Orage et foudre: protégez votre chantier et ses travailleurs

En été, les orages violents peuvent vous surprendre à la maison ou en camping. Sur un chantier de construction, c’est une autre histoire : il faut les prévenir. Les dangers liés aux forts vents, aux pluies et à la foudre deviennent une menace pour les gens comme pour les équipements.

Gérer ces risques ne se fait pas en un éclair. Préparez-vous sans tarder avec un bon plan d’urgence. On survole la question avec vous!

Quels sont les risques?

Les orages violents créent des conditions extrêmes : pluies abondantes, rafales, grêle, éclairs… Voici un aperçu des dangers qu’ils entraînent pour les équipements, les constructions et, bien sûr, les travailleurs :

Un cas concret

Avant la pose de fenêtres, du polythène masque les ouvertures d’une construction. Pendant un orage, les intempéries la déchirent, et l’eau commence à abîmer des matériaux.

Sur le même chantier, une livraison de gypse vient de mal tourner : alors qu’une élévatrice hissait des panneaux au 3e étage, les forts vents en ont emporté; l’impact cause d’autres bris (mineurs, mais tous prévisibles).

  • surtensions électriques, pannes, incendies, électrocutions
  • chutes pour les travailleurs qui se trouvent en hauteur

Le vrai coup de foudre : rien à voir avec celui des films!

Un éclair peut transporter jusqu’à 1 000 000 de volts – plus qu’assez pour causer de graves brûlures et un arrêt cardiaque ou respiratoire.

Au Canada, la foudre crée d’ailleurs plus de victimes que la grêle, le vent, la pluie et les tornades combinés. En 2021, Environnement Canada signalait qu’elle tue 2 à 3 personnes chaque année au pays et qu’elle en blesse 180. Les travailleurs extérieurs se révèlent particulièrement vulnérables.

Sauf exception, ces accidents surviennent entre avril et octobre, et surtout en juillet après les grosses chaleurs.

Gestion des risques : préparez-vous

Parce que les orages violents posent un problème de sécurité, pas d’improvisation possible! Il faut un plan de prévention adapté à l’envergure de votre chantier. Plus le vôtre est important, plus vous aurez besoin d’aide et de mesures pour le préparer.

Un cas concret

Patrick supervise un projet de plus d’un an. Des lignes électriques temporaires assurent du courant dans la roulotte qui lui sert de bureau, et dans les constructions en cours.

Patrick doute de la solidité de deux des poteaux qui alimentent le chantier. L’ingénieure en place lui confirme qu’ils ne résisteront pas à de forts vents. Avec l’aide d’une firme spécialisée, ils feront donc stabiliser les poteaux avant qu’un incident survienne.

Les étapes suivantes peuvent être adaptées à votre contexte et à vos besoins, mais toutes jouent un rôle important.

1. Devancez les orages

Peu avant les orages, le vent et la température changent, le ciel s’assombrit. Il est encore temps d’agir pour protéger au mieux le chantier et les travailleurs, mais ça n’équivaut pas à une vraie préparation basée sur la météo.

À cette fin, désignez un ou une responsable qui surveillera les prévisions locales quotidiennes et avisera vos équipes en cas de danger. Sa « veille météo » peut s’effectuer de plusieurs façons, avec vos propres capteurs ou un dispositif de détection de la foudre. Il existe aussi des sites Internet et des services gratuits en ligne, comme la Carte canadienne du risque de foudre, mise à jour toutes les 10 minutes.

À défaut d’information précise dans de rares situations, le tonnerre peut vous donner une idée de la distance de la foudre. Quand celle-ci est loin, le tonnerre gronde; il émet un craquement sec lorsqu’elle se rapproche.

2. Préparez un plan – par ici, la sortie!

Dans l’urgence, les gens peuvent se désorganiser ou prendre une mauvaise décision. Assurez leur sécurité avec un plan d’urgence clair.

Si un orage violent s’annonce, interrompez les travaux pour protéger vos travailleurs. Faites évacuer la zone, bloquez son accès et gardez l’œil sur ce qui s’y passe. Tout le monde, y compris vous, doit se déplacer sans tarder vers des zones à faible risque.

