs personnes sont vendues par les outils disponibles en ligne sur les différentes plateformes numériques. On comprend qu'il y a une certaine accessibilité et facilité. Mais, qu'est-ce qu’il manque?

Bernard-Antoine Lachance : [00:02:16] La première chose, c'est l'aspect-conseil à des services financiers, et c'est pas un produit que les gens aiment nécessairement acheter ni magasiner. C'est un produit qui est nécessaire, mais qui est pas agréable comme acheter un véhicule ou comme acheter un morceau de vêtement. 

Catherine Duranceau : [00:02:33] C'est pas tangible, on le voit pas, là.

Bernard-Antoine Lachance : Exact. Maintenant, l'aspect-conseil est important pour un produit, encore plus pour un produit qui est intangible. Pourquoi? Parce qu'il y a plein de variétés, il y a plein de modèles, il y a plein de subtilités, il y a des clauses d'incontestabilité, il y a des clauses de suicide que les gens nécessairement lisent pas sur Internet, puis qu'ils connaissent pas.

Catherine Duranceau : [00:02:51] Ils ont peut-être pas le goût de le lire non plus. Ils se disent « Oh mon Dieu, je vois tout le travail qui est à faire ».

Jessika Groleau : [00:02:56] Quand on va dans un produit en ligne, c'est qu'on va pas aller chercher nos valeurs. On va répondre à un questionnaire, on va aller un peu selon ce qu'on pense, mais on n'aura pas l'accès-conseil, comme tu dis, justement du fait qu'on va avoir quelqu'un qui va nous guider vers la bonne solution adaptée à nos besoins, nos valeurs, puis aussi, basée sur notre situation familiale.

Alexandre Trudel : [00:03:15] Oui effectivement, mais c'est vrai ce que tu dis, Jessika. Sur Internet, oui il y a pas de conseil qui est donné. Puis aussi il y a, au niveau du placement surtout, tout ce qui touche les émotions. Quand on fait des choix puis qu'on n'est pas rationnel, puis qu'on y va avec l'émotion. Puis Bernard, tu parlais du processus d'achat d'une voiture. On peut faire quand même un comparatif, parce que le processus d'achat, que ce soit pour un produit intangible ou tangible, moi selon moi, ça peut se ressembler parce que l'émotion va toujours être là quand même. Il y a toujours le prix; que ce soit un service ou un objet, on va avoir une couleur à choisir, ou que ce soit un modèle de voiture, le luxe qu'on veut. Mais le produit…

Catherine Duranceau : [00:03:50] On se le personnalise un peu, là.

Alexandre Trudel : [00:03:52] …se personnalise. Et, c'est là où le conseiller ou la conseillère va s'occuper de personnaliser le mieux possible, au bon prix, le produit à distribuer à son client. Puis si je reviens un peu sur le placement, vu que moi c'est vraiment mon champ d'expertise, surtout présentement la volatilité des marchés, on le sait, avec la hausse des taux d'inflation, on a besoin d'être rassurés, puis de s'assurer aussi de garder ses objectifs d'épargne à long terme, malgré la houle qu'il y a au niveau de l'économie et de la conjoncture économique actuelle. Et c'est de là l'importance d'avoir un conseiller ou une conseillère.

Catherine Duranceau : [00:04:24] Et est-ce que c'est le même prix pour le service qu'on a? Si on vend en ligne, ça coûte un tel prix. Donc, il y a quelque chose de plus qu'on a avec un conseiller?

Jessika Groleau : [00:04:31] Oui, exactement! C'est qu'en fait, tu vas payer exactement le même prix en passant par une plateforme en ligne. Tu vas remplir ton formulaire, tu vas faire tes recherches toi-même. Donc pourquoi se priver d'un service, d'un expert qui va te guider, qui va t'amener à choisir quelque chose qui va être adapté à tes valeurs, adapté à tes besoins, à tes objectifs financiers, en pensant que ça va te coûter moins cher seulement si tu fais ta recherche. 

Catherine Duranceau : [00:04:54] C'est une illusion de se dire que c'est moins cher.

Jessika Groleau : [00:04:55] Donc, c'est une illusion. C'est pas réel, en réalité.

Bernard-Antoine Lachance : [00:04:56] Je me mets au nom de plein de conseillers, mais on parle à des gestionnaires de portefeuilles, on parle à des économistes, on suit le marché. C'est notre travail de faire des unités de formation continue, comme vous le savez tous, fait qu'on doit être au courant du marché. On doit pouvoir donner des bons conseils. Puis les clients bénéficient juste de ça. 

Catherine Duranceau : [00:05:11] Fait que, je comprends. Il y a le volet humain, conseil, tout ça pour presque le même prix.

Jessika Groleau : [00:05:15] Oui, exact!

Catherine Duranceau : [00:05:16] Alors, je pense que c'est clair. Il faudrait travailler avec vous, avec l'un des conseillers. Mais Jessika, as-tu rencontré des personnes qui étaient convaincues qu'ils avaient trouvé tout le nécessaire sur le web, puis dans le fond, ils ont peut-être pas besoin de conseiller?

Jessika Groleau : [00:05:27] Bien en fait, oui. J'ai rencontré un jeune couple qui venait de s'acheter une maison. Puis la dame, elle venait d'accoucher, puis ça ne faisait pas longtemps. Les jeunes avaient décidé d'aller magasiner leurs produits en ligne, puis c'est correct. Je trouvais ça super intéressant de voir qu'elle fait les efforts par eux-mêmes pour aller acheter leurs propres produits. Puis là, je me mets à parler avec eux. On parle de leurs valeurs, on parle de leurs besoins, puis on se rend compte que finalement, ils avaient vraiment pas le bon produit pour eux. Ils avaient pris une protection pour dix ans, alors qu'ils venaient de s'acheter une maison pour 25 ans. La dame, elle vient d'accoucher, ça répondait pas aux besoins. Puis là, on prend le temps de jaser ensemble, puis finalement, on se décide de changer ça, puis d'aller vers quelque chose qui est mieux adapté à leurs besoins. Les clients étaient tellement contents qu'après ça, on a pu assurer les enfants. On a mis une rente d'invalidité pour le conjoint. On a été capable, justement, d'aller faire une approche globale par rapport au couple, puis les amener à un autre niveau aussi au niveau de leurs finances. Pas juste en assurances, mais en placements. Le régime épargne-étude, les CELI, les REER. Donc oui, ils avaient fait déjà un bon effort, ce qui est excellent, mais là c'était de renchérir, puis ça les a juste accompagnés à un autre niveau. Level-up, comme on dit.

Alexandre Trudel : [00:06:33] Pour faire une analogie, c'est comme un peu si, dans notre rôle, on agit un peu à titre de psychologue de la finance…

Jessika Groleau : [00:06:40] Oui!

Bernard-Antoine Lachance : [00:06:41] Ah, bien oui!

Alexandre Trudel : [00:06:42] …pour écouter, comprendre, connaître, rassurer notre client au niveau de ses protections d'assurance vie, sa planification successorale pour ses enfants, puis s'assurer que tout aille bien au décès. Malheureusement, c'est des sujets qui sont des fois tristes et difficiles à aborder à la maison. Mais la maladie grave, toutes ces choses-là, il faut en parler avec les clients, donc. Puis les psychologues, bien, on paye pour ça, bien, on paie d'une certaine façon le service qu'on a en services financiers, mais ça rapporte beaucoup.

Catherine Duranceau : [00:07:08] C'est un bon point. Parce que d'avoir un bon conseiller financier, je pense que c'est un peu une relation comme un psychologue. Il faut qu'il y ait un match parfait. Alexandre, est-ce que tu nous conseilles d'abord de le magasiner, comme on le ferait pour un psy?

Alexandre Trudel : [00:07:19] Oui, tout à fait. Bien, des conseillers et des conseillères, il y en a partout. Puis souvent, les gens vont être appelés à sélectionner cette personne-là, donc que ce soit dans divers réseaux de distribution, puis on peut faire affaire avec plusieurs types de personnes. Puis l'important, c'est vraiment de trouver la personne qui convient à ses valeurs et qui est un match parfait, comme tu dis. Parce qu'il y en a plusieurs, puis il faut vraiment avoir une belle connexion parce qu'il faut parler de ses finances avec quelqu'un qu'on connaît peu ou pas beaucoup au début, puis ça peut ne pas être évident. 

Catherine Duranceau : [00:07:48] Intimidant.

Alexandre Trudel : [00:07:49] Tout à fait!

Jessika Groleau : [00:07:50] Oui, puis non seulement ça. Si tu as des questions malaisantes, par exemple, parce que tu comprends pas ce que ton conseiller dit, si tu as pas confiance, si tu as pas développé une bonne relation, tu ne seras pas porté à lui dire « Hé, écoute, je suis pas sûr que je comprends ce que tu essaies de me dire ». Donc évidemment, si tu as développé cette relation de confiance-là, conseiller-client, bien, tu vas être capable d'aller plus loin dans tes sujets.

Bernard-Antoine Lachance : [00:08:11] Je suis sûr que Jessika, tu vas être d'accord avec moi, mais ça va dans les deux sens. Mon point, c'est qu'on parle souvent du client qui doit choisir le conseiller. Mais au même titre que le conseiller.

Catherine Duranceau : [00:08:19] Il veut choisir son client?

Bernard-Antoine Lachance : [00:08:20] Bien, je pense que oui! Ça fait 20 ans que je fais ça. Puis mon point, c'est que des clients avec lesquels il n'y a pas de chimie, veux, veux pas, ça fait qu'on est moins à l'aise, on a moins le goût de les rencontrer. Dans les deux sens, ça doit être choisi d’un commun accord. Puis, au même titre que j'ai pas l'impression de travailler quand je rencontre un client avec lequel j'ai une belle chimie, puis que j'ai du plaisir à travailler.

Catherine Duranceau : [00:08:39] Un peu comme un ami.

Bernard-Antoine Lachance : [00:08:40] Exact, exact!

Catherine Duranceau : [00:08:41] Mais sinon, trouvez-vous que les gens qui ont travaillé avec un conseiller, peut-être depuis quelques années, par la suite, ont plus confiance par rapport à leur situation financière?

Jessika Groleau : [00:08:49] Absolument. Absolument. Quelqu'un qui travaille avec un conseiller sait exactement où il s'en va. Il est capable justement de mettre un point sur le « i » quand il se dit « Bon, bien, je vais prendre ma retraite à tel âge, je sais comment je vais y arriver, je sais qu'est-ce que je dois faire ». Tandis que s'il n'est pas accompagné, il va aller pêle-mêle mettre des sous de côté, puis il sait pas trop, trop ce que ça va donner. Donc au final, le conseiller vient juste lui donner les outils pour se rendre au niveau qu'il désire atteindre.

Bernard-Antoine Lachance : [00:09:15] Un plan financier, c'est comme une carte routière. L'objectif, c'est de se rendre à bon port. Mais on préétablit un chemin qui ne sera pas définitif. Fait que si on dit en se rendant en Floride, on arrête à Washington visiter le Air and Space Museum, bien, on le fait. Dans la vie, c'est pas le chemin… 

Catherine Duranceau : [00:09:31] C’est comme spontané un peu.

Bernard-Antoine Lachance : [00:09:32] Exact! Mais, ça prend un plan.

Catherine Duranceau : [00:09:35] Sinon, je te pose la question, Bernard. Souvent, quand on a un conseiller, ça nous empêche d'agir sous l'émotion.

Bernard-Antoine Lachance : [00:09:42] Définitivement.

Catherine Duranceau : [00:09:43] Peux-tu nous éclairer un peu à ce sujet-là? C'est quoi ton rôle par rapport aux investissements?

Bernard-Antoine Lachance : [00:09:46] Gérer l'émotion du client est vraiment… puis je suis sûr que mes confrères vont être d'accord : ça fait partie de notre travail. Pourquoi? Parce que le cycle émotionnel de l'investisseur est négativement corrélé. Puis j'y vais peut-être fort en disant ça, mais négativement corrélé avec le marché. Qu'est-ce que ça signifie? C'est quand le marché monte, les gens sont enthousiastes, veulent rentrer dans le marché. Quand le marché baisse, c'est exactement le contraire, tout le monde veut sortir, alors que ça devrait être exactement l'inverse. C'est pour ça que je dis une corrélation négative, c’est-à-dire que, quand le marché descend, c'est des opportunités de rentrer dans le marché, c'est là qu'il faut être enthousiaste de rentrer dans le marché.

Catherine Duranceau : [00:10:24] Parce que ça coûte moins cher de l'acheter ton action à 10 $, je sais pas. Je suis pas la pro, là, mais…

Bernard-Antoine Lachance : [00:10:29] Bien dit Catherine.

Catherine Duranceau : [00:10:30] La base que je vois là, je suivais Lululemon, puis…

Bernard-Antoine Lachance : [00:10:32] C’est là qu'on voit : chacun son domaine.

Catherine Duranceau : [00:10:33] C'est ça!

Alexandre Trudel : [00:10:35] C'est comme un Boxing Day. Donc, qui ne s'en va pas en courant le 26 décembre faire les achats d’un manteau d'hiver à 700 $ à moitié prix. Bien, c'est la même chose pour des actions en investissement.

Catherine Duranceau : [00:10:44] Merci pour ça, Alexandre. Ça je le comprends!

Alexandre Trudel : [00:10:45] Et on a fait le réflexe contraire, comme Bernard l'a dit, d'acheter quand le marché est haut parce qu'on pense que ça continue et ça continue. Ça se peut que ça arrive, mais on achète à un fort prix. Donc, les gens qu'on rencontre à tous les jours, que ce soit dans nos cercles d'amis, notre famille, on leur propose d'acheter à rabais. Tout le monde va dire oui quand on parle d'un bien tangible. Mais, c'est la même, même chose. C'est un effet miroir au niveau du marché.

Catherine Duranceau : [00:11:09] C'est pour ça que c'est vous qui le gérez ce volet-là, c'est pas le client.

Alexandre Trudel : [00:11:10] Exactement.

Jessika Groleau : [00:11:11] C’est là où on vient jouer un rôle, justement, en mentionnant au client « Bien, où est-ce qu'on s'en va au niveau du type d'investissement? C'est quoi que l'économie, elle veut en ce moment? » Donc, on va suivre cette économie-là pour les guider au travers de tout ça aussi.

Catherine Duranceau : [00:11:24] Mais, il y a aussi différents profils de clients qu'il faut considérer. Et toi, je sais que dans ton milieu, tu compartimentes la clientèle en profils de risque?

Jessika Groleau : [00:11:32] Oui! Bien là, c'est sûr que quand je compartimente, je compartimente, bien sûr, au niveau de l'assurance aussi, au niveau de comment je vais mettre d'énergie dans un client. La segmentation, exactement. Mais effectivement, moi je l'ai mis comme un profil de risque, dans le sens où tu as plusieurs types de profils de clients, de types de clients. Tu vas avoir des clients qui vont être plus sécuritaires. Ces clients-là vont vraiment savoir précisément où ils s'en vont. Ils vont savoir quel type de produit qu'ils ont, les clauses, et puis même eux vont savoir précisément que, s'ils tombent invalides ou il arrive une maladie, ils savent très bien que leur conjointe va être capable de garder le beat de vie et puis va même être capable d'arrêter peut-être de travailler pour l'aider pendant ce temps-là. Donc, on va parler plus d'un profil sécuritaire dans ce cas-là. Puis souvent, nous, on met beaucoup d'énergie dans ces clients-là parce qu'évidemment, on veut leur expliquer les clauses, les conditions, c'est quoi leur produit.

Après ça, tu vas avoir un client qui va être plus du type équilibré. Le type équilibré, c'est le client qui va avoir une bonne base, ça lui coûte pas trop cher, mais lui, il sait que si jamais il arrive quelque chose, il y a ce qu'il faut pour ses besoins. Ça finit là. Il n'a pas plus. Sa conjointe, sa famille maintiendront peut-être pas aussi longtemps la qualité de vie, mais eux, ça correspond. Donc on va mettre une certaine énergie, mais peut-être pas autant que si c'était un client qui était du type conservateur et sécuritaire. Puis tu as l'inverse, le client qui va être du type à risque. Lui, il part à l'aventure sans son parachute.

Catherine Duranceau : [00:12:52] Ah mon Dieu, je serais angoissée!

Jessika Groleau : [00:12:53] Puis ce type de client-là, bien évidemment, c'est souvent le client qui voudra pas nous rencontrer, les conseillers.

Catherine Duranceau : [00:12:58] C’est le professionnel, il s'y connaît peut-être.

Alexandre Trudel : [00:13:00] C'est bon ce que tu dis, parce que si je peux renchérir là-dessus, au niveau de la segmentation, surtout quand on arrive dans un ménage, puis qu'il y a monsieur et madame, puis que les deux se partagent leurs finances, puis s'il y en a un qui fait plus de rendement que l'autre...

Catherine Duranceau : [00:13:14] Oui, puis souvent, c'est ça!

Alexandre Trudel : [00:13:15] …nous, on est là pour intervenir, puis dire : oui, mais vous avez pas le même profil de risque. Lui, il dort, mais elle ne dormirait pas. Ou vice versa, vu les risques qui ont été pris dans leur portefeuille respectif.

Catherine Duranceau : [00:13:26] C’est vrai!

Alexandre Trudel : [00:13:27] Puis la finance comportementale, quand on leur explique ça versus la finance traditionnelle que, les biais cognitifs, nous on est là pour rassurer puis diminuer les biais, comme le fameux conseil de ton meilleur ami ou du beau-frère ou de la belle-sœur au party de Noël.

Bernard-Antoine Lachance : [00:13:40] Ça, c'est épouvantable.

Alexandre Trudel : [00:13:41] Puis le 5 janvier, on se fait appeler, puis on dit « Il faut que j'achète de la cryptomonnaie, il faut que j'achète des fonds négociés en bourse, il faut que j'achète des titres de ci, il faut que j'achète Apple », etc., etc. Là c'est ça, c'est pas pour tout le monde. Puis quand on fait ça seul à la maison : attention.

Catherine Duranceau : [00:13:55] Est-ce que je me trompe ou est-ce qu'un conseiller aussi va nous guider dans le volet fiscal? Ça prend beaucoup de place aussi dans notre budget. Il faut que ça soit bien considéré, ça aussi. Est-ce que c'est une valeur ajoutée?

Alexandre Trudel : [00:14:06] Oui, tout à fait. C'est une excellente question parce qu'il y a plusieurs réponses aussi à cette question-là. Ça dépend qui on est comme client, ça dépend qui on est comme conseiller ou comme conseillère. Des fois, il y en a qui se spécialisent au niveau des entrepreneurs, des PME, des gens fortunés. Mais au niveau de la planification fiscale, un conseiller ou une conseillère, il n'y a pas mieux que cette personne-là pour t'aider. C'est bien entendu que le conseiller ou la conseillère, il n'y a pas un site Internet qui va vous apprendre à gérer votre fiscalité. Il n'y a pas un robot qui va vous aider à gérer votre fiscalité. Il faut avoir des discussions humaines avec des professionnels. Puis le conseiller ou la conseillère sont vraiment les gens qui doivent être là pour aider la fiscalité des gens qui en ont de besoin.

Catherine Duranceau : [00:14:51] Après quelques années, je pense que ça devient plus naturel. Mais au tout début, on peut pas juste le lire sur Internet. On a vraiment besoin de conseils, puis de nous le faire expliquer, ça c'est sûr.

