Revenir au travail après un cancer


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Catherine Duranceau : [00:00:05] Bonjour, bienvenue au balado de Beneva, Parole d’experts. Je suis votre animatrice Catherine Duranceau. Aujourd'hui, on plonge dans l'univers des protections d'assurance pour les entreprises de détail. On va voir comment les protections peuvent évoluer avec la croissance d'une organisation et, surtout, comment l'assurance peut devenir un véritable moteur stratégique pour les détaillants.

[00:00:23 À l’écran :Nos invités]

[00:00:26 À l’écran :Andréanne Marquis
Entrepreneure, Propriétaire de Womance et Sans-façon Cosmétiques]

Andréanne Marquis : [00:00:26] Allô! Je m'appelle Andréanne Marquis, je suis présidente et fondatrice de Womance et Sans-façon Cosmétiques. En fait, nous, on travaille à temps plein pour faire du beau, pour que les femmes se sentent bien.

[00:00:36 À l’écran :Christian Vanasse
DP – Expérience partenaires et développement

Christian Vanasse : [00:00:36] Bonjour! Mon nom est Christian Vanasse. Je suis directeur principal à l'assurance des entreprises pour Beneva. Je m'occupe principalement des partenariats et du développement des affaires.

[00 :00 :47 À l’écran :Table ronde]

Catherine Duranceau : [00:00:50] Andréanne, fait que tu es fondatrice de Womance et Sans-façon. Peux-tu nous raconter, premièrement, comment Womance a été mis sur pied du prêt-à-porter, puis ensuite, tu es allée dans le cosmétique quelques années plus tard avec Sans-façon?

Andréanne Marquis : [00:01:00] Womance est arrivé… je dis souvent que c'est arrivé dans ma vie par inadvertance. Moi, je ne savais pas que j'allais me partir en affaires. Je sais qu'il y en a qui ont genre 6 ans, puis ils vendent des limonades sur le bord du chemin. Moi, c'était vraiment pas mon cas. Je n'étais pas… j'étais vraiment pas là-dedans. Puis on recule en 2015. Il faut savoir qu'il y avait peu de boutiques en ligne. Les gros joueurs avaient des présences web. Simons, Dynamite, etc., mais peu de gens qui se disent « Moi, je vais me partir une boutique en ligne ». J'avais l'air super avant-gardiste, mais en fait, c'est que j'avais pas vraiment de moyens pour m'ouvrir une vraie boutique physique. Puis je savais pas du tout… J'avais jamais vendu de linge de ma vie. Fait que, c'est vraiment parti de ça, de l'idée de dire :je vais acheter des vêtements, je vais les porter, je vais m’assurer qu’ils sont confortables, puis je vais les revendre par la suite.

Le web, c'était la nouveauté, c'était un peu la facilité, comme je disais, que tu avais pas nécessairement de boutique. Évidemment, avec le temps, ça a vraiment pris de l'ampleur. Puis après ça, bien, Sans-façon est arrivée dans ma vie très naïvement, encore une fois. Womance avait pris beaucoup d'expansion. On faisait beaucoup de web dans ce temps-là, on faisait pas de boutiques physiques, puis j'avais comme l'impression que j'avais plus rien à donner à Womance.

Catherine Duranceau : [00:01:59] Plus rien. Mais non! Mais OK?

Andréanne Marquis : [00:02:02] Non, mais comme… c’est pas que j’avais pas de défis, mais je me disais « Ah, le web est là, tsé, ça va être ça ». Puis naïvement, je suis rentrée à un moment donné dans un Jean Coutu, puis là, je me disais :« Han? Pourquoi qu'il y a rien? » Je trouvais que, depuis Lise Watier, il n'y avait pas eu d'autres joueurs québécois, canadiens dans du maquillage. Soins de la peau, on était full là. Tsé, tu as des Omy, des IDC, des Ora. Mais maquillage j'étais comme, « Ah! Pourquoi qu’il y a rien qui…? » Tsé, mes amis, personne achetait des cosmétiques canadiens, personne achetait des cosmétiques québécois, tout le monde achetait des grandes marques, Lafrance ou tsé. C'était comme…

Catherine Duranceau : [00:02:37] C’était super fancy.

Andréanne Marquis : [00:02:37] C'est ça, rien… Fait que là, je me disais « Ah, il y a comme un trou dans le marché ». Fait que, c'était plein de naïveté. J'ai compris, en le faisant, pourquoi personne l'avait fait.

Catherine Duranceau : [00:02:44] Oui, les réglementations, la peau…

Andréanne Marquis : [00:02:47] Oui, les taux, les minimums, l'argent.

Catherine Duranceau : [00:02:49] Mais, tu as pas eu peur de te lancer quand même.

Andréanne Marquis : [00:02:51] Non.

Catherine Duranceau : [00:02:52] Parce que, c'était tout nouveau. Parce qu'on s'entend, vêtements et peau, c'est comme deux univers. Est-ce que tu t’es affiliée avec quelqu'un qui t'a aidée pour ce processus-là?

Andréanne Marquis : [00:02:59] Bien, la façon que ça fonctionne, nous, on n'a pas de laboratoire, fait qu’on travaille avec différents laboratoires. Un peu comme les manufactures de vêtements. Tsé, on a plusieurs manufactures qui font plusieurs choses. C'est un peu pareil dans le laboratoire. Un laboratoire qui fait des soins de la peau ne va pas nécessairement faire de mascara, vice-versa. Fait qu'au début, on a approché des laboratoires. En toute sincérité, personne voulait travailler avec nous.

Catherine Duranceau : [00:03:17] Ah oui? Pourquoi?

Andréanne Marquis : [00:03:18] Bien, parce que premièrement, on les approchait sous le nom de Womance, avec une marque qui n'existait pas, puis qui avait pas de nom, puis on ne savait pas trop ce qu’on faisait avec ça.

Catherine Duranceau :[00:03:24] C'est risqué pour eux, là.

Christian Vanasse : [00:03:26] Pour eux, oui.