Pire que le mal des hauteurs…

La foudre tend surtout à frapper les points surélevés et ceux qui conduisent bien l’électricité. Les grutiers et les ouvriers qui travaillent en hauteur sont donc particulièrement exposés à cette menace, ainsi qu’aux forts vents.

Faites-les évacuer d’urgence. Si jamais une personne qui opère une grue (par exemple) n’a pas eu le temps d'en sortir avant l’orage, elle doit s’y abriter, mais sans rien toucher. Les gens qui s’affairent tout près doivent s’éloigner sans tarder. Au sol, ils sont aussi vulnérables à l’électrocution ou aux blessures causées si la grue se renverse.

 

Identifiez dès que possible un ou des points de rassemblement, des endroits où se protéger en cas d’orage :

  • Choisissez avant tout un bâtiment fermé avec plomberie et électricité. Si la foudre frappe, le courant circulera d’abord à travers le câblage et les conduits, puis dans le sol.
  • Évitez les abris mobiles ou temporaires (baraques, aires de pique-nique couvertes, etc.), qui ne s’avèrent pas des lieux sûrs.
  • À défaut d’une construction sécuritaire, invitez les travailleurs à se réfugier dans des véhicules, loin des arbres, des échafaudages, des poteaux et de toute structure en hauteur.

Afin de se protéger de la foudre, tous et toutes doivent aussi…

  • s’éloigner de l’eau et de tout objet qui conduit l’électricité (ex. : une clôture en métal)
  • se tenir à l'écart des objets conducteurs à l’intérieur des bâtiments : éviers, tuyaux, plinthes de chauffage, téléphones fixes…
  • éviter, dans les autos, de toucher une surface métallique ou tout dispositif câblé (comme un volant)
  • s’abriter jusqu’à 30 minutes après le dernier coup de tonnerre

3. Élaborez des procédures pour sécuriser le matériel, les équipements et, toujours, vos équipes

Gérer les orages, ce n’est pas seulement évacuer les lieux en cas de danger… Pensez prévention : créez des procédures pour expliquer comment les travailleurs doivent assurer leur sécurité et celle du chantier. À 60 km/h et plus, une bourrasque peut emporter et projeter des objets avec violence. On ne veut pas se trouver sur sa route!

Voici des exemples de contenus à couvrir :

  • pratiques à adopter

    Par exemple, lorsqu’un orage approche, personne ne devrait commencer ou poursuivre une tâche qui ne peut être arrêtée sur-le-champ.

  • critères requis pour suspendre ou reprendre les travaux

    Un code ou une alarme seront-ils utilisés?

  • façons de protéger le matériel en présence de pluies abondantes et de vents forts

Pour prévenir les blessures et les dommages, le matériel doit être sécurisé, idéalement dans un bâtiment ou sous des bâches résistantes. Certains équipements peuvent être fixés au moyen de cordes, de chaînes, de piquets, etc. Prévoyez le coup!

4. Mettez en place une communication… du tonnerre

Les personnes présentes sur le chantier doivent à tout prix savoir comment se protéger de la foudre et des conditions à risques.

  • Informez-les et, idéalement, formez-les pour qu’elles réalisent les dangers liés aux orages violents.
  • Partagez les procédures d’évacuation et de prévention.
  • D’un chantier à l’autre, et chaque année, présentez-les à nouveau. Vérifiez que tout le monde les comprend de la même façon.
  • Implantez un protocole de communication sécuritaire pour que les gens qui travaillent à distance puissent s’avertir et se transmettre les consignes d’urgence.

Et votre assurance entreprise, elle?

En complément des mesures adoptées pour protéger les gens et votre chantier, une assurance entreprise bien pensée peut vous aider à contrôler les risques.

Vérifiez si vous détenez les protections requises pour composer avec les dégâts des orages violents. Si c’est chose faite, continuez à garder l’œil sur la météo; nous, on vous souhaite de poursuivre vos travaux dans les meilleures conditions possibles!