Jessika Groleau : [00:15:01] Non seulement ça, ça se met à jour tellement rapidement. Il y a tellement de modifications au niveau de l'impôt.

Catherine Duranceau : [00:15:06] Ah, tu as pas vu la clause qui vient de sortir? OK!

Jessika Groleau : [00:15:08] C'est ça. Donc tsé, il faut être à jour puis se garder à jour en tant que client, quand on travaille à temps plein avec une famille, une vie, à un moment donné, pourquoi pas faire affaire avec quelqu'un qui va te guider, qui va t'amener justement à optimiser tes choses au lieu de juste essayer de tout contrôler. 

Bernard-Antoine Lachance : [00:15:27] Puis, ils veulent ça aussi. Tsé, bien souvent les gens, ils ont tellement des journées chargées, puis ils ont tellement de choses à penser que, finalement, ils veulent savoir qu'ils sont entre bonnes mains, encadrés, puis c’est ce qu'ils veulent. Se sentir rassurés.

Jessika Groleau : [00:15:39] Exactement. Dans le fond, d'avoir un conseiller financier, c'est de pouvoir déléguer la tâche qu'on aurait fait nous-mêmes en allant en ligne pour faire nos recherches pendant des heures et des heures et des heures, en réalité.

Catherine Duranceau : [00:15:49] Et de perdre des petits bouts, puis d'oublier qu'on n'est pas bien assuré parce que pas assez bien au courant, tsé. Absolument. Est-ce qu'il y a certaines personnes qui, peut-être, n'osent pas utiliser un service d'un conseiller parce qu'ils pensent qu'ils n'ont pas un assez gros portefeuille? Tsé, « hé, j'ai pas 500 000, je vaux rien ».

Alexandre Trudel : [00:16:04] Souvent. Assurément.

Jessika Groleau : [00:16:05] Il y en a tellement!

Catherine Duranceau : [00:16:06] Puis, qu'est-ce qu'on leur dit à ces personnes-là?

Jessika Groleau : [00:16:07] Bien, tous les portefeuilles sont importants. Pour bâtir 500 000, il faut que tu commences quelque part. Donc en bout de ligne, si tu commences nulle part, tu ne pourras pas l'avoir, ton portefeuille de 500 000. Puis, est-ce que c'est vraiment nécessaire pour toi, dépendamment de ce que tu souhaites comme objectif de vie, comme valeur. Je sais pas, ça dépend toujours de la personne en tant que telle aussi. 

Bernard-Antoine Lachance : [00:16:27] Moi, je leur dis qu'ils ont raison. Si tu as pas 500 000, ça vaut pas la peine. C'est pas vrai!

Catherine Duranceau : [00:16:32] C'est pas vrai, OK! Mais mon petit 10 000, on fait quoi là?

Bernard-Antoine Lachance : [00:16:35] C'était pour voir tes yeux, Catherine, grandir.

Catherine Duranceau : [00:16:37] J’étais là « Oh mon Dieu ».

Bernard-Antoine Lachance : [00:16:38] C'est pas vrai du tout! Je pense pas comme ça. Néanmoins, ce que je dis à ces clients-là, puis tsé, moi je ramène toujours à la relation encore une fois, c'est la chose qui est importante pour moi. Et la personne qui a un compte, qui débute et qui par un programme d'épargne, bien, je veux dire, va finir par avoir un compte de banque bien rempli. Mon point étant qu’il faut que la relation soit bien établie. Je ramène toujours à ça : c'est la relation. Puis personnellement, je regarde pas des montants, je regarde des pourcentages. Notre travail, c'est de gérer des pourcentages, pas des montants d’argent. 

Catherine Duranceau : [00:17:06] Parlons de tes pourcentages, Bernard. Comment ça marche pour quelqu'un qui se dit « OK, je veux travailler avec un conseiller ». Ça semble abstrait au niveau de la facturation.

Bernard-Antoine Lachance : [00:17:14] La facturation, en fait, en investissements, on est payé sur l'actif total des comptes. Autant, il y a des types de revenus fixes, il y a des types d'actions qui ont une différence au niveau de la rémunération, mais ça va se ressembler beaucoup. Donc, les types d'actions vont avoir un pourcentage qui va être aux alentours de 1 % selon les compagnies, mais c'est pas mal tout pareil. Puis les types de revenus fixes qui vont être aux alentours de 0,5 %.

Jessika Groleau : [00:17:39] C’est qu'on a des commissions de suivi basées sur notre actif, qui nous permettent justement d'offrir le suivi au client, le service de suivi. Donc en bout de ligne, on est rémunérés pour prendre soin du portefeuille. On ne fait pas juste encaisser une commission à la vente, on s'occupe du portefeuille. On s'assure qu'il corresponde encore au profil d'investisseur. Et là on parle pas du type de profil en assurance, mais on parle bien du profil d'investisseur. Puis, on va ajuster notre portefeuille et cette commission-là qui va payer notre commission pour qu'on puisse prendre soin de notre client.

Catherine Duranceau : [00:18:10] Admettons, on revient à la source, là. C'est Catherine qui vous parle de la base. Tout le monde nécessairement, à chaque rencontre, a une commission de suivi?

Bernard-Antoine Lachance : [00:18:18] Pas sur les rencontres. C'est sur l'actif total annuellement, qu'on doit gérer annuellement divisé par douze.

Catherine Duranceau : [00:18:23] Divisé par douze. Donc pour avoir le mensuel. Je vois bien.

Alexandre Trudel : [00:18:26] Mais, le client ne paie pas son conseiller ou sa conseillère. Et il n'y a pas de prix, il n'y a pas de tarif pour un rendez-vous. Dans certains cas, dans certaines spécialités, certains domaines d'investissement précis, il peut y avoir des gens qui font la tarification à l'honoraire. C'est des choses qui existent, mais c'est gratuit comme service. Puis pour répondre à ta question, Catherine, quand les gens veulent savoir qu'est-ce que ça va me coûter, qu'est-ce que ça implique de prendre un rendez-vous, c'est absolument gratuit. 

Catherine Duranceau : [00:18:55] C'est gratuit. C’est pas comme tu rencontres ton comptable, il va te le facturer ton 2 heures, là.

Alexandre Trudel : [00:18:59] Ton comptable décroche le téléphone, la facturation est allumée, là. C’est parti.

Jessika Groleau : [00:19:04] Donc, c'est ça que ça sert, la commission de suivi. Ça sert justement à nous donner la rémunération pour poursuivre notre travail, pour être encore là l'année d'après, et ne pas être obligé de partir parce que le marché a baissé.

Bernard-Antoine Lachance : [00:19:16] Puis cette commission de suivi, là, je reviens encore sur une chose que je trouve importante, est en fonction de l'actif total, mais aussi de l'actif total par client. Donc quand le client, son actif total monte, donc il fait un bon rendement, notre commission de suivi, elle augmente. Et quand il y a un rendement négatif, notre commission de suivi baisse.

Catherine Duranceau : [00:19:33] Bien expliqué, j'aime beaucoup ça! J'aimerais compléter avec toi, Jessika. Au niveau des assurances, comment ça fonctionne?

Jessika Groleau : [00:19:41] En fait, en ce qui concerne l'assurance, si on fait affaire avec un conseiller ou qu'on fait affaire tout simplement avec un service en ligne, c'est exactement le même prix. Il n'y a pas de frais supplémentaires. Donc au final, de se priver de faire affaire avec un conseiller parce qu'on pense que ça va coûter plus cher, notre protection d'assurance, c'est comme si on se privait d'aller chercher le service de livraison pour nos meubles chez Brault et Martineau – qui n'existe plus mais... Mais, on va s'acheter un meuble, on va vouloir le service de livraison, mais là « Ah bien, je veux sauver des sous, fait que je prendrai pas le service de livraison, mais c'est inclus dans le prix ». Donc en bout de ligne, tu sauves rien en prenant ton propre service toi-même en ligne. C'est aussi bien de faire affaire avec un conseiller, rendu là.

Catherine Duranceau : [00:20:23] J'adore! Écoute, j'ai tellement appris aujourd'hui. Merci tellement pour cette superbe conversation. Puis je pense qu'un conseiller, c'est nécessaire. 

[00:20:30 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:20:39] Jessika, peux-tu nous partager une anecdote drôle ou touchante, peu importe, un moment qui a marqué ta carrière professionnelle?

Jessika Groleau : [00:20:46] Bien en fait, moi, ça a pas vraiment rapport avec un client qui avait un portefeuille ou quoi que ce soit. C'est plutôt une cliente qui a pris une protection en cas de maladie grave et que ça faisait quand même quelques années que je lui en parlais et puis elle était hésitante. Puis « Ah, je le sais pas ». Puis à un certain moment donné, elle dit « Regarde, je vais faire la demande, puis je pense que ça va être bon. Je vais mettre une protection maladie grave avec remboursement des primes, puis je vais prendre ma retraite basée là‑dessus, puis that's it ». Fait que là on part, on fait la demande. Elle est acceptée, ça va bien. Fait que là, trois mois plus tard, la cliente m'appelle « Salut Jessika. Écoute, on a fait une demande d'assurance maladie grave là ». Moi, je me frotte la tête là. Voyons donc! C'est pas vrai! Elle veut pas l'annuler. Câline, c'est tellement bon pour son plan. Fait que là, je commence, moi en dedans. Le petit hamster commence à rouler. Elle dit « Bien non, écoute, j'ai le cancer ».

Catherine Duranceau : [00:21:37] Ah mon Dieu!

Jessika Groleau : [00:21:38] Ah OK. Fait que là, je me saisis un peu. Je dis « Bien parfait. Écoute, ça adonne bien, on a pris une protection de maladie grave de 100 000 $ ». Elle dit « Je viens de gagner à la loterie ». Là, j'étais comme « Bien, je suis bien contente si tu vois ça comme ça ». Elle dit « Écoute, ils vont tout le guérir, je m'en vais faire la chimio, tout ça ». 

Bernard-Antoine Lachance : [00:21:58] Ça fait une différence, c’est sûr!

Jessika Groleau : [00:21:59] Puis elle là, maintenant, elle a déjà sa retraite de garantie grâce à ça. Elle a pu prendre le capital qu'elle avait besoin pour justement s'offrir des soins privés parce qu'elle était toute seule, puis en même temps, mais là maintenant elle a mis un beau capital de côté dans ses portefeuilles. Puis avec son fonds de pension, elle est capable maintenant de partir à la retraite cinq ans à l'avance. 

Catherine Duranceau : [00:22:17] Tout ça, trois mois plus tard aurait pas été le cas.

Jessika Groleau : [00:22:19] Trois mois plus tard, exactement. Trois mois. Puis, ça faisait quand même deux ans qu'on en parlait, qu'elle était hésitante. « Oui, c'est un bon budget », « Oui je suis consciente, mais dis-toi une chose, c'est qu'au moins chaque dollar que tu cotises est 100 % remboursé quand tu vas arriver à 65 ans ». Parce que c’était ce type de produit-là. Puis finalement « OK, oui, on sait jamais. De toute façon, j'ai une amie qui est bien malade en ce moment, puis quand je la regarde aller, ça va vraiment pas bien, donc je sais pas comment je ferais, moi ». « Regarde, prends pas le risque. On fait la demande puis on verra. Puis au pire, on la cotise. Puis à 65 ans, tu récupères ton argent ». Mais elle, quand elle m'a appelée trois mois plus tard, j'étais bouleversée parce qu'elle avait tout passé ses tests, elle s'était mise à mal feeler, puis finalement, that's it. Cancer.

Catherine Duranceau : [00:23:02] J’en ai des frissons.

Jessika Groleau : [00:23:03] Oui. Fait qu’admettons que là, je me suis sentie OK, mon rôle de conseillère était vraiment essentiel pour ce bout-là.

Catherine Duranceau : [00:23:10] Ah oui, tu as bien fait de recadrer.

Bernard-Antoine Lachance : [00:23:11] Ce bout-là pour notre rôle de conseiller, c’est bien dit.

Jessika Groleau : [00:23:12] Absolument, Absolument.

Catherine Duranceau : [00:23:14] Histoire touchante, vraiment Jessika. Vraiment.

Jessika Groleau : [00:23:16] Oui, oui.

[00:23:17 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:23:28] Alexandre, pourrais-tu me résumer en quelques phrases les arguments forts qu'un conseiller financier devrait se rappeler pour faire valoir sa valeur ajoutée? 

Alexandre Trudel : [00:23:36] Oui, tout à fait. Le conseiller ou la conseillère en sécurité financière s'assure de faire un plan individualisé, avec les bons objectifs et prendre les bonnes données financières de son client ou de sa cliente pour s'assurer de faire croître l'épargne tout au long de sa carrière, pour arriver avec une belle retraite. Au niveau de l'assurance aussi, on est là vraiment pour personnaliser les conseils, s'assurer des bonnes couvertures d'assurance vie, de maladie grave, au niveau du décès, de la prestation du vivant aussi, de l'assurance invalidité qui est importante, ce n'est pas tout le monde qui en possède au niveau de son travail. Puis des fois, ce n'est pas suffisant pour couvrir tous les besoins. Donc, de faire affaire avec son psychologue financier, qui est son conseiller ou sa conseillère, c'est vraiment de se gâter avec une belle valeur ajoutée, et ce, sans frais parce que ça coûte absolument rien de rencontrer ces professionnels-là.

[00:24:24 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:24:26] Merci Jessika, Alexandre et Bernard pour votre temps, et pour tous vos excellents conseils sur l'importance d'avoir un conseiller financier. Merci à vous d'avoir été à l'écoute. On espère vraiment que ces informations vont vous aider à mettre de l'avant votre valeur. Si vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Pour obtenir plus d'information et écouter encore plus d'épisodes, allez sur le site web de Beneva, section Balado. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vous donneront des outils pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.

FIN DE TRANSCRIPTION

Prévenir les risques de sinistre dans un immeuble : conseils et cas réels

Propriétaires et futurs acheteurs d’immeubles à revenus, découvrez comment assurer la pérennité de votre investissement! Marc-Antoine Cyr de Gestion immobilière Gestipro et Christian Vanasse, spécialiste en assurance des entreprises chez Beneva, passent en revue les moyens et les principaux risques de sinistres dans les bâtiments à travers des exemples concrets.

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Marc-Antoine Cyr : [00:00:04] Mon nom est Marc-Antoine Cyr de Gestion immobilière Gestipro. On est gestionnaires de plus de 3500 logements dans la Ville de Québec. Et ce qui me passionne dans la vie, c'est de travailler avec des gens pour lesquels on fournit un logement. C'est un besoin essentiel, fait que c'est très important. Puis évidemment, en gestion immobilière, les journées sont toujours différentes. C'est loin d'être routinier, puis c’est ce qui me motive dans la vie.

Christian Vanasse : [00:00:24] Mon nom est Christian Vanasse. J'œuvre en assurance des entreprises depuis 29 ans. Ma passion, c'est vraiment l'entrepreneuriat. Je suis comme un entrepreneur refoulé. Je travaille depuis des années à sécuriser les investissements de nos entrepreneurs au Québec. À défaut d'en être un, bien, je les protège, je protège leur pérennité.

Voix off : [00:00:50] Vous vous questionnez?

Question : [00:00:53] Je suis sur le point d'acheter un immeuble. Je ne suis pas vraiment informé sur les risques qui sont liés aux dommages en bâtiment. C'est quoi ceux qui sont les plus fréquents?

Question : [00:01:01] Comment savoir si je suis bien protégé en tant que propriétaire d'entreprise?

Question : [00:01:06] Que dois-je faire pour prévenir les réclamations?

Voix off : [00:01:10] Voici nos réponses.

Catherine Duranceau : [00:01:10] Bonjour, bienvenue au balado de Beneva : Paroles d'experts. Je suis votre animatrice, Catherine Duranceau. Et aujourd'hui, on s'adresse aux nouveaux ou futurs investisseurs immobiliers qui veulent tout savoir sur la gestion des risques de sinistres. C'est parti!

[00:01:30] Marc-Antoine, Christian, salut! Je suis très contente de vous recevoir parce que vous êtes définitivement le duo qu'il nous fallait pour répondre à nos questions. Si on entre dans le vif du sujet, quand on devient propriétaire, c'est un projet d'envergure qui demande une bonne planification pour éviter toute surprise. Mais l'acquisition d'un immeuble comporte des risques. Quels sont les plus fréquents?

Marc-Antoine : [00:01:48] Bien, en fait, il y a plusieurs risques en immobilier. On parle de financier, mais au niveau des réclamations, au niveau des sinistres qu'il peut y avoir, c'est vraiment un risque important. Mais le plus souvent, on va parler de dégâts d'eau. Par exemple le fameux 1ᵉʳ juillet, les laveuses mal branchées, le renvoi branché dans le mur au lieu d'être branché dans le renvoi, ça c'est un classique, là. Ça c'est inévitable. On a une dizaine de dégâts d'eau de même par année.

Catherine : [00:02:12] C'est parce que les gens nécessairement ne veulent pas contacter un plombier pour bien le faire?

Marc-Antoine : [00:02:16] Exact souvent, puis des fois aussi, par contre les plombiers sont tellement dans le jus cette journée-là. Tsé, au Québec, on est la seule province au monde qu'on déménage tous le 1er juillet. Ça fait que ça fait un load supplémentaire pour les entreprises qui font ce type de service-là. Puis tsé, même chose pour les raccordements de laveuse. On voit encore des gens qui installent des tuyaux pneumatiques, en caoutchouc. Christian, je dirais caoutchouc plus, là. Ça fait qu’on y va plus avec du tressé, comme ça, ça évite bien des dégâts d'eau. Parce que du caoutchouc, ça perce assez rapidement aussi.

Catherine : [00:02:46] Donc tressé. Marc-Antoine, on s'en rappelle.

Marc-Antoine : [00:02:47] On parle de branchement tressé.

Christian : [00:02:49] C'est de pire en pire avec la réduflation. Avant, souvent c'était fourni avec la laveuse ou avec le lave-vaisselle, les tuyaux. Aujourd'hui, il n'y a plus rien de ça. Ils ne veulent plus les installer non plus. Depuis la COVID, ils ne rentrent même plus dans le logement. Ça fait que les gens ont tendance à utiliser les anciens tuyaux qui étaient là, même s'ils viennent de payer quelques milliers de dollars pour une laveuse, sécheuse. Tsé, si c'est les nouvelles constructions sont un peu plus pensées pour les dégâts d'eau, avec des drains en dessous du lave-vaisselle souvent, des drains en dessous d’où il y a la laveuse, toutes les anciennes constructions, il y a nothing. Il n'y a absolument rien pour prévenir un dégât d'eau. Puis l'eau, on sait que ça s'infiltre. Vous seriez surpris des montants de réclamations, des fois, qu'on peut avoir sur un dégât d'eau. On a vu passer des millions en dégât d'eau sur un dégât.

Catherine : [00:03:36] Ah mon Dieu! Puis des fois, tu dis c'est quelques gouttes, mais au fur et à mesure, j'imagine que c'est là que ça devient problématique. Puis parlant de plomberie, quand tu achètes un immeuble, souvent on le fait inspecter, ça c'est sûr, on veut être certain qu'il est en bon état. Mais la plomberie, tu ne prends pas vraiment le temps d'aller vérifier tes tuyaux, tu n'envoies pas une caméra. On s'entend que c'est des dépenses qui s'ajoutent et qui ne finissent plus. Il faudrait-tu les vérifier les tuyaux de plomberie?