Andréanne Marquis : [00:03:26] C'était « Attends un peu comment et où est-ce qu'ils vont avec ça ». On y allait au début, on créait les produits avec les laboratoires. Puis là, ça fait quand même un bon temps, peut-être trois ans, qu'on a une chimiste à l'interne avec laquelle on retravaille les formules, puis tout ça. Parce que, c'est facile d'écouter le laboratoire. Mais, si tu veux amener ton produit plus loin, tu es mieux d'avoir un peu ta connaissance à l'interne.

Catherine Duranceau : [00:03:45] C'est ça, pour que tu puisses guider la personne, tsé.

Andréanne Marquis : [00:03:48] Exactement.

Catherine Duranceau : [00:03:49] C'est incroyable comment tu as touché un peu à tout. Quelle étape, dans la croissance de ton entreprise, a peut-être été la plus imprévisible, la plus challengeante? Parce que, toi, ça arrête pas, là.

Andréanne Marquis : [00:03:58] Bien en fait, moi ce que j'ai trouvé le plus challengeant et que je trouve encore le plus challengeant, c'est qu’à une certaine grosseur d'entreprise, tu peux plus grandir par opportunité. Au début, moi, c'était ça. C'était comme « Ah! On pourrait faire du maternité. OK, on fait du maternité ». Mais là, les décisions impliquent de l'argent, ça implique de, OK, est-ce que… Tsé, admettons la maternité, pour donner un bon exemple…

Catherine Duranceau : [00:04:18] Oui.

Andréanne Marquis : [00:04:18] Nous, notre modèle d'affaires fait que notre rotation d'inventaire roule assez vite. Mais la maternité, c'est pas… Tu peux pas rouler rapidement un inventaire de maternité. Fait que tsé, là, on a décidé de ne plus en refaire. Tsé, on en a fait… parce que ça vient un peu briser le modèle d'affaires dans lequel on est. Ça nécessite une connaissance qui est supplémentaire. Fait que, tsé, il y a des trucs comme ça que, là, avant de faire comme :OK, let's go, on le fait, puis on est excité. On prend comme un pas de recul, puis on se dit :OK, est-ce que ça va vraiment valoir la peine?

Catherine Duranceau : [00:04:43] C'est bon, j'aime ça. Et comme ton entreprise est beaucoup en changement, Christian, quel rôle l'assureur pourrait avoir, pour vraiment être sûr que tout se déroule le plus possible sans embûche? C'est jamais parfait, on s'entend.

Christian Vanasse : [00:04:54] C'est vraiment un rôle de de partenaire ou d'accompagnateur. J'aime ce qu'Andréanne fait parce que c'est le modèle parfait de quelqu'un qui innove beaucoup, qui va changer des processus souvent. Puis l'assureur doit connaître le risque, doit suivre les processus. On parle de linge, vendre du linge confortable pour madame, pour un assureur, il n'y a pas beaucoup d'enjeux. Vendre du linge confortable pour enfants, par exemple, là ce serait un enjeu. Ça, c'est un risque différent, parce qu'en cas de poursuite, ça pourrait coûter beaucoup plus cher.

Andréanne Marquis : [00:05:29] Puis, c'est super réglementé, là.

Christian Vanasse : [00:05:30] Oui. En plus.

Andréanne Marquis : [00:05:31] Faire des vêtements pour enfants, ça ne se fait pas comme ça, là.

Catherine Duranceau : [00:05:33] Pour vrai! J’aurais pas cru!

Andréanne Marquis : [00:05:34] Il y a beaucoup de règles. Au Canada, on a beaucoup de règles. Le positionnement des boutons, la… oui, c'est ça, c'est quand même…

Catherine Duranceau : [00:05:37] Le zipper qui peut, peut-être, être dangereux.

Andréanne Marquis : [00:05:39] C'est vraiment...

Catherine Duranceau : [00:05:40] L’enfant qui veut le manger, des fois, on comprend pas mais…

Christian Vanasse : [00:05:42] L'accompagnement de l'assureur, c'est souvent un peu ça. C'est que les gens, les entrepreneurs comme toi, c'est des passionnés. C'est la passion, ça a une idée, ça veut la mettre en place, ça la met. Écoute, je vous raconte une anecdote, là, puis c'est pas… je nommerai pas de nom, mais c'est sur un commerce, là. Il y a quelqu'un qui a bâti un bâtiment qu’il a assuré pendant la construction. Nous, on assure cette entreprise-là, on va assurer le bâtiment après la construction. Il y a un directeur de compte de ma gang qui a vu l'inauguration sur Instagram du bâtiment. Il avait juste oublié de nous appeler. 30 millions. Un bâtiment de 30 millions. Même pour nous, l'assureur, on peut pas dire « OK, 30 millions, on assure ça de même ». Ça prend du temps, ça prend des réflexions. C'est pour ça que, le partenariat puis l'échange dans les idées, en assurance, sont importants. Ça, c'est comme pour un entrepreneur, c'est tout à fait naturel de présenter son plan d'action, son plan de développement à son banquier.

Catherine Duranceau : [00:06:49] Parce que c'est lui qui a les sous. Alors, tu te dis « Il faut qu’il me donne les sous pour que ça fonctionne! ».

Christian Vanasse : [00:06:53] Lui, il donne les sous, mais lui, il va se protéger partout.

Catherine Duranceau : [00:06:55] Oui.

Christian Vanasse : [00:06:56] Tandis que l'assureur, lui, va venir tout garantir tout ça.

Catherine Duranceau : [00:07:00] Que tu perds pas tes...

Christian Vanasse : [00:07:00] Et on oublie de lui parler, souvent.

Catherine Duranceau : [00:07:03] Des fois, c'est une peur. On se dit « Ah mais là, ça va être cher » ou je sais pas. Est-ce que des fois, tu as ressenti ça? C'est pour ça que les entrepreneurs, ils vous appellent moins vite?

