La parentalité avec Phil Roy et Léane Labrèche-Dor


Anne-Élisabeth Bossé : [00:00:00] Salut tout le monde! Je m'appelle Anne Élisabeth Bossé et bienvenue au balado de Beneva, Ça arrive à tout le monde. Parce que Beneva, c'est vraiment du bon monde, on s'est fait aller le réseau de contacts pour créer des rencontres mémorables.

À chaque épisode, je reçois un invité pour jaser de ce qui arrive dans sa vie. On dit souvent que devenir parent, ça change une vie, mais à quel point? Et est-ce qu'on peut avoir des enfants tout en maintenant sa carrière, surtout les premières années? On parle d'allaitement, de cododo, de parentalité positive… mais est-ce que tout ça, finalement, ça ne met pas plus de pression sur les parents? Pour jaser de leurs expériences, je reçois l'humoriste Phil Roy, qui est maintenant papa depuis presque un an, et l'actrice Léane Labrèche-Dor, qui est maman depuis presque deux ans. Allons-y!

[INTRO]

[00:00:46] Phil Roy, merci tellement d'être là!

Phil Roy : [00:00:47] Allô! Un plaisir.

Anne-Élisabeth Bossé : Un plaisir qu’il dit.

Phil Roy : Un plaisir. Tu es là, on va parler de ma fille, qu'est-ce que tu veux de plus! De l’eau?

Anne-Élisabeth Bossé : [00:00:54] J’en ai juste là! Eille! Chin, santé! Petite passe de présentation, évidemment. Comédien, animateur, humoriste. En ce moment, tu dois tourner ton spectacle Philou?

Phil Roy : [00:01:03] Exactement. Oui.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:01:04] Et ta fille est née en décembre 2022.

Phil Roy : [00:01:08] Oui, 2021.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:01:09] Donc elle a un an… elle a quinze mois.

Phil Roy : [00:01:11] Quinze mois, oui, exactement. Oui.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:01:13] Explique-moi donc comment ça a bouleversé ta vie, cet événement merveilleux?

Phil Roy : [00:01:16] On dirait que c'est un bouleversement, là, je vais te dire tout ce que tu as déjà entendu. Puis moi, quand on me parlait, on me disait « tu vas voir, ça change une vie, ça va vite, tu vas comprendre des affaires. Autant sur toi comme personne, tu vas comprendre des affaires sur les enfants, puis tu vas comprendre énormément de choses sur tes parents ».

Anne-Élisabeth Bossé : [00:01:36] Oui.

Phil Roy : [00:01:37] Puis là, ça tu te fais dire ça tout le temps. Puis moi, à un moment donné, j'étais comme « Eille! Slackez. Je vais-tu avoir tant que ça une illumination de patente, puis tout ». Puis, forcé d'admettre qu’autant que je hais cette phrase-là, qu'elle est vraie. Ça chamboule toute ma vie. Tsé, moi ce que je dis souvent, c'est « c'est la première fois de ma vie que je ne suis pas l'acteur principal de ma vie et puis de mon agenda et puis de toute l'affaire ». Et pas tant qu'on est des gens qui sont égocentriques, mais en ce moment, même si tu les aimes tes parents, tu les aimes tes amis, tu l'aimes ton chien, tu aimes ta vie, tu aimes tout, reste que ton horaire tourne autour de toi, tsé, je veux dire.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:02:16] Bien oui, tes besoins, oui.

Phil Roy : [00:02:17] C’est ça, puis tsé, mais là, moi c'est jamais ça. Ce qui passe en premier, ça va toujours, ma fille. S’ils appellent en ce moment « Billie est dans la marde, elle a besoin de ci, ça », il y a pas de question de « oui, je vais essayer de m'arranger ». Sauf que je vais essayer de m'arranger, mais reste que la finalité, il faut que ma fille soit dans un confort, il faut qu'elle soit bien, il faut qu'elle soit en sécurité, il faut qu'elle soit ci. Il faut que tous ses besoins soient comblés avant que je pense au mien.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:02:46] Ça, oui, oui, tout à fait. On est habitué d'être le premier rôle du film de notre vie.

Phil Roy : [00:02:49] Oui, vraiment.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:02:50] Et puis, ça m'amène à ma prochaine question. On sent vraiment que les pères sont plus impliqués qu'avant, qui prennent plus leur place. Toi, c’est-tu ça que tu as vécu, toi chez-vous, c’était-tu de même?

Phil Roy : [00:03:00] Dans ma famille où moi je suis né?

Anne-Élisabeth Bossé : Oui?

Phil Roy : Oui, mon père était quand même présent. Après ça, c'était vraiment ma mère qui s'occupait de toute la gestion.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:03:08] Une mère au foyer qui gérait tout, puis oui.

Phil Roy : [00:03:10] Puis tu vois, moi j'ai un ami, on a un couple d'amis, Virginie puis moi, dont pour le deuxième enfant, c'est le père qui a pris le congé. Ils se sont splittés, en fait, six mois-six mois.

Anne-Élisabeth Bossé : Ah oui, hein?

Phil Roy : Fait que les six premiers mois, c'était la mère à cause de l'allaitement. Puis après ça, bien OK, je pense qu'on est capable de peut-être mixer formule ou quelque chose de même. Donc le papa, lui, il a pris six mois, la mère est retournée travailler. Puis il m'expliquait, il dit « tsé, moi, je partais avec le porte-bébé, le chien, je cuisinais mes galettes, on allait marcher, on revenait ».

Anne-Élisabeth Bossé : [00:03:41] Ça, c’est nouveau, là! On voyait vraiment pas ça, là!

Phil Roy : [00:03:43] J'avais jamais entendu parler tant que ça d'histoires de même. Puis tu vois, là dans l'air, là il y a la possibilité d'un deuxième enfant, puis il y a vraiment… Moi, je serais vraiment partant de faire ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:03:57] Oh mon Dieu, de mettre ta carrière sur pause, de t'impliquer.

Phil Roy : Vraiment, vraiment. Oui.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:01] Oh mon Dieu! Mais là, toi tu as recommencé à travailler, comme tu n’as pas pu prendre une pause d'un an non plus.

Phil Roy : Non.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:05] Fait que là, comment tu vis ça, d'aller faire des shows à l'extérieur? Toi, tu en as quand même, de par ton travail, du temps pour toi. Mais est-ce que tu trouves ça dur d'aller à l'intérieur, de ne pas dormir chez vous?

Phil Roy : [00:04:14] Vraiment. Vraiment.

Anne-Élisabeth Bossé : Ah oui, hein.

Phil Roy : [00:04:15] Puis moi, admettons, tu vois là demain matin, je pars pour cinq jours. Je m'en vais sur la Côte-Nord faire des spectacles.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:23] C’est-tu la première fois que tu pars aussi longtemps?

Phil Roy : [00:04:24] Non, j'ai fait de la Gaspésie, puis le Saguenay. Mais, c'est la dernière longue run pour cette tournée-là. Mais je la vois positivement parce que je suis content d'aller faire des shows, mais je la vois pas positivement, de ça me tente pas de m'éloigner. Ça, c'est tough pour moi, tsé. C'est tough pour moi d'être loin, mais ce qui est le plus tough, c'est de savoir que je laisse Virginie puis Billie toutes seules. Pas que je suis leur sauveur, pantoute, c'est juste que…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:04:54] Que vous êtes un team.

Phil Roy : [00:04:55] Oui. C'est ça, vraiment. J'ai vraiment l'impression. Je me sens vraiment comme, c'est ça, quelqu'un au travail qui manque, quelqu'un dans une équipe professionnelle d'un sport qui manque puis qui est dans les gradins, puis qui fait « je sais que vous avez besoin de moi, mais je peux pas ». Puis là, c'est vraiment ça. C'est vraiment ce sentiment là.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:12] Il faut qu'elle pallie un peu à ton absence. Comme les pères sont plus impliqués, leur départ se fait plus sentir. Bien oui, c’est sûr.

Phil Roy : [00:05:18] Oui, définitivement, tsé. Puis on est chanceux parce qu’on a la chance d'avoir deux familles qui sont vraiment présentes. Tsé, admettons le jeudi, ma mère va être là, tsé, dans le soir juste pour venir aider.

Anne-Élisabeth Bossé : Elle va être avec vous, OK.

Phil Roy : [00:05:31] Oui. Elle va être avec Virg puis Billie, puis elle va jouer avec Billie. Si Virg a besoin de quelque chose, ma mère va être là.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:37] Autre affaire qui aide aussi, j'imagine. Est-ce que ton enfant va à la garderie?

Phil Roy : Oui!

Anne-Élisabeth Bossé : Est-ce que ça, ça a dû être quand même un petit game changer, comme on dit en bon français?

Phil Roy : [00:05:44] Oui, vraiment. Vraiment. Puis des fois, tu te sens un peu mal de faire… eille! Le dimanche soir, des fois tu te dis...

Anne-Élisabeth Bossé : [00:05:51] La garderie demain.

Phil Roy : [00:05:52] Je suis comme pas triste de la garderie demain. Parce que tsé, oui il y a l'espèce de… tsé je veux dire, ça serait vraiment mensonger de ma part de dire qu'il n'y a pas la portion eille, là, tsé, je suis ici et puis je me pose pas de question, je le sais qu’elle est en sécurité.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:06:09] C'est correct de l'admettre aussi.

Phil Roy : [00:06:11] Oui, oui, exact. Oui, oui, toujours exact. Oui, mais surtout c'est que là, être avec d'autres enfants, je te dis Anne-Éli, la progression de ma fille est quintuplée depuis qu'ellle est à la garderie. Parce que la semaine passée, elle est revenue et elle faisait « bl-bl-bl-bl ». C'est niaiseux, là.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:06:32] C’est pas vous qui lui avez montré!

Phil Roy : [00:06:33] Là j’ai fait « comment ça qu'elle fait ça! » Puis là, en arrivant à garderie à matin, je vois un petit gars, Oscar « bl-bl-bl-bl ». Billie le voit, « bl-bl-bl-bl ». Puis j'ai fait « elle a appris ce tricks-là ». Mais surtout, ils communiquent d'une manière. Pas, ils se parlent, ils ont pas le langage, ils sont pas en train de... Sauf qu'il y a quand même une affaire de, lui, il lui a appris ou, elle, elle lui a appris quelque chose. Il y a vraiment une forme de communication qui se fait là que, moi, je trouve méga fantastique.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:00] J'ai pas connu, ça, je suis pas allée à la garderie, moi, quand j’étais enfant.

Phil Roy : Ah, c’est-tu vrai?

Anne-Élisabeth Bossé : Oui, ma mère elle m'a gardée.

Phil Roy : [00:07:05] C'est pour ça que tu es pas capable de faire « bl-bl-bl-bl ».

Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:06] Tsé, j'ai jamais vu ça de ma vie.

Phil Roy : Oui, c'est ça hein? Oui, oui.

Anne-Élisabeth Bossé : Mais là tu le fais et j'ai le goût de le faire par mimétisme.

Phil Roy : C’est ça. Mais oui, je comprends.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:15] Mais, c'est comme une grande garderie ici finalement. Mais est-ce que la première fois, ça a été dur quand même? Est-ce que c'est un peu comme dans les films? Oui?

Phil Roy : [00:07:18] Oui. Eille, pour vrai, oui.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:19] Tu es-tu braillard? Ah oui?

Phil Roy : [00:07:21] Vraiment. Vraiment. Moi, admettons, je suis quelqu'un de très proche de ses émotions et qui en est pas gêné du tout.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:28] Ça aussi, parent moderne, j'aime ça. Gars moderne, proche des émotions, c'est beau. La première séparation, c'était quand même un peu anxiogène, c'est un peu dur?

Phil Roy : [00:07:35] On marchait vers la garderie puis j'étais comme… j'avais des sanglots, là. Moi, c'est souvent un genre de mini-laps de comme cinq secondes. Je suis comme… C'est comme ça que, quand je suis en émotions tout seul et qu'il y a pas de larmes, c'est ça. Puis, je trouvais que ça allait vite.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:07:57] Ah oui, hein?

Phil Roy : [00:07:58] Mais tsé, admettons le ma fille à marche depuis un mois, admettons, mais encore à matin. Elle se rend compte qu'elle marche et puis la fierté dans la face d'un enfant, c'est une des plus belles affaires que j'ai vue dans ma vie. Toute tendue de « je suis tellement heureuse et fière, et je suis tellement pleine de bonheur », mon corps il raidit de même. Puis, le sourire, c’est un sourire d’excitation que, tsé, je trouve que des fois comme adulte, on l’a moins.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:20] On n’a plus ces émotions-là.

Phil Roy : [00:08:25] Comme, tsé, après une belle rencontre, une belle nouvelle, un accomplissement, des fois on fait plus des « yeah!!! » de même, tsé, d’être content.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:39] Le mode épiphanie. C'est vrai. Ça doit être beau de revoir ça?

Phil Roy : [00:08:44] Vraiment. Au quotidien, moi je trouve ça…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:45] Quelqu’un qui découvre les choses pour la première fois sous nos yeux.

Phil Roy : [00:08:48] C'est vraiment hot.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:08:49] Qu'est-ce que tu as trouvé le plus dur?

Phil Roy : [00:08:51] Bien moi, je suis quelqu’un d’anxieux dans la vie, puis moi mon anxiété, elle fait beaucoup. C'est beaucoup dans l'anticipation de ce qui va s'en venir. C'est toujours une anticipation qui est négative.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:09:03] OK.

Phil Roy : [00:09:04] Admettons, je me ramasse une fin de semaine, je suis tout seul, Virginie est partie dans un chalet, admettons, puis je vais être deux nuits solo dad, admettons. Dans la fin de semaine, je ne vis pas d'anxiété. Je peux vivre du stress et puis, des fois, de la panique de ce qui se passe. Mais j'ai pas d'anxiété. Le lundi avant, là, je vais en avoir.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:09:24] Le lundi de la semaine avant.

Phil Roy : [00:09:25] Le lundi de la semaine avant, je vais en avoir, de me dire « j'espère que ça va bien aller, j'espère que je vais être en forme. Là, il va falloir que je regarde mon agenda, puis je fais garde-toi de l'énergie, Phil, parce que c'est un outil. Qu'est-ce qu'on va faire. Et là, s’il mouille? », na-na-na. Et là, souvent, moi j'ai de l'anxiété. Quand je regarde des films ou les relations, je peux plus écouter de film de Xavier Dolan, admettons.

Anne-Élisabeth Bossé : Pourquoi?

Phil Roy : [00:09:49] Parce que la relation souvent des personnages avec Xavier avec leurs parents est souvent…

Anne-Élisabeth Bossé : Elle est difficile.

Phil Roy : Pauvre parent qui veut juste aimer, tsé comme. Mais je dis ça, mais c'est parce que quand je regarde des films où la relation des enfants et des parents, il y a de la confrontation, de la chicane ou j'entends un enfant dire « je t'aime pas, tu m'as jamais aimé, tu m’aimes mal », puis tout, puis je fais genre « ayoye ».

Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:14] Je te le titre « j'ai tué ma mère », admettons, c’est difficile.

Phil Roy : Oui, oui, exact. Admettons, là, tsé.

Anne-Élisabeth Bossé : Est-ce que ça amène ton cerveau à dire « je pourrais vivre ça avec Billie »?

Phil Roy : [00:10:20] Oui, vraiment, vraiment. Énormément.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:20] Tu as peur que ça tourne comme ça?

Phil Roy : Oui. Puis là, des fois je fais « j'espère que je ne vais pas échapper cette affaire-là, puis j'espère que je vais m'en rendre compte avant. Et j'espère que dans ma communication, dans mon couple, dans ma famille, dans tout ce que je veux instaurer, j'espère qu'on va… » Mais après ça, c’est pas quelque chose que je peux contrôler, et puis c'est des affaires qui se passeraient. Tu comprends qu’est-ce que je veux dire?

Anne-Élisabeth Bossé : [00:10:47] Non, mais en même temps, je trouve qu'on est dans une société où on demande aux parents d'être parfaits aussi. On a l'impression que tout est dans la cour du parent et on a on est bombardé d'informations. Tu as-tu fait telle affaire, tu as-tu fait telle affaire. Ça, ça a l'air qu’il faut faire telle affaire. C'est dur d'être imperméable à cette pression-là.

Phil Roy : Vraiment.

Anne-Élisabeth Bossé : Puis ça, ça doit ça peut nourrir la bête dont tu parles. Te sens-tu cette pression-là, d'être un parent exemplaire? De la part des autres parents ou du monde en général?

Phil Roy : [00:11:09] Non, pas du monde en général. Mais il y a des fois où, tsé, admettons, je me préserve de ça aussi. Tsé, admettons, c'est très rare que sur les réseaux sociaux ou admettons à la radio ou dans les médias, je vais te dire « hé oui, il s'est passé telle affaire avec ma fille et je lui ai donné telle affaire ». Admettons une poussée de dent, je lui aurais donné du Tempra, admettons.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:30] Là, tu vas être bombardé de messages, genre, le Tempra, il faut pas donner ça.

Phil Roy : [00:11:33] C'est ça, parce que tout le monde a une opinion sur tel… Mais ça, puis je le sais que ces gens-là, ils veulent pas te mettre de pression, ils veulent juste « eille, je te partage mon expérience ». Mais des fois, je fais « toi tu me partages ton expérience, mais c'est juste que tu es la 15ᵉ personne à vouloir m'en partager quand, moi, je l'ai pas demandé, admettons ».

Anne-Élisabeth Bossé : [00:11:47] Mais en général, les conseils non demandés c'est toujours un petit peu dérangeant.

Phil Roy : [00:11:49] Oui, souvent, il faut se souvenir que ça ne part pas d’une mauvaise place, mais c'est souvent drôlement amené. Ce qui fait que je me préserve de ça, ça fait que non, je la sens pas. Mais admettons, tu vois l’autre fois on marchait, puis Billie s’est mise un peu à pleurer mais parce qu'elle avait chaud, tsé, parce qu'on était rendus à l'intérieur, puis on pensait juste être de passage, finalement on attendait. Puis là, il y a une autre mère qui est passée avec sa fille, puis elle a dit « ah, tu vois, un autre petit bébé qui aime pas ça marcher. Ça me fait beaucoup penser à toi ». Et puis là, j'ai eu le goût de dire « non, non, c'est pas qu'elle aime pas ça marcher, c'est que là, elle est tannée, elle a chaud, elle a faim, on s'approche de sa sieste », mais c'est vraiment pas...

Anne-Élisabeth Bossé : [00:12:28] Tu voulais comme la défendre.

Phil Roy : [00:12:29] Tsé, comme tu as mal lu mon… Mais j'ai juste fait…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:12:32] C'est particulier, ce qui se passe en ce moment, madame.

Phil Roy : [00:12:37] Oui, c’est ça. On venait de marcher 45 minutes, tout a super bien été, vraiment elle voulait pas aller dans la poussette, comme vraiment…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:12:41] Mais c'est injuste que vous voyiez à ce moment-là, madame. Ce n’est pas un échantillon représentatif.

Phil Roy : [00:12:48] J’ai des vidéos, regardez c’est elle qui marche! C’est ça. Mais tu vois, ça, j'ai voulu défendre, tsé. Mais après, j'ai juste fait « non, non, elle, elle disait ça… » Elle attaquait pas mon bébé, tsé, tu comprends?

Anne-Élisabeth Bossé : [00:12:57] Non, non, elle se servait d’exemple.

Phil Roy : [00:12:59] Oui, elle voulait parler avec sa fille de comme je sais pas là. Non, je sens pas la pression d'être parfait pantoute. Sauf que je dis souvent « non, non, c'est pas ça madame », tsé. Puis comme, eille moi, je me permettrais pas de. Mais c'est sûr qu'à un moment donné, je vais dire ça à Billie.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:12] Fait que tu te réveilles pas la nuit pour lire des blogues de parents, « fais pas telle affaire ».

Phil Roy : [00:13:17] Non.

Anne-Élisabeth Bossé : Mais il y a tellement de monde qui font ça. Oui, oui.

Phil Roy : Mais oui, oui, je le sais. Mais moi, je le sais que si je fais ça, je sombre dans un univers parallèle de remise en question et de vouloir aller trouver l'affaire. Fait que non. Moi, je le sais que je le sais pas dans la vie, puis je le sais que je veux apprendre et que j'évolue. Ça, je sais ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:34] Tu as une humilité par rapport à ça.

Phil Roy : [00:13:35] Oui, vraiment, sur plein de points dans ma vie. Puis surtout, je peux pas être autant effrayé de quelque chose et puis penser le connaître. C'est effrayant être parent. Fait que moi, admettons, je suis encore effrayé d'être parent.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:51] Ça doit.

Phil Roy : [00:13:51] Fait que.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:13:52] Qu’est-ce que tu trouves le plus effrayant?

Phil Roy : [00:13:55] Bien, c'est que tout change tout le temps. Tsé, il n'y a pas de… Il n'existe pas de recette. Il n'y a pas de, tsé, Il n'y a pas de mode d'emploi, tsé. Tu te rends bien compte qu'il n'y en aura jamais de bon timing, qu’il n'y aura jamais de… Tsé que ça va vite, que j'aimerais ça revenir là pour mieux t'accompagner. Mais là, c'est déjà passé.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:13] D'accepter que tout te file entre les doigts.

Phil Roy : [00:14:16] Oui. Puis la prochaine affaire qui va arriver, j'y vais-tu être tant que ça plus outillé? Tsé comme la différence entre, je sais pas, les pleurs d'une dent qui pousse, comment je vais être capable de t'accompagner versus les pleurs de tu as pas réussi quelque chose? Les pleurs de tu es déçue de toi-même, les pleurs de crocodile? Comment moi je vais gérer tout ça? C'est beaucoup de questionnements.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:14:39] Beaucoup d'inconnu.

Phil Roy : [00:14:40] Beaucoup d'inconnu et j'essaie de pas me perdre dans essayer de trouver ces réponses-là parce que ça va être impossible. Mais ça reste que ça, pour quelqu'un anxieux, j'imagine pour les gens aussi qui ne le sont pas, mais pour moi, ça c'est quelque chose qui est effrayant. Tsé, de se dire « ça va bien aujourd'hui, est-ce que demain va être pareil ailleurs? Et comment on va s'adapter ». Moi, si je me mets à penser à ça…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:15:04] Des fois, on voudrait comme fixer le temps, là. Que rien ne bouge, là, juste un petit moment s'il vous plaît. Il faut accepter que non, demain, c'est déjà autre chose.

Phil Roy : [00:15:11] Mais le fait que peut-être que je trouve ça effrayant, ça fait que je suis vraiment beaucoup dans le moment présent. Parce que sinon, je pars. Il y a des fois, je pleure parce que tout a bien été. C'est pas du soulagement, je suis juste comme…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:15:27] C'est beau la vie.

Phil Roy : [00:15:28] Oui, vraiment! Je le sais pas c'est quoi. C'est-tu une fierté, un soulagement. Mais vraiment, c'est cette phrase-là. C'est beau la vie. Quel matin!

Anne-Élisabeth Bossé : [00:15:40] La vie est de mon bord, là.

Phil Roy : [00:15:41] Quel matin! J'ai eu l'impression qu'on a vraiment eu du fun puis qu'on a boundé. Et ça avec pour le père, puis je le sais que moi admettons, comme père, je le sais pas si c'est le fait que j'ai une fille, quand je suis tout seul avec Billie, j'ai une relation parent-enfant qui est directe. Elle n'est non diluée, elle est non partagée. C'est fou! Dès que Virginie arrive, dès que maman arrive, moi je le sais que mon rôle c’est de se tasser.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:16:15] Tu es comme en retrait tout de suite. Oui.

Phil Roy : [00:16:17] Des fois, je me sens mal, pour elle, de me dire « je sais que c'est toi la numéro un. Est-ce que ça tente d'être numéro un? As-tu une journée, as-tu l'énergie, as-tu une fatigue qui fait que tu prendrais-tu le numéro deux en ce moment? »

Anne-Élisabeth Bossé : [00:16:32] Oui.

Phil Roy : [00:16:33] Moi ça, c'est quelque chose que je trouve bien difficile.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:16:38] C'est impuissance-là.

Phil Roy : [00:16:39] Oui, vraiment, c'est vraiment ça. C'est l'impuissance de regarder Virg rentrer fatiguée. Puis je la connais ma blonde, puis je l'aime ma blonde, puis je veux être là pour elle, tsé. Puis des fois, je fais comme « Billie, elle veut pas que je la prenne ».

Anne-Élisabeth Bossé : Non, c’est maman.

Phil Roy : Elle veut que ça, tsé. Mais je serais curieux de voir, tsé, est-ce que… j'aimerais ça parler à une mère que c'est ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:02] Mais formidable passe sur la palette pour moi, parce que là, on va accueillir Léane Labrèche-Dor.

Phil Roy : C'est-tu vrai!

Anne-Élisabeth Bossé : Bien oui!

Phil Roy : Tabarouette, c'est quoi!

Anne-Élisabeth Bossé : Mais, elle va peut-être te prendre de haut parce que son bébé a 2 ans, fait que c’est sûr qu'elle a beaucoup…

Phil Roy : [00:17:14] Plein de conseils.

Anne-Élisabeth Bossé : Bien oui.

Phil Roy : Combien de mots, hein? La liste type.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:17] On la connaît, Léane, c'est vraiment son genre.

Phil Roy : [00:17:19] Elle est de même. Esti qu’elle est de même!

[TRANSITION]

Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:21] Léane Labrèche-Dor.

Léane Labrèche-Dor : Allô!

Anne-Élisabeth Bossé : Tellement contente que tu sois là! On le sait, comédienne de cinéma, de théâtre, de télévision et surtout…

Phil Roy : [00:17:30] J’ai donc bien aimé ça! « Allô Léane », ha ha ha!

Léane Labrèche-Dor : [00:17:30] C'est quand même drôle que la dernière fois qu'on était les trois ensemble, possiblement, bien intoxiqués dans une brasserie.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:38] Ça m’étonnerait.

Léane Labrèche-Dor : Parlez pour vous.

Anne-Élisabeth Bossé : Chose qui n'arrive plus maintenant, vous, parce que vous n’avez plus le temps.

Phil Roy : Non, c'est ça.

Léane Labrèche-Dor : [00:17:45] Non, c’est ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:46] Mais, on est là pour parler de toi, de ton rôle de mère aujourd'hui, Léane, n’est-ce pas.

Léane Labrèche-Dor : Un grand rôle.

Phil Roy : Tu es une mère.

Léane Labrèche-Dor : Oui.

Anne-Élisabeth Bossé : Tu as un fils de bientôt 2 ans.

Léane Labrèche-Dor : [00:17:55] Oui! Beaucoup de sagesse, beaucoup de recul.

Phil Roy : Oui, oui, c’est ça. Je vois.

Léane Labrèche-Dor : La deuxième année est quand même formatrice.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:17:56] Oui. Je l’entends dans ta voix déjà. Excuse-moi, mais un je sens qu’il y a quelque chose qu'il va être bien assumé.

Phil Roy : [00:18:05] Oui, les fondations sont solides.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:18:08] D’emblée, comment tu as accueilli cette nouvelle d'être enceinte, toi qui es comédienne? Comment tu as vécu ça?

Léane Labrèche-Dor : [00:18:13] Bien moi, c'est toujours quelque chose que j'ai voulu dans ma vie. Puis tsé, j'aurais voulu ça bien avant, tsé, j'aurais voulu ça beaucoup plus tôt, tsé. Mais ça adonne que j'ai pas rencontré le bon gars avant, tsé, d'avoir 28 ans.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:18:30] Il y a d'autres variables aussi.

Léane Labrèche-Dor : [00:18:31] C'est ça à un moment donné. Puis tsé, j'aurais pas eu le courage là à 26 ans, ni les moyens de faire « je fais ça seule! », je veux dire c’est pas possible.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:18:36] C'est maintenant!

Léane Labrèche-Dor : [00:18:38] Puis oui, moi j'ai fait une fausse couche la première fois que j'ai été enceinte. Fait que la deuxième fois, j'ai accueilli la nouvelle super contente, mais comme… tu disais que t'étais anxieux, mais c'est ça, j'étais très anxieuse, puis je savais pas comme… on dirait que je me suis pas permis de vivre le bonheur de cette nouvelle-là avant… bien, je pense avant d'accoucher. À un moment donné, j'ai fait « ça se passe pour vrai! »

Anne-Élisabeth Bossé : [00:19:03] Je comprends, là, c'est vrai, là, c'est vrai, c'est vrai. Oui, bien en fait, c'est un peu… ça va être très mal dit et maladroit. Je suis contente que tu parles de cette anxiété-là plutôt que celle de « tu es comédienne, tu vas être enceinte pendant cinq ans dans le milieu, appelle-la elle est enceinte ». Ça, ça t'a pas traversé, c’est pas ça qui t’habitait, là?

Léane Labrèche-Dor : [00:19:20] C’est-à-dire que, comme j'avais vraiment envie d'avoir un enfant, c'était quand même quelque chose que je tassais. Puis tsé, sincèrement, je me trouve vraiment, vraiment choyée et chanceuse de faire un métier que j'aime. Mais pour moi, ce métier là, c'est pas ma vie, tsé. L'art fait partie de ma vie, va toujours faire partie de ma vie. Mais si ce métier-là, je ne peux plus le pratiquer, pour X-Y raison, je vais gagner de l'argent en servant des cafés à des gens, puis je vais être très, très, très heureuse. Puis je vais quand même continuer à faire de l'art, puis écrire, puis vivre.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:19:50] Bien oui, tu es une artiste dans l’âme.

Léane Labrèche-Dor : [00:19:53] Oui, c’est ça. Fait que pour moi, un enfant n'était pas une embûche à ça, tsé.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:19:56] 100 %.

Léane Labrèche-Dor : [00:19:58] Après ça, je l'ai reçu ce commentaire-là, bien plus que je l'ai pensé. Je l'ai reçu de beaucoup de femmes que c'était, un, soit leurs angoisses de « ah oui, tu es courageuse de faire ça parce que, moi, j'ai peur de » ou des gens qui l'ont vécu puis qui ont fait comme « fais attention parce que c'est une réalité ».

Anne-Élisabeth Bossé : [00:20:18] C'est une vraie réalité.

Léane Labrèche-Dor : [00:20:21] Puis c'en est une. Moi, j'étais dans la fameuse période, là, COVID.

Anne-Élisabeth Bossé : J’ai pas eu vent de ça. La COVID vous dites?

Léane Labrèche-Dor : [00:20:28] Bien, tu googleras, c’est comme une affaire. Puis, ça a comme un peu, entre guillemets, servi et desservi. Parce que d'une certaine façon, tout était de toute façon à l'arrêt. J'ai pas planifié ça de même, puis je vous jure que j'ai rien à voir avec cette pandémie! Non, mais c'est parce que je vois déjà les commentaires...

Anne-Élisabeth Bossé : [00:20:45] Il faut taire les mauvaises langues tout de suite.

Léane Labrèche-Dor : [00:20:47] Oui. Mais, fait que ça a comme bien adonné, je dirais. Puis sincèrement, j'ai jamais autant travaillé.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:20:55] Bien c’est ça. Mais quelle ironie quand même! Mais c’est super, ça.

Phil Roy : Bien, c’est encourageant.

Anne-Élisabeth Bossé : Mais d'une part, ça doit être épuisant. Tu t'étais-tu dit « je veux un an de congé », tu voulais-tu prendre du temps, puis là finalement, c'est ça, tu es bousculée?

Léane Labrèche-Dor : [00:21:09] Écoute, comme on savait pas du tout personne dans quoi on s'en allait, puis mon chum étant comédien aussi, travailleurs autonomes les deux, fait qu’on avait comme l'idée, la belle idée de se dire… c’est une idée, c'est comme le communisme, des fois sur papier tu dis comme « c’est une belle idée », tsé.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:21:25] C'est des théories le fun, oui. C’est des idées.

Phil Roy : [00:21:28] C'était quoi votre idée?

Léane Labrèche-Dor : [00:21:29] Dans la pratique, oui, c'était qu’on était comme « la première personne qui a un contrat, l'autre fait rien pendant le temps du contrat ». Au moins, pendant un an complet.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:21:39] On travaille jamais en même temps.

Léane Labrèche-Dor : [00:21:40] Oui, on travaille jamais en même temps. Puis là, on s'était dit évidemment, sauf s'il y a une opportunité de création et artistique. Admettons, tsé, Steven Spielberg t'appelle et te dit…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:21:50] Je suis désolée, c’est parce que mon chum travaille. On s'était dit que.

Léane Labrèche-Dor : [00:21:53] Mon chum fait la saison deux. Fait que là, on s'était dit ça. Évidemment qu'on va s'arranger, si c'est une affaire qu'on ne peut pas laisser passer par amour de ce métier-là, tsé. Et puis tsé, finalement, trois mois… deux mois et demi après la naissance de cet enfant-là, on a commencé à tourner un film les deux en même temps ensemble.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:10] Lignes de fuite.

Léane Labrèche-Dor : [00:22:11] Oui.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:13] Les deux, vous avez fait du cinéma ensemble.

Léane Labrèche-Dor : [00:22:13] Oui, c’est ça. Ça fait que tsé cette idée, comment je te dirais, a chié, tsé.

Phil Roy : [00:22:17] Oui, mais en même temps, c'était fidèle à votre entente. C'était une offre que vous ne pouviez pas refuser.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:22] Incontournable.

Léane Labrèche-Dor : [00:22:24] Bien moi, c'était comme quelque chose que j'avais… Tsé, moi, j'avais joué au théâtre la pièce, puis quand on avait était supposé faire le film, c'était avant la pandémie. Fait que quand ça a été remis après, j'étais déjà comme dans cet engrenage-là. Fait qu’on a fait OK. Fait que toi, tsé, à partir de quatre semaines de vie de ton enfant, tu fais des lectures et puis...

Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:41] Ayayaye.

Léane Labrèche-Dor : [00:22:42] Oui, ayayaye.

Phil Roy : [00:22:43] Admettons comme parent tsé. Puis, tsé, moi je peux répondre comme père, parce que tsé, moi quand j'ai recommencé à travailler, je me sentais vraiment mal de laisser Virg.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:22:54] La culpabilité.

Phil Roy : [00:22:55] Mais tsé, toi, je sais pas si tu as allaité ou pas, puis je ne sais pas si c'est une question auquel tu…

Léane Labrèche-Dor : [00:22:58] Jusqu'à il y a comme deux semaines, Phil, sans blague.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:23:00] Oh!

Léane Labrèche-Dor : [00:23:01] Oui, oh.

Phil Roy : [00:23:02] Mais admettons, là, ce contrat-là arrive. Vous avez un bébé qui a deux mois, tu as le goût de le faire. Mais d'un autre côté, j'imagine qu'il y a ton instinct maternel fait comme « mais… ». Donc tu fais quoi, là? C'est qui qui parle à qui? C'est l'actrice qui parle à la mère? C'est la mère qui laisse l'actrice faire? Tsé, tu comprends-tu ce que je veux dire?

Léane Labrèche-Dor : [00:23:23] C'est la chose la plus confondante que j'ai eu à faire de toute ma vie, ça, devenir une mère. Un raz-de-marée de culpabilité constante. Constante.

Phil Roy : À cause de la job?

Léane Labrèche-Dor : Challengée dans mon… à cause de tout. Challengée dans une volonté d'être honnête dans mes envies, dans mes besoins, dans mes désirs, dans mon féminisme assumé, challengée dans ce réel amour-là qui fait qu’il y a plus rien qui existe de vraiment important à part cet enfant-là, challengée dans tout ça, et puis faire « mais qu'est-ce qui se balance? » Puis d'entendre tout ça et pleins de commentaires de gens qui font « mais tu peux pas faire ça, tu es pas là pour ton enfant, mais ton enfant a besoin d'une mère épanouie », mais de ci, de ça. Puis là, tu fais : qu'est-ce que je fais? Puis, je le sais pas si c'était la bonne affaire à faire, je pourrais pas le dire. J'ai essayé d'amalgamer tout ça avec le plus de sensibilité possible.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:24:27] Mais, bon, tu décides de faire le film avec, parce que sinon tu vas sentir que justement tu… bref, comme comment tu as managé? Tu tournais, tu allaitais, comment tu as fait?

Léane Labrèche-Dor : [00:24:40] Écoute, on a trouvé une perle de fille que je connaissais de mon agence qui a étudié au conservatoire.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:24:51] On dit ça comme ça.

Phil Roy : [00:24:52] Dramatrice, oui. Ah oui, tu es allée là finalement?

Anne-Élisabeth Bossé : [00:24:54] Le conservatoire d’art dramatique. Oui.

Phil Roy : Elle se demandait, oui, si elle y allait.

Anne-Élisabeth Bossé : Tu es fatiguée. Vous dormez pas beaucoup.

Léane Labrèche-Dor : [00:25:03] C’est ça. Une fille qui avait fait une technique en CPE avant, fait que j'étais comme « ah mon Dieu, mais quelle merveille! » Je lui dois beaucoup. Puis elle est venue avec nous tous les jours sur le plateau. Puis moi, j'ai négocié. Puis tsé, ça existe pas des conventions pour des mères dans l’UDA. Puis j'ai été comme j'ai vorace à plein de moments, rushante, parce que tsé, ce que plein d'actrices auraient dit « bien ferme ta gueule, parce que là, tu vas être l'actrice rushante, puis ci puis ça, puis tu te referas plus réengagée ». Puis tu fais comme je comprends, mais en même temps… non mais tsé, pas me faire réengager ou, genre, mon enfant qui meurt dans une canicule, je fais comme tsé. Il y avait plein d'affaires que j'étais « voyons que vous pensez… » Tsé, il n'y a pas d'eau potable dans roulotte. Puis je fais « parfait. Mais est-ce que je peux avoir une bouteille? » « Bien non, parce qu'il y en a une sur le plateau ». Je fais « oui, mais vous ne voulez pas que mon enfant rentre sur le plateau pour des raisons de trop de monde, COVID ». Fait que là tu fais…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:25:58] Bien là, ça va prendre de l'eau potable dans ma roulotte.

Léane Labrèche-Dor : [00:26:00] Fait que là, j'arrivais avec mes 1.5 litre d'eau puis gna-gna-gnan. Et c'était vraiment plein de niaiseries de même que c’était à bâtir au fur et à mesure. Puis tsé, je veux dire, je dormais 45 minutes par nuit pendant six semaines. Oui.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:26:12] Ouf… Mais aussi, je reviens sur la culpabilité, c'est un mot sur lequel j'accroche beaucoup. On en a parlé. C'est parce que moi, je trouve qu'il y en a une double chez les femmes, parce qu'on veut être une superwoman à part, puis on veut être un parent parfait. Fait que si tu as une petite tendance au perfectionnisme, là, on dirait que je pense que les fils se touchent.

Léane Labrèche-Dor : [00:26:29] Bien parce qu’on est en 2023, on est supposé pas arrêter notre vie, on est supposé être complètement dans un rapport égalitaire avec le père. Le père est supposé vraiment s'impliquer aussi, tsé. Puis. Puis c'est parfait, parce que les pères sont vraiment plus impliqués. Il y a une volonté. En fait, il y a une volonté de ça, mais il n'y a rien qui est structuré pour ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:26:54] Pour accoter, pour soutenir ce désir-là.

Léane Labrèche-Dor : [00:26:55] Il y a rien qui est fait de même. Fait que dans le fond, moi souvent, je me rends compte que je fais « mais je suis une mère à la maison qui travaille 60 heures semaine », fait que je fais « je comprends pas qu'est-ce passe ». Puis, je suis chanceuse d'avoir trouvé une place en garderie, ce qui est déjà vraiment pas facile. Ça n'a pas rapport avec est-ce que mon chum veut s'impliquer ou non. Il s'implique, il est là, il fait tout ce qu’il peut.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:27:15] Mais, la société fait que ça retombe toujours un peu sur tes épaules, finalement.

Léane Labrèche-Dor : [00:27:18] Bien oui, puis je pense que la fameuse charge mentale que je pensais qui existait pas, je pensais que c'était un bit d'une mère avec une esti de ballon de rouge dans un blogue quelconque qui faisait comme...

Anne-Élisabeth Bossé : [00:27:29] Ah oui? Tu sentais pas qu'il y avait une charge mentale dans la vie?

Léane Labrèche-Dor : [00:27:31] Moi, je pensais pas que ça existait. Puis j'étais comme, je pensais que c'était une fausse représentation de. Puis j'étais comme « bon, c'est tout le temps un peu comme la mère à boutte, la mère pas correcte, les films, tsé », puis elle m’est rentrée dans le trout avec un poing américain de façon violente, puis elle existe. Elle est là. Moi, j'étais une fille qui sortait pas son recyclage pendant quand même douze semaines. Ça m'est déjà arrivé de passer des hivers complets à avoir comme une espèce de véranda fermée, à avoir accumulé ses sacs de recyclage. Puis là, je suis comme, j'ai acheté un tableau de plastique, bien, pour écrire dessus et puis effacer.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:11] Les tâches, les affaires. Il faut pas oublier telle affaire, sinon on va s'embourber.

Léane Labrèche-Dor : [00:28:15] J’ai acheté ça. Je suis de même, je suis rendue gossante. Puis tsé, c'est toutes des affaires que ça passe dans le cerveau d'une mère.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:24] Ça se fait tout seul.

Léane Labrèche-Dor : [00:28:25] Ça se fait tout seul avant. Puis la charge mentale, tout le monde va dire « oui, c'est sûr, c'est la mère qui l'a ». Le réel pouvoir, le super pouvoir d’une mère, c'est d'être capable de le nommer et de faire comme « eille, sais-tu Phil, prendrais-tu ce dossier-là s'il te plaît? » Mais la façon…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:40] Au moins c'est ça, de déléguer.

Léane Labrèche-Dor : [00:28:42] Oui, c'est ça. Mais la façon dont le cerveau puis le truc est fait, c'est de faire « le temps que je demande, que j'attende sa réponse, qu’il me dise si oui ou non, j'ai le temps de faire deux brassées, huit appels, puis je vais le gérer ce dossier-là anyway ». Tsé, ça se fait comme un peu naturellement.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:28:57] Une chose qui aide quand même, on en a parlé avec Phil, la garderie, toi ça s'est-tu bien passé, tu as-tu une place, tu es chanceuse. Ça, il faudrait que tout le monde en aille, parce qu’à un moment donné...

Léane Labrèche-Dor : C’était la jungle.

Phil Roy : [00:29:06] Oui, quelle chance, vous autres.

Léane Labrèche-Dor : [00:29:07] Écoute. Non, mais on a été harcelants, là. Moi, j'ai pilé sur plusieurs de mes valeurs humaines.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:14] Pour une place en garderie?

Léane Labrèche-Dor : [00:29:15] Ah oui, oui, oui. Pour vrai, genre, plusieurs soirées UFC à regarder certaines prises. [rires]

Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:21] Oui, je te comprends.

Léane Labrèche-Dor : [00:29:24] Écoute, j'ai usé de toutes les techniques de comme passer tous les jours à la même heure, devant faire des petits allô aux éducatrices dehors pendant la...

Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:33] Entreprise de séduction?

Léane Labrèche-Dor : [00:29:33] Oui, complètement. Mettre Milo dans un de ses plus beaux habits, aller jaser un peu dans la cour comme en sachant que c'est à cette heure-là que les parents arrivent, faire comme « ah c'est cool, on vient de déménager dans le quartier ». Puis écoute, j'étais à ça de demander à mon père de venir faire un tour avec moi, tsé.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:29:50] Je comprends. Mais c'est essentiel, là, voyons!

Léane Labrèche-Dor : [00:29:53] Puis ça a été long. Puis tsé, nous autres, on était comme… bien dans notre idée là, de ne pas travailler pendant un an, on avait cette idée-là, puis on s'était dit, tsé, à un an, on va commencer la garderie, tsé, mais on veut passer un an avec. Puis tsé, je m'étais inscrite à la Place 0-5 ans. Si vous cherchez quoi ne pas faire avec votre temps libre, allez passer du temps sur 0-5 ans.

Phil Roy : C'est important d'être inscrit dessus. Parce que tsé, c'est quand même important.

Léane Labrèche-Dor : [00:30:19] Parce que c'est la liste.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:20] Quand tu peux attendre un petit peu, le 0 5 ans là, le petit suit de marin que tu as mis à ton fils, il ne lui aurait plus fait.

Léane Labrèche-Dor : Non, non, non.

Phil Roy : Non, non, non, non, c'est ça. C'est ça.

Léane Labrèche-Dor : [00:30:27] Puis moi, je pensais naïvement...

Anne-Élisabeth Bossé : [00:30:28] J’ai décidé que c’était un suit de marin, que tu lui avais mis pour qu’il soit cute.

Léane Labrèche-Dor : [00:30:29] Bien, ça devait être un thème nautique, oui, à cause il adore les bateaux. Mais écoute, je pensais moi que… tsé, j'avais dit dans mon questionnaire 0 5 ans que je voulais qu’il commence vers 12 mois. Ça fait que moi, je pensais qu’admettons à onze mois et une semaine, la Place 0 5 ans m'appelait, faisait « sur les deux CPE que vous avez coché, celui-là vous accepte ».

Phil Roy : Tu en avais coché deux?

Léane Labrèche-Dor : C’est fucking cute!

Phil Roy : [00:30:53] Nous, on a coché là, tsé, on est game de déménager là.

Léane Labrèche-Dor : [00:30:57] Non, mais j'avais aucune idée de c’était quoi.

Phil Roy : [00:30:59] Je suis pas tant que ça attaché à Rosemont–Petite-Patrie, je peux regarder m’en aller à Baie-Comeau.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:00] Je peux aller en Ontario.

Léane Labrèche-Dor : [00:31:03] Mais si on me l’avait dit, Phil, je savais pas c'était quoi, personne m'avait dit. Fait que j'étais comme bien…

Phil Roy : Bien oui, je comprends.

Léane Labrèche-Dor : Fait que là, je cochais les deux que, tsé, je trouvais bien, pas loin de chez nous, qui se faisait à pied, et qu'il y avait de la verdure. Puis tsé, j'étais comme là dans mes critères. Puis là, à un moment donné, vers 10 mois, 10 mois et demi, quelqu'un fait comme « fait que tu as-tu appelé, tu as-tu? », fait que je fais « qu'est-ce que tu veux dire, j’ai-tu appelé? »

Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:24] Bien, tu as pas relancé.

Phil Roy : Il faut que tu relances, oui.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:27] Moi j'attends.

Léane Labrèche-Dor : [00:31:28] C’est moi qui appelle? Bien non, ça fait que là, ça a été mode panique. Puis là, j'ai coché évidemment plusieurs autres cases, puis tout ça. Et puis, écoute, ça a pris ça, le petit suit de marin avec…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:31:37] Ça s'est-tu bien passé la première fois? Ça a-tu été une séparation difficile?

Léane Labrèche-Dor : [00:31:40] Ah non, j'étais tellement contente qui commence. Pas parce que…

Phil Roy : [00:31:43] Il a commencé à quel âge?

Léane Labrèche-Dor : [00:31:44] À 14 mois. Puis, tsé, il y avait encore une fois cette culpabilité-là de faire comme « je suis donc bien contente qu’il commence, est-ce que c'est parce que j'ai l'impression que je me déloade de quelque chose? » La garderie, c'est vraiment pour eux. C'est pas pour nous, tsé. Ça crée des humains. Tsé, eux autres sont tannés à un moment donné aussi de juste voir les deux mêmes faces, sentir les deux mêmes odeurs, vivre dans les huit mêmes jouets, tout ça, tsé.

Phil Roy : « Bl-bl-bl-bl », c'est ça.

Léane Labrèche-Dor : [00:32:08] Là, j'ai parlé à d'autres mères. J'ai fait « tsé, vous, comment vous l'avez vécu et tout ça ». Puis ils étaient comme… il y en a qui l'ont vécu plus tough que d'autres, mais grosso modo, c'était… Mais c'est parce que les steps après ça que ton enfant fait te montrent donc à quel point, tsé, c'est vraiment bénéfique pour son développement social, moteur.

Phil Roy : [00:32:27] C’est fou. Même dans ces champs d'intérêt aussi. Aussi jeune qu’admettons nous autres, elle a commencé quand même tôt. Puis tsé, là, elle a quinze mois, là, mais je peux te dire qu'elle est plus fascinée par la musique et les instruments que par...

Léane Labrèche-Dor : [00:32:44] Les chevaux.

Phil Roy : [00:32:46] Oui, que par les animaux et la découverte de. Quand même au niveau de la personnalité, il y a des affaires qui s'élèvent de par, tsé, elle a un réseau social, là. C’est ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:32:56] Mais, ça élargit le spectre de plein d'affaires.

Phil Roy : Oui, vraiment.

Anne-Élisabeth Bossé : Qu'est-ce que tu aurais aimé qu'on te dise? Je ne sais pas si ça se demande?

Léane Labrèche-Dor : [00:33:04] Bien, moi, je t'avouerais que j'ai beaucoup de conseils non sollicités aussi.

Phil Roy : [00:33:09] Ça vient avec.

Anne-Élisabeth Bossé : Rien pantoute, finalement?

Léane Labrèche-Dor : [00:33:13] Non, rien. Mais en même temps, il aurait fallu qu'on me prévienne pour la Place 0 5 ans. Il aurait fallu que je le demande.

Phil Roy : Mais tu vois, c’est bon ça.

Léane Labrèche-Dor : [00:33:19] Mais tsé, j'aurais aimé ça qu'on m'en parle, de la culpabilité. J'aurais aimé ça qu'on me prévienne que ça allait être une espèce de… Parce que tout est fait avec amour, parce que tout est fait avec une volonté de, je le redis, j'ai eu le luxe de faire un enfant parce que j'ai décidé de faire un enfant. J'ai eu le luxe de faire un enfant parce que j'avais envie de faire un enfant avec cet homme-là. Fait que tsé, il y avait quand même beaucoup de positif, mais on ne m'avait pas prévenue que ce serait si difficile pour mon cœur, puis ma tolérance envers moi-même. Mais sinon, je pense que c'est ça, je sais pas, on dirait. Mets de l'argent de côté. Ça, on aurait dû me mettre ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:34:05] Ah oui, des économies tout le monde.

Phil Roy : [00:34:07] Je sais pas parce qu'on m'a dit tellement d'affaires. Puis tsé, moi, on dirait que, je sais pas, on aurait pas pu. Tsé, moi, je sais ce que moi je veux dire aux gens. Qu'est-ce que les gens auraient voulu…

Anne-Élisabeth Bossé : [00:34:20] Mais c'est bien, ça aussi. Qu'est-ce que tu dirais?

Phil Roy : [00:34:22] Mais moi, j'ai le goût de leur dire que c'est l'affaire la plus fantastique que j'ai jamais vécue de ma vie.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:34:26] Foncez, en cas de doute.

Léane Labrèche-Dor : [00:34:28] C’est l’affaire la plus fantastique.

Phil Roy : [00:34:29] Oui, puis tu vas te tromper 1000 fois, tsé. Puis déjà en seulement quinze mois, je me suis trompé énormément, mais rien à voir avec tout ce que ça m'amène. Fait que moi, on dirait que je veux parler du ratio, tsé, à quel point.

Léane Labrèche-Dor : [00:34:45] Non, c'est même pas comparable.

Phil Roy : [00:34:47] Tsé. Oui, oui, des fois tu es fatigué, tu es brûlé, mais on dirait que tout cet aspect-là qui peut être moins le fun est effacé. Tout ça, c’est moins le fun, c'est effacé par une mini-goutte. C'est diluable. C'est tellement concentré, cette affaire-là que, moi, je fais genre « eille, pour vrai, j'en voudrais mille », tsé comme.

Léane Labrèche-Dor : [00:35:13] Moi, la plus belle chose qu'on m'a dite en tout cas, c'est « ce n'est jamais des essais-erreurs, c'est juste des essais-essais ».

Phil Roy : [00:35:19] Oui, oui, oui.

Léane Labrèche-Dor : [00:35:19] Ça, j'ai vraiment aimé ça et j'ai fait « ah! Ça c'est smatte », parce que ça enlève la pression, tsé il y en a tellement de pression. Puis c’est jamais un échec, c'est jamais une erreur, c'est un être humain qui se développe et que c'est formidable. C'est formidable. Je pense que je suis une meilleure humaine, je pense, et je pense vraiment que ça me donne juste beaucoup plus de motivation à en devenir une. Pour moi puis pour les autres, tsé.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:35:46] Je me rappelle une auditrice de théâtre qui m'avait dit « ton enfant naît, tu as peur qu’il meure ». Je pense que je me sentirais coupable et j'aurais beaucoup, beaucoup peur. Puis, je pense beaucoup à ça quand je pense à avoir un enfant, mais j'aime beaucoup qu'on me ramène au côté de devenir une meilleure personne, apprendre des nouvelles affaires, et qu'on ramène le ratio fun. Parce qu'on parle, « eille, tu t'en vas en tournée, tu dois être chanceux, pas être chez vous pendant cinq jours ». Quelqu’un dit « non, j'aime ça être chez nous. Non, je l'aime ma fille ». Est-ce que tu aimerais rendre hommage à quelqu'un par rapport à ta parentalité? Est-ce qu’il y a quelqu'un qui te vient en tête, que tu voudrais dire merci?

Phil Roy : [00:36:15] Bien, tsé. Oui, c'est sûr qu'il y a plein de gens. Je pense que je peux pas dire merci à personne d'autre qu'à Virginie. Parce que tsé, souvent, tsé, c’est hot ce que les filles font, ce que les mères font. Moi, j'ai un respect et un amour sans fin pour les femmes, pour les mères par rapport à ma position de père, de c’est le plus beau cadeau que j'ai eu de ma vie. Fait que c’est ça.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:36:40] Ça va être le mot de la fin. Merci.

Léane Labrèche-Dor : Oui, c’est un beau mot.

Phil Roy : [00:36:44] Mais, je lui dis tellement souvent. Mais je lui dis tellement souvent. Souvent, souvent, souvent.