Marc-Antoine : [00:03:59] Pour moi, un bris de plomberie, c’est ce qui est le plus dur à prévenir. Fait que la seule prévention qu'on peut avoir, c'est de la changer quand il y a déjà un dégât d'eau ailleurs, tsé, de continuer le changement. Mais, tu ne peux pas prévenir quand ça va lâcher, là. Selon moi, c'est la chose la plus difficile. Puis Dame Nature, admettons.

Christian : Ah, tout à fait!

Marc-Antoine : [00:04:17] Dame Nature, tu ne peux pas prévoir ce qu'elle dit, là, puis ce qu'elle va faire.

Christian : [00:04:21] Et de plus en plus.

Marc-Antoine : [00:04:21] Exact, c'est ça.

Catherine : [00:04:22] Puis qu'est-ce qui est le pire? C'est-tu les grandes pluies, la neige?

Marc-Antoine : [00:04:26] Je vous dirais le pire, les grands vents. Juste avant Noël, le 23 décembre, il y a eu des énormes vents. Nous, on a une toiture qui a levé complètement d’un douze logements. La pluie, la forte pluie qu'on a eue cet été. Bien souvent, les drains des logements de rez-de-chaussée ne fournissent pas. Ça fait que là, l'eau monte, monte, monte, puis rentre par la porte-patio du logement. Les stationnements souterrains, des fois le drainage, admettons, la ville n’en prend plus là des égouts, ça fait que là, ils poussent sous la ville, là. Ils repoussent l'eau dans les immeubles. Et là, si le clapet ne fonctionne pas bien ou est défectueux, bien écoute, là ça devient une piscine. Ça fait que Dame Nature, c'est pas mal ça. Puis le gel/dégel de l'hiver avec la pluie. Tsé, les toitures, on les fait inspecter, oui. Mais admettons qu'il y a un gel/un dégel, là ce que ça fait, c'est que ça bouche les drains de toiture. Ça fait que là l'eau, quand elle dégèle, là elle continue à monter, monter, puis elle monte par les évents. Les évents, c'est les sorties d'air, disons les sorties d'air.

Catherine : [00:05:24] La façon anglaise, anglo de le dire.

Marc-Antoine : [00:05:27] Exact. C'est les sorties d'air de plomberie, puis les maximums, là, il y a un danger que l'eau monte tellement haut que ça peut rentrer par là. On parle des petits défauts de toiture qu'on n'a pas pu voir. Tsé, il y a un coup de pelle sur un maximum, ça fait un petit trou. Tsé, la prévention de toiture, c'est honnêtement ce qui est le plus important, je trouve. Des fois, j'ai des clients, j'envoie un courriel. La prévention de toiture, cette année, on va monter sur la toiture, on va les vider les feuilles des drains, on va aller inspecter s'il y a des petits problèmes, puis là ça coûte 150 piastres, puis ils ne veulent pas. Moi, je dis « 150 piastres, là, il ne coûte rien, là. Le gars va monter, il va tout te prévoir, puis il va te faire une soumission s'il voit quelque chose qui n’est pas correct, puis il va te le réparer ». Fait que ça, c'est vraiment important. À chaque année, à l'automne, de faire monter un spécialiste en toiture sur votre toiture. C'est ultra important.

Catherine : [00:06:08] Ça s’en vient à l'automne. On y pense Marc-Antoine.

Marc-Antoine : [00:06:10] Toiture.

Catherine : [00:06:11] Toiture. Parfait. Et les tuyaux en tressé pour la plomberie.

Marc-Antoine : [00:06:15] Tressé, oui.

Christian : [00:06:17] Et l'assureur n'est pas toujours présent pour couvrir l'usure normale. Par exemple, l'assureur ne couvre pas ça. Ce qui est infiltration d'eau par des ouvertures, on parlait de ventilation du maximum, ça prend une certaine couverture, ça prend un tout risque complet pour venir couvrir ça. Ça fait qu'en plus d'être à vérifier, il n'y a pas le petit ange assureur en arrière qui va venir nécessairement payer, contrairement aux vents par exemple, comme le 23 décembre, ça c'était couvert en entier.

Catherine : [00:06:45] Donc dans ce cas-là, c'est soudain, donc c'est assurable.

Christian : [00:06:47] Soudain, accidentel, c'est couvert.

Catherine : [00:06:49] Autre risque qui est assez important : les incendies?

Marc-Antoine : [00:06:53] Oui. Bien les incendies, en fait souvent, ça va venir du locataire. La majorité du temps. Une des choses qu'on peut faire, c'est d’interdire la cigarette. Je ne sais pas Christian, mais il doit y avoir déjà moins de réclamations par rapport à il y a 20 ans à cause des incendies causés par les cigarettes.

Christian : [00:07:07] Bizarrement, je dirais oui et non. Il y a moins de feux par les cigarettes parce qu'il y a moins de fumeurs. Sauf que les fumeurs actuels sont moins bien contrôlés. Par exemple avant, c'était coutume que si tu avais un fumeur, il était chez-vous, il fumait dans le salon, puis il avait un cendrier. Aujourd'hui, tu le kick-out dehors, le fumeur il s'en va sur un balcon, puis il n'a pas de cendrier. Il ne sait pas quoi faire avec sa cigarette, fait qu'il va mettre ça dans les pots de fleurs, dans le bran de scie, dans peu importe quoi. Fait que ça provoque beaucoup plus de feux extérieurs.

Marc-Antoine : [00:07:39] Les fameux tambours.

Christian : [00:07:40] Les fameux tambours. Partout où ils vont, c'est comme si on avait oublié de leur aménager un petit coin, ceux qui restent. Ça fait que statistiquement, il y a eu une baisse des feux dus à la cigarette. Mais depuis quelques années, ça repart, la courbe s'inverse, et on recommence à en avoir beaucoup plus. D'où beaucoup de travaux qui se font, Marc-Antoine on te l'a sûrement déjà suggéré, de mettre un cendrier quelque part dehors pour, justement, pas ne qu'ils aillent botcher leurs cigarettes.

Marc-Antoine : [00:08:07] Nos immeubles sont censés être non-fumeurs.

Christian  : Non-fumeurs, même à l’extérieur!

Catherine : [00:08:10] Donc, pourquoi le mettre?

Christian : [00:08:11] C'est bon, ça!

Catherine : Mais pas dans le pot de fleurs.

Marc-Antoine : [00:08:14] C'est ça. Mais oui la cigarette, mais aussi, les incendies de cuisine, c'est notre deuxième risque le plus important. Les gens vont partir les patates sur le mauvais rond, ils vont faire une petite sieste, ils s'endorment. Là, il n'y a plus d'eau dans le chaudron. À un moment donné, le feu pogne dans le riz, etc., fait que. Puis ça, c'est principalement nos réclamations à nous autres. Souvent, ça peut se contrôler assez rapidement, mais ça peut dégénérer assez rapidement aussi.

Christian : [00:08:35] Tsé, on le voit dans les réclamations. C'est des accidents comme ça. Un petit feu mineur, puis la façon de vouloir l'éteindre a aggravé toute la situation.

Catherine : [00:08:44] OK, qu’est-ce qu'on fait pour l'éteindre?

Marc-Antoine : [00:08:46] On appelle les pompiers.

Catherine : [00:08:47] Christian, notre pompier.

Christian : [00:08:50] Ou on appelle aussi les pompiers, tout à fait.

Marc-Antoine : [00:08:50] Les pompiers habituellement sont rapides.

Catherine : [00:08:51] OK, c'est bon. Ça te rassure, hein, Marc-Antoine! OK.

Marc-Antoine : [00:08:53] Dans nos cas à nous, quand c'est arrivé, les pompiers étaient là très rapidement.

Catherine : [00:08:57] OK, c'est très bon.

Catherine : [00:08:59] Puis là, pour éviter de se retrouver, comme on le sait, dans ces situations angoissantes, qu'est-ce qu'on peut faire pour prévenir ces types d'incidents?

Marc-Antoine : [00:09:05] Bien, la prévention, je pense que Beneva, vous travaillez beaucoup là-dessus. C'est important. Mais nous autres aussi, tsé. Juste avec les locataires, de s'assurer qu'ils aient leur preuve d'assurance. Tsé, il y a beaucoup de gens qui ne demandent même pas la preuve d'assurance aux locataires. « Bien c'est dans mes règlements d'immeuble ». Oui, mais dans tes règlements d'immeuble, quand il va y avoir une réclamation, il n'y en a pas d'assurance, il n’y en a pas, là.

Catherine : [00:09:25] Puis toi, tu le vérifies. Une fois que la personne a emménagé, je peux-tu voir?

Marc-Antoine : [00:09:28] Mais nous, avant qu'ils emménagent, avant qu'on remette les clés, on demande la preuve d'assurance. Mais, on parlait de tuyau de laveuse tantôt. Tsé, nous autres, quand nos hommes de maintenance passent dans un logement faire une réparation, la première chose qu'ils font avant d'aller réparer la problématique, ils demandent « Ils sont où tes appareils? » Fait qu'il va aller vérifier les appareils de laveuse pour voir les tuyaux. S'il y a un tuyau de caoutchouc, ils ne chargent même pas au locataire, puis il prend son kit tressé.

Catherine : [00:09:54] Tressé. Je vais m'en rappeler, regarde!

Marc-Antoine : [00:09:55] Tressé, puis il va l'installer. Fait qu'on a pris la décision de ne pas le charger aux locataires parce que ça aurait fait des histoires, un peu de chicane d’obstinage un petit peu.

Catherine : [00:10:02] Parce que c’est quoi, 40 $, là, on s’entend.

Marc-Antoine : [00:10:04] Le temps du gars plus le tuyau, ce n’est pas grand-chose, ça fait qu'on les paye, puis on les change sur-le-champ. Fait que ça, c'est une sorte de prévention. Malgré ça, ça arrive. Mais comment on en a sauvé? Peut-être qu'on en a sauvé dix-quinze dégâts d'eau dans l'année, tsé.

Catherine : [00:10:20] Puis tu en as combien de portes?

Marc-Antoine : [00:10:21] On gère 3500 logements fait que.

Catherine : [00:10:24] Il faut faire attention. Oui. Qu'est-ce qu'on peut faire pour bien l'entretenir, l’immeuble?

Marc-Antoine : [00:10:27] C'est au niveau de la prévention. Tsé, souvent, on parlait tantôt de plomberie. Comment prévoir que la plomberie va fuir le dimanche matin? OK, c'est dur à prévoir. Par contre, quand par exemple on rénove des logements, je donne un exemple. On arrache le bain, on refait la plomberie de ce logement-là. Bien nous, au lieu de juste faire la plomberie de ce logement-là, on va en profiter pour faire la plomberie du logement en dessous. Donc, on va aller dans le plafond du locataire au-dessus, puis on va changer la plomberie. Si la plomberie dans ce logement-là est due, elle est due en bas aussi. Ça, c'est un genre de prévention qui fait en sorte, qui est intelligente au niveau financier. Oui, ça te coûte plus cher là, là, mais peut-être que tu vas sauver dans les dix-quinze prochaines années. Fait que ça, c'est de la prévention qu'on fait beaucoup.

Christian : [00:11:04] Puis malheureusement, la façon de faire de Marc-Antoine, ce n'est pas l'exception, mais ce n’est pas courant non plus. D'être capable de prévenir et de justement changer ce que tu as à changer avant, d'avoir des cédules d'entretien des bâtiments pour venir voir, ce n’est malheureusement pas l'apanage de tous les propriétaires immobiliers ou de gestionnaires d'immeubles. C'est pour ça que pour un assureur, c'est toujours rassurant de travailler avec un gestionnaire d'immeubles parce qu'on sait qu'il a un plan en arrière. Puis comme disait Marc-Antoine, il va en arriver des accidents, c'est sûr.

Catherine : [00:11:33] Puis, est-ce que des fois l'assureur pose la question : Est-ce que vous entretenez vos biens? Il y a-tu quelque chose qui fait partie de, le fait d'accepter puis d'assurer la personne?

Christian : [00:11:40] Au niveau des locataires, pas beaucoup. Il n'y a pas beaucoup de questions là-dessus. C'est fait assez rapidement au particulier. Contrairement à l'assurance commerciale où, quand on assure un gestionnaire d'immeubles ou les immeubles, là on est assez questionneux, hein, Marc-Antoine. Des fois, on est même un peu fatigants.

Marc-Antoine : [00:11:56] Bien oui, puis c'est correct parce que les risques sont plus élevés aussi. Mais au niveau préventif, Beneva sont bons. Tous les immeubles qu'on assure chez Beneva, nous, à 100 % sont inspectés. Ça veut dire qu'il y a un...

Catherine : [00:12:06] C'est très bon. Ce n’est pas tous les assureurs qui font ça.

Marc-Antoine : [00:12:08] Oui, c'est ça. Puis c'est bon pour nous aussi quand même, parce que des fois, ils ont une autre vision de la note. Des fois, ils vont voir des choses qu'on ne voit pas, nous. Parce qu’eux autres, ils ont des actuaires qui vérifient les réclamations, c’est quelle qui en a le plus. Dans le civil, souvent on ne pense pas souvent au civil. Ta marche est peut-être dangereuse. Si quelqu'un tombe là, c'est peut-être de ma faute. Tsé, c'est des choses des fois peut-être qu'on oublie. C'est un bon aide-mémoire en tant que gestionnaire aussi. Dire bon bien parfait, on enligne ça comme ça.

Catherine : [00:12:34] Puis parlant de responsabilité civile, là, tu as parlé des marches, mais à quel point c'est important de l'avoir cette assurance-là?

Christian : [00:12:41] C'est important que les locataires l'aient, pour protéger dans le fond le propriétaire de l'immeuble. S'il y a une erreur d'un locataire, bien ce n’est pas… oui, c'est le contrat d'assurance du propriétaire qui va payer, mais il va y avoir un recours sur le locataire ou sur le contrat du locataire. C'est aussi important pour le propriétaire. Parce que tous les dommages que son immeuble peut causer au locataire, bien, il va être poursuivi pour ça. Des fois, on oublie. On parle en résidentiel, mais souvent dans le résidentiel, il y a des résidences en haut, mais il va y avoir une pharmacie par exemple en bas. Si un dégât d'eau causé par le propriétaire ferme une pharmacie pour ne pas la nommer, Jean Coutu, pendant quelques mois, ça se peut que ça coûte très cher en perte de revenus. Donc, c'est important d'avoir un bon montant d'assurance responsabilité, surtout que ce n’est pas des coûts qui sont onéreux. La responsabilité civile…

Catherine : [00:13:33] Ça représente combien?

Christian : [00:13:35] On parle de, admettons, une centaine de dollars par porte pour un gros maximum. Là aussi, tous les travaux qu'un propriétaire immobilier fait aussi, ça devient des travaux de construction qui ne sont pas nécessairement sous un chantier ou pris en charge par un entrepreneur.

Catherine : [00:13:53] Parce que c'est un homme à tout faire qui les fait ou si on arrange quelque chose.

Christian : [00:13:56] C’est ça, tout à fait. Fait que ça en responsabilité civile, si tu déneiges un toit, puis que tu envoies à neige sur ceux qui attendaient l'autobus en bas, ça se peut que ça coûte cher en corporel.

Catherine : [00:14:07] Il ne faudrait pas, là, mais…

Christian : [00:14:08] Il ne faudrait pas, mais c'est des choses qui arrivent. Mais autour de « j'ai un bloc et je gère des locataires », il y a plein d'activités supplémentaires que la responsabilité civile vient couvrir ici.

Catherine : [00:14:20] Une chance que vous êtes là.

Christian : [00:14:20] Si Marc-Antoine mettait le feu là aujourd'hui, c'est sa responsabilité de Gestipro.

Catherine : [00:14:27] Il va appeler les pompiers.

Marc-Antoine : [00:14:28] Oui, ça je vais le faire.

Catherine : [00:14:29] C'est bon! Puis aussi, quand on pense aux assurances, on a la franchise qui est à considérer. En cas de sinistre, il faut être en mesure de la payer. Mais qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter qu'elle monte trop haut, cette franchise-là?

Christian : [00:14:40] Je pense que c'est la prévention. Normalement, les franchises n’ont pas eu tendance à augmenter de façon naturelle. Ce n’est pas comme mon poids à la quarantaine, admettons.

Catherine : [00:14:52] Ou un taux variable.

Christian : [00:14:54] Ça ne s’est pas fait comme ça! C’est ça, ou à taux variable. C'est vraiment, les franchises ont augmenté parce qu'il y a eu de plus en plus de sinistres, puis pour arrêter de payer des frais sur des petits sinistres, puis faire que les propriétaires prennent en main puis fassent plus de prévention, dans le fond, c'est un partage de risques la franchise, c'est comme ça que les franchises ont augmenté. Mais le juste équilibre vient avec un peu un plan de prévention ou un plan d'entretien, un peu comme Marc-Antoine fait. Quand l'assureur a un partenariat. Parce que ce n'est pas juste… magasiner de l'assurance, ce n’est pas juste aller chercher un prix quelque part, parce que ça, quand on est dans le trouble, justement, ça peut passer de franchise de cinq à cent mille à une vitesse grand V.

Catherine : [00:15:33] Il faut comme bien faire nos devoirs, quand on magasine et on veut savoir comment et de quelle façon on est bien assurés.

Christian : [00:15:39] Oui, c'est l'échange. Quand il y a une discussion qui se fait entre le client et l'assureur pour évaluer les risques, parce que les risques ne sont pas les mêmes. Tu as un bâtiment flambant neuf qui vient d'être construit, tu as des assureurs qui ne veulent plus les assurer, parce que là, c'est des dommages sur ces bâtiments-là sur des premiers vices de construction, tu le sais pas, ils n’ont pas vécu. Fait que ce n’est pas la même prévention qu'on met, ce n’est pas le même plan sur un habitat qui est neuf que sur un bâtiment de plus de 50 ans qui pourrait être patrimonial et qui pourrait avoir toutes sortes de défauts. Mais lui, il a eu la chance de passer à travers plusieurs années. On dit s'il n’a pas brûlé pendant 50 ans, pourquoi il brûlerait dans les 50 prochains?

Catherine : [00:16:22] Hein! Ce n’est pas le contraire? Tu dis que c'est neuf, c'est sûr que ça a été bien fait, puis ça va être plus facile à assurer?

Christian : [00:16:27] Non, non!

Marc-Antoine : [00:16:30] Quand on parle des syndicats de copropriété, là, tsé, j'en ai vu des franchises passer de dix mille à cent mille, là. Fait que, pour avoir un dégât d'eau de cent mille, ça prend beaucoup. Et il y a une raison pourquoi ils ont passé à cent mille. Puis souvent, cette raison-là, ce n’est pas juste parce que les copropriétaires sont négligents. Des fois, ça a été mal construit aussi.

Catherine : [00:16:45] Oh mon Dieu, intéressant. Plusieurs propriétaires aussi confient la gestion de leur immeuble à des compagnies de gestion, un peu comme Gestipro, ou peut-être juste à un seul employé. Comment on peut s'assurer que ces personnes sont de confiance ou pour éviter le détournement d'employés?

Marc-Antoine : [00:16:59] Bien, en fait, la confiance va être là par la transparence. Tsé, nous, on a nos propres immeubles à logements, puis on a conçu un système de gestion, une équipe. On est 70 employés à peu près. Ça, on appelle ça un moule à gâteau. Il faut que tout rentre dans le moule à gâteau ou à la même place. Ça fait que ça soit mes immeubles ou l'immeuble de mes clients, il faut que… tout est géré de la même façon. Fait que si c'est bon pour mes clients, c'est bon pour moi. Ça, c'est la première étape.

Deuxième étape, c'est la transparence. Fait que les rapports qu'on envoie à chaque mois, à chaque trois mois. Nous, tous les appels de service, tous les billets ouverts, ils ont un détail. Le nombre de temps qu'on a fait, qu'est-ce qu'on a fait, le détail. Le locataire, c'est-tu de la faute au locataire, c'est-tu de notre faute. Une réclamation. Ils ont des rapports de ça à chaque mois. Ça fait que le propriétaire, lui que c'est un investissement pour lui, mais que ça ne lui intéresse pas vraiment, mais son conseiller lui a dit « Diversifie tes placements puis achète un bloc », bien lui, ça ne l’intéresse pas. Lui, il a au moins ses rapports à chaque mois, puis il est capable de savoir.

Catherine : [00:17:54] Ça se gère, il est en confiance

Marc-Antoine : [00:17:55] Il est capable de savoir en dedans de cinq minutes qu'est-ce qui s'est passé dans son immeuble. Puis, il y a des rapports plus précis à chaque trois mois. Puis un gestionnaire qui n’est pas bon, bien, il ne garde pas ses clients longtemps. Ça se sait assez vite parce que tu peux perdre le contrôle d'un immeuble assez rapidement.

Christian : [00:18:08] Je pense Marc-Antoine que tu as tout à fait raison. Si moi j'avais des immeubles à faire gérer, c'est la transparence puis la quantité d'informations qui peut être donnée. Puis pour un assureur, de choisir le bon gestionnaire d'immeubles comme client…

Catherine : C’est important.

Christian : Tout à fait parce que c'est cette transparence-là, puis la façon dont c'est géré. Si jamais il arrivait un problème, avec la transparence, on peut venir voir où il y a un problème puis agir vite. Agir en amont, plutôt qu'une fois que ça a coûté des millions en réclamation.

Catherine : [00:18:40] Absolument. Puis, il y a-tu d'autres éléments qu'on n'a peut-être pas considérés, qu'on devrait mentionner par rapport aux locataires?

Marc-Antoine : [00:18:46] Moi, souvent, on parle de prévention là, tsé dans la vie, on dit souvent de ne pas juger les gens. Mais en immobilier, malheureusement on juge les gens, OK. On fait des enquêtes de crédit très sévères. Par exemple, je pense qu'en assurance, il y a des rues qu’ils ne veulent pas assurer ou des rues qui coûtent beaucoup plus cher par code postal. Dernièrement, j'ai assuré un immeuble, puis on s'était trompé de code postal, mais c'était un coin de rue. Donc tu as l'immeuble là, puis l'autre coin de rue. Puis elle dit « Bien là, ce n’était pas le bon code postal, ça monte de 500 piastres », mais l'immeuble est voisin de l’autre.

Catherine : [00:19:14] Ah, bien voyons!

Marc-Antoine : [00:19:14] Ça fait que c'est géré par ça. Puis pourquoi c'est géré par ça? Parce qu'il y a des secteurs qui ont une clientèle, malheureusement, qui est un petit peu plus à risque dans le fond. Ça fait que tsé, de sélectionner juste un secteur, puis de bien sélectionner ses locataires, quelqu'un qui est non-fumeur, quelqu'un qui a un bon crédit, ça rentre là-dedans. Si quelqu'un a un bon crédit, c'est souvent quelqu'un qui gère bien ses choses dans la vie, qui est préventif aussi.

Catherine : [00:19:34] Qui va bien payer son loyer.

Marc-Antoine : [00:19:34] Quelqu'un qui n’a pas de dossier criminel, quelqu'un qui n’a pas de dossier au civil, quelqu'un qui n’a pas de dossier au tribunal administratif du logement, en partant, je sais que cette personne-là va s'assurer, puis je ne courrai pas après sa preuve d'assurance. Puis, il faut se rappeler que 95 % des locataires sont super dans nos logements. Il n'y a rien à reprocher, Il y a 5 % qui sont mauvais, puis ils prennent 95 % de notre temps, tsé.

Christian : [00:19:55] Ce n’est pas ces bons locataires-là qu'on voit dans les médias.

Catherine : [00:19:58] Non, malheureusement.

Christian : [00:20:00] Ça ne fait pas des bons reportages pour les cotes d'écoute. Puis c'est super important, parce que ces 95 % là, c'est les yeux. C'est les yeux du bloc, là. C'est eux qui vivent là, c'est eux qui voient, qui entendent les nouveaux bruits, qui peuvent voir ce qui se passe autour, qui peuvent détecter, malheureusement, dans les 5 % de locataires qui peuvent envenimer une situation. Puis d'après moi, c'est assurément un gage de succès pour bien connaître son immeuble, puis bien l'entretenir dans tous les sens du mot entretien.

Catherine : [00:20:33] Puis, c'est les yeux sur le terrain, donc il faut écouter et faire confiance à nos locataires.

Marc-Antoine : [00:20:38] Le gestionnaire n'habite pas sur place, hein, fait que.

Catherine : [00:20:39] Tu l'as bien dit. C'était comme parfait.

[00:20:45 TRANSITION]

Catherine : Marc-Antoine est-ce que tu aurais une anecdote qui va marquer notre imaginaire pour faire attention et prévenir quelques risques?

Marc-Antoine : [00:21:00] Oui, bien en fait, on a plusieurs anecdotes de sinistre, mais une qui m'avait frappée. Tantôt, on parlait Christian de tambour arrière. Les tambours, c'est des escaliers qui montent sur chacun des logements, là, arrières. Et puis, on parlait d'une clientèle des fois qui peut-être plus à risque. J'ai un client, un locataire à un moment donné qui est arrivé avec un fumoir au charbon. Il a fait sa viande, tout ça. Puis lui, il a trouvé une bonne idée de… il ne savait pas où mettre son charbon, fait qu’il a trouvé ça une bonne idée, il a ouvert la récupération, le bac bleu, puis il a vidé son charbon au complet dans la récupération.

Catherine : Tout chaud.

Marc-Antoine : [00:21:32] Tout chaud. Mais lui, il pensait qu'il n'y avait plus d’orange, c’était juste noir, fait qu’il n’y avait pas de problème. Et donc là, il met ça là et là il retourne chez eux. Il retourne faire un petit somme sur son divan parce qu'il avait bien mangé. Et quand il se réveille, les pompiers, et l'incendie était très, très avancé. Donc, on a eu des dommages à peu près cinq à six cent mille pour juste un huit logements d'un côté. Les tambours ont pris au feu au complet, et je vous dirais les pompiers nous disaient qu’il manquait un 30 à 45 secondes que ça prenait la toiture. Puis quand on prend une toiture en incendie, là tu vas prendre le goudron l'élastomère, et là, ça devient une perte totale.

Catherine : [00:22:06] Tout dans le fond. Perte totale.

Marc-Antoine : [00:22:07] Ça devient une perte totale. Parce qu'un coup que c'est rendu là, c'est terminé.

Christian : [00:22:10] Et si le feu ne détruit pas tout, les pompiers avec l'eau de haut en bas.

Marc-Antoine : [00:22:15] Très bon point.

Catherine : Ça aussi!

Christian : Ça va tout ruiner.

Marc-Antoine : [00:22:17] Exactement. Fait que là tsé, imaginez-vous, on a une perte de cinq cent mille pour un huit logements, puis ça n’a pas touché la toiture. Mais tsé, quand on arrive là, l'Action de grâce, les gens étaient déjà tout parti souvent pour un long week-end.

Catherine : [00:22:28] C'était quasiment plus problématique. Les gens ne le voient pas, donc ça prend plus de temps.

Marc-Antoine : [00:22:32] Mais là, ils ne le savent pas. Fait que tu ouvres les portes, et là, il faut que tu gères les animaux. Donc tu cours après les chats, essaie de mettre ça dans les cages pour sortir ça avec les pompiers. Ça fait que c'est plusieurs… Là tu appelles chacun des locataires pour leur dire « Bon bien ce soir si tu reviens, ton logement est inhabitable, fait que tu ne peux pas revenir comme tu veux ». Et là, « Qu'est-ce que je fais? Je m'en vais où? » « Bien, écoute, tu appelles tes assurances responsabilité, et eux autres vont te reloger temporairement. Ils vont s'occuper de toi. Ils vont s'occuper des meubles qui sont en perte totale ». « Je n’ai pas d'assurance, qu'est-ce que je fais? » « Bien appelle la Croix-Rouge ».

Catherine : [00:23:01] La Croix-Rouge, c’est l'option si jamais tu n’avais pas pris l’assurance. On ne le conseille pas là, mais...

Marc-Antoine : [00:23:04] Il y a des organismes qui existent, mais tsé, Beneva, je dis Beneva, mais tous les assureurs ne prendront pas en charge le locataire qui n’est pas assuré. Ce n’est pas sa responsabilité. Ça fait que tsé, des fois il y a des gens qui se retrouvent à la rue juste à cause de ça, parce qu'ils ne veulent pas payer le 30 $ ou le 25 $ par mois pour s'assurer.

Catherine : [00:23:23] Et il voulait juste peut-être faire son saumon ou sa viande, là.

Marc-Antoine : [00:23:26] Exact. Mais dans cet immeuble-là, la farce, c'est que la seule personne sur huit qui n’était pas assuré, c'est le gars du barbecue.

Catherine : [00:23:33] Ah OK! Il l'a appris à la dure! Tu as vécu le pire, je comprends. 500 000 $ plus tard, ça marque l'imaginaire. Fait que les prochaines fois que tu rencontres tes locataires, tu dis « Tu as un BBQ? », j'espère que tu as au moins...

Marc-Antoine : [00:23:46] C'est ça, c’est mieux au propane ou électrique.

Catherine : [00:23:49] Voilà! Fini le charbon. C'est cute, c'est bon mais… merci beaucoup Marc-Antoine.

Marc-Antoine : [00:23:53] Ça fait plaisir! Merci de l'invitation.

[00:23:55 TRANSITION]

Catherine : [00:24:05] Si on résume notre conversation en quelques phrases, qu'est-ce qu'on doit se rappeler pour protéger notre patrimoine immobilier?

Christian : [00:24:11] Surtout de voir venir. Dans le fond, de faire un plan. De bien inspecter son bâtiment, je dirais de le connaître, savoir ce qui est le plus sensible ou qu'est-ce qui pourrait arriver. Connaître ses locataires, avoir fait une bonne inspection du bâtiment, savoir les chauffe-eau, est-ce qu'ils achèvent? La plomberie est fait comment? La toiture, est-ce qu'il y a de l'accumulation d'eau là-dessus? Vraiment connaître pour faire un plan d'action en fonction des priorités. Écouter ses locataires, tenir les livres à jour. Les livres comptables à jour, pour ne pas se faire frauder, mais aussi, tenir toute la documentation à jour de ce qui est fait, de ce qui est à faire. Puis il faut s'assurer que vous avez l'argent des franchises que vous prenez. Si vous sauvez 1000 piastres en prenant une franchise plus haute, bien, assurez-vous que vous avez l'argent entre les deux, pour être bien sûr de bien réparer les dommages s'il arrivait quelque chose, puis garder son immeuble en état.

[00:25:10 TRANSITION]

Catherine : [00:25:15] Merci beaucoup, Marc-Antoine et Christian, de nous avoir partagé ces superbes connaissances sur la gestion des risques de sinistres, et merci à vous d'avoir été à l'écoute de Parole d'experts. N'hésitez surtout pas à nous poser vos questions à l'adresse balado@beneva.ca. Ou si vous voulez obtenir plus d'information et épisodes, rendez-vous sur le site web de Beneva dans la section balado. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vous donneront des outils pour prendre des décisions éclairées pour vos assurances et vos affaires. À la prochaine!
 

Santé organisationnelle : les essentiels d’un programme réussi (anglais seulement)

Un programme de santé organisationnelle solide qui s’adapte aux besoins des employés, c’est précieux! Adam Hudson, associé et consultant principal chez Clear Health Benefits, parle de sa mise en place avec Jeff Bremner, vice-président national, MGA Distribution, pour la division Partner Solutions de la People Corporation.

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Adam Hudson: [00:00:05] Hi, I'm Adam Hudson. I'm a partner and senior consultant with Clear Health Benefits. The best part of my job is really working day to day with my clients, learning more about their organization, and how we can bring cost effective, sustainable solutions to their organization and their employees. Ultimately, listening to what their needs are and working closely with them to address those needs, wants concerns going forward.

Jeff Bremner: [00:00:31] Hi, my name is Jeff Bremner. I'm the national vice president, MGA Distribution for the partner solutions division of People Corporation. The best part about my job is spending time in the field with my team and getting to know these amazing advisors that we partner with across the country, what's really important to them, and what's important to their clients.

Voice-over: [00:00:54] You have questions?

Question: [00:00:57] I'm wondering, what are my employees’ top well-being needs?

Question: [00:01:02] How to implement a good organizational health in my company.

Question: [00:01:06] How can I ensure our group coverage meets the needs of all of our employees?

Catherine Duranceau: [00:01:12] We're here to answer them. Hi, welcome to the Beneva podcast Ask the Experts. I'm your host, Catherine Duranceau. In this episode, we'll talk about how to establish organizational health that is adapted to everyone's needs in a company. What are employees really looking for in a group insurance plan? Also, how to inform and educate employees about the resources available within a group coverage. Hi, Adam and Jeff. It's a pleasure to talk to you both. Now, for the past years, you've witnessed the significant changes in the industry, especially since COVID-19, of course. Tell us, what important insights should organizations consider when they're working on a solid organizational health framework?

Jeff Bremner: [00:01:57] I think there's lots of ways that you can build a strong organizational health framework, but it doesn't really matter how great it is unless you've got buy-in from leadership and the governance to support it. If I think about leadership working 80-hour work weeks and sending out emails at midnight and sending out emails all day Saturday and Sunday as an example, it's not a really great message to send to the rest of the organization. So I think that often, employees sort of mirror the behavior and the values of their leaders. And so if that's what's being put out there as a value to the organization, you're likely going to end up with a lot of unproductive and burnt-out employees. Conversely, when an organization promotes a healthy workplace, healthy employee well-being, chances are, you're going to end up with very productive employees, very engaged employees.

Catherine: [00:02:56] Not encouraging people to do 80 hours a week?

Jeff Bremner: [00:02:58] Yeah, absolutely. Because, I mean, ultimately we know how that's going to end up, right? It's going to be okay for a while, and then things are going to fall apart.

Adam Hudson: [00:03:06] Yeah, to Jeff's point, I mean, I think that everything starts at the top and it rolls its way down from there. And I think you've got to have that buy-in from leadership. You have to have the commitment from leadership as well, because at the end of the day, the employees are looking up to those leaders, and in a lot of cases, they're trying to follow what they're doing. And if you've got leaders that are engaged, well communicated, I think your organizational framework from there will have a buy-in all the way from top to bottom. And I think your employees, again, there's a lot of communication that goes on within the employee group itself. They're looking to their leaders for guidance. They're looking for commitment. They're looking for engagement. They're looking for transparency. And I think that all comes from the top. And I think when they see that on multiple levels within the leadership group, they themselves are there to follow and work towards a more productive workplace. I think that's something that we all have to understand, that we have to try and maybe reconfigure our train of thought in the workplace with that approach, and we have to have that work-life balance. And that work-life balance comes with access to a multitude of tools that plan sponsors have access to these days.

Catherine: [00:04:15] But Adam, is it a bigger challenge to understand and accommodate the needs of different generations within a company?

Adam Hudson: [00:04:21] I believe it is. I think it still comes from an actual understanding of what the culture of an organization is. An organization has to take a step back, take a look at the culture that they have within, look at the generational kind of demographic mix that they have within, because there's going to come with different level of demands, wants, needs. You've got younger employees that are coming into the workforce and they're not as set up in their lifestyle. They're looking to save for purchasing a house, which we know is extremely difficult these days. They have a different level of demands, concerns, young families. You have your older demographic that maybe they're a little bit sedentary in what their lifestyle is. They already know they've already planned for their retirement. They've paid off a majority of their mortgage. So I think those challenges do come into play, and I think an organization has to be aware of that, but be able to communicate what resources are available to all levels.

Catherine: [00:05:12] And for mental health, maybe different generations are more open to talk about it also.

Adam Hudson: [00:05:17] Absolutely. I think it's hard to say. I think when you look at the older demographic, they hold their cards a little closer to home, whereas when we start looking at the younger demographic, they’re a lot more open. I think social media has triggered a lot of that. I think you've got to look at the resources through EAP programs, additional kind of wellness initiatives that an organization might put out there, different communication avenues that an organization can use to promote mental health wellness. So I think there's a lot of tools and information that can be extremely beneficial for organizations out there.

And going back to the very first point is that leadership has to be committed to that. It's only going to have a stronghold and success if you have that leadership commitment so that.

Catherine: [00:06:03] They could look up to someone and try to be good in their job, but without being burnt out either, because that's not the point.

Adam Hudson: [00:06:11] Exactly.

Catherine: [00:06:12] I believe it must be also a top priority to equally consider diversity within a group?

Adam Hudson: [00:06:15] Absolutely. As we talk about demographics within a group, we're looking at diversity. I mean, people are coming from all different cultures, all walks of life. They have different commitments within an organization. So we have to embrace diversity within an organization because again, by embracing diversity within an organization, it helps to the ultimate success and cohesiveness of that organization and ultimately, the success, the growth, and productivity as a whole.

Catherine: [00:06:43] Absolutely. And if you tell us a little bit about those practical steps employers can take to address mental health effectively.

Jeff Bremner: [00:06:50] I think it really starts with promoting awareness and, back to Adam's point, reducing stigma around mental health. And so this can all be achieved through education, right? Things like workshops, seminars, could be timely articles that are being sent to employees; could be a wellness newsletter that the organization creates to send out to employees. You know, ultimately, when employees are well informed, they're better able to understand their own mental health. Creating that supportive culture is going to be ultimately really, really important for employers to their employees. Fostering a culture of empathy, inclusivity, and open communication where employees actually feel safe, comfortable expressing mental health concerns that they're having. And you can only do that when it's a trusted environment, right?

Catherine: [00:07:44] You need to feel confident to be like, “I'm not going to be judged if I ask this question.”

Jeff Bremner: [00:07:49] Absolutely. I mean, I think, again, creating an environment where you're talking about these things together as a group, ultimately it's going to make people feel a heck of a lot more comfortable about being able to bring it up with their leader when they are having some challenges. And then equally, it's really important to make sure that managers and supervisors are trained to be able to identify where somebody who works for them may be having a mental health challenge, sort of be equipped to be able to manage that conversation, or at least get them in touch with the right people, the right resources.

Catherine: [00:08:24] Mental health is taking so much space in our lives. But to talk about it is, I think, one of the ways to make it better.

Jeff Bremner: [00:08:32] Yeah.

Catherine: [00:08:33] Can we say that group coverage evolved during the years? What changed?

Jeff Bremner: [00:08:36] I would say that there's a growing emphasis on having more personalized solutions available for plan members and their dependents. I think things like an employee assistance plan – while great and covers a broad spectrum of physical, mental, financial, emotional health – I think that as things progress in the coming years, we're going to see a lot more targeted solutions, right? So solutions that are very, very specific to mental health; solutions that are very, very specific to chronic disease. And ideally, I hope we get to a point where instead of putting an EAP as an example in place for all employees and thinking that's going to work for everybody, that we start moving towards a position where we've got a platform that has access to a whole number of different solutions and allows employees and their dependents to choose what it is that works for them. Because I think ultimately, that's what's going to improve employee well-being and ultimately reduce costs for the benefits plan.

But specific to solutions, I think as an example, like, wellness accounts or personal spending accounts are probably going to become even more relevant. I say that because you saw that 2023 Benefits Canada survey, what employees are saying is most important to them is exercise and sleep. And I can't think, off the top of my head, how many providers have really gone down the path of solutions that are dedicated to sleep, but we all recognize how important that is. If we can help employees sleep better, that has a positive, trickle-down impact on the rest of their health.

Now, things like exercise, obviously really, really important as well to employees. You know, you can provide some flexibility there through personal spending accounts where there's funds that are set aside for things like gym memberships and exercise equipment to work out at home. So I think that we're moving in the right direction. But I think that's what we're going to see as the next wave. Personalized solutions and a lot more focus on exercise and sleep.

Adam Hudson: [00:10:55] To Jeff’s point, the younger demographic are more connected. I think they're more informed of what's out there, what is potentially available to them. They're more connected in and in tune with their own health. I think when we look at some of the older demographic, they didn't have access to some of the information that's out there now.

Catherine: [00:11:14] They didn't have TikTok.

Jeff Bremner: [00:11:16] WebMD.

Adam Hudson: [00:11:17] Yeah, yeah. And I think there's a lot of stresses right now in our world, right, you know, with regards to our own health care. So, access to virtual health care is a significant one. We've got a lot of young families out there. And if we can avoid those long trips to the walk-in clinic, the emergency room, or trying to get an appointment with your own doctor, and you can access that in 15 minutes to half an hour. I think that's critical, right?

Going back to Jeff's point on personal spending accounts or wellness accounts. I think ultimately, with the changing in the demographic, as you know, baby boomers are now exiting the workforce or soon to be over the next coming years, and with the younger demographic; they're all looking for choice. They're looking for flexibility. You know, we have to lean on the insurance carriers at this point in time for them to start understanding that and putting together greater tools and program availability to support what these demands are. Certain organizations or certain insurance carriers that do have nice, flexible products for small, midsize groups right now, but not all insurance carriers do. And in the Canadian marketplace, the majority of organizations are under 100 employees and even more so under 50, I guess. So I think it's just critical from that standpoint that the insurance carriers have to look in a little bit deeper and try and find solutions that are going to be a lot more relevant to the employee demographic that we're going to be witnessing in the years to come.

Catherine: [00:12:39] And it should be top priority.

Jeff Bremner: [00:12:40] I think we're also going to see a trend towards higher maximums for psychologists and social worker benefits, as an example.

Catherine: [00:12:48] Oh, to upgrade, alright.

Jeff Bremner: [00:12:49] Well, it's a little disturbing in the sense that mental health topped the list last year of highest out-of-pocket expenditure. And so if we think about a traditional benefits plan that's got a $300 per practitioner maximum or $500 per practitioner maximum, the cost of going to a psychologist or a social worker is $200 an hour. Somebody's going to get one and a half to two and a half sessions out of their benefits plan. But we know that it's going to take a lot more than one and a half to two and a half sessions for people to get where they need to be. And so there's a lot of additional cost that's coming out of the employee's pocket. So when we think about what are the top three stressors for employees right now? Well, it's personal finances, it's workload; and it's work life balance.

Catherine: [00:13:38] Work is there a lot.

Jeff Bremner: [00:13:39] Work is there a lot. But personal finance is being number one. And if people are stressed out about personal finances, and then they don't have a psychologist and social worker benefit that gives them the coverage that they need, then it's not going to go well. And so we've seen a lot of companies, like I think Starbucks was the first one that I can remember. You know, they went to a $5,000 maximum on psychologists and social workers. You know, maybe that's on the high end for sure. But certainly, some organizations are going to $1,500 maximums on psychologists and social workers and then leaving all of the other paramedical benefits at a $500 maximum. If we can get employees using more non-pharmacological avenues like therapy, maybe that then contributes to a reduction in drug costs; not only a reduction in drug costs, but then maybe less employees also going on disability, which then takes some of the financial pressure off the benefits plan.

Catherine: [00:14:33] I understand it must be tricky trying to give that personalized solution. But at least if the employers are trying, we're getting there even more so. But if you tell us, what are the benefits of promoting employee well-being?

Jeff Bremner: [00:14:45] Yeah, I think from my perspective, I think a lot of employers have come to realize that there's a really strong ROI that's associated with having happy and healthy employees. There's a lot of really amazing statistics out there. Like, mentally healthy employees working in a supportive environment are up to 12 times more productive, up to 8 times more engaged than their less healthy counterparts. And obviously, that's going to have a positive impact on performance for the organization. You've got reduced presenteeism, reduced absenteeism unhealthy employees, they take up to nine times more sick leave than their healthy counterparts. That's going to disrupt workflow; that's going to have a negative impact on the organization. I think unhealthy employees have greater health care costs. Right? I think that there's sort of the compassionate benefit, but there's also a bit of a strategic benefit here as well for employers to really focus in on employee well-being.

Adam Hudson: [00:15:44] Jeff makes a great point. I like the strategic benefit of it all, because at the end of the day, when you take a look at all the benefits of providing a very comprehensive, robust, health and wellness program, to that strategic side, I think what we're looking at is, it's a small investment on the front end to incorporate some of these benefits and communications and resources to your employees that we can now maybe step away from that presenteeism and absenteeism and reduce short-term disabilities, long-term disabilities. And if we can reduce even the level of medications individuals are taking, or we can isolate the proper medications for mental health related illnesses. They have those resources out there.

Jeff Bremner: [00:16:27] There's pharmacogenetics.

Adam Hudson: [00:16:28] Pharmacogenetics. And that's exactly it. So when organizations can start kind of accepting and engaging with some of these resources to provide a better kind of healthy landscape for their employees, I think ultimately for them, from even a cost standpoint, it’s significant. Your ROI on that just from productive employees and an organization culture, I think is significant, through it all.

Jeff Bremner: [00:16:52] But I also think that it's really important right now for employers to start thinking ahead. And I say that because we go back to the different generations that are in the workforce right now. So currently, I think it's about 54% of the Canadian workforce is made up of baby boomers and Gen X. It's still a lot. But over the next 5 to 7 years, that number is expected to drop to 25%. And you're going to have an influx of millennial and Gen Z employees in the workforce. And what do we know about millennials and Gen Z employees? They're very, very comfortable talking about mental health. They're very comfortable talking about their well-being. And they place a really strong emphasis on that. So I've heard that currently, Gen Z employees on average stay with an employer for two years and three months.

Catherine: [00:17:49] Two years and three months? That’s not a lot.

Jeff Bremner: [00:17:52] It's not a lot. And millennials are two years and nine months. And that's relative to Gen X that's over five years. And baby boomers are typically over eight years on average. And so when we start thinking about what's going to happen over the next 5 to 7 years, I think that there's a lot of investment that goes into training and developing new employees.

Catherine: [00:18:16] To retain them, you want to keep them.

Jeff Bremner: [00:18:18] You want to retain them, you want to make sure that they're engaged. And we know that Gen Z millennial population, wellness is really important to them. So in order to keep them engaged, it's going to be really, really important for organizations to put a lot of emphasis on organizational health so that they're able to retain those employees long term.

Catherine: [00:18:36] Absolutely. When it comes to group coverage benefits, what's important for the employees, what are their key considerations?

Adam Hudson: [00:18:42] Well, I guess it goes back to having that conversation about having a multi-generational workforce, right? There's different demands depending on the demographic of a group. So I think that the older demographic within an organization are somewhat still traditional in nature. I think they still kind of put a key focus on prescription drugs and dental and vision care. Some of them are looking at flexibility in their benefits, depending on what kind of cost contributions are with their employer. But when we look at a younger demographic, they want absolute flexibility, they want sheer choice in their benefits.

Catherine: [00:19:22] If you want me there, I want my flexibility.

Adam Hudson: [00:19:24] That's right. And I think that's what an organization has to understand. I think they need employee engagement, but I think ultimately, they need to listen to the employees and they need to gain the feedback from the employees to try and understand what's going on within their environment. And then again, trying to draft a program that is going to hit as many of their employees in a positive way as possible.

Jeff Bremner: [00:19:49] And it's not a set-it-and-forget-it type of mentality either. It's something that needs to be addressed on at least on an annual basis, because the makeup of an organization changes so much over time, where you've got younger employees come in. I've seen a lot of benefit plans over the years where the benefits have not changed for 10, 15 years, but the demographics certainly have.

Adam Hudson: [00:20:10] Absolutely. Yeah. And I think what COVID has actually done through all of this, as much as it's caused us to take a step back, adapt. Organizations are now looking at flexible work schedules and working from home and now trying to reengage some of those employees back into the workforce on a more regular basis.

Catherine: [00:20:29] Is it working well, bringing everyone back to work, maybe not five days, but…?

Adam Hudson: [00:20:32] Well, it's not back to a five-day model, but you know, we're still working in a hybrid, but now, it's not as cohesive of a setup as what was. Essentially, asking our employees to come back on set days during a week so that everybody is in the office at one point in time. So you've got greater cohesiveness and you've got greater conversation, greater productivity, because now everybody's there together.

Catherine: [00:20:56] And it's fun to be at the coffee machine, everyone together. “How was your night? Did you sleep well with your kid?” 

Adam Hudson: [00:21:03] Yeah, absolutely. It's all building that culture, that bonding experience. Work is also a social setting, right? It's not just…

Catherine: [00:21:11] Jeff tell us, employees are not always aware of what is included in their group coverage, like telemedicine, employee assistance programs. How can you make sure they're actually well informed?

Jeff Bremner: [00:21:25] Effective communication.

Catherine: [00:21:26] Seems like the basics.

Jeff Bremner: [00:21:27] Yeah, I mean, that's paramount. Employees want to know what's available to them and their dependents as part of their benefits plan. I think it's really critical for organizations to make information accessible and to make it easily digestible for employees. So accessible, meaning like from a digital perspective, it could be an intranet site, it could be a wellness hub, it could be an HR platform, as an example. In more of a physical environment, it's having posters and information in high-traffic areas like lunchrooms or printer rooms or wellness rooms as an example, in order for employees to feel comfortable. We have to understand, I guess, that not everybody's an expert in insurance, right? So making sure that that information is accessible to them, but again, breaking it down into smaller chunks, making it digestible, making it really, really, really easy to understand, ultimately is how I feel that employees are going to really have a strong understanding of what it is that they're covered for.

Adam Hudson: [00:22:33] And I think with organizations, and again, to Jeff's point, it's about just communication. That is the ultimate. But there's multiple avenues of communication. Jeff touched on a number of them. You know, there's some additional ways that you can engage those employees. You can have wellness fairs. And even a wellness fair is a public forum of accessing all of the services and resources that are available within your employee benefits network, essentially, or at least showing them what else is out there and what's available. And from that, you get further employee engagement and feedback as a result. We've done these with our clients in addition to employee education sessions, and one thing I find with employee education sessions – and Jeff will speak to this too, I'm sure – is that when it comes from a third party, so when we have these employee sessions, employees want to come up and talk to us about a personal situation because we still now have to bring it back to reducing stigma in the workplace. And it does go beyond even the mental health side of it. But they might have a personal medical issue. And they want to ask us on a personal front. They don't want to bring that forward to their employer because they don't know how that's going to be taken in.

Catherine: [00:23:46] Received.

Adam Hudson: [00:23:47] Exactly. So I think that there's other avenues that employers can explore for that communication. And at the end of the day, that is the ultimate, though, is how do we communicate it? How do we simplify what's out there and what's available to the plan members?

Jeff Bremner: [00:24:00] And you could also tie it into national health observances as well. So tying in information to World Mental Health Day or Diabetes Awareness Month, which happens to be the month of November. Communicating what's available to employees and tying it into one of those types of observances can be a really sort of beneficial way to get information across.

Catherine: [00:24:22] And it feels like you're very connected to the world today. By doing those themed days, you probably feel it even more in the employees. And I'm curious, when it comes to insurances included in the group coverage, such as life insurance, disability, and critical illness coverage, what steps can be done to improve their comprehension and awareness?

Adam Hudson: [00:24:43] I think it touches upon what we were just discussing. I think it's just clear communication. And how do you go about doing that? I think an organization has to understand how their employees are going to receive the information, how they're going to digest that information. What is the best avenue of communication or mode of communication for them? You know, is it intranet? Is it emails? Is it employee education sessions? Is it smaller employee education sessions where people have a greater comfort? Because the tendency is that if you're part of a large group through an education session, certain plan members are probably less likely to stand up and ask a question.

Catherine: [00:25:19] It's intimidating.

Adam Hudson: [00:25:20] Exactly. So maybe you kind of shrink what those employee sessions look like. But ultimately, it goes to that same kind of mode of, communication is key. And I think an organization knows the culture that they have in place and how to best engage their employees so that they do understand what they have included in their employee benefits program, the value that brings to not just themselves, but in some cases, more importantly, their family members.

Jeff Bremner: [00:25:48] Do you ever get into personalized consultations with plan members?

Adam Hudson: [00:25:54] Yes. From an organizational standpoint, you have to pick an advisor partner that is going to another level of services to not just your organization, but your plan members, and have, if it is one-on-one sessions with plan members, or have that open door that they can reach out to you at any time. Because unfortunately, I think that organizations take a lot of this on their own.

Catherine: [00:26:15] Their shoulders.

Adam Hudson: [00:26:16] Yeah.

Jeff Bremner: [00:26:18] And not the experts.

Adam Hudson: [00:26:19] And they're not the experts. And so they're now burdened trying to answer questions or researching when you have that level of expertise with you and your consultant, or we hope they do in the right partner.

Catherine: [00:26:31] Absolutely. Adam and Jeff, thank you so much for this great conversation. And we remember vacation time is important to think about ourselves. Thank you so much.

[00:26:43 TRANSITION]

Catherine: Jeff, is there a moving or funny story you'd like to share with us today?

Jeff Bremner: [00:26:57] Yeah, I can tell a quick story. Well, it's not necessarily specific to, I guess, organizational health per se. It comes back to the need for communication and education with employees. My wife and I got married in Mexico back in 2008. Likely as a result of it being an all-inclusive and open bar, I had a couple of really close friends of mine have to go to the hospital on consecutive days with the need for stitches. Probably not either of their finest moments. But at least when that happened, they both had employers that did a really great job of effectively communicating what was available to them through the benefits plan, out-of-country emergency coverage being one of those things. So they knew exactly what needed to happen when the injury occurred, and made the call that they needed to make. It probably could have gone a bit of a different way if they weren't prepared in the event something like that happened.

So another great example would be something like a medical second opinion, right? When somebody that's a dependent of yours is diagnosed with something like cancer as an example, knowing that you've got a benefit like that in your back pocket is incredibly valuable. But the only way that employees are really going to understand that is if the employer is communicating effectively with them, making it really easy for them to access that information and make sure that it's digestible for employees.

[00:28:35 TRANSITION]

Catherine: [00:28:44] So, Adam, can you summarize our conversation and remind us what should be done to really prioritize the employees’ well-being?

Adam Hudson: [00:28:51] It goes back to our initial point with leadership. I think the leadership within an organization has to have a thorough understanding of the culture of their organization, the employees within their organization, the generational gap within their organization. And I think they have to work closely with an advisor that's going to be well versed in the landscape of employee benefits, health, wellness. I think they have to be proactive in nature instead of reactionary. And I think if they are ahead of the curve to address some of the immediate concerns that we have right now in the employee landscape, such as mental health, I think they will ultimately be ahead of the curve in their own organizational growth.

Jeff had mentioned some of the statistics, with how long employees remain with an organization, it’s critical to understand that and to see how that's going to change in the years to come. Right now, going back to the mental health side of it all, again, is that to be proactive in nature, but have clear communication to channel some of the resources to their employees and make them aware of what is out there, what's available to themselves, you have to do a really good job in communicating it. Collectively, I think organizations starting from the top can do a really good job on a proactive side of communicating in a very clear, transparent and digestible manner, but at the same time get employee feedback and input on what is available and what they would like to see available to them in the years to come.

Catherine: [00:30:22] To personalize it, as you've been saying.

Adam Hudson: [00:30:26] Correct.

Catherine: [00:30:32] Thank you, Jeff and Adam, for sharing all those valuable insights about prioritizing the health and well-being of employees in an organization. Thank you for listening. If you have any questions, please don't hesitate and contact us at podcasts@Beneva.ca. If you would like to have more information about this topic and discover other episodes, we invite you to go on Beneva’s website in the podcast section. Stay tuned for another conversation that will guide you for future insurance and business needs. Until next time!

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Conseillers financiers : comment accompagner vos clients dans une période d’inflation

Notre animatrice s’entretient avec Nathalie Néron, conseillère en sécurité financière, et Louis-Philippe Beaudoin, directeur de comptes chez Beneva. Une des questions du jour : que faire quand vos clients pensent résilier leur police d’assurance vie pour faire face à l’inflation?

00:00

24:36

Nathalie Néron : [00:00:04] Alors, bonjour, je suis Nathalie Néron, conseillère en sécurité financière. Je suis courtier donc je travaille avec toutes les compagnies. Je vous dirais que ce que j'aime le plus de mon travail, c'est vraiment d'évaluer la stratégie à prendre pour chaque client parce que chaque situation est différente. Et j'aime beaucoup les gens, j'aime beaucoup interagir avec eux, et puis d'offrir vraiment le meilleur produit pour leur situation personnelle.

Louis-Philippe Beaudoin : [00:00:31] Bonjour, mon nom est Louis-Philippe Beaudoin. Je suis directeur de compte chez Beneva, anciennement SSQ Assurance, et ce, depuis les seize dernières années. Donc mon rôle chez Beneva, c'est d'accompagner les conseillers en sécurité financière dans leurs opérations avec Beneva, donc leur faire les présentations sur les produits qu'offre Beneva dans le courtage. Et ce que je trouve gratifiant dans mon travail, c'est d'accompagner ou d'aider les conseillers à travailler des situations un peu plus complexes. Et j'ai toujours le proverbe de « think outside the box », donc trouver des solutions innovantes à des problèmes complexes.

Voix off : [00:01:08] Vous vous questionnez?

Question : [00:01:12] Est-ce que c'est possible de réduire les coûts d'une couverture de manière intelligente?

Question : [00:01:16] Comment faire en sorte que mes clients soient suffisamment informés pour prendre les bonnes décisions sans compromettre leur sécurité?

Question : [00:01:23] Qu'est-ce que je dois faire quand un client veut réduire son assurance vie?

Voix off : [00:01:27] Voici nos réponses.

Catherine Duranceau : [00:01:31] Bonjour, Bienvenue au balado de Beneva : Paroles d'experts. Je m'appelle Catherine Duranceau, votre animatrice. Merci de vous joindre à nous! Dans ce nouvel épisode, on va aborder un sujet particulièrement important : les stratégies pour guider vos clients vers les bons choix, tout en respectant leurs finances, leur budget et leurs priorités.

[00:01:51] Bonjour Nathalie, Louis-Philippe, c'est un plaisir de jaser avec vous aujourd'hui. En cette période d'inflation, les gens veulent, bien sûr, tout faire pour économiser. Certains remettent en question leurs produits financiers, veulent les réduire, certains mettent un terme à leur contrat. Quelles stratégies proposez-vous dans ces cas-là?

Nathalie : [00:02:10] C’est sûr que oui, cette année, moi j'ai remarqué beaucoup que j'avais plusieurs appels des gens qui souhaitaient mettre fin à leur contrat.

Catherine : [00:02:17] Y mettre fin. Pas juste réduire, mettre fin. Wow!

Nathalie : [00:02:19] Mettre fin. Souvent, leur premier réflexe, ça va être de mettre fin parce qu'ils ne savent pas qu'ils ont des options. Soit qu'on peut modifier au niveau soit de la durée ou le montant du capital ou enlever des fois quelques avenants. Alors, bien avant de se rendre là, c’est ça, on prend toujours un rendez-vous, puis on va refaire une analyse de besoins financiers parce que c'est très important d'avoir toujours la photo du jour. La photo évolue, on est rendu où au niveau du travail, au niveau du statut familial? Est-ce qu'on a des enfants? Est-ce qu'on a des protections collectives? Alors, c'est important de refaire la prise des données, surtout si ça fait plusieurs mois ou plusieurs années qu'on n'a pas parlé à notre client. Ça arrive, des fois, ça va vite la vie. Alors, il y a plein de choses que je vais regarder avant de refaire une recommandation.

Catherine : [00:03:10] Pour ne pas se rendre à mettre fin au contrat parce que, là, on n'est plus couvert du tout là.

Nathalie : [00:03:14] Bien, ce n’est pas juste ça. C'est que, d'une couverture, que ce soit en vie, maladie grave ou invalidité, la première des choses, c'est que je ne serai plus jamais capable d'offrir le même prix qu'on a eu au début. Parce que le prix d'une assurance à la base, c'est sur trois choses : l'âge, le genre (homme/femme) ou fumeur/non-fumeur. Alors, c'est sûr que si, admettons, tu achètes un produit d'assurance aujourd'hui, puis je refais ton profil dans un an ou dans six mois, le prix ne sera pas le même en partant.

Catherine : [00:03:46] Parce que je suis plus vieille nécessairement. Pas parce que j'ai commencé à fumer, là.

Nathalie : [00:03:47] Exactement.

Catherine : [00:03:48] Parce que tu es plus vieille.

Nathalie : [00:03:50] Oui, c’est ça. Alors c'est sûr que, le premier argument que je vais discuter, ça va être ça. Je ne pourrai plus jamais t'offrir le prix que tu as présentement.

Catherine : C’est incroyable.

Nathalie : Alors, c'est un pensez-y-bien.

Catherine : [00:04:00] Absolument. Il faut y réfléchir avant de se rendre à mettre un terme à tout ça.

Louis-Philippe : [00:04:05] Oui. Puis un autre enjeu important, c'est aussi la condition de santé. Donc des fois, la condition de santé peut évoluer à travers le temps. Puis, ce n'est pas nécessairement l'état de santé physique, des fois c'est l'état de santé psychologique aussi. Donc des fois, quand on vit une situation difficile qui entraîne un requestionnement, des difficultés financières, ça peut avoir un impact aussi sur notre santé mentale.

Catherine : [00:04:27] Est-ce que des fois, il y en a qui développent un diagnostic de trouble nerveux? C'est-tu quand même quelque chose qui peut arriver?

Nathalie : [00:04:33] Bien là, ces temps-ci c'est beaucoup plus fréquent, surtout depuis la pandémie.

Louis-Philippe : [00:04:37] C'est très fréquent. Donc, c'est pratiquement un tsunami actuellement, en termes dans la population en général. Les problèmes financiers aussi sont un facteur important des problèmes de troubles nerveux, qu'on appelle dans le jargon d'assurance, qui englobent les dépressions, les burn-out, les troubles d'adaptation, l'anxiété généralisée. Donc, ce sont tous des phénomènes qu'on observe de plus en plus. Les problèmes financiers, c'est un sujet qui est tabou dans la population en général. Donc souvent, les gens vont avoir honte d'avoir une situation financière difficile, et ça peut accentuer aussi l'impact sur la santé mentale des personnes.

Catherine : [00:05:17] OK. Puis comme tu le dis, Louis-Philippe, c'est de plus en plus présent aussi.

Louis-Philippe : [00:05:20] On le voit de plus en plus.

Catherine : [00:05:21] Est-ce que le conseiller peut aussi avoir un rôle qui est plus rassurant envers la personne qui est stressée financièrement?

Louis-Philippe : [00:05:29] En fait, moi je vois le rôle du conseiller comme remettre les choses en perspective chez le client. Donc la solution d'annuler ses produits financiers, surtout les produits d'assurance, qui sont, on va se le dire, des produits intangibles. Donc le client ce qu'il voit, c'est pas tant le contrat d'assurance comme tel, tout ce qu'on voit, c'est la prime mensuelle qui passe dans notre compte de banque. Donc le rôle du conseiller, c'est vraiment de faire prendre un pas de recul au client, voir la situation dans son ensemble et remettre le produit d'assurance tangible. C'est peut-être pertinent d'annuler le produit financier, si sa situation personnelle a changé et que le besoin n'est plus nécessaire. Mais pour ce faire, c'est vraiment important de recommencer le processus d'analyse de besoins – un peu comme Nathalie disait un peu plus tôt – donc, pour pouvoir adapter le produit à travers l'évolution de la situation du client.

Nathalie : [00:06:21] Souvent, le client se sent invincible. Il va me dire « Bien, je n’ai pas l'intention de tomber malade demain matin ».

Catherine : [00:06:26] C'est pas une intention, hein.

Nathalie : [00:06:28] C’est ça. Puis, ça m'est déjà arrivé, moi, qu’une cliente, on avait proposé justement de la vie, de la maladie grave, finalement elle dit « ah, je ne prendrai pas la maladie grave pour mon mari et moi, on n'a pas l'intention de tomber malade ». Deux ans plus tard, j'ai reçu un coup de téléphone et puis son mari avait un cancer. Et puis là, elle me dit « Nathalie, je veux réclamer mon produit de maladie grave ». Mais j'ai dit « C'est parce que vous ne l'avez pas pris ».

Catherine : [00:06:52] Oh mon Dieu!

Nathalie : [00:06:53] Alors ça, c'est des situations qui…

Catherine : [00:06:56] Mais dans sa tête, elle l'avait pris juste parce qu'elle a eu la conversation?

Nathalie : [00:06:58] Oui, probablement. Hier, j'ai eu justement un de mes clients que ça fait quatre-cinq ans que c'est mon client. Il voulait tout annuler.

Catherine : Ah oui, OK!

Nathalie : Parce qu'il s'est séparé, puis il y a toujours un des deux assurés qui conserve ses protections, puis il y a toujours un des deux assurés qui, lui, ne veut plus rien savoir et qu’il veut tout annuler. Puis, ils vont me dire « bien, j'ai mon assurance collective, je n'en ai plus de besoin », etc.

Catherine : [00:07:19] Fait que dans ce cas-là, j'imagine que vous avez tout recommencé le processus. Parce que là, la situation de cette personne-là a changé de en couple à célibataire?

Nathalie : [00:07:27] Alors oui, là on a refait l'analyse. Tu es rendu où? Tu fais quoi? C'est quoi ton revenu annuel? Puis là, mon premier réflexe ça a été : tu es toujours père de famille. Ta fille est rendue à quel âge? Ce n'est pas parce que là, tu te sépares puis que tu as une assurance collective, que les enfants viennent de disparaître.

Catherine : [00:07:42] Puis, de ne pas avoir honte, peut-être que ça change aussi. Je pense que c'est normal. Nos vies changent de toute façon. Et c'est quoi les produits financiers sur lesquels on ne devrait jamais, mais jamais faire de compromis? Puis expliquez-nous pourquoi.

Nathalie : [00:07:54] Je ne peux pas te dire un produit en particulier, parce qu'encore là, chaque personne est différente. Puis moi, c'est ça qui me fait tripper de ma job. C'est que le scénario est différent pour chacun. Alors, il n’y a pas un produit qui est magique. Puis c'est sûr qu'une assurance vie, c'est un acte d'amour, on ne se le cachera pas là. Tsé, l'assurance vie, ce n'est pas nous autres qui le touche, là.

Catherine : [00:08:14] Exactement.

Nathalie : On ne sera pas là.

Louis-Philippe : Non, nous on paie.

Nathalie : [00:08:17] Les personnes qui sont plus sensibles à ça, mais c'est ceux souvent qui ont vécu un décès prématuré.

Louis-Philippe : [00:08:23] Sinon, moi ce que je pourrais ajouter, c'est dans la hiérarchie des produits d'assurance au niveau de l'admissibilité ou l'accessibilité au produit comme tel, le plus difficile à accéder, c'est l'assurance salaire. Puis l'assurance salaire, c'est que d'une façon on assure la machine à gagner de l'argent du client, donc on assure son salaire en cas d'invalidité, et c'est le produit le plus difficile à accéder parce qu'il y a beaucoup de réclamations en assurance salaire et il y a moins de joueurs aussi en assurance salaire, donc il y a moins d'assureurs présents dans ce marché- là. Donc, l'offre de produits est plus limitée.

Donc, un client qui veut laisser tomber son produit d'assurance salaire en se disant « Je vais laisser passer la tempête. Quand ça va être placé dans un an ou deux, je retournerai sur le marché de l'assurance salaire ». Donc, il prend des grandes chances de ne plus être admissible à ce type de produit-là. Ensuite, c'est l'assurance maladie grave. Et finalement, c'est l'assurance vie. En assurance vie, je ne dis pas d'annuler l'assurance vie en premier. Ce que je dis, c'est qu'il y a plus de possibilités d'accéder à un produit d'assurance vie, même si notre état de santé est un petit peu plus faible, si on veut. Donc, il y a des produits spécialisés qui existent, beaucoup plus qu'en assurance salaire. Donc, c’est pas mal ça.

Catherine : [00:09:43] OK, intéressant!

Nathalie : [00:09:45] Il y a beaucoup de gens qui regrettent. Moi, j'ai des clients qui m'appellent pour dire « Ah j'ai annulé, puis je n'aurais pas dû. Je regrette ». Ça arrive fréquemment.

Catherine : [00:09:53] Mon Dieu, OK. Au moins, on se donne les outils pour ne pas que ça arrive. Si vos clients ont du mal à épargner comme plusieurs personnes, dont moi aussi ça c'est sûr, comment pouvez-vous nous aider à obtenir une image complète?

Nathalie : [00:10:06] Le budget, il faut que tu te le donnes. Moi, je dis toujours à mes clients, puis surtout là je travaille beaucoup avec les jeunes, j'ai deux jeunes adultes à la maison, fait que les amis quand ils viennent, je leur parle.

Catherine : [00:10:17] OK, OK, tu les briefes un peu là.

Nathalie : [00:10:19] Oui, oui. Puis je dis : payez-vous en premier.

Catherine : [00:10:22] OK, dans quel sens?

Nathalie : [00:10:24] Moi les miens, quand ils ont commencé à travailler, il n'y avait pas encore d'obligations financières.

Catherine : [00:10:29] Ils habitent à la maison, oui.

Nathalie : [00:10:30] Ça fait que je les ai obligés à mettre 50 % du salaire de côté.

Catherine : [00:10:33] C’est bon.

Nathalie : [00:10:34] Avec ma fille, ça a passé comme dans du beurre. Avec mon garçon, j'ai eu plus de résistance. Un coup qu'il a eu 1 000 $ dans son compte épargne, le clic s'est fait et, là, il a compris. Oui. Alors là, ça a été plus facile. C'est devenu un automatisme de se payer en premier, que ce soit un petit montant. Il n'y a pas de petits montants, dans le fond. Tu reçois un montant que tu n’avais pas prévu, bien, prends-en un certain pourcentage pour toi, tout de suite de côté.

Louis-Philippe : [00:11:03] Moi, je vais appeler ça la méthode des petits pas. Donc, l'être humain est bizarrement fait. Donc, si la marche à monter pour atteindre notre objectif est trop haute, l'être humain a tendance à ne pas faire de demi-mesure. C'est soit on le fait, soit on ne le fait pas.

Catherine : [00:11:16] On ne le fait pas. Je ne suis pas assez bon.

Louis-Philippe : [00:11:17] Donc, si on se met un objectif trop ambitieux au départ, on va peut-être le faire un mois ou deux, mais par contre, dès la première occasion, on va le laisser tomber parce que la marche était trop haute, on n'a pas été capable de la monter d'un coup. Donc, on est mieux de commencer avec la méthode des petits pas. Un petit objectif au début. Ce que je vois avec le temps, c'est que l'être humain a une très grande inertie, donc c'est difficile de se mettre en action, donc de prendre une décision, mais une fois qu'on l'a pris, on n'arrête plus. Donc, c'est vraiment...

Catherine : [00:11:47] C'est difficile, ça c’est de la discipline, ça c'est…

Louis-Philippe : [00:11:49] C’est de la discipline, mais on…

Catherine : [00:11:50] Comme aller au gym, là. On a le goût d'abandonner.

Louis-Philippe : [00:11:52] … ne s’en rend plus compte. Quand on commence à faire nos premiers, on va appeler ça des packs ou des transactions préautorisées dans un CELI par exemple ou un REER, ce qui fait mal, c'est le premier 50 $ par mois qu'on va investir dans notre CELI.

Catherine : Mais après, tu ne le vois plus.

Louis-Philippe : [00:12:09] Quand ça fait trois ans qu'on met 50 $ par mois, on ne s'en rend plus compte.

Catherine : [00:12:13] Et, c'est déjà dans le budget si on veut. Donc ils savent que 25-50 $ est retiré chaque fin de mois.

Louis-Philippe : [00:12:18] Exactement. C'est l'équivalent du cruise control sur l'autoroute.

Catherine : [00:12:22] J’aime les images, Louis-Philippe!

Louis-Philippe : [00:12:23] On met le cruise control, et on s'en va. Puis l'analyse de besoins, une autre image, c'est l'équivalent du GPS. Donc, on va établir notre objectif, on met notre destination. Ce qui va se passer, c'est qu'à travers le temps, si on décide de sortir de l'autoroute pour aller mettre de l'essence, le GPS va nous ramener sur l'autoroute. Donc, on peut dévier de la route, mais tant qu'on a notre analyse de besoins, qui est notre GPS, on a notre destination qui va nous ramener sur le droit chemin. Puis le conseiller, c'est celui qui programme le GPS, d'une certaine façon, avec les informations que le client va donner à son conseiller.

Nathalie : [00:12:53] Oui, avec les désirs, les rêves, les objectifs de vie.

Catherine : [00:12:57] Absolument, vraiment intéressant avec toutes ces images.

Nathalie : [00:13:02] Bien, il faut que tu ailles une image!

Catherine : [00:13:02] Oui, c’est vrai!.

Nathalie : [00:13:03] Parce que moi, j'explique comme j'aurais aimé qu'on me l'explique. Puis je réfère toujours au livre de Fabien Major, Petits secrets et gros mensonges de votre banquier, qui parle de tout.

Catherine : [00:13:14] C'est donc un livre qu'on recommande à tout le monde.

Nathalie : [00:13:15] Moi, je trouve qu'il devrait l'enseigner dans les écoles.

Catherine : [00:13:19] Ah wow! À ce point-là, OK.

Nathalie : [00:13:19] Oui. Il est simple, il est facile, il est vulgarisé. À chaque fin de chapitre, il y a un résumé, c'est clair, c'est précis. Et puis, ça montre justement que si vous avez une multitude de protections, l'assurance vie, invalidité, maladie grave, produits financiers, de la place sur vos cartes de crédit, marges de crédit et, idéalement, trois mois de frais fixes en avant de vous.

Catherine : [00:13:41] OK, je suis loin de là, mais c’est bon.

Nathalie : [00:13:42] Mais, ce n'est pas tout le monde qui a tout là, c'est sûr. Des fois, on va en avoir deux-trois, des fois une certaine période de notre vie, quatre-cinq. Par contre, si vous avez ça, vous allez passer à travers n'importe quoi.

Louis-Philippe : [00:13:53] Puis aussi, c'est comme je le mentionnais tantôt, la méthode des petits pas. Donc oui, en théorie, c'est d'avoir trois mois de frais fixes dans un compte d'urgence.

Nathalie : [00:14:01] Ça c'est l'idéal, Catherine.

Catherine : [00:14:01] Dans notre fonds de prévoyance, c'est trois mois.

Louis-Philippe : Ça c’est l’idéal.

Nathalie : [00:14:05] Mais dans la vraie vie, là, on le sait que c'est difficile des fois d'avoir un mois en avant de nous autres.

Catherine : [00:14:10] Mais là, on parle-tu juste de l’hypothèque?

Nathalie : [00:14:10] Bien, tous tes frais fixes.

Catherine : Tout!

Nathalie : Oui, idéalement.

Louis-Philippe : [00:14:15] Les taxes, tout ce que tu as à payer, tout ce que tu vois qui passe dans ton compte de banque, ça peut être l'épicerie, enfin tout pour survivre.

Nathalie : [00:14:21] Un mois, c'est ça.

Louis-Philippe : [00:14:22] Pour survivre, c'est ça. Mais ce qui est important, c'est que vous n'êtes pas obligé de l'accumuler du jour au lendemain. C'est comme je disais tantôt. Si on met la marche trop élevée, quelqu'un qui fait 5 000 $ par mois, puis on lui dit « Il faut que tu mettes 15 000 de côté », ça se peut que ça prenne plusieurs années à accumuler.

Nathalie : [00:14:37] Tu as des stratégies, des fois, que tu peux surfer sur la même argent trois fois. Tsé admettons je t’ouvre un CELI avec un PAC là, un prélèvement automatique, que tu mets 100 $ par mois. Donc à court terme, si tu as un coup dur, tu as besoin des liquidités, tu l'as. Tu n’y touches pas, tu fais ton PAC à tous les mois. Rendu à la fin de l'année, tu vides ton CELI, tu le mets dans ton REER. Avec le kick-back d'impôt de ton REER, tu le remets dans ton CELI, tu vas avoir surfé dessus, si tu veux, trois fois, et puis tu vas accumuler tranquillement dans ton REER pour ta retraite. Et en continuant ton PAC à tous les mois...

Catherine : [00:15:15] Tu as toujours une petite aide, ton fonds de prévoyance qui est là.

Nathalie : [00:15:16] … tu vas avoir une liquidité, exactement, une petite liquidité en cas de besoin.

Catherine : [00:15:20] Wow! Intéressant. J'aime ça. On va se rappeler de ces trucs-là.

Nathalie : [00:15:23] Je vais te laisser ma carte.

Catherine : [00:15:25] C'est bon Nathalie, je le prends. Mais sinon pour d'autres, les assurances collectives, aussi, ça offre des bons avantages aux employés d'une entreprise. Mais à quel point est-ce que c'est suffisant? À quel moment est-ce que vous pouvez vraiment analyser les besoins? Est-ce qu'ils sont assez couverts, les employés?

Nathalie : [00:15:40] Pour moi, une assurance collective, c'est une cerise sur le sundae. C'est excellent, il y a des belles protections. Par contre, c'est l'employeur qui est propriétaire du contrat. Alors vous quittez, vous perdez votre emploi du jour au lendemain, c'est terminé.

Catherine : Tu n’as plus rien.

Nathalie : [00:15:57] Alors, c'est toujours préférable d'avoir ses propres protections à ton nom. Des fois, on peut balancer justement. Bon, bien, je te donne un exemple. Tu as une assurance collective qui va couvrir ton salaire relié à ta profession, ton revenu en cas d'invalidité, bien moi, je peux t'offrir un produit d'invalidité dettes pour couvrir une dette. Et les deux ne sont pas coordonnés. 

Catherine : [00:16:21] Vous vous complétez!

Louis-Philippe : Oui.

Nathalie : [00:16:23] Alors, il y a moyen des fois de venir justement bien équilibrer ta protection détenue en collectif, venir rajouter, venir le pimper un peu avec une protection.

Catherine : [00:16:36] Au cas que, si tu perds ton emploi, malheureusement tu es quand même assuré.

Nathalie : [00:16:39] Exactement. Et puis là, tu es propriétaire de ton contrat, tu désignes tes bénéficiaires, tu as le plein contrôle.

Louis-Philippe : [00:16:45] Mais souvent, les clients ont une mauvaise perception de leur régime d'assurance collective. Les clients ont souvent l'impression qu'ils ont plus de protection qu'ils ont en réalité.

Catherine : [00:16:55] Il y a des exceptions?

Louis-Philippe : [00:16:56] Il y a des exceptions, des exclusions, il y a des limitations de prestations des fois, surtout pour les produits d'assurance maladie grave. Lors de l'analyse de besoins financiers, le conseiller en sécurité financière normalement va prendre connaissance du guide de l'adhérent pour valider vraiment les protections que le client a. Normalement, oui. Le conseiller est supposé le faire. Le client, souvent d'office, va rester sur la perception qu'il a discuté avec ses collègues. Puis des fois, ils n’ont pas tous la même...

Catherine : [00:17:22] Oui ils l'ont entendu. « Ah bien a été entendu que j'étais couvert pour tel ».

Louis-Philippe : [00:17:25] « J'ai trois fois mon revenu annuel en assurance vie ». Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que le régime vient de changer puis il est tombé à une fois de protection de revenu annuel.

Nathalie : [00:17:35] Ou, ils ne connaissent pas leurs produits.

Catherine : [00:17:37] C’est plus ça. Oui.

Nathalie : [00:17:38] J’avais une cliente, elle avait trois protections accident. J'ai dit « Pourquoi vous en avez trois? » Bien, elle dit « Parce qu'ils vont payer comme trois fois ». J'ai dit « Non, il est payable une fois ». La majorité ne savent pas quelle protection ils ont, autant en collectif qu'au personnel. Puis je comprends tsé, parce que ce n'est pas des choses qu'on va aller jouer là-dedans à tous les jours, même moi des fois mes propres protections, je vais les oublier. Mais, je vais me faire un petit recap Excel, admettons.

Catherine : [00:18:02] C’est bon. Je vais vous appeler, Nathalie. Un petit recap!

Nathalie : [00:18:03] Moi souvent, je dis à mes clients : « Quand vous faites votre rapport d'impôt, profitez-en, refaites vos valeurs nettes. Comme ça, tsé, en le révisant une fois par année, bien, vous maîtrisez vos chiffres, vous maîtrisez vos protections ».

Louis-Philippe : [00:18:17] L'assurance vie, ce n'est pas sexy. C'est rare les clients qui se lèvent un samedi matin en se disant « Moi ce matin, il fait beau soleil. J'ai le choix entre sortir dehors, profiter du soleil ou consulter mon régime d'assurance collective ». Donc ce n’est pas sexy. Tant qu'à avoir quelque chose de pas sexy à faire, aussi bien le faire en même temps que notre rapport d'impôt. Super idée, Nathalie. 

Catherine : [00:18:37] Oui! Vraiment intéressant. Écoute, merci beaucoup Nathalie. Louis-Philippe, ça a été vraiment une belle conversation, avec toutes ces images et ces exemples, là. Oui, merci.

[00:18:48 TRANSITION]

Catherine : [00:18:55] Nathalie, as-tu une anecdote, que ce soit touchante, drôle, que tu souhaiterais nous partager?

Nathalie : [00:18:59] Oui, j'en ai une concernant justement le fait d'avoir un conseiller financier. D'où l'importance d'en avoir un. Parce qu'on est comme votre filet de sécurité entre l'assureur et le client. Je te donne un exemple. J'avais un couple que j'ai assuré. L'homme était beaucoup plus âgé que la femme. Il y avait des business et on avait fait une planification successorale. Donc, j'avais vendu deux assurances vie qui étaient des primes quand même assez élevées. Ils étaient plus difficiles à assurer, étant donné son âge et sa situation médicale. Et à un moment donné, il y a eu un problème financier avec sa banque. Il y a une prime qui a sauté. Donc j'ai reçu un avis de l'assureur disant qu'il y avait une prime NSF. Alors je communique avec mon client. Bon oui, on a eu quelques soucis, etc. On cédule la date de reprise de la prime, je l'envoie à l'assureur, donc tout va bien. Alors je ne m'en occupe plus. 

Un mois plus tard, je reçois un autre courriel de l'assureur me disant qu'il y a deux mois de primes en souffrance, là je dis « Voyons, j'ai envoyé la date de reprise le mois passé ». Je retourne dans mes notes, je regarde dans mes courriels et j'avais bien envoyé la date de reprise à l'assureur. Ça a tombé entre deux chaises du côté de l'assureur, mais là, c'est des primes de 600-700 $ par mois. Je ne peux pas dire à l'assureur reprend le paiement. Je dois parler à mon client d'abord. Alors je rappelle mon client pour lui expliquer la situation que, bon, ça a tombé entre deux chaises. Est-ce que c'est correct si l'assureur reprend les deux mois de primes? Parce que là, le délai de carence, là, il est minuit moins cinq, Cendrillon.

Catherine : [00:20:45] Oh boy! D'accord, Cendrillon.

Nathalie : [00:20:47] Alors là, j'essaie de joindre mon client. Mon client me dit « Écoute Nathalie, je te reviens ». Ça c'est le mercredi ou le jeudi. Il dit « Je te reviens en début de semaine. Il dit je sors de l'hôpital, j'ai subi une petite chirurgie ». Je dis « Là, le temps presse là » et j'ai comme un mauvais pressentiment. Et le vendredi matin, sa femme m'appelle pour me dire que monsieur est décédé.

Catherine : [00:21:12] C’est tellement triste!

Nathalie : [00:21:13] Suite à des complications de sa chirurgie. Alors, j'appelle sa veuve que je connaissais très bien. Ça faisait des années que c'était mes clients. Puis je lui dis « Écoute, je m'en occupe, parce que de notre côté, la date de reprise avait été envoyée, la police aurait dû être en vigueur ». Alors là, ça a été un manque du côté de l'assureur. J'ai tout de suite communiqué avec le vice-président que je connaissais très bien. Je lui explique la situation et, là, on a tout de suite établi des procédures. Alors vois-tu, juste le fait d'avoir été la courroie de transmission et j'ai rassuré Madame.

Catherine : [00:21:52] La veuve, oui.

Nathalie : [00:21:53] Et finalement, l'assureur a payé, tout a été correct. On a écrit une lettre avec toute la suite des événements et eux, de leur côté, ont resserré leurs procédures au niveau des courriels de reprise.

Catherine : [00:22:05] Parce que si ça avait été mal fait, il n’aurait peut-être pas été couvert.

Nathalie : [00:22:09] Dis-toi une chose. Si admettons je n’avais pas été là ou que le courtier n’avait pas été là, puis que madame ou monsieur reçoit la lettre deux mois plus tard, puis que là, admettons, avec tout ce qui arrive…

Catherine : Je pensais que je payais. Oui, oui, oui.

Nathalie : [00:22:22] Comprends-tu? Alors d'avoir un filet de sécurité. Tsé, moi, je suis le filet de sécurité de ma cliente. L'adjointe à mon bureau d'agent général, c'est mon filet de sécurité par rapport à l'assureur ou mon directeur. Louis, c'est mon filet de sécurité.

Catherine : [00:22:36] On le voit que vous êtes indispensables.

Nathalie : [00:22:38] Peut-être pas indispensables, mais ça fait une grande différence.

[00:22:42 TRANSITION]

Catherine : [00:22:52] Louis-Philippe, pourrais-tu nous résumer en quelques phrases notre conversation afin d'aider d'autres professionnels du milieu à affronter les demandes futures concernant les réductions de produits financiers?

Louis-Philippe : [00:23:03] Certainement Catherine. Donc en fait, ce qui est important, c'est de revenir à la raison d'être de la présence des produits d'assurance vie en refaisant l'analyse des besoins financiers, en refixant les objectifs du client, en validant est-ce que la situation a évolué, a changé? Si c'est une situation qui est temporaire ou permanente. Si c'est une situation qui est temporaire, normalement il y a moyen de trouver des sommes pour subvenir à nos besoins pour les prochaines semaines, prochains mois. Mais si la situation est permanente, donc là à ce moment-là, on a des décisions difficiles à prendre. Et comme conseiller, on va essayer le plus possible d'atténuer les impacts sur la situation future du client.

[00:23:43 TRANSITION]

Catherine : [00:23:47] Merci Nathalie et Louis-Philippe de nous avoir éclairés sur la gestion des clients qui cherchent à économiser. Et merci à vous d'avoir été à l'écoute. On espère que ces conseils vous seront utiles dans votre future pratique. Si vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Pour obtenir plus d'information et écouter plus d'épisodes, aller sur le site web de Beneva, section balado. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vous donneront des outils pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.

FIN DE TRANSCRIPTION

Assurance entreprises : pourquoi (et quand) revoir ses protections

Benoît Robert, PDG et fondateur de Communauto, discute avec Christian Vanasse, spécialiste en assurance des entreprises chez Beneva. Les deux reviennent avec humour sur le parcours de l’entrepreneur et sur leur partenariat pour protéger sa compagnie.

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Benoit Robert : [00:00:03] Alors mon nom est Benoit Robert. Je suis le président-directeur général et fondateur de Communauto. Je suis quelqu'un qui a toujours été préoccupé par la qualité de l'environnement, la qualité de vie, la qualité de l'urbanisme. Donc pour moi, l'autopartage, c'est une façon d'améliorer la ville et, par conséquent, d'améliorer la vie qu'on peut mener dans les villes qu'on habite.

Christian Vanasse : [00:00:25] Mon nom est Christian Vanasse. J'œuvre en assurance des entreprises depuis 29 ans. Ma passion, c'est vraiment l'entrepreneuriat. Je suis comme un entrepreneur refoulé. Je travaille depuis des années à sécuriser les investissements de nos entrepreneurs au Québec. À défaut d'en être un, bien, je les protège, je protège leur pérennité.

Voix off : [00:00:48] Vous vous questionnez?

Question : [00:00:50] Est-ce que j'ai un assureur qui répond vraiment à mes besoins?

Question : [00:00:53] Comment je peux savoir si mon entreprise est encore bien protégée?

Question : [00:00:57] À quel moment je dois réviser mes protections d'entreprise?

Voix off : [00:01:00] Voici nos réponses.

Catherine Duranceau : [00:01:03] Bonjour! On est très heureux de vous accueillir pour un nouvel épisode de Paroles d'experts. Je m'appelle Catherine Duranceau et j'ai le bonheur de guider la conversation qui porte sur les meilleurs outils pour optimiser vos protections d'entreprise. Salut Benoit et Christian, c'est un honneur de discuter avec vous. J'aimerais vraiment qu'on commence par le tout début de Communauto, Benoit, parce que tu as eu cette idée de génie en 1994, cette alternative verte et ça a débuté à Québec. Parle-nous un peu du début de l'aventure de Communauto?

Benoit Robert : [00:01:34] Je sais pas si c'est une idée de génie, moi j'ai toujours dit que c'était plutôt… que ça vient peut-être d'un besoin très égoïste. J'ai toujours trouvé… bien, toujours… à partir du moment où j'ai eu ressenti le besoin d'avoir accès à un véhicule – parce que je suis quelqu'un qui aime les activités de plein air, donc des fois qui dit plein air, dit des fois on a besoin de louer une voiture pour sortir de la ville ou aller faire du ski de fond, aller faire de la randonnée pédestre ou autre – j'aurais souhaité pouvoir louer des voitures pour moins que 24 h. Parce que j'habitais à Québec à l'époque. Je suis déménagé de Montréal à Québec pour pouvoir faire ma maîtrise ici à l'Université Laval, et puis je trouvais dommage d'avoir à louer une voiture pour 24 h juste pour aller, par exemple, au Centre de ski de fond de Charlesbourg, ce qui était très loin en autobus, mais très, très proche en auto. C'est un exemple parmi d'autres, mais c’est ce genre de petites frustrations cumulées-là qui m'ont fait penser « bien, ça serait le fun qu'on puisse louer une auto pour seulement quelques heures, plutôt que de payer à la journée ». Donc, l'idée est vraiment née d'un besoin. Par contre, c'est à l'Université Laval, après m'être inscrit à la maîtrise, que j'ai commencé à faire des recherches sur ce concept-là en me disant « c'est une bonne idée, sûrement qu'il y a quelqu'un qui y a pensé quelque part dans le monde ».

Catherine Duranceau : [00:02:37] Puis, c’est du côté de l'Europe que tu as été légèrement inspiré?

Benoit Robert : [00:02:38] Bien au début, je savais pas où chercher, puis je savais même pas comment qualifier ce type de service-là, parce que c'était l'autopartage avant la lettre. Fait que dans ce temps-là, c'est avant Internet en fait. Quand on voulait faire des recherches, il fallait aller dans les microfiches à l'université, puis on avançait à tâtons. Ça fait que là, je cherchais « car rental », « short-term car rental ». Tsé, j'essayais de trouver n'importe quelle combinaison de mots qui pourrait me mettre sur une piste. Puis, c'est en me rendant au centre de documentation de Transports 2000 et en discutant avec la personne qui s'occupait du centre de documentation, en lui expliquant c'était quoi l'idée, qu’il m'a mis sur la première piste, le premier filon que j'ai découvert. C'est un bouquin qui s'appelait « Para-transit: Neglected options for urbain mobility ». Excusez mon accent en anglais, mais là-dedans, on décrivait des services qui avaient, soit jamais existé, mais qui avaient été pensés, conceptualisés, ou qui avaient déjà existé. Là-dedans, il y en avait aux États-Unis, mais il y en avait en Europe aussi, notamment à Amsterdam.

Catherine Duranceau : [00:03:32] Puis qui fonctionnaient quand même. Et là, de le mettre en branle, ce projet-là, j'imagine qu'il y a quelques embûches, là?

Benoit Robert : [00:03:37] Bien, en fait, non. C'est qu'il fonctionnait pas ou il avait jamais fonctionné.

Catherine Duranceau : [00:03:42] OK, ça, ça nous motive à partir le projet, là!

Benoit Robert : [00:03:44] Oui, c'est ça. Amsterdam, ça fonctionnait plus vraiment. À Montpellier, ça avait été un flop monumental parce qu'ils avaient appelé ça « service de taxi sans conducteur ». Ils se sont mis l'industrie du taxi à dos. Et aux États-Unis, c'est une boîte d'urbanistes-conseil qui avait élaboré un concept, qui avait été financé par le Urban Mass Administration aux États-Unis. Donc il a été subventionné pour faire le projet, mais ça avait été un flop commercial. Fait que mes premiers filons n'étaient pas très concluants pour rencontrer des banquiers, puis leur demander « Bien regardez, ça n'a jamais marché, mais avec moi, faites-moi confiance, ça va marcher ».

Catherine Duranceau : [00:04:17] Ça va marcher! Puis là, d'essayer de convaincre l'assureur, alors ça va fonctionner. Est-ce que vous voulez embarquer dans mon projet? Puis ça a été un peu le cas, Christian, avec côté assurances, parce que l'entreprise par la suite a évolué, de Montréal à Halifax, a beaucoup, beaucoup bougé. Tu as été témoin depuis le début, là, Christian, de l'aventure Communauto, peux-tu nous en parler?

Christian Vanasse : [00:04:35] Pas tout à fait depuis le début, mais…

Catherine Duranceau : [00:04:37] Pas loin!

Christian Vanasse : [00:04:38] Oui, dans l'ex-Capitale, chez Beneva, c'est une fierté, l'histoire de Communauto, parce que c'est très compliqué pour les entrepreneurs comme Benoit qui ont une idée puis qui veulent partir quelque chose. Les assureurs, on travaille avec le passé, donc on travaille avec des statistiques du passé, puis on essaie de prévoir l'avenir. Mais quand il n'y a pas de passé…

Catherine Duranceau : [00:05:03] Mais une idée novatrice.

Christian Vanasse : [00:05:04] Une idée novatrice.

Catherine Duranceau : [00:05:05] Donc, on salut ça, Benoit là.

Christian Vanasse : [00:05:06] C'est ça, où il n'y a pas de passé, pas nécessairement de statistiques, bien, de trouver l'assureur qui va dire OK. Un peu comme le banquier, « bien, j'ai confiance en votre projet et puis on va l'avancer ensemble ». Puis, c’est ce qui s'est fait avec La Capitale, tranquillement, avec les premières voitures à Québec. Puis la suite, de l'accompagnement par la suite jusqu'à aujourd'hui.

Benoit Robert : [00:05:30] On n’avait pas beaucoup de matériaux pour les actuaires de l'assurance.

Catherine Duranceau : [00:05:33] Oui, c'est ça! C’était plus difficile.

Benoit Robert : [00:05:34] C'était plutôt ennuyant comme produit, comme concept à assurer.

Catherine Duranceau : [00:05:38] Tu les fais travailler un peu, essayer de comparer des marchés et tout ça. Puis sinon, quand même, il faut dire que la communication et la transparence, c'est un aspect important du côté de l'assureur.

Christian Vanasse : [00:05:47] Oui, tout à fait. Pour nous, Benoît de Communauto, c'est pas un client, c'est un partenaire avec beaucoup de transparence. C'est des rencontres fréquentes sur les projets à venir, sur les changements de législations qui pourraient affecter son industrie, que ce soit par les vignettes de stationnement ou par des stationnements, les véhicules laissés un peu partout. Du véhicule Communauto standard au Flex où le véhicule peut-être… Tous ces changements-là, puis cette évolution-là chez Communauto, c'est de l'information qu'on a à l'avance, que Benoît nous fait travailler avant en disant « J'ai une idée supplémentaire, ça s'en vient, on s'en va vers là ».

Catherine Duranceau : [00:06:31] Je complexifie le tout.

Christian Vanasse : [00:06:32] Puis de notre côté, ça nous permet de venir voir, de faire travailler les actuaires, parce qu'on a pas mal plus d'autos pour faire travailler les actuaires, pas mal plus de données, puis ça nous permet de bien accompagner Communauto dans tous ces projets futurs. Mais si ce n'était pas de cet échange d'information-là, cette relation de partenariat-là et de confiance, autant nous envers Communauto que je pense Benoît envers nous, on fait preuve de transparence dans la tarification, dans les conditions, Benoît dans vers où il va, puis on réfléchit ensemble à trouver des solutions pour que ça aille mieux.

Catherine Duranceau : [00:07:10] Que ça fonctionne. Oui, oui.

Christian Vanasse : [00:07:11] Tout à fait. Qu'on le voit, puis que les projets se réalisent année après année.

Catherine Duranceau : [00:07:16] Puis, comme ça a peut-être été plus difficile, convaincre nécessairement l'assureur qui a finalement embarqué dans ton projet, toi, as-tu un conseil à donner à d'autres entrepreneurs qui se retrouvent aussi dans une zone grise un peu comme tu l'étais au tout début? Parce que finalement, ça a très bien fonctionné. Je pense que Beneva est content aujourd'hui aussi?

Benoit Robert : [00:07:31] Je dirais que mes conseils, ça se résume en deux mots : persévérance et patience. Mais, ça m'a pris à peu près un an avant de réussir à trouver un assureur. Tantôt, vous me posez des questions sur comment l'idée m'est venue. Mais en fait, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est qu'au départ, je n'avais pas du tout l'intention de lancer le service. Moi, j'essayais de convaincre des loueurs de le lancer pour que je puisse en profiter comme consommateur.

Catherine Duranceau : [00:07:53] OK. Tu ne voulais pas le gérer.

Benoit Robert : [00:07:55] Fait que ça a été l'aboutissement d'un processus qui a duré quand même quelques années avant que je sois devant l'obligation de lancer le service. Et c'est à partir de ce moment-là, où j'ai commencé mes démarches pour pouvoir trouver un assureur, apprendre comment on lance une entreprise, j'avais aucune idée de comment.

Catherine Duranceau : [00:08:11] OK, on part à zéro, là, tsé.

Benoit Robert : [00:08:12] Je partais à zéro. C'est ça. Fait que ça a été un long processus. J'ai cogné à la porte de plusieurs assureurs, écrit plusieurs lettres et ainsi de suite. Ça a pris du temps. Mais c'est ça, il fallait tout simplement persévérer jusqu'au jour où, finalement, à La Capitale, le nom de Beneva de l'époque, finalement quelqu'un s'est intéressé à mon projet et c'est à partir de là que j'ai pu y donner suite.

Catherine Duranceau : [00:08:32] Wow! C'est très motivant! On dirait qu'on a le goût d'avoir cette persévérance un peu comme toi, Benoît.

Benoit Robert : [00:08:38] Ou cette naïveté, je pourrais dire, parce que j'avais aucune idée de dans quoi je m'embarquais!

Catherine Duranceau : [00:08:42] Dans le cas de Communauto, on fait bien sûr des suivis mensuels pour être sûrs que tous les services sont à jour avec le fait que l'entreprise grandit. Mais sinon, pour un autre type d'entreprise, c'est quand que c'est nécessaire de faire des mises à jour?

Christian Vanasse : [00:08:56] Aussitôt qu'il y a des changements majeurs ou des projets. Dans le cas de Communauto, on se rencontre souvent, puis on se parle souvent parce que Communauto a toujours un nouveau projet qui s'en vient. On est toujours en train de voir.

Catherine Duranceau : [00:09:10] Je vois l'idée qui s'en vient de Benoit, là. Il remonte ses lunettes, là.

Christian Vanasse : [00:09:13] Oui, oui. On est toujours en train de bâtir quelque chose. Je dirais que la mise à jour, dans la plupart des entreprises, on essaie de le faire au minimum une fois par année. Mais idéalement, aussitôt qu'il y a un changement dans les activités ou qu'il y a de l'acquisition de biens ou un changement législatif qui change, qui change la façon d'opérer de l'entreprise. Aussitôt qu'un processus change, qu'il y a des acquisitions, c'est très important de faire la mise à jour. Puis souvent, on dit tout le temps de ne pas attendre au renouvellement, parce qu'au renouvellement, c'est comme… c’est dommage en assurances, au renouvellement, on négocie de la prime puis des conditions. Ça fait qu'on n'est pas en travail de dire « Ah OK, comment on va évaluer ça, comment ton nouveau projet va t'amener là? Ça va être quoi l'impact sur les autres choses? » La période du renouvellement est plus pour renouveler le contrat, tandis que toute la période entre les deux, bien c'est là qu'on peut travailler à améliorer des choses, à comprendre comment est fait, à conseiller parfois sur certaines préventions ou sur certaines choses qui amélioreraient des situations. Fait que je dirais que c'est aussitôt qu'il y a un changement, aussitôt qu'il y a une idée quelconque, de consulter son assureur pour voir « Écoute, est-ce que… »

Catherine Duranceau : [00:10:30] Est-ce que ça vaut la peine. C'est ça.

Christian Vanasse : [00:10:30] Oui! Est-ce que tu vas m'accompagner? Qu'est-ce que tu vois, toi comme assureur que, moi, je verrais pas comme risque?

Catherine Duranceau : [00:10:35] C'est peut-être nouveau aussi.

Christian Vanasse : [00:10:37] C'est toujours gagnant, la communication. Un peu comme… Puis c'est drôle parce qu'en finances, on le fait avec son banquier. Son banquier, on est toujours rendu là à lui dire « J’ai un projet, ça se peut que j'aie besoin de ça », mais on oublie souvent l'assureur. Puis pourtant, ce qui va sécuriser ce projet-là en arrière, c'est l'assureur, fait qu'il faut qu'il soit là, il faut qu'il comprenne. Fait que c'est ce que je prône.

Catherine Duranceau : [00:11:01] J’aime ça. Et dis-nous, Christian, est-ce que tu aurais un exemple d'une entreprise qui malheureusement avait peut-être pas fait les mises à jour, avait peut-être oublié d'appeler son assureur et qui, finalement, se retrouvait peut-être dans une situation inconfortable, financièrement ou autre?

Christian Vanasse : [00:11:15] C'est malheureusement trop fréquent. Je nommerai pas de nom d'entreprises, mais ça arrive vraiment fréquemment. On le voit souvent chez les entrepreneurs. Par exemple, un entrepreneur en construction. Part la petite business, deux-trois employés, ça va bien. Pas le temps d'appeler son assureur, c'est sur le chantier. Nouveau contrat, achète une pépine. Un autre petit contrat, achète un lift, tout ça. Puis vient un moment où ils se font voler tout ce qu'il y avait sur un chantier. Puis quand ils appellent leur assureur, bien l'assureur dit « Tu avais 50 000 de stock, là, tu m'en réclames pour 250. Je le sais pas, moi, que tu t'es acheté une pépine, je le sais pas que tu t’es acheté un lift, je le sais pas que tu t’es acheté un paquet d'équipements ».

Puis là, bien ça fait des pertes vraiment vraiment importantes. Fait que, comme on disait tantôt, aussitôt qu'on fait des acquisitions qui sont majeures, d'en informer son assureur, c'est très important. Même si vous pouvez des fois avoir un montant global d'assurances. Tu dis « Moi j'ai un montant global, ça fait que si j'achète trois-quatre outils de plus… ».

Catherine Duranceau : [00:12:19] Je suis déjà couvert.

Christian Vanasse : [00:12:19] « … je suis déjà couvert ». Mais, ça va très rapidement. Puis, il ne faut pas oublier aussi que, ce qu'on achète, des fois on va profiter de spéciaux. On va acheter. Les entrepreneurs sont là, il y a un lot, il y en a un qui a fait faillite, ils achètent le lot de stock, il amène ça. Puis là, il peut même appeler son assureur, puis dire « J'ai rajouté 30 000 d'outils ». Mais la journée où il se fait voler…

Catherine Duranceau : [00:12:43] Il n’est pas couvert.

Christian Vanasse : [00:12:44] Il faut les racheter, les 30 000 d'outils. Mais là, ça va être en valeur à neuf. Ce 30 000 -là vaut peut-être 100 000, puis il vaut peut-être 125 000. Ça fait que là, ils vont être en insuffisance d'assurances. Puis ça, on le voit malheureusement souvent, là. Puis la plupart du temps, ils peuvent passer à travers, mais d'autres fois, c'est des mises à jour sur des bâtiments. On le voit, là. On l'a vu dans les dernières années. Beaucoup des feux majeurs, par exemple, où le client n’a pas fait réévaluer son bâtiment, puis il dit « Bah! Mon assureur m'indexe de 4-5 % par année ». Puis lui, il continue à faire des travaux sur le bâtiment, puis finalement, il est victime d'un feu assuré pour, par exemple, 1 million. Puis finalement, ça coûte 1,6 million reconstruire. Bien, c’est 600 000 piastres de sa poche qu’il est obligé de débourser.

Catherine Duranceau : [00:13:37] C'est gros, là.

Christian Vanasse : [00:13:38] Le client, ça, ça peut mettre une entreprise à terre, vraiment, vraiment rapidement.

Catherine Duranceau : [00:13:42] Bien, je pense qu’on n’a pas le réflexe de rappeler l'assureur. « Écoute, j'ai racheté tel, tel item ». Mais Benoit, est-ce que ça t'est arrivé de dire « OK, là, il est temps que j'appelle pour peut-être faire un petit suivi parce que j'ai trop d'expansion, ou j'ai 700 véhicules qui vont arriver au cours des prochaines semaines »?

Benoit Robert : [00:13:57] En fait, pour ce qui est des véhicules, c'est pas un enjeu parce que notre entente prévoit que toutes les voitures qu'on acquiert en cours d'année font partie de la police, puis on fait un ajustement annuel. Par contre, maintenant, on est propriétaire de garages. On a ouvert notre premier centre d'entretien en septembre, puis on a acheté une bâtisse aussi. Donc, on ouvre un deuxième centre d'entretien dans les prochaines semaines. Avec ce que je viens d'entendre, c'est clair que je vais demander au directeur de mon centre d'entretien : est-ce qu'il a appelé notre assureur?

Catherine Duranceau : [00:14:22] Appelle à chaque mois, là. Bien non, mais c'est vrai!

Benoit Robert : [00:14:23] Justement, ils viennent d'installer dix lifts la semaine passée. Est-ce qu’ils sont inclus?

Christian Vanasse : [00:14:26] Ça serait un bon exemple.

Benoit Robert : [00:14:29] C'est beau de déléguer, mais en même temps, il faut s'assurer que ceux à qui on délègue pensent à appeler notre partenaire assureur.

Catherine Duranceau : [00:14:35] Ah oui, oui, non, c'est bien dit. Bien dit.

Christian Vanasse : [00:14:37] Mais je te rassure Benoît, on suit de notre bord aussi.

Catherine Duranceau : [00:14:38] Encore une fois, notre assureur est là. Et sinon, de manière générale, Christian, dis-nous quel type d'assurance doit-on avoir quand on possède une entreprise en général?

Christian Vanasse : [00:14:49] Il y en a vraiment… il y en a une multitude. Je dirais en premier, c'est tout ce qui touche la responsabilité civile. Donc, tout ce qu'on fait, tous les dommages qu'on peut faire aux tiers, c'est ce que ça prend absolument. Ça, c’est comme l'incontournable. Peu importe qui se lance en affaires, ça prend de la responsabilité civile pour les dommages que tu fais aux tiers pour éliminer les poursuites. Après ça, c'est tout ce qui est tes risques qui sont un petit peu plus à toi. Fait que tes bâtiments, ton contenu, ton mobilier.

Catherine Duranceau : [00:15:17] Le financier, admettons.

Christian Vanasse : [00:15:18] Oui, financier. Tout ce que tu as acheté.

Catherine Duranceau : [00:15:20] Tu ne veux pas perdre ton argent.

Christian Vanasse : [00:15:21] C'est ça. Tout ce que tu as acheté et investi, tu ne veux pas que ce soit un petit feu ou un petit vol qui vienne te chercher tout ce que tu as investi là. Il y a tout ce qui s'appelle assurance au niveau de la perte de revenu. Si jamais tes activités arrêtaient, bien, tu as encore des gens à payer, tu as encore une hypothèque, tu as encore plein de choses. Il faut que les revenus continuent à rentrer. Ça fait que c'est de l'assurance pour les pertes de revenus.

Catherine Duranceau : [00:15:48] Un peu en mode pour ne pas tomber en faillite.

Christian Vanasse : [00:15:49] Bien, tout à fait.

Catherine Duranceau : [00:15:50] Un peu ce parallèle-là?

Christian Vanasse : [00:15:52] Pour continuer les activités. Il y a tout ce qui touche la fraude. La fraude en argent, la fraude par carte de crédit et compagnie. Toutes ces protections-là sont nécessaires. Aujourd'hui, dans le monde actuel, tout ce qui touche la cybersécurité, c'est un incontournable, là. C'est plus quand est-ce que tu vas te faire hacker. C'est pas si tu vas te faire hacker, c'est quand. Tsé, c'est là. Les assureurs sont frileux sur la protection de ça. C'est quelque chose que je disais, un assureur ça se fie, ça établit les règles et les tarifications en fonction du passé. Bien, le cyber on le voit beaucoup, mais c'est quand même assez récent. Il n'y a pas 20 puis 25 ans de statistiques là-dessus. Fait que les protections sont quand même assez limitées, mais c'est un risque où les assureurs travaillent très fort parce que c'est quelque chose de très réel aujourd'hui dans la vie de...

Catherine Duranceau : [00:16:50] Et qui devient rapidement incontrôlable, parce que dès que c'est parti, ils peuvent voler plusieurs milliers de dollars, disons, dans un temps.

Christian Vanasse : [00:16:55] Tout à fait. Puis peu importe la grosseur, qu’on parle de micro-entreprises, de petites entreprises jusqu'à méga entreprises, tout le monde…

Catherine Duranceau : [00:17:05] Le dommage est là.

Christian Vanasse : [00:17:06] Le dommage est là, tout le monde peut y passer.

Catherine Duranceau : [00:17:08] OK, donc il y en a plusieurs types d'assurances, mais tout autant essentielles.

Christian Vanasse : [00:17:12] Tout à fait.

Catherine Duranceau : [00:17:13] Et Communauto, j'imagine, on a bien dressé le portrait. Il faut être bien assuré aussi avec les 6000 véhicules de Communauto aujourd'hui?

Benoit Robert : [00:17:22] À peu près, oui.

Catherine Duranceau : [00:17:24] Ça m'impressionne. J'aime ça, Benoit. J'aime ça, j'aime ça.

[00:17:27 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:17:49] Benoît, est-ce qu'il y aurait comme une anecdote cocasse ou qui t'a énormément marqué à travers ces dernières années chez Communauto?

Benoit Robert : [00:17:57] En fait, c'est même la première année que ça m'a marqué, parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens l'ont oublié, mais c'est moi qui ai fait le premier accident avec une voiture de Communauto.

Catherine Duranceau : [00:18:05] OK! Raconte-nous, on veut les détails.

Benoit Robert : [00:18:08] Après avoir démarré le service à Québec, tantôt j'ai mentionné que je suis venu à Québec pour faire ma maîtrise, donc ce n'était pas prévu que je m'installe à Québec définitivement. Je suis originaire de Montréal. Donc rapidement, après avoir lancé le service à Québec, j'ai commencé à travailler avec des partenaires à Montréal pour lancer le service là-bas, donc je devais faire souvent la navette Montréal-Québec. Puis moi, mon père ne me prêtait pas son auto. Fait qu’entre 16 ans et 29 ans, j'ai à peu près touché zéro fois. En réalité, j'ai touché peut-être une ou deux fois un volant d'auto, fait que je n'avais pas beaucoup d'expérience. Je faisais la route Montréal-Québec, puis il fallait que j'arrête plusieurs fois dans des haltes routières pour me relaxer un petit peu parce que j'étais tellement stressé. Fait qu'à un moment donné, il y avait une plaque de glace, puis mon auto a commencé à tourner, tourner, tourner. Puis là, je voyais un camion qui arrivait. Je voyais tout ça au ralenti. Fait qu’à un moment donné, le camion approchait, approchait, approchait. Puis à un moment donné, ça fait pouk! Au moins, c'était vrai. Je le voyais pas juste au ralenti, il avait vraiment ralenti. Heureusement! Mais bon. Un petit pouk sur une auto, sur la 20 en hiver, l'auto roulait encore, mais après avoir regardé l'auto, j’ai dit « Oh boy! » J’étais un petit peu gêné, un petit peu mal à l'aise. J'espère qu'ils me couperont pas mon assurance.

Christian Vanasse : [00:19:16] Qui a été si dure à négocier.

Benoit Robert : [00:19:18] Qui a été si dure à trouver.

Catherine Duranceau : [00:19:19] Ah oui, c’est ça! Puis finalement, je l'avais et ça a été, oui, une belle épreuve?

Benoit Robert : [00:19:22] C’était pas pour tester le produit. C'était pas volontaire.

Catherine Duranceau : [00:19:24] Mais finalement, tu étais correct. Ça aurait pu être assez dangereux, là.

Benoit Robert : [00:19:26] Oui, oui. Comme je vous dis, moi je voyais tout ça au ralenti, mais je savais pas si c'était au ralenti pour vrai ou seulement dans ma tête.

Catherine Duranceau : [00:19:32] Tu as paniqué. Finalement, ça s'est bien géré.

Benoit Robert : [00:19:34] C’est ça. Mais j'ai jamais refait d'accident depuis.

Catherine Duranceau : [00:19:36] Depuis ce moment-là, OK.

Benoit Robert : [00:19:37] Ça fait presque 30 ans.

Catherine Duranceau : [00:19:37] Puis, as-tu été impressionné des services pour réclamer par la suite?

Benoit Robert : [00:19:41] Ça a très bien été. Comme tout le reste par la suite.

Catherine Duranceau : [00:19:45] Ils sont restés dans le projet, donc c'est bon signe.

Benoit Robert : [00:19:48] C'est bon signe.

Catherine Duranceau : [00:19:49] OK, bon, bien merci, c'était super. Merci.

[00:19:52 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:20:11] Pour résumer notre conversation, Christian, en quelques mots, partage-nous pourquoi, à quel moment et comment on devrait optimiser nos protections d'entreprise?

Christian Vanasse : [00:20:19] Les protections d'assurance, c'est la vie. Donc, ça suit le cycle de vie de l'entreprise. Donc, ça doit s'optimiser à chaque fois qu'il se passe quelque chose. Des premiers pas de l'entreprise jusqu'à premier achat de souliers, de linge, de livres d'école, de rentrée scolaire, de mariage. C'est un peu ça. C'est à chaque fois qu'il y a un changement dans l'entreprise, il faut en aviser son assureur. Idéalement, il faut en jaser avec son assureur avant. L'entreprise va se marier avec une autre entreprise. Il faudrait le savoir pour être capable d'envisager et d'aider à planifier ce que ça va prendre comme assurances avec la nouvelle entreprise fusionnée. Quand il se fait des acquisitions de matériels, des investissements, des changements d'activités, aussitôt qu'il se passe quelque chose qui n'est pas le day to day, il faut en aviser son assureur puis en jaser. Il peut juste vous aider à grandir avec votre entreprise en toute sécurité. Fait que vous prenez plus de chances, vous faites pas des affaires à peu près, on est là pour encadrer puis vous protéger si jamais il arrive quelque chose.

Catherine Duranceau : [00:21:29] Puis au contraire, on vous dérange pas là.

Christian Vanasse : [00:21:31] Jamais! Jamais, jamais, vous nous dérangez. Jamais, jamais! On est du bon monde, on adore ça.

[00:21:38 TRANSITION]

Catherine Duranceau : [00:21:40] Merci beaucoup, Benoit et Christian, pour ce témoignage et de nous avoir partagé votre expérience sur les protections d'entreprise. C'était super intéressant et inspirant. Surtout, un immense merci à nos auditeurs. Si vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Pour obtenir plus d'information et écouter plus d'épisodes, aller sur le site web de Beneva, section balado. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vous donneront des outils pour prendre des décisions éclairées pour vos assurances et vos affaires.

FIN DE TRANSCRIPTION