Se relever après une séparation – protéger sa famille et repartir à neuf
Anne-Élisabeth Bossé : [00:00:00] Salut tout le monde! Je m'appelle Anne-Élisabeth Bossé et bienvenue au balado Ça arrive à tout le monde. Parce que Beneva, c'est vraiment du bon monde, on s'est fait aller le réseau de contacts pour créer des rencontres mémorables. À chaque épisode, je reçois un ou deux invités pour jaser de ce qui arrive dans leur vie. Être en couple, ça peut être merveilleux. On tombe en amour, on construit, on a des projets. Mais parfois, malheureusement, la relation se termine. Est-ce qu'il y a une bonne façon de faire sa séparation? Quand on a des enfants, qu'est-ce qu'on doit faire? Pour en jaser, je reçois la créatrice de contenu, coanimatrice du balado « La vie sociale » et photographe, Camille DS, et la femme d'affaires, chanteuse, cofondatrice de Trois fois par jour, Marilou. On part ça.
[00:00:44 À l’écran : Balado, Ça arrive à tout le monde, Beneva]
Anne-Élisabeth Bossé : [00:00:47] Camille.
Camille D. Sperandio : [00:00:48] Oui!
Anne-Élisabeth Bossé : [00:00:49] Merci beaucoup d'être ici.
Camille D. Sperandio : [00:00:50] Ça fait plaisir.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:00:51] Ça me flatte de pouvoir m'entretenir avec toi sur un sujet aussi délicat, aussi sensible. Je trouve ça généreux de ta part d'être là.
Camille D. Sperandio : [00:00:56] Bien, merci de l'invitation.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:00:57] Je voulais savoir… Bien d'abord, à quel point c'est récent, cette séparation. On va parler de séparation aujourd'hui, tsé, on plonge dans le sujet.
[00:01 :07 À l’écran : Camille D. Sperandio]
Camille D. Sperandio : [00:01:07] Allons-y. Bien c'est ça. Tsé souvent, je trouve que les séparations, des fois, il y en a qui arrivent vraiment subitement, des fois il y en a qui s'en attendent pas, il y en a que des fois, ça va comme un plaster qu'on tire puis que, du jour au lendemain, ça se sépare. Dans notre cas à nous, ça a duré en tout et partout, je dirais une bonne année et demie, presque deux ans, d’étirer un peu l'élastique pour essayer de voir est-ce qu'on se rend vraiment là ou non, tsé. Fait que, je dirais que la séparation, je vais dire émotionnelle, ça fait peut-être à peu près deux ans que la démarche a été commencée. Mais la séparation physique, du moment où j'ai déménagé, c'est à peu près il y a peut-être six mois, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:01:41] Ah oui, OK quand même! On est dans le frais.
Camille D. Sperandio : [00:01:43] Oui, oui, on est dans le frais. Mais, étant donné que mon processus ça fait déjà… tsé, il a été enclenché il y a comme deux ans, ça a été moins pire que je pensais. J'appréhendais vraiment ce moment-là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:01:52] Oui, tu avais une partie du deuil d'entamé dans la relation.
Camille D. Sperandio : [00:01:55] Oui, exactement.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:01:56] Ce qui est quand même assez fréquent aussi, là. On comprend que ça ne marchera pas, mais de rester là.
Camille D. Sperandio : [00:02:00] Mais, même avec la distance et la séparation physique, on a continué quand même de se parler, puis de se voir. Fait que, ça a pas été drastique. Du jour au lendemain, on ne se parle plus. Fait que, même encore à ce jour, on est encore full en bons termes. On se parle presque à tous les jours. Fait que pour moi, ça a comme été une rupture vraiment douce et c'est ça que je voulais aussi. Je pense que les deux, c'est ça qu'on voulait. Une façon de protéger notre relation puis notre amitié. Fait qu'on l'a fait vraiment à notre façon. Je pense qu'il y a pas non plus de livres de règlements ou...
Anne-Élisabeth Bossé : [00:02:28] S'il y en avait une, une belle recette toute faite, on la ferait.
Camille D. Sperandio : [00:02:31] Ça serait le fun. Ça serait vraiment le fun. Mais je pense que dans notre cas, on a vraiment voulu y aller, comment nous on se sentait, puis sans essayer d'écouter les jugements et les conseils des autres personnes qui nous entouraient, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:02:42] Et qui se contredisent entre elles.
Camille D. Sperandio : [00:02:44] 100 %.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:02:45] Oui, oui, tout à fait. Oui, puis parle-moi de la relation en général. Combien de temps vous avez été ensemble? Aviez-vous des enfants? Comment vous vous êtes rencontrés? Le petit pedigree.
Camille D. Sperandio : [00:02:51] OK, commençons. On s'est rencontrés il y a de ça presque quinze ans, là. Fait qu'on est des amis de longue date. On s'est rencontrés via une amie en commun avec qui je travaillais. Puis tout de suite…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:03:02] Vous avez été des amis au départ. OK.
Camille D. Sperandio : [00:03:04] Oui. Puis tout de suite, on est devenus vraiment, vraiment fusionnels, mais amical. C'était comme… on s'était trouvés. Mais c'était vraiment spécial parce que, en fait, je travaillais avec sa blonde de l'époque, puis il y avait aucune ambiguïté, c'était juste mon ami. Mais évidemment, je le trouvais quand même charmant, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:03:19] Mais, tu allais pas là dans ta tête.
Camille D. Sperandio : [00:03:20] Non, vraiment pas. Puis lui, il était en couple, il avait un condo, il avait un chien, il avait sa petite job, tsé. Tsé, tout était vraiment setté de son côté. Puis à un moment donné, il a juste décidé que ça lui convenait plus, puis il est parti vivre un an en Asie et en Australie. Puis moi, j'étais comme un peu la seule amie qui prenait des nouvelles de lui par FaceTime et tout ça. Puis je lui avais même envoyé une lettre à Noël en Australie, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:03:42] Il était vraiment important pour toi, là, oui, oui.
Camille D. Sperandio : [00:03:44] Il était vraiment important. Puis, quand il est revenu, tout de suite, on s'est revus, là. La première journée qu'il est revenu de son grand périple de un an. Puis, il avait commencé à apprendre la photo et tout ça. Puis quand il est revenu, j'ai dit « Hey, moi, je pourrais t'aider à te trouver des contrats dans le milieu, et tout ça ». Fait qu'on est devenus super amis. Ça a duré un genre de six mois, puis bien éventuellement, on était comme, « Ah, je pense qu'on est plus que des amis ».
Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:05] Mon Dieu, tu es tellement quelqu'un de rationnel?
Camille D. Sperandio : [00:04:07] Tu trouves?
Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:07] Bien, dans le sens que tu as fait les choses vraiment dans l'ordre.
Camille D. Sperandio : [00:04:09] Oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:10] On s'est séparé, vous vous êtes pas… Tsé, il est parti un an réfléchir. Tu as dit « Je vais t'aider professionnellement ». Pardon, je suis très émue de ça. Puis là, tranquillement, on dirait… après ça, vous avez dit « Coudon, on va‑tu voir s'il y a quelque chose de plus, tsé? »
Camille D. Sperandio : [00:04:23] Oui. Puis, fun fact, il allait faire Occupation Double. Donc, moi, c'est moi qui allais le porter aux auditions.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:28] Excusez-moi!
Camille D. Sperandio : [00:04:29] Oui, oui, oui. OD Bali.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:31] On se rappelle.
Camille D. Sperandio : [00:04:32] Donc, c'était comme le grand retour de OD. Puis il a fait… il était backup, en fait. Fait que, s'il y a quelqu'un qui se désistait à la dernière minute, c'est lui qui rentrait. On a son oriflamme encore à la maison, là. C'est vrai. Genre, on a sa photo de OD tsé. Puis finalement, bien, la journée même du tapis rouge, il a su qu'il allait pas faire OD. Fait que tsé, moi jusqu'à ce moment-là, je l'encourageais à faire ça, tsé. Puis, ça a été un mois plus tard que, finalement, on était comme « Bien finalement, c'est peut-être une bonne chose ». Fait que oui, c'est ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:56] Puis là, tranquillement, vous faites « Coudon, on est amoureux ». Puis là, vous avez déménagé ensemble, j'imagine?
Camille D. Sperandio : [00:05:01] Oui, on a déménagé très, très rapidement ensemble.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:04] Très rapidement, à un moment donné, ça faisait longtemps que vous vous connaissiez!
Camille D. Sperandio : [00:05:08] Qu’on se connaissait, c’est ça, tsé. Puis quand il est revenu de l’Australie…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:09] C'est pas la plus grosse prise de risque.
Camille D. Sperandio : [00:05:10] … il est venu habiter chez mes parents tout de suite. Moi, j'avais une maison. Ma mère, elle habitait au Mexique à l'époque. Elle habite encore là, fait que j'avais une maison à moi toute seule. Grande maison familiale. Fait qu'il habitait au deuxième étage. J'habitais au sous-sol. On était comme colocs. Puis à l'époque, je me rappelais. Il fréquentait des filles, je fréquentais des gars, puis c'était ça là, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:26] Mon Dieu.
Camille D. Sperandio : [00:05:27] Oui. Puis…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:27] Ce qui explique peut-être pourquoi vous êtes capables d'être en bons termes aujourd'hui. Vous vous êtes tellement connus autrement aussi. OK, je comprends.
Camille D. Sperandio : [00:05:33] 100 %, oui. Puis, ça a duré huit ans. Fait que huit ans…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:36] Quelle grosse partie de ta vie, quand même!
Camille D. Sperandio : [00:05:38] Oui, vraiment. Fiançailles, chien, roulotte, maison, terrain, projet, business ensemble. Fait que tsé, ça a tout le temps été comme quelqu'un… un pilier pour moi. Puis encore à ce jour, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:49] Wow.
Camille D. Sperandio : [00:05:50] Oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:51] OK, puis là, après ça, bon, c'est lui qui a gardé la maison.
Camille D. Sperandio : [00:05:56] Oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:57] OK, puis c'est toi qui es…
Camille D. Sperandio : [00:05:58] Qui est partie.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:58] C'est comme un peu… je vais dire, ça va être des gros mots, mais c'est comme un double trauma séparé aussi. Parce que là, tu perds ton repère émotif, puis tu perds aussi ton repère physique. Tsé, tu déménages. Juste déménager, c’est un gros…
Camille D. Sperandio : [00:06:07] C'est quelque chose en soi. Oui, mais moi, je pense que…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:06:10] C'est marquant.
Camille D. Sperandio : [00:06:11] … c'était moi qui devais quitter pour repartir à neuf, puis ne plus avoir cette énergie‑là. Parce qu'encore à ce jour, quand je retourne dans cette maison‑là, bien c'est encore des cadres avec des photos de nos voyages. Tsé, c'est rempli de souvenirs pour moi, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:06:24] Bien sûr.
Camille D. Sperandio : [00:06:25] Fait que pour moi, c'était super important que, s'il voulait la garder, que ça… il allait m'acheter ma part, évidemment, mais que moi j'allais vouloir avoir… recommencé from scratch, là, vraiment.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:06:33] Tu veux un nouveau divan, tu veux un nouveau lit, tu veux des cadres.
Camille D. Sperandio : [00:06:34] Je veux tout nouveau, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:06:35] Je comprends.
Camille D. Sperandio : [00:06:35] Je veux repartir à neuf, être dans un endroit qui est neutre aussi, qui a pas encore de souvenirs, puis créer mes nouveaux souvenirs à moi, tsé. Oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:06:42] Oui, oui. Mon Dieu, je me reconnais beaucoup dans ce que tu dis. Moi aussi, je suis repartie from scratch, là, quand je me suis séparée de ma relation de sept ans. Nouveau lieu, nouvelle vibe, nouveau quartier, nouveau tout, là.
Camille D. Sperandio : [00:06:51] C'est ça, tsé. Je pense que c'était important pour moi de recommencer juste avec des nouvelles bases, puis de ne plus avoir cette énergie‑là aussi qui me pesait parce que c'était prenant aussi. Même quand… tsé, quand on a décidé de se séparer, on est resté quand même… on a habité ensemble encore un bon six, sept mois, tsé. Fait que, on le savait que ça s'en venait.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:11] Aviez-vous des règles pour…?
Camille D. Sperandio : [00:07:13] Oui. Tsé, moi les règles, c'était plus : autant et aussi longtemps qu'on est sous le même toit, moi, je n'accepterai pas qu'il y ait une fille qui rentre ici, là, tsé, évidemment, là. Fait qu'on s'était dit « Regarde, jusqu’à tant que je quitte, on peut se donner ce respect‑là ». Puis je pense que, dans les deux cas, on n'avait pas non plus la tête à ça, de se réembarquer ou d'aller dater. C'était pas ça non plus le point tournant aussi de la rupture, là, c'était pas pour ça nécessairement, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:35] Je vous trouve… Mon Dieu, c'est pas tout le monde qui a des séparations comme ça.
Camille D. Sperandio : [00:07:39] Non, non.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:40] C'est doux de votre part. C'est mature.
Camille D. Sperandio : [00:07:43] Oui. Bien, je pense qu'on pense qu'une séparation, c'est en quelque sorte un peu un échec. Mais de dire « J'ai réussi ma séparation », ça enlève un petit peu le côté négatif, un petit peu, à tout ça. Le côté « c'est un échec, c'est un deuil », mais d'y aller plus de transformer cette relation.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:00] Qui dit fin, dit nouveau départ aussi.
Camille D. Sperandio : [00:08:01] 100 %.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:02] Puis dit renouveau, puis tout ça. Mais comment on fait ça, tu penses, réussir sa séparation? Bien qu'on ait dit plus tôt qu'il n'y ait pas de recette, selon toi, comment on fait?
Camille D. Sperandio : [00:08:09] Je pense qu'il y a, déjà là, des critères à respecter. De un, bien, est-ce que les raisons de la séparation sont relativement saines? Dans le sens que c’est… il n'y a pas eu d'adultère, il n'y a pas eu de tromperie, il y a pas eu de cachotteries, il y a pas eu de maltraitance, violence ou quoi que ce soit. Tsé, dans notre cas, ça a été vraiment très sain du début à la fin de notre relation. Mais nous, c'est…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:28] C’est vraiment juste le lien qui s'est effrité. Puis la vie qui…
Camille D. Sperandio : [00:08:32] Oui, je pense que c’était… Tsé, quand tu es en fusion avec quelqu'un, tu deviens un. Une personne.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:37] On parle au « on ».
Camille D. Sperandio : [00:08:38] Puis à un moment donné, tu oublies un peu tu es qui, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:39] Tellement.
Camille D. Sperandio : [00:08:40] Puis, je pense que c'est super important. Tsé, on dit souvent que, dans une relation, il faut être trois. Fait qu’il y a comme les deux personnes seules et le nous, tsé. Puis je pense que, à un certain point, on avait un peu perdu c'était qui le nous seul, sans l’autre, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:50] Vous avez négligé les deux « je ». OK.
Camille D. Sperandio : [00:08:52] Oui. Puis de mon côté, j'en avais pris beaucoup. Parce que j'avais des projets, puis je suis une fille sociale, puis j'ai des amis, puis j'ai des projets. Puis de son côté, je pense que c'était quelque chose qui le travaillait un petit peu plus, de découvrir il était qui un petit peu sans moi parce que je suis très maternelle, je suis très… je veux pas dire contrôlante, mais je suis quelqu'un sur qui il pouvait vraiment compter sur tout. Puis moi, c'était beaucoup dans la codépendance puis la dépendance. Moi, j'étais la codépendante qui voulait tellement tout faire pour lui, puis je voulais être essentielle pour lui. Tsé, pour revenir à ta question, je pense que c'est la communication, le respect, l'amour avec le grand A, l'amour inconditionnel de « Je te regarde, puis tu es ma famille, tsé ». Comme tu n'es même plus…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:09:28] Après tant d’années.
Camille D. Sperandio : [00:09:29] c’est même plus « Tu es mon amoureux, mais tu es ma famille, tsé ». Puis pour moi, ça, c'était super important. Et enlever l'ego.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:09:36] Pas facile!
Camille D. Sperandio : [00:09:36] C'est ça. Mais je pense que ça, c'est le plus difficile, vraiment. Quand les deux personnes commencent à rencontrer d'autres personnes puis que…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:09:42] Être remplacée, être détrônée. Je comprends.
Camille D. Sperandio : [00:09:44] C'est vraiment ça. Je pense que c'était comme de perdre sa place, de perdre le… d'être mon top 1, là, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:09:51] Je le sais.
Camille D. Sperandio : [00:09:52] Je pense que c'est ça le plus difficile. De réaliser que petit à petit, genre mon top 1 sera peut-être plus lui et vice versa, tsé. Mais je pense que peu importe ce qui va arriver, je vais l'appeler, il va être là. Tsé, je ne pense pas que ça peut se casser un jour, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:06] Non, puis il faut que les nouvelles personnes qui rentrent dans vos vies respectent ça aussi.
Camille D. Sperandio : [00:10:09] Comprennent.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:10] Puis ça, c'est pas toujours évident non plus d'avoir cette…
Camille D. Sperandio : [00:10:13] Ouverture.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:14] Ouverture d'esprit, exactement.
Camille D. Sperandio : [00:10:15] Je pense que, quand tu ne l'as pas vécu, tu ne comprends pas. Quand tu l'as vécu, tu comprends. Mais moi, je trouve que c'est super beau de voir deux ex se respecter, se parler.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:26] Se soutenir encore, encourager.
Camille D. Sperandio : [00:10:28] Se soutenir. Je trouve que c’est super important. Surtout quand il y a des projets ensemble. Tsé, nous, on n'a pas d'enfant, mais on a un chien.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:32] Comment vous faites, le chien?
Camille D. Sperandio : [00:10:33] Le chien, c'est une des raisons aussi pourquoi on se disait tout le temps « Il faut qu'on protège notre relation. Parce que si on est pour se voir à chaque semaine, j'ai pas envie de… »
Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:43] D’y aller de reculons à chaque fois.
Camille D. Sperandio : [00:10:44] Oui, vraiment. Fait qu’on a trouvé des solutions de… Bien là, tsé, nous on est deux personnes qui voyagent beaucoup, qui a beaucoup de projets. Fait qu’on habite à dix minutes l'un de l'autre. Fait que tsé, en ce moment, c'est vraiment dans… on s'entraide. Puis il n'y a pas vraiment de règles préétablies, on y va vraiment selon nos disponibilités. Puis pour le moment, ça fonctionne, là, mais…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:00] Mon Dieu, c'est inspirant!
Camille D. Sperandio : [00:11:04] Ça a l’air facile, mais…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:06] Puis tu l'as eu pas trop difficile, puis tant mieux, donc tu as pas besoin de toujours être obligée d'être tough.
Camille D. Sperandio : [00:11:09] Oui, mais ça a pris du temps là aussi avant de me rendre là. C'est sûr que tsé, on aurait eu la discussion il y a un an pile, j'aurais peut-être pas eu le même discours, tsé. Là, je suis comme dans l'espèce de guérison le fun aussi, où je suis comme, OK, là je reprends confiance en moi, j'ai l'impression que j'ai ma vie en main, que tsé mes affaires sont stables, j'ai ma maison, j'ai mes projets, que j'ai plus… Je me lève le matin puis je n'ai plus la petite boule de comme « Ah c'est vrai, est-ce que je suis dans un mauvais rêve? » Tsé, je n'ai plus ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:35] Ah oui! Puis ça, il y a juste le temps qui peut nous aider.
Camille D. Sperandio : [00:11:39] Oui, puis quand le monde me disait ça, je voulais me péter la tête sur les murs, to be honest. J’étais comme, le temps, le temps, genre...
Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:44] Oui, moi aussi. Mais, taisez-vous avec le maudit temps.
Camille D. Sperandio : [00:11:48] Je pense pas que ça aide, oui. Mais, c’est ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:50] Le fait est que, une fois qu'on est de l'autre bord, hein…
Camille D. Sperandio : [00:11:52] C'est vraiment ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:53] C'est ça pareil.
Camille D. Sperandio : [00:11:54] Être patient. Je pense qu'on n'a pas tout encore… Je pense que la première année, c'est là que… tsé, là, ça va être les premières fêtes un sans l'autre, ça va être la première Saint-Valentin, les premiers anniversaires. Tsé, comme tout ça, je pense que c'est les petits trigger aussi.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:12:08] Moi, ce que j'ai trouvé dur aussi, c'est la première grosse déception, le premier gros drame. Genre, poquer son char, puis pas pouvoir appeler l'autre pour dire « Là là, ça va mal là! Tsé, j'aurais besoin que tu dises ça, là ». Non, moi c'est ça que j'ai trouvé difficile aussi, être un peu seule avec moi-même.
Camille D. Sperandio : [00:12:22] Oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:12:23] As-tu trouvé ça dur quand tu es partie chez vous? Parce que vous avez réussi beaucoup de choses, mais ça a été quoi le côté, pas sombre, mais les défis, admettons?
Camille D. Sperandio : [00:12:32] Oui. Bien moi, j'avais vraiment peur de ça parce je suis une fille qui adore être avec le monde, puis qui a besoin un peu de cette fusion‑là, tsé. Puis j'ai la chance d'avoir plein de bons meilleurs amis. Puis je pense qu'ils m'ont tellement soutenue là‑dedans que, tsé, la première journée que j'ai déménagé, j'ai demandé à Guillaume de venir dormir chez moi la première nuit.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:12:51] Il a dit oui?
Camille D. Sperandio : [00:12:51] Oui. Il m'a demandé en fait c'est quoi je voulais. Puis j'étais comme, « Ah tu sais quoi? Pour cette transition‑là, je pense que j'ai pas envie de me coucher dans ma nouvelle maison, puis de comme avoir cette espèce de panique de solitude ». Fait que ça a comme fait une nuit, là, juste pour dire comme j'ai encore mon petit safe space avec moi, mon petit cocon.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:10] Oui, doucement. La petite liane. OK, fait que toi, comme tu dis, toi, tu étais un peu en charge dans ta relation. Fait que là, toi, faire ton changement d'adresse, payer tes affaires.
Camille D. Sperandio : [00:13:20] Ça, ça m'a fait chier. Oui, ça, c'était pas la partie la plus...
Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:23] Le côté paperasse, c’était‑tu angoissant pour toi?
Camille D. Sperandio : [00:13:25] Oui, admettons, lui, il s'occupait beaucoup des finances. Fait que tsé, tout ce qui est comme un peu paperasse, finances, gérer mes taxes de bienvenue, ça admettons, c'était pas la chose qui m’intéressait.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:32] Changer son adresse, genre, Revenu Canada, là, c'est ça?
Camille D. Sperandio : [00:13:35] C'est sûr que c'est moins ma tasse de thé. Mais, c'était plus admettons tout l'entretien. Genre, là, il faut que j'engage quelqu'un pour couper mon gazon, pour déneiger, pour ci. C'est l'hiver, il faut‑tu que je coupe l'eau? Genre, je sais pas, moi, je sais pas comment faire.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:51] Moi, ça a été ça mon affaire.
Camille D. Sperandio : [00:13:53] C'est la première fois que j'ai une maison toute seule, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:54] Je comprends.
Camille D. Sperandio : [00:13:55] Je sais pas comment gérer ça, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:56] Poser un cadre. Non, mais c’est niaiseux, mais…
Camille D. Sperandio : [00:14:00] C'est lui qui a posé mes cadres. J'étais pas capable.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:02] Bien moi, j'ai jamais touché une drill. Ça sera pas dans cette vie-ci. Fait que, c'est correct.
Camille D. Sperandio : [00:14:06] Non, c’est ça. Mais, je pense que c'est bon d'affronter ses peurs.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:08] Oui.
Camille D. Sperandio : [00:14:08] Tsé, de faire comme ça, juste...
Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:10] Ça force ça, la séparation. C'est une lunette positive. C'est une lunette rose, peut-être un peu sa séparation, mais c'est vrai que ça fait ça.
Camille D. Sperandio : [00:14:16] De se refaire confiance à faire des choses seule. Juste aller prendre un café toute seule, j'avais jamais fait ça, là, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:21] Je comprends.
Camille D. Sperandio : [00:14:22] Ou juste aller à mon cours de yoga. Tsé, on faisait tout ensemble, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:26] Oh boy! Oh oui, oui. Ça en fait, des trails à redéterrer en solo, là.
Camille D. Sperandio : [00:14:31] Oui. Je me rappelle que pendant six mois, j'écoutais plus de musique. Tsé, tout me rappelait lui. Tout, tout, tout. Toutes nos chansons, tous les bands qu'on écoutait, qu'on allait voir. Là, je suis en train de déconstruire ça pour être reconnaissante de ça, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:47] Tu t'en demandes beaucoup! Non, mais moi, j'ai encore des affaires qui ne peuvent plus jouer, là. Moi, j'ai des tounes comme « Condamné », là. Oui, oui, oui, vraiment. J'ai des films que je peux pas regarder.
Camille D. Sperandio : [00:14:58] C'est sûr.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:58] Il y en a qu'on skippe, puis c'est correct, là. On n'est pas des saintes.
Camille D. Sperandio : [00:15:03] Mais j'avoue, j'avoue. Oui, oui, non, il y a plein d'affaires que je sais que ça… Les petits triggers vont arriver tout au long de l'année. Puis, je sais pas à quel moment exactement qu'on est guéri de ça. Je sais pas si on guérit de ça ou on apprend à vivre avec, puis on est plus… C’est ça, j'essaie d'être plus dans la reconnaissance de comme « Je suis chanceuse d'avoir vécu ça, d'avoir vécu huit années où que c'était… » On a voyagé, là. J'ai calculé, je pense qu'on a fait comme 30 pays ensemble. Tsé, c'est incroyable tout ce qu'on a vécu. Puis moi, je déteste les fins. J'ai vraiment de la difficulté avec les « au revoir », puis je pense que c'est pour ça qu'on a comme tiré l'élastique. Parce que moi, j'ai des amis là, que OK, comme c'est fini, OK je prends mes affaires, je m'en vais, puis on se reparle plus. Moi, c'était pas quelque chose qui résonnait en moi, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:15:41] Mais, c'est affreux les fins. Moi, je suis une fille de milieu aussi, là. Je suis une fille de milieu de sandwich, là, c'est tough. Non, non, je comprends, ça fait peur. On s'accroche au bord de piscine le plus longtemps possible. Je comprends. Oui, oui. Puis c'est beaucoup d'investissement, une relation aussi. Puis des fois, on reste parce qu'on veut un retour sur investissement. On a tout sacrifié pour quelqu'un, puis on se rend compte que ça ne marche plus. Puis là on fait « mais… » C'est comme si on perdait quelque chose, il fallait que ça fructifie plus longtemps.
Camille D. Sperandio : [00:16:06] 100 %.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:16:07] Oui. J'ai envie d'inviter quelqu'un d'autre pour poursuivre notre discussion, qui a eu une séparation probablement très différente. Il n'y en a pas une de pareille. Fait que, es-tu prête à accueillir Marilou?
Camille D. Sperandio : [00:16:14] Oui!
[00:16:15 TRANSITION]
Anne-Élisabeth Bossé : [00:16:16] Marilou, encore une fois, merci toi aussi d'être là pour parler de ce sujet‑là qui fait partie de la vie, hein?
Marilou Bourdon : [00:16:23] Bien moi, je pensais que c'était un sujet lourd. Mais là, tantôt je t'écoutais, puis j'étais comme « mon Dieu, Seigneur », c'est quand même… ça peut être léger.
[00:16:30 À l’écran : Marilou Bourdon]
Marilou Bourdon : [00:16:31] Mais, je comprends qu'il a son lot de lourdeur, mais ça peut quand même être une belle expérience enrichissante.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:16:34] Oui, oui, oui. Tout dépend de l'optique qu'on a, puis au moment où on en parle.
Camille D. Sperandio : [00:16:39] Le timing. Oui, oui, oui, c'est ça, exactement.
Marilou Bourdon : [00:16:40] Parce que c'est pas tout à fait ma définition, admettons, ou ma perception d'une séparation.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:16:46] C'est quoi ta perception d'une séparation?
Marilou Bourdon : [00:16:47] Bien, dans ma tête, moi c'est comme si j'ai toujours eu un code ou une limite, tsé. Parce que je me disais : c'est quand tu détermines que c'est la fin d'une relation? Puis pour moi, c'est quand il y a comme une aversion envers l'autre personne. Tsé, on n'est pas là, là. C'est ça que je comprends.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:00] Tu n'es pas rendue au dédain, là.
Marilou Bourdon : [00:17:02] On s'est pas rendu au dédain, tsé. C'est ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:04] Oui.
Marilou Bourdon : [00:17:05] Mais c'est pour ça que ça sort de ma vision. Parce que moi, je me suis toujours séparée à des moments où je me disais : OK, là je sens que mon âme est affaiblie, que… pas un dédain, c'est un peu fort, mais une aversion. Comme ouf, tsé, je peux plus.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:19] Oui, tu n'es plus un plus dans ma vie. Tu es plus comme un moins.
Marilou Bourdon : [00:17:22] Et vice versa, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:24] Oui, quand on s'apporte plus de bien.
Marilou Bourdon : [00:17:25] Non. Ou surtout, on s'abaisse, on s'élève plus. Fait que, tsé, je vois que, toi, c'est pas ça, là. Fait que, c'est beau de voir qu'il y a d'autres expériences.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:34] Il y a d'autres sortes de fins. Tout à fait.
Marilou Bourdon : [00:17:36] Tu parles aussi beaucoup d'amitié, tsé. Fait que là, tu te dis est-ce que, dans le fond, on a toujours été des amis? Est-ce qu'on va… En tout cas, les relations, c'est ça. On est deux, hein. Puis autant, les séparations aussi. Puis on l'oublie, ça. C'est comme si on se dit : OK, on se sépare, fait que c'est chacun pour soi. Mais non, si tu veux la réussir ta séparation, il faut que les deux veulent.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:54] Les deux travaillent dans le même sens, d'autant plus quand on est coparents.
Marilou Bourdon : [00:17:57] Oui, mais là, ça c'est un autre dossier.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:18:00] C'est comme un peu la grande différence entre vous quand il y a des enfants, quand il y a une famille dans le décor, comment est-ce qu'on aborde une séparation? Qu'est-ce qui est différent?
Marilou Bourdon : [00:18:06] Bien, tsé, puis je ne veux pas minimiser le fait que vous ayez un animal aussi. Je sais qu'il y a beaucoup de couples qui se partagent la garde d'un animal, puis je comprends l'amour qu'on a pour nos animaux. Mais c'est sûr qu'un enfant, ça vient chercher. Tsé, ton enfant te parle, ton enfant a des traits de caractère de l'autre parent, ressemble beaucoup à l'autre parent dans certains cas. Fait que oui, ça, c'est un enjeu parce que c'est… Je trouve que c'est une des choses qui vient le plus nous trigger dans la vie, nos enfants. Tsé, de voir où ils sont rendus, ce qu'ils font, ça vient toucher des vieilles blessures. Fait que, d'être un coparent quand tu choisis de ne plus avoir cette personne‑là dans ta vie, c'est particulier. Tu es comme lié pour toujours avec quelqu'un que tu te ne veux plus dans ton quotidien. Fait que, c'est un gros travail de de toujours remettre l'enfant au centre, tsé, de dire… c'est ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:18:56] Puis, j'imagine que ça a… bien que tu aies ton enfant, je sais pas, à 30 %, 50 %, à 100 % du temps, tu l'as à 100 %. Quand tu te retrouves seule avec ton partner avec toi dans ta maison, là?
Marilou Bourdon : [00:19:07] Exactement. C'est ça, tsé une garde 50-50, c'est le fun pour plein de raisons. Tu retrouves du temps. Mais c'est ça, tu es à 100 % responsable. Le temps où tu as tes enfants. Puis avec deux enfants en bas âge, c'est quand même un gros défi. Puis je pense que, c'est ça, le défi quand tu es en séparation avec des enfants, c'est que, tsé, je ne sais pas s'il y a des moments où tu avais de la difficulté à te gérer toi-même, tsé, de…?
Anne-Élisabeth Bossé : [00:19:31] Je ne sais pas.
Camille D. Sperandio : [00:19:32] Oui!
Marilou Bourdon : [00:19:33] Mais c'est ça! C'est que c’est comme, on dirait, surhumain, un peu de comme devoir gérer, faire passer deux petites cocottes avant ton mal-être ou ta peine ou ta culpabilité, puis tout ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:19:45] Ça te demande une force de caractère incroyable. Mon Dieu! Tu ne peux pas... Tu avais‑tu un petit peu envie de te victimiser au début, de… Bien pas, on a tous des fois un peu de pitié pour soi, là. Mais tsé, y a une différence entre la compassion puis de la pitié pour soi. Mais au début, tsé, il y a des bouts qui doivent être un peu près du désespoir quand même, là?
Marilou Bourdon : [00:20:02] Oui. Bien, je pense que c'est ça. C'est à partir du moment où j'ai arrêté de me victimiser que ça a commencé à mieux aller, ma vie en général, là. Tsé, dans une séparation, tu as beau avoir été victime réellement de plein de choses, bien, c'est de focusser sur « OK, quelle partie de moi est allée en couple avec cette personne‑là? Comment j'ai contribué à ». Tsé, de vraiment prendre 100 % la responsabilité de mes actions, on dirait que c'est comme, j'ai tellement de choses à gérer de moi-même que je n'ai plus à m'occuper de son dossier à lui, tsé. C'est ça, fait que ça me sort de cette de cette victimisation qui n’est pas nécessaire.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:20:33] Pourquoi moi? Plutôt que qu'est-ce que j'ai appris là‑dedans? Puis pourquoi je suis allée là? Pourquoi je me suis rendue là, tout ça?
Marilou Bourdon : [00:20:39] Puis, comment je me ramasserai plus…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:20:40] Oui, de ramener ça vers soi, en fait.
Marilou Bourdon : [00:20:42] Exact.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:20:43] Tout en ramenant ça aussi aux enfants. Le temps pour guérir son âme, puis le temps aussi pour pratico-pratique, puis prendre soin du projet commun.
Marilou Bourdon : [00:20:52] Oui, exactement. Je trouve que l'amour et les séparations, ça demande du travail. Puis on est toujours dans la pensée magique que ça vient à toi.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:21:00] Ça devrait être facile. Oui.
Marilou Bourdon : [00:21:01] Oui. Mais quand on prend une décision, bien, nécessairement, il faut y mettre des efforts. Il y a des sacrifices qui viennent avec ça. Puis je pense que, pour réussir une séparation… puis surtout, bien écoutez, moi avec les enfants, ma fille, elle a 10 ans, ça fait huit ans que je suis séparée. Ça arrête jamais, les efforts. Se mettre de côté, vouloir le bien de l'autre aussi avant le sien, traiter son égo. Tu parlais d'ego tantôt, c'est tellement important, tsé. Les relations, c’est...
Anne-Élisabeth Bossé : [00:21:26] Penses-tu qu'il y a des parents qui restent ensemble trop longtemps pour le bien-être des enfants?
Marilou Bourdon : [00:21:32] 100 %. Puis c'est drôle, une de mes filles qui m'a dit dernièrement que, quand elle allait chez ses autres amis, elle revenait des fois à l'envers, particulièrement chez une amie. Puis elle disait « Maman, comment les parents se parlent, c'est comme, je veux pas souper là, tsé, je me sens pas bien ». Puis je me disais « OK, bien, il y a des parents encore ensemble pour qui c'est plus toxique sur les enfants, que des parents qui sont séparés ». Bien que, tsé, mes deux enfants ont vécu beaucoup de traumas de séparation, tu ne veux pas que tes parents se séparent, là, mais qu'est-ce qui est pire? Qu'est-ce qui est mieux?
Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:06] Bien, cet exemple-là est quand même frappant, qu'elle le ressent. C'est des éponges les enfants. Fait qu’en même temps, bien qu'ils veulent leur cocon, puis ils veulent voir leurs parents ensemble, ils le voient bien, là. Ils la sentent. La petite violence sournoise, les petites attaques basses. Ils sont pas fous, là.
Marilou Bourdon : [00:22:18] Oui, exactement. C'est impatience, rigidité. Fait que tsé, dans ce temps‑là, je pense que réussir une séparation, c'est souhaitable, tsé. Malheureusement.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:27] Puis aussi, on est privilégiés. Parce que des fois, financièrement, on peut pas se permettre de se séparer. Ça, c'est l'affaire la plus triste.
Marilou Bourdon : [00:22:33] Je le sais.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:36] Les loyers, c'est cher. Séparer les comptes, tout recommencer, tsé. Autant ça demande de l'autonomie, ça demande des sous. Puis des fois, tu as mis ta carrière de côté, puis là, il faut que tu… C'est beaucoup d'enjeux, tsé, auxquels on a moins fait face, là, je le sais, mais…
Marilou Bourdon : [00:22:48] Je pense qu'on est privilégiés.
Camille D. Sperandio : [00:22:49] Oui, mais je pense aussi que ce qui est difficile, c'est de retrouver cette sécurité seule. Quand tu es avec quelqu'un, on dirait que c'est plus facile de se sentir sécure. Puis là, quand tu arrives seule, bien là, tu es la seule personne sur qui tu dois compter. C'est facile d'en échapper, c'est facile d'en oublier, puis c'est facile de se taper sur la tête parce que tu es la seule personne à qui tu peux taper sur la tête, tsé.
Marilou Bourdon : [00:23:09] Oui, tu es responsable.
Camille D. Sperandio : [00:23:10] Fait que c'est de retrouver cette sécurité‑là en soi, je trouve que ça a été ça, le plus difficile, de se faire confiance.
Marilou Bourdon : [00:23:14] Il y a pas une liberté, là-dedans?
Camille D. Sperandio : [00:23:15] Oui!
Marilou Bourdon : [00:23:16] Tu trouves pas qu'il y a une grande liberté?
Camille D. Sperandio : [00:23:18] Oui, vraiment.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:23:18] Une fierté aussi.
Marilou Bourdon : [00:23:18] Oui, oui.
Camille D. Sperandio : [00:23:19] Oui. Quand ça va bien. Quand ça va bien!
Marilou Bourdon : [00:23:21] Oui, mais même quand ça va mal, dans le sens que, tsé, de compter juste sur soi. Je sais pas, moi, il y a quelque chose que je trouve très libérateur de me dire « Bien hey, je suis là moi, je vais trouver une solution, tsé ». Puis c'est pas parce qu'on est séparé qu'on peut pas aller chercher de l'aide, là. Évidemment.
Camille D. Sperandio : [00:23:34] Oui.
Marilou Bourdon : [00:23:35] C'est juste qu'on voudrait donc bien que ce soit notre homme ou notre femme, tsé. Mais, on a des amis, on a tellement de gens vers qui on peut se tourner. Je sais pas, moi, je suis fière de pouvoir compter sur moi-même.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:23:45] C’est quoi ta plus grande fierté? C'est‑tu ça, ta plus grande fierté de ta séparation?
Marilou Bourdon : [00:23:47] Bien oui. Je pense que j'ai toujours été très… Il y avait une partie de dépendance chez moi. Tsé, j'ai tellement été pris en charge vite dans ma vie. Fait que, j'avais l'impression que je dépendais. Fait que, cette autonomie-là, autant de penser, de… Ça, je suis vraiment contente. Je ne suis plus dans l'attente. Il y a rien de pire que d'être dans l'attente.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:24:05] Oh mon Dieu! C’est vrai.
Marilou Bourdon : [00:24:06] Comprends-tu ce que je veux dire?
Anne-Élisabeth Bossé : [00:24:07] Vraiment. Ça résonne.
Marilou Bourdon : [00:24:09] Tu attends après quelqu’un. Là, je suis comme 100 % des responsabilités sont à moi, fait qu'il y a beaucoup moins de déception. Puis quand je reçois, je suis plus contente qu'avant aussi. J'ai plus de gratitude parce que je l'attends pas, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:24:19] Tu as-tu pogné un deux minutes de revoir la routine avec tes enfants toute seule?
Marilou Bourdon : [00:24:23] Mais oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:24:24] J'imagine. Ça été quoi le plus gros enjeu?
Marilou Bourdon : [00:24:26] Bien, on fait des enfants à deux, là. Fait que tsé, c'est quelque chose de pas très naturel dans le fait de pas avoir de support. Surtout l'heure du dodo parce que tu as toujours l'impression de négliger une, là, tsé. Il faut que tu les fasses attendre, puis tu peux pas endormir les deux en même temps. Fait qu'il y a eu ce sentiment‑là d'être une incapable, longtemps, là. Puis à un moment donné, je me suis juste dit… oui, à un moment donné, je me suis dit c'est pas… Tsé, tu es pas inadéquate, tu fais du mieux que tu peux, puis la situation est pas optimale, tsé. Puis ça, je pense qu'il y a de plus en plus, il y a des mamans et des papas qui vivent ça, là, la routine du soir tout seul. Mais c'est un bon défi. Mais, je pense qu'il y a quelque chose de formidable dans le fait, dans notre génération aussi, je trouve qu'on est de plus en plus intelligents émotionnellement. Tsé, on nomme les choses. Mais de me dire « Hey, je peux parler à mes filles, tsé, je peux leur expliquer la situation ». Nous, dans notre temps, là…
Camille D. Sperandio : [00:25:12] C'est vrai.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:25:13] Oh mon Dieu, qu'on était tenu à l'écart complètement de ces états d'âme là. Oui.
Marilou Bourdon : [00:25:19] Des discussions. Tsé, moi ma fille, elle a mal au ventre. Je suis comme « Mais ça, c'est de l'anxiété ma chérie ». Tsé, moi j'avais mal au ventre, c'est comme « Tu as la gastro ou tu as... » Puis mes parents, je les adore mes parents, mais ils ont reçu moins que moi là, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:25:29] Mais bien sûr.
Marilou Bourdon : [00:25:30] Fait que, c'est pas un jugement, mais je suis comme « Hey, je peux leur expliquer ». Comme « Maman elle aimerait ça. Maman est déçue. Je suis tellement désolée d'être séparée. Je veux pas, tsé ». Puis on dirait que dès qu'ils savent la réalité, ils deviennent patients, ils deviennent plus indulgents. Fait que, c'est fou ça, ce super-pouvoir-là qu'on a, tsé, aujourd'hui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:25:47] Ah ça, il y a vraiment une clé dans ce que tu viens de dire là. Vraiment.
Marilou Bourdon : [00:25:49] Oui, full. La vérité.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:25:49] C’est plus simple, mais on va pas toujours là. Oui.
Marilou Bourdon : [00:25:52] Mais il faut, tsé, c'est vraiment la vérité, l'humilité. Tsé, même dès que je m'excuse à mes filles, elles ramollissent, puis elles sont comme « C’est correct, tsé ». Mais c'est vrai!
Camille D. Sperandio : [00:26:00] C’est beau!
Marilou Bourdon : [00:26:01] Tsé, même dans nos relations d'amitié, dans nos relations de famille, tsé, on veut juste ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:26:05] J'aurais voulu donner plus. Je trouve ça plate. Oui, oui, juste ça.
Marilou Bourdon : [00:26:09] Je m’excuse, c'est long. Tu trouves ça interminable. Maman, j’aimerais ça me séparer en deux, je peux pas. Ha ha ha! Puis là, c'est beau, tsé.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:26:15] C'est parfait, ça. Bien oui.
Camille D. Sperandio : [00:26:16] Juste de le nommer. Mais on le dit, la communication, c'est la clé. On en parle en relation, mais je pense que c'est en relation interpersonnelle avec tout le monde.
Marilou Bourdon : [00:26:23] Même les enfants.
Camille D. Sperandio : [00:26:24] Bien oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:26:23] Mais, c’est pas tout le monde qui a une bonne communication puis qui dit les choses telles qu'elles sont. Normalisons la vérité.
Marilou Bourdon : [00:26:29] La vérité, c'est fou! C'est tellement important.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:26:31] Mais, c'est un peu ça qu'on fait là. Je trouve ça tellement bien qu'on parle simplement de séparation. Puis comme tu dis, c'est plus. C'est pas juste… Il y a une partie qui est un échec, mais il y a aussi… c'est bien plus que ça, une séparation. Fait qu'au moins, ça permet d'aborder les choses plus négatives, mais aussi la lumière, la vérité.
Marilou Bourdon : [00:26:48] La vérité. C'est le mot du jour, je crois.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:26:49] Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui a des enfants puis qui pense à se séparer? Quels conseils tu donnerais?
Marilou Bourdon : [00:26:54] Oh mon Dieu! Bien, je pense qu'on touche vraiment le point central de cette indépendance‑là qui est tellement nécessaire de se tourner vers de l'aide aussi, de beaucoup parler. Tsé, moi, j'avais beaucoup l'image d'un arbre qu'on déracine parce que j'étais comme… j'ai mal, j'ai mal à chaque partie de mon corps, de mon âme. Je souffrais le martyre de faire ça. Mais je me disais : je m'en vais le replanter au soleil. Tsé, j'étais comme tu peux pas…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:27:20] Ah, c’est beau!
Marilou Bourdon : [00:27:20] Tu peux pas ne pas souffrir. C'est sûr que tu vas souffrir. D'accepter la souffrance, puis de… À partir du moment où tu l'acceptes et que tu te visualises au soleil, là – puis ça rejoint vraiment ce que tu disais tantôt – bien, on dirait que le chemin, là, où est-ce que tes racines pendent puis que tu as froid, puis que… c'est moins pire. Fait que, je pense que c'est ça, d'avoir une vision, d'accepter que…
Camille D. Sperandio : [00:27:41] C'est temporaire. Oui.
Marilou Bourdon : [00:27:42] Oui, c'est ça, mais que ça fait mal.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:27:44] Oh mon Dieu, c'est vraiment éloquent. C'est très, très, très clair. Pas en terminant, mais disons, juste des petits trucs pratico-pratiques. Je vais vous dire des petites questions en rafale, répondez-moi la première chose qui vous vient. La chanson pour traverser une séparation?
Marilou Bourdon : [00:27:56] Ah ça, je te laisse répondre à ça.
Camille D. Sperandio : [00:27:58] Oh mon Dieu! Bien, du Adèle!
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:02] Ah oui!
Camille D. Sperandio : [00:28:02] Ça fesse.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:04] Du Adèle. Oui, oui, il y a de quoi là.
Camille D. Sperandio : [00:28:06] Someone like you là, ah!
Marilou Bourdon : [00:28:08] Pffff. Mais c'est souffrant.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:09] Ça a bien résonné.
Camille D. Sperandio : [00:28:10] J'ai eu un frisson, oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:11] Oh! D'ailleurs, êtes-vous plus… Quand vous êtes triste, vous écoutez des tounes tristes ou juste des tounes pour se motiver? Moi, quand je suis triste, je vais dans le triste.
Marilou Bourdon : [00:28:16] Ah, mais moi aussi.
Camille D. Sperandio : [00:28:17] Pas moi.
Marilou Bourdon : [00:28:17] Pardon?
Camille D. Sperandio : [00:28:18] Ah non, non, non, non, non, non. J'ai pas écouté… Bien moi, je l'ai dit tantôt. J'ai pas écouté de musique pendant des mois, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:23] Rien qui puisse réveiller quoi que ce soit. OK, le silence.
Marilou Bourdon : Tu t’aides.
Camille D. Sperandio : [00:28:27] Oui, oui, oui. Je suis tannée de pleurer, tsé, à un moment donné. Mais quand tu as envie de pleurer, oui, la musique, c'est vraiment là pour ça, je pense.
Marilou Bourdon : [00:28:32] Parce que ça ouvre la valve, ça fait du bien.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:34] Des fois, il faut que ça sorte.
Marilou Bourdon : [00:28:35] Des fois, il faut que ça sorte.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:36] Oui, le chagrin de pogné, là.
Camille D. Sperandio : [00:28:36] Des fois, ça sort pas au bon moment, tsé. Tsé, tu es dans un café, puis là tu entends une toune qui te rappelle, puis là, tu as comme la petite larme, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:43] Ça aussi. Moi, je veux qu’on normalise de pleurer en public.
Camille D. Sperandio : [00:28:45] C’est vrai, hein.
Marilou Bourdon : [00:28:46] Et devant nos enfants.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:47] Oui, oui, pleurons, ça fait partie de la vie. N'ayons pas peur des émotions. Marilou, d'abord le plat selon toi, la recette à faire quand on… le plat réconfortant?
Marilou Bourdon : [00:28:55] Oh mon Dieu, mais tsé, c'est sûr que c'est… quand tu es triste là, tu me demandes ça, là? Mais, on dirait que ça prend comme une lasagne gratinée, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:03] C'est tellement un bon choix!
Marilou Bourdon : [00:29:04] C'est comme la chose que tu veux manger, non? Mais beaucoup gratinée, là. Non, toi, tu as une autre opinion?
Camille D. Sperandio : [00:29:09] Non, non, je pensais à une lasagne. Et puis oui, effectivement. C'est juste pour moi une lasagne, c'est un projet, tsé.
Marilou Bourdon : [00:29:14] Oui, mais non, mais c'est sûr. Mais tu es pas obligée de la faire, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:16] OK. Le take-out d’abord.
Marilou Bourdon : [00:29:18] Take-out lasagne ou tu call ta mère, tu lui demandes de te faire une lasagne.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:22] Soupe lasagne.
Marilou Bourdon : [00:29:23] Ah oui, soupe? Tu vois, je trouve que c'est trop de travail.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:26] Oui, quelque chose de triste. Je retire l’option soupe sur-le-champ.
Marilou Bourdon : [00:29:32] C'est trop, ça demande trop d'efforts. Moi, je trouve que la lasagne, je gagerais sur ma lasagne.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:37] C'est dur. Même quand on a pas d'appétit, c'est dur de pas se prendre une bonne bouchée de lasagne gratinée. Après votre séparation, la première chose que vous avez faite juste pour vous, rien que pour vous, que par rapport à vous?
Marilou Bourdon : [00:29:46] Eh boy!
Camille D. Sperandio : [00:29:46] Une séance de magasinage en personne, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:50] Genre, Carrefour Laval. Let’s go.
Camille D. Sperandio : [00:29:51] Oui, genre.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:51] Ah oui! Ah ça, c'est sûr que c'est un beau selfcare.
Camille D. Sperandio : [00:29:54] Oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:55] Oui.
Camille D. Sperandio : [00:29:56] Il y a rien qui est… tout se règle avec une petite séance de shopping.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:59] Je te feele de ça.
Marilou Bourdon : [00:30:01] Mais moi, c'était pendant la pandémie. Fait que le shopping, non. Mais moi, j'ai l'impression que c'est beaucoup Trois fois par jour qui m'a sauvée.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:08] Ah oui, hein?
Marilou Bourdon : [00:30:09] Oui. Tsé, on dirait que je pense à rien que j'ai fait pour moi, mais je pense que, de conserver mon projet puis de le garder en vie puis de m'épanouir là-dedans, ça m'a… de continuer ça, là, ça me sortait de mon drame, mon quotidien.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:21] Moi aussi, ma carrière, ça m'a tenu pas mal. Parce que c'est une fierté, puis c'est une passion, là.
Marilou Bourdon : [00:30:25] Oui, tsé quand tu aimes ça, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:26] Mais, j'avais pas toujours l'énergie. C'est pas tout le temps ça qu'on a le goût de faire, mais c'était bon que j'aie ça.
Marilou Bourdon : [00:30:29] Mais des fois, tu y vas et tu as le mal de vivre, mais tu y vas pareil. Mais là, ça passe.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:32] Tu t’es levée, tu t’es brossé les dents, puis déjà c'est un exploit. Bravo!
Marilou Bourdon : [00:30:34] Exact. Oui. Puis, est-ce que des fois, vous pensez à quelqu'un avec qui vous avez été il y a longtemps, puis vous ne pouvez pas concevoir que vous avez été aussi intime avec quelqu'un? Non, je sais pas?
Camille D. Sperandio : [00:30:44] Moi, ça été mon premier chum. Ça a été ma seule relation.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:48] C'est‑tu vrai?
Camille D. Sperandio : [00:30:49] Oui.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:49] Ah OK!
Marilou Bourdon : [00:30:49] Ah bien là, OK.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:50] Non, moi, il y a des grands points d'interrogation là, dans ma liste, là, des affaires que je repense. Je fais…
Marilou Bourdon : [00:30:55] Mais tsé, on vit ça comme un drame. Puis après ça, quelques années plus tard, tu es comme « Mais comment ça? Mais comment? Je peux pas imaginer que j'ai été avec cette personne‑là ». C'est fou quand même le temps, parce que tu parles du temps, là.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:03] Oui, puis des fois, c'est pas énormément de recul pour se dire : mais qu'est-ce qui m'a pris?
Camille D. Sperandio : [00:31:08] Il y a comme un voile qui…
Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:08] Pourquoi j’ai eu besoin de ça à ce moment-là?
Camille D. Sperandio : [00:31:09] Quelque chose qui tombe.
Marilou Bourdon : [00:31:12] Qui tombe là, oui. On se reparle dans six mois. J'ai hâte de voir.
Camille D. Sperandio : [00:31:13] Oui, j'ai hâte de voir moi aussi!
Marilou Bourdon : [00:31:15] Peut-être à votre mariage. Eux, c'est ça, c'est qu'on sait pas. Ils vont‑tu se marier, ils vont‑tu plus jamais se reparler, ils vont‑tu devenir meilleurs amis?
Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:20] Mais pour l'instant, vous êtes séparés, puis vous êtes bien avec ça.
Camille D. Sperandio : [00:31:22] Oui.
Marilou Bourdon : [00:31:23] C'est vraiment full inspirant, ça.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:25] Sur ces belles paroles, les filles, merci beaucoup de vous être livrées. Puis normalisons la vérité, normalisons la vérité. C'est tout ce que j'ai à dire.
Marilou Bourdon : [00:31:33] Le temps fait bien les choses.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:34] Le temps fait bien les choses. Oui, un jour à la fois.
Camille D. Sperandio : [00:31:36] Tu es belle, tu es bonne, tu es capable.
Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:38] Tu es belle, tu es bonne, tu es capable.
[00:31:40 À l'écran: Trois conseils financiers après une rupture
1. Faites un bilan complet et reprenez le pouvoir.
2. Revoyez vos priorités financières pour avancer librement.
3. Sécurisez vos revenus et protégez l’essentiel, un pas à la fois.
[00:31:51 À l’écran : Trouvez plus de conseils sur beneva.ca]
[00:31:53 Générique]
FIN DE TRANSCRIPTION
Une rupture demande du temps et des ajustements. Comment maintenir l’harmonie avec un enfant ou un chien en garde partagée? Anne-Élisabeth en parle avec Camille D. Sperandio et Marilou. Elles suggèrent des pistes pour mieux gérer les échanges. Des stratégies aident à garder les tensions sous contrôle et le quotidien plus léger.
Animation : Anne-Élisabeth Bossé
Invitées : Camille D. Sperandio et Marilou