Christian Vanasse : [00:07:12] Bien, je pense qu'il y a des peurs. Il y a un peu un niveau d'insouciance dans « Ça peut pas m'arriver à moi ». Et puis, c'est là qu'on est utile aussi, l'assureur. C'est qu’un assureur, on en a vu d'autres, fait qu'on est capable de ramener, puis dire :OK, est-ce que tu as pensé à ça? Dans le fond, l'assureur, il aide aussi à évaluer les risques et à dire « OK, qu'est-ce que tu fais, Andréanne, avec ce risque-là? Est-ce que tu le préviens? Est-ce que tu l'assumes? Tu en es consciente, puis tu fais rien avec, ou est-ce que tu l'assures? Puis si tu l'assures, bien là, on va te donner des conseils de prévention puis on va partager le risque soit par la franchise, soit par quelque chose, mais on va faire ça ensemble ». Puis, vous savez, les assureurs, on a des défauts. Le plus gros défaut…

Catherine Duranceau : [00:07:54] C’est lequel?

Christian Vanasse : [00:07:55] Puis là, tous mes chums, actuaires vont vraiment haïr ça, là, c'est qu'on travaille avec des statistiques. Puis les statistiques, c'est le passé. À chaque fois que quelqu'un innove dans quelque chose, les actuaires en assurance ont aucune information en arrière pour faire des normes, étudier comment ça se passe, la tarification. Ils ont rien.

Catherine Duranceau : [00:08:18] C'est de la créativité, c’est nouveau, là. Oui, oui.

Christian Vanasse : [00:08:19] Tout à fait. Mais, si on sait ce que l'entrepreneur va faire dans son plan puis qu'il dit « Regarde, moi Christian, Womance, je les vois là dans cinq ans. Penses-tu que je pourrais avoir un problème côté assurance? » « Ah OK, on va regarder. On va étudier ce qu'il peut y avoir là, puis on va être positionné pour être capable de te donner des conseils sur les risques, puis voir qu'est-ce qu'on peut assurer ». Quand on est capable de réfléchir en amont avec l'entrepreneur, bien, c'est gagnant pour tout le monde.

Catherine Duranceau : [00:08:49] Puis Andréanne, ça a été naturel pour toi de consulter tes assureurs pour parler de ton évolution, croissance, ou tu as appris un peu que « Ah OK, je devrais peut-être le faire »?

Andréanne Marquis : [00:08:58] Oui, non, vraiment. Moi je suis quand même… je suis une fille de règlements.

Catherine Duranceau : [00:09:02] OK.

Andréanne Marquis : [00:09:05] Fait que, c'est ça. Je suis quand même… Fait que tsé, rapidement, ça a été… oui.

Catherine Duranceau : [00:09:08] OK. Tu t’es-tu déjà fait surprendre en te disant « OK, je savais pas que je devais avoir une protection pour tel produit dans telle situation »? Parce que tu as été dans des boutiques éphémères, dans les centres d'achats.

Andréanne Marquis : [00:09:18] Oui. Tsé, moi, il y a une affaire que je savais pas au départ, que je trouve tellement pertinent, c'est vraiment l'assurance de perte de revenu. Tsé, je savais pas que ça existait, que si le feu pogne à l'entrepôt, puis justement, je peux pas vendre, bien, j’ai quand même partie d'un pourcentage qui peut être assuré par mon assureur des ventes que je vais perdre. Fait que, c'est quand même pertinent. C'est quelque chose que je savais pas. Puis quand on a fait la tournée de boutiques éphémères, c'était en 2017. On avait loué, c'était à peu près neuf places en douze mois qu'on se promenait de Rimouski, Rivière-du-Loup, Gatineau, Sherbrooke. On a fait le tour du Québec, Repentigny. Puis moi, ce que j'avais pas catché, c'est qu'il fallait que j'assure le stock en roulement dans le camion.

Catherine Duranceau : [00:09:55] Sur l'autoroute, quelqu'un te rentre dedans.

Christian Vanasse : [00:09:57] Oui, en transport.

Andréanne Marquis : [00:09:59] Oui, c’est ça. C'est drôle parce que, quand j'avais appelé mon assureur à ce moment-là, il avait jamais vu ça de sa vie.

Catherine Duranceau : [00:10:03] Que tu le savais pas ou que tu devais assurer?

Andréanne Marquis : [00:10:05] En fait, il était comme :comment on va faire? Parce que, là, ça me prenait une assurance responsabilité civile dans chaque endroit où j'allais d’une période de comme…

Catherine Duranceau : [00:10:13] Deux jours ou… oui, oui, oui.

Andréanne Marquis : [00:10:14] Une semaine à un mois à peu près. Après ça, il fallait que j'assure de mon entrepôt à Repentigny, mon entrepôt… Tsé, il fallait tout que j'assure ça. Puis là, lui, il était comme :« Tu vas pas rappeler à chaque semaine, là ».

Catherine Duranceau : [00:10:24] C'est parce qu'on perd du temps ici, là. Oui.

Andréanne Marquis : [00:10:26] Puis lui, il était comme :« Ça a pas de bon sens ».

Christian Vanasse : [00:10:27] Puis, c'est vrai que les notions d'assureur, de biens en transport, biens temporairement hors des lieux, biens en entrepôt, biens au magasin, c'est flou, là. C'est effectivement pas clair. C'est pas comme dire :OK, on assure ton contenu, peu importe où il est.

Andréanne Marquis : [00:10:41] C'est ça. Puis c’est pas tout!

Christian Vanasse : [00:10:42] Non.

Andréanne Marquis : [00:10:43] Parce que, là, moi, je pars pas tout mon inventaire, puis là, il faut que ça reste… Puis là, en plus, j'ai ma responsabilité civile dans le centre d'achat. Fait que, à cette époque-là, l'assureur que j'avais, il avait vraiment été comme « Je vais prendre un stepback, je te rappelle ». Là, il était revenu avec comme « On va faire un gros package, là, pour un an et puis on en parlera plus, tsé ». Parce que là, la logique au départ, c'était de dire bien, « OK, bien en mois de mars, je vais partir de de là, je vais aller là. Bien là, rappelle, à ce moment-là ». J'étais comme « Là, on va pas se rappeler... »

Catherine Duranceau : [00:11:06] Bien, c'est parce que là, ça ne marchera pas à long terme.

Andréanne Marquis : [00:11:08] Bien non, tsé.

Catherine Duranceau : [00:11:09] Fait qu'il a trouvé une méthode, puis il s'est adapté un peu à ta situation.

Andréanne Marquis : [00:11:10] C’est ça. Oui, vraiment.

Catherine Duranceau : [00:11:12] Et, c'est quand même dans ces cas-là qu'on a besoin d'avoir une bonne relation avec notre assureur.

Andréanne Marquis : [00:11:15] Oui.

Catherine Duranceau : [00:11:16] Que c'est très important. Dans le cas d'Andréanne, Christian, comment peut-être l'assureur aurait pu faire pour encore mieux l'accompagner? Il a bien fait là, il a fini par la rappeler. Mais, toi, tu aurais-tu eu d'autres stratégies?

Christian Vanasse : [00:11:27] Ça se serait probablement ressemblé comme stratégie. Je crois que tsé, une des différences, c'est le courtage puis l'assurance directe. Le courtage qui est l'intermédiaire de marché, bien, c'est pas l'assureur, c'est un intermédiaire entre les deux. Donc, il doit aller consulter les assureurs puis, à la limite, faire le marché pour certaines protections. Dans le direct, c'est un peu différent. Tu parles directement à l'assureur, il y a un intermédiaire de moins, donc ça rend l'opération un petit peu plus agile. Puis l'expérience qu'on a dans le commerce de détail fait que, dans notre cas, c'est une situation qu'on a déjà vue, puis qu'on a vue quand même assez souvent.

Andréanne Marquis : [00:12:04] Oui. Mais tsé, en 2017, là...

Christian Vanasse : [00:12:06] C'était moins fréquent.

Catherine Duranceau : [00:12:07] C’était plus nouveau, là.

Andréanne Marquis : [00:12:07] Tsé, moi, je me rappelle, quand j'allais dans les centres d'achat pour louer…

Catherine Duranceau : [00:12:10] Ils t'aimaient pas, hein?

Andréanne Marquis : [00:12:11] Non, ils m'aimaient pas.

Catherine Duranceau : [00:12:12] C'est ce que j’ai vu.

Andréanne Marquis : [00:12:13] Ils me disaient que je tuais les centres d'achat, le web. Tsé dans ce temps-là, il y a vraiment une guerre web. Mais tsé, c'était nouveau, là, c'était vraiment...

Catherine Duranceau : [00:12:19] On avait les idées.

Andréanne Marquis : [00:12:20] Oui, on essaie. Mais tsé, c’est ça, ça a marché.

Catherine Duranceau : [00:12:23] C’est ça, ça a marché. Et, dis-nous Christian, c'est quoi les protections de base qu'une entreprise en détail devrait avoir?

Christian Vanasse : [00:12:27] Il faut les regarder parce que ça dépend du risque de chaque entreprise. Mais de base, ça part avec la responsabilité civile. Tsé, c’est tout ce que tu peux faire à d'autres que tu peux nuire. Donc toutes les poursuites que tu peux recevoir, c'est l'essentiel.

Catherine Duranceau : [00:12:40] Numéro un.

Christian Vanasse : [00:12:41] Si une entreprise a une, seulement une protection à prendre dans le budget, c'est celle-là. Après ça, bien, il y a l'assurance de tout le contenu. Donc, les biens, la marchandise, tout le stock que tu as à vendre. Si tu as un immeuble, l'immeuble. On pense aussi dans les biens, parce qu'on le considère comme un bien, toute l’amélioration locative. Tu rentres dans une boutique Womance, il y a de l'argent qui est mis à l'intérieur pour que madame apprécie, puis qu'elle ait le goût de rester, là.

Andréanne Marquis : [00:13:05] Que ce soit beau.

Catherine Duranceau : [00:13:07] C'est ça, là, oui, oui, oui! C’est très important.

Christian Vanasse : [00:13:08] Fait que ça, ça fait partie des biens, fait qu'on vient assurer ça pour le feu, le vol, les dégâts d'eau, les dommages par le vent, à peu près tout ce qui peut arriver là-dessus. Puis après ça, tu disais Andréanne, c'est la perte de revenus qui est assez important. Parce que selon la catastrophe, selon le sinistre, bien, tu peux, pendant longtemps, être privé d'un certain revenu qui peut mettre en danger l'entreprise. Parce que les frais fixes, ils restent là, là. Ils sont encore là.

Andréanne Marquis : [00:13:33] C’est ça. Fait qu’il avait une partie, je pense, un peu salaire, loyer. C'était-tu ça?

Christian Vanasse : [00:13:38] Oui, oui. Il y a plusieurs modes. Je suis content.

Andréanne Marquis : [00:13:42] Oui!

Christian Vanasse : [00:13:43] Oui, vraiment!

Andréanne Marquis : [00:13:43] Avez-vous des questions?

Christian Vanasse : [00:13:44] Je vraiment content. Tu es dans mon top 20 là, de ceux qui maîtrisent le plus, là.

Catherine Duranceau : [00:13:51] Qui maîtrisent la matière!

Christian Vanasse : [00:13:52] Oui, tout à fait!

Catherine Duranceau : [00:13:52] Elle va bien vendre ça.

Christian Vanasse : [00:13:53] Effectivement, il y a plusieurs options qui sont de juste remplacer le revenu, mais on peut aussi payer le salaire des personnes clés que tu ne veux pas perdre durant cette période-là. Fait que, il y a des protections qui s'ajustent, bien entendu, à ça. Aujourd'hui, on peut pas oublier le cyber qui est pas « Si tu vas te faire hacker quelque part », c’est « Quand ça va arriver », c'est sûr et certain. Ça veut dire que c'est sûr qu'on va payer un jour pour certaines choses. Ça fait qu'il y a beaucoup de branle-bas de combat chez les assureurs pour être capable de bien définir le produit, les protections, sans que l'assureur se mette dans le trouble non plus.

Catherine Duranceau : [00:14:32] Parce qu’on dirait qu’on le voit pas, ça, la cyber.

Andréanne Marquis : [00:14:33] C'est ça. Puis, c'est moins tangible que de dire, bien, je ne sais pas, le feu pogne. Mais c'est drôle parce que j'avais eu un cours à l'école avec un ancien brigadier général du Canada, puis il disait que l'avenir appartenait à ceux qui vont être surpris le moins longtemps.

Christian Vanasse : [00:14:48] Ah, j'adore ça!

Andréanne Marquis : [00:14:48] Je trouvais ça vraiment bon.

Catherine Duranceau : [00:14:50] C'est donc bien beau!

Andréanne Marquis : [00:14:50] Oui, puis c'est vrai. Tsé, moi, je savais pas c'était quoi un brigadier général avant de le rencontrer.

Catherine Duranceau : [00:14:54] Puis, je dois te confirmer que, moi aussi, j’ai un petit doute.

Christian Vanasse : [00:14:57] Je suis pas sûr!

Andréanne Marquis : [00:14:59] En fait, c’est si jamais on tombe en guerre, c'est lui qui prend la place du premier ministre du Canada, en fait.

Catherine Duranceau : [00:15:02] Ah OK!

Andréanne Marquis : [00:15:03] Il disait que, dans l'armée, ils ont des plans pour tout, tout, tout, tout, tout. Mais c'est vrai que l'avenir appartient à celui qui va être le moins surpris longtemps.

Catherine Duranceau : [00:15:11] Oui, fait qu'il faut s'adapter.

Andréanne Marquis : [00:15:12] Il faut avoir un plan.

Catherine Duranceau : [00:15:13] Au changement. Oui, il faut avoir le plan.

Andréanne Marquis : [00:15:14] Puis, c'est pas « si », c'est plus « quand ».

Catherine Duranceau : [00:15:17] Puis, les statistiques sont quand même alarmantes pour les cyberattaques. J'avais vu 61 % des entreprises canadiennes ont fait face à au moins un incident de cybersécurité. Et qu'est-ce que l'assureur peut faire pour protéger son client? Et peut-être aussi, si jamais… pas simplement en cas de cyberattaque, peut-être en mode prévention?

Christian Vanasse : [00:15:34] Nous sommes là oui pour assurer les dommages qui pourraient arriver, mais nous sommes aussi là en conseil. Tsé, dans le cas d'Andréanne, tu es déjà bien encadrée. Tu le dis toi-même, là, tsé, tu as des entreprises qui font de la surveillance, qui font ça. L'assureur, on donne accès à ça. Si, admettons, Andréanne, tu nous avais dit « Ah non, non, moi… »

Andréanne Marquis : [00:15:55] Je connais rien.

Christian Vanasse : [00:15:55] J’ai acheté un pare-feu. J'ai acheté un pare-feu sur le web. Là, on pose plus de questions. Dans le fond, comme on disait tantôt, notre rôle premier, c'est d'identifier les risques qui peuvent arriver. Puis là, bien, on va donner des outils en prévention pour venir les prévenir. Parce qu'on le sait, là. L'assurance, c'est aussi ça. On est là pour la catastrophe, mais il ne faut pas qu'il y ait deux ou trois catastrophes en ligne parce que ça finit par coûter vraiment cher au niveau de l'assurance. Fait qu'on aime mieux prévenir avant. Puis moi, en assurance, ça a toujours été ma façon de penser, là. Tsé, je vais revenir sur ta question tantôt, si ça te dérange pas. Tu disais :pourquoi les gens, ils nous parlent pas beaucoup, les assureurs? Puis honnêtement, là, moi, j'ai passé ma carrière à essayer de rendre l'assurance sexy. Parce que c'est pas sexy, là.

Catherine Duranceau : [00:16:42] Ça marche-tu avec tes clients?

Christian Vanasse : [00:16:43] Quand tu prends la liste… Non mais c'est vrai!

Catherine Duranceau : [00:16:47] Oui.

Christian Vanasse : [00:16:48] Dans une entreprise, là, quand tu dis au contrôleur « C'est toi qui va s'occuper des assurances, là », il rentre jamais chez eux en disant sa femme ou à son mari.

Andréanne Marquis : [00:16:55] C'est pas une belle journée.

Christian Vanasse : [00:16:56] « J'ai eu vraiment tout un mandat! ». Ça arrive jamais. Je déteste ça. Puis je pense que, le modèle que moi j'essaie d'appliquer depuis trente ans avec ma gang, c'est ce modèle-là. De dire « Commence par offrir le conseil, commence par donner le service, ayons une tarification qui fait la job, qui fait du sens en fonction des calculs, puis après ça, bien, la personne, elle va vouloir venir à toi, tu n'auras pas besoin de faire toutes les techniques de vente de closage de ».

Andréanne Marquis : [00:17:27] Oui. Puis, je pense qu'il y a une partie de l'entrepreneuriat aussi qui, à un moment donné, tu es gênée parce que tu ne connais pas. Fait que là, tu arrives à un point que tu te dis « Mon Dieu, qu'est-ce qu'ils vont penser de moi? » Moi, j'ai pas cette gêne-là. Je suis vraiment pas d'ego. Fait que moi…

Catherine Duranceau : [00:17:40] C'est bon!

Andréanne Marquis : [00:17:40] Je le sais pas, je le dis.

Christian Vanasse : [00:17:41] Mais, tu as raison. Oui.

Andréanne Marquis : [00:17:42] Mais souvent, les gens là, admettons, en termes de cybersécurité, pour donner un exemple, je le sais qu'il y a plein de gens qui vont écouter ça, qui vont dire « Hé boy, que j'ai pas de… »

Catherine Duranceau : [00:17:51] J’ai pas de plan.

Andréanne Marquis : Puis leur premier réflexe, ça va être… coquille. « Ah, je vais faire ça plus tard ». Parce que, tsé, naturellement, le cerveau s'en va de notre inconfort. Fait que c'est inconfortable. Fait que tsé, moi, je pense qu’il y a cette partie-là, souvent, que les entrepreneurs, dans la liste des angoisses qu'il faut qu'ils vivent dans une journée, parce qu'il y en a beaucoup, tsé, c'est souvent… Moi, mon chum, il me dit toujours « Je savais pas que gérer des business, c'était autant de problèmes ». Tsé, je suis comme, tsé, « J'ai juste des problèmes.

Catherine Duranceau : [00:18:14] C'est juste ça, non? C'est ça, des petits soucis là.

Andréanne Marquis : [00:18:17] Fait que, tsé, il y a beaucoup de problèmes, fait que je pense qu'ils se disent… ils mettent ça de côté tout le temps. Puis finalement, bien, malheureusement, c'est quand tu en as de besoin que…

Catherine Duranceau : [00:18:25] Que ça éclate, là. Exactement. Puis ton entreprise ou tes entreprises ont été beaucoup en changement depuis les dernières années. Depuis la dernière décennie, on peut déjà dire. Puis, comment tu as fait pour avoir une couverture adaptée à les deux entreprises que tu as? Parce que ça a tellement évolué, tu as été novatrice, il y en avait pas d'autres comme toi, tsé.

Andréanne Marquis : [00:18:44] Oui. Bien en fait, le truc je te dirais, c'est de le dire. Tsé, quand tu arrives à ton renouvellement d'assurance, de dire « OK, nous cette année, on a fait ça, ça, ça, ça, est-c'est qu'on est correct ». Tsé, admettons l'Internet, là, tu payes ton Internet puis tu te poses pas de questions. Tsé, c'est comme…

Catherine Duranceau : [00:19:01] Pfff, quand j'ai pas le choix, là…

Andréanne Marquis : [00:19:02] À un moment donné, ça marche pas, tu repars le routeur, tsé. Puis c'est drôle parce que les assurances… l'hydro, c'est un frais fixe. Mais les assurances, ça nécessite une discussion, ça nécessite de dire « OK, moi j'ai fait telle chose, telle chose, je suis-tu correcte? ». Tsé, admettons, le cosmétique, ça n'a rien à voir avec le vêtement en termes de responsabilité civile. On crée des formules, on les met dans le visage des gens. Fait que tsé, c'est… il faut que tu sois capable de le témoigner. Puis tsé, quand vient le temps de renouveler ton assurance, c'est pas juste « Bon, ça va coûter combien plus cher? »

Catherine Duranceau : [00:19:31] C'est ça, c'est pas l'attitude à avoir.

Christian Vanasse : [00:19:32] Non.

Andréanne Marquis : [00:19:32] Puis, tsé, ça se peut que tu aies des choses que tu as plus besoin d'être assuré non plus. Fait que, c'est plus d’y aller en discussion, de faire une espèce de mise à jour. C'est nécessaire. Puis souvent, ça vaut la peine de le faire.

Christian Vanasse : [00:19:42] Puis malheureusement, la plus-value de l'assureur arrive parfois juste quand il y a un sinistre ou quand il y a quelque chose. C'est pas nécessairement publicisé aussi, les conseils qu'on donne. Juste ce qu'on a en statistiques, par exemple. Je prends à Montréal, un client qui va nous appeler « Je rouvre une boutique à telle place ». « OK. Fais-tu de l'entreposage dans le sous-sol? » « Oui » « OK. Regarde, je te conseillerais de mettre ton stock à six pieds de hauteur dans ton sous-sol, les inondations là… »

Catherine Duranceau : [00:20:08] En raison des inondations.

Andréanne Marquis : [00:20:09] C’est arrivé tant de fois, oui c’est ça.

Christian Vanasse : [00:20:11] C'est ça. Avant que tu perdes ton stock une fois, bien, on est capable de te le dire. Fait que là « Pourquoi cette question-là? » Pour t’aider.

Catherine Duranceau : [00:20:18] C'est pas pour te pogner, c’est pour t’aider.

Christian Vanasse : [00:20:21] C'est ça, c’est pas pour te pogner, c'est pour t'aider.

Catherine Duranceau : [00:20:23] Ah, c'est intéressant!

Christian Vanasse : [00:20:24] Puis, ça nous aide aussi parce qu'on n'aura pas de perte à payer là. Tsé, c'est un partenariat qui fait que c'est bénéfique pour les deux.

Catherine Duranceau : [00:20:30] Tantôt, tu mentionnais pour les produits de beauté, c'est un petit peu différent que le prêt-à-porter. Comment ça s'est concrétisé, d'avoir des assurances avec un produit qui demande beaucoup plus de réglementations?

Andréanne Marquis : [00:20:41] Cléricalement parlant, c'est deux entreprises complètement différentes. Fait que là, encore, là, c'est deux assurances complètement différentes. Parce que c'est ça, la responsabilité civile, le fait qu'on développe des produits, on n'est vraiment pas dans le même type d'assurance. Mais, tsé, encore comme je disais tantôt, c'est juste d'être le plus honnête possible puis de dire comment tu fonctionnes, où tu fais les choses, comment tu les fais.

Catherine Duranceau : [00:21:02] Puis ça se fait quand même bien.

Andréanne Marquis : [00:21:03] C'est ça. Puis tsé, il y a quand même le fait que, quand on crée un produit, on envoie chez Santé Canada, eux valident la liste. Tsé, il y a quand même un processus.

Catherine Duranceau : [00:21:08] Qui est plus complexe.

Andréanne Marquis : [00:21:10] Qui nécessite pas à l'assureur de dire :est-ce que cet ingrédient est dangereux? Tsé, on n'est pas là, là.

Christian Vanasse : [00:21:15] Tsé, tu es obligé de le mentionner, tsé. Par exemple, le cosmétique, c'est pas un produit d'assurance que tu vas acheter n'importe où au coin de la rue. Il y a beaucoup d'assureurs qui veulent pas aller là, c'est ça?

Andréanne Marquis : [00:21:27] Qui veulent pas, c’est ça. Puis même, moi quand j'ai commencé en 2015 pour Womance, ça avait été difficile d'assurer du web.

Catherine Duranceau : [00:21:34] Parce que c'était nouveau.

Andréanne Marquis : [00:21:35] Parce que c'était nouveau, parce que c'était il y avait pas de… tu avais pas de dur à t’assurer, tu avais pas de bâtisse. Moi, j'avais mon inventaire dans mon sous-sol. Il était pris entre :là, le vêtement, il est fait comment, il arrive d'où? Puis là, c'est parce que tsé, souvent tu peux assurer, admettons, je commande des vêtements. Finalement, ils me livrent jamais. Là moi, j'ai payé 100 000 $ et puis ils arrivent pas. Mais là, il y avait beaucoup d'assureurs qui étaient comme « Wô!... » Là, comment tu fais pour essayer de recouvrir quelqu'un qui est outre-mer? Fait que, tsé, c'était… Moi, je me rappelle, les premières fois, j'avais eu beaucoup de refus de plusieurs assureurs qui voulaient juste pas…

Catherine Duranceau : [00:22:06] Ça t'a pas découragée, non?

Andréanne Marquis : [00:22:07] J'avais pas bien, bien le choix. Fait que, j’étais comme je vais prendre le…

Christian Vanasse : [00:22:10] Mais, tu l'as fait de la bonne façon, Andréanne. Parce que tsé, tu viens le dire. Tsé, tu es allée de façon honnête.

Andréanne Marquis : [00:22:16] Bien oui!

Christian Vanasse : [00:22:17] Si tu serais arrivée quelque part en disant « OK, moi, je veux un prix, je fais des cosmétiques. Ah, pose-moi pas trop de questions, là! »

Catherine Duranceau : [00:22:25] Mais non, tu as pas le choix, là.

Christian Vanasse : [00:22:26] Ça aurait fait…

Catherine Duranceau : [00:22:27] Quel type de cosmétiques?

Christian Vanasse : [00:22:28] C'est terminé!

Catherine Duranceau : [00:22:29] C’est ça.

Andréanne Marquis : [00:22:30] Je pense que ça dépend, c'est ça aussi, du type d'entrepreneur. Moi, je sais que je suis une personne plus... Je suis très soucieuse du bonheur des autres, comment les gens se sentent. Fait que tsé, pour moi, je veux tu pas qu'il arrive de quoi, tsé? Fait que, quand on crée un cosmétique, ça nous prend trois ans, là. C'est long!

Catherine Duranceau : [00:22:45] Par produit?

Andréanne Marquis : [00:22:46] Ça, c'est quand ça va bien, là. Ça fait que tsé, c'est long, puis l'instabilité, puis là « Mets ça au chaud, au froid, congélateur, rayons UV ». Toute cette rigueur-là est full importante. Parce que quand quelqu'un l'achète, je veux que… ça se peut qu'il arrive de quoi, peut-être un pourcentage très minime. Mais sinon, j'ai tout fait ce que j'avais à faire.

Christian Vanasse : [00:23:03] Quand tu te couches le soir, tu rêves pas de voir des plaques rouges à une madame qui a mis…

Andréanne Marquis : [00:23:08] Bien non.

Catherine Duranceau : [00:23:09] C’est ça. Une petite madame qui tu vas te rappeler, tu es comme « Bon, bien, on va essayer de trouver autre chose ».

Andréanne Marquis : [00:23:11] Bien non, c’est ça.  

[00:23:12 À l’écran :Moment marquant]

Catherine Duranceau : [00:23:18] Pourrais-tu nous partager une anecdote où vous avez vraiment fait la différence?

Christian Vanasse : [00:23:21] Oui! Tout le monde se rappelle de la fameuse tempête Debbie.

Catherine Duranceau : [00:23:26] Oui.

Christian Vanasse : [00:23:27] Nous on a… les assureurs, on a un paquet de fichiers qui sait à peu près où l'eau va passer, puis avec les sinistres antérieurs, on sait les quartiers qui sont un peu plus dangereux que d’autres.

Catherine Duranceau : [00:23:35] Oh, bon à savoir, ça!

Christian Vanasse : [00:23:36] Fait qu'on a un client détaillant qui reçoit une grosse commande de plusieurs centaines de milliers de dollars de stock, et du stock sujet à l'eau. Là, je me mets peut-être un peu dans le trouble, mais il n'était pas à cette époque-là très collaboratif. Je pense qu'il avait beaucoup d'autres problèmes ou beaucoup d'autres enjeux en ouvrant sa boutique que de penser à nous autres, les assureurs.

Catherine Duranceau : [00:23:58] Ça lui tentait pas, là.

Christian Vanasse : [00:23:59] Fait que, mon directeur de compte lui dit « Hey, est-ce que tu as du racking au sous-sol pour mettre ça? » Il dit « Oui là, selon la réglementation, je mets ça sur des palettes ». Fait qu’on se rappelle qu’une palette, c'est pas très haut. Le directeur de comptes, il dit « Hey, je vous conseillerais peut-être plus au moins un 2 à 4 pieds, là ». Il dit « Là tu es-tu malade? 2 à 4 pieds, je perds beaucoup d'espace », puis tout le bataclan. Ça reste comme ça. On l'oblige pas pareil de le faire parce qu'il rentre son stock trop rapidement pour ça. À la fameuse Debbie, il a perdu plusieurs centaines de milliers de dollars, mais à peu près juste la moitié de son stock, parce qu'il y avait eu le temps de mettre sur 4 pieds une partie de son stock. Puis ça, il est venu nous dire que « J'en ai parlé à ma femme. J’ai dit, ils exagèrent, les assurances, ils sont en train de me dire où je vais mettre mon stock, comment je vais entreposer mon stock, pour qui ils se prennent? » Puis elle lui a dit « Bien, peut-être que c'est une bonne idée, peut-être qu'ils ont de l'information que tu n'as pas ». Fait qu'il a sauvé à peu près la moitié de son stock qu’il avait mis sur…

Catherine Duranceau : [00:25:05] C’était deux pieds de haut, plusieurs cas avec Debbie. Donc on s'entend que…

Christian Vanasse : [00:25:08] Oui, oui, oui! Même, il a passé proche parce qu'il n'avait pas fait faire du racking supplémentaire, il y avait juste comme rajouté des étages de palettes. Mais il a sauvé la moitié de son contenu. Fait que, maintenant, il nous en remercie. Moi, j'ai trouvé ça drôle quand même.

Catherine Duranceau : [00:25:24] Oui, c'est bon.

Christian Vanasse : [00:25:24] Je l'avoue.

Catherine Duranceau : [00:25:25] Il a ri. Mais il a pleuré sans doute.

Christian Vanasse : [00:25:28] Moi, j'ai ri un peu, je l'avoue. J'étais fier de mon directeur de compte.

Catherine Duranceau : [00:25:31] Merci de l'avoir partagé.

Christian Vanasse : [00:25:33] Ça fait plaisir.

[00:25:35 À l’écran :À retenir]

Catherine Duranceau : [00:25:40] Christian, peux-tu nous résumer la conversation et nous dire comment les entreprises de détail peuvent poursuivre dans la croissance, la pérennité?

Christian Vanasse : [00:25:47] Tout passe par la communication, tout passe par la transparence. Il faut que l'assureur ou l'intermédiaire de marché devienne un partenaire d'affaires au même titre que le banquier, parce qu'on doit voir venir la croissance d'une entreprise. On doit voir venir ce qui va arriver comme activité. Il faut être capable de se préparer pour pouvoir accompagner les entreprises dans ce qu'ils vont faire. Parce qu'on se rappelle tout le temps des gens de Communauto, par exemple, qui, s'il n'y avait pas eu d'assurance, Communauto n'existait pas. C'est le même principe. Même en commerce de détail. Il y a des commerces de détail, que je nommerai pas le nom, qui avait des skateparks dans leur sous-sol. Donc le risque, ce n'est plus juste le risque de ce que tu vends. C'était une belle idée marketing, d'avoir un skatepark pour les jeunes mais…

Catherine Duranceau : [00:26:36] Très cool! Mais côté blessures…

Christian Vanasse : [00:26:38] Oui, c’est super cool! Vraiment bonne idée. Mais si tu nous avertis pas avant, l'assureur, bien, ça se pourrait qu'il dise « Moi je le savais pas, puis c'est un risque que j'assure pas ». Puis qu’un enfant soit blessé sérieusement, puis que tu sois pris avec une poursuite vraiment grande.

Catherine Duranceau : [00:26:50] Donc, une communication en continu.

Christian Vanasse : [00:26:52] Communication en continu. Je pense que, ce qu'il faut retenir, c'est arrêter de magasiner un prix. C'est quoi tes besoins, puis c'est quoi le risque, puis qu'il y ait un partage d'informations qui se fasse, pour que tout le monde soit sur la bonne longueur d'onde, puis qu'on soit capable d'accompagner l'entreprise dans sa croissance, les revenus. Toutes les pyramides fiscales aussi qui se font. Quand une entreprise croît, souvent elle crée des inc, des holdings, puis toutes sortes de choses pour, fiscalement, que ça soit plus avantageux.

Catherine Duranceau : [00:27:22] Il faut les assurer, là.

Christian Vanasse : [00:27:24] Mais ces entreprises-là, ces inc, si l'assureur le sait pas, ils sont pas couverts. Ça fait que c'est vraiment… à résumer, c'est vraiment la communication franche avec l'assureur. L'assureur est jamais là pour mettre des bâtons dans les roues. Il est là pour accompagner puis faire prendre conscience des risques. Parce que, ce qu'on veut, c'est justement de la croissance et que le détaillant fleurisse un peu à l'image de Womance.

Catherine Duranceau : [00:27:49] Bien dit! Oh merci tellement pour cette belle jasette!

Andréanne Marquis : [00:27:51] Ah, bien merci!

Catherine Duranceau : [00:27:53] C'était le fun, ces conseils, ces découvertes et ça donne le goût de se bâtir une business.

Andréanne Marquis : [00:27:57] Oui c'est ça, tu attendras…

Catherine Duranceau : [00:27:59] Oui, je vais attendre le bébé.

Andréanne Marquis : [00:28:01] Ça va arriver en même temps, sinon. Moi, ça serait mon conseil.

Catherine Duranceau : [00:28:03] C’est ça! Merci, je le prends.

[00:28:05 Transition]

Catherine Duranceau : [00:28:03] Merci de nous avoir écoutés et on espère que ces conseils vont vous servir dans votre future pratique. Si jamais vous avez des questions, écrivez-nous à l'adresse balado@beneva.ca. Si vous souhaitez obtenir plus d'information ou découvrir plus d'épisodes, on vous invite à vous rendre au site web de Beneva, section balados. On se donne rendez-vous pour d'autres échanges qui vont vous guider pour prendre des décisions éclairées sur vos assurances et vos affaires.

FIN DE TRANSCRIPTION

Congés maladie : quelle approche adopter avec les employés de retour?

Comment soutenir quelqu’un qui revient au travail après une longue absence? C’est le fil conducteur de cet épisode où Geneviève Everell partage une expérience marquante : un diagnostic de cancer à 34 semaines de grossesse. Catherine Duranceau, notre animatrice, et Sarah Beaudry, conseillère en santé organisationnelle, discutent avec elle des meilleures pratiques… et des attitudes à éviter, comme surprotéger les employés qui recommencent à travailler.

Avec humour et transparence, le trio revient à l’essentiel : un accompagnement réussi s’amorce bien avant la maladie, dans une culture où la confiance et la communication circulent librement. Prenez part à leur échange – que vous soyez gestionnaire, employeur ou simplement désireux de soutenir des collègues.


Animation : Catherine Duranceau


Invitées : Geneviève Everell et Sarah Beaudry

Tous les épisodes sont aussi disponibles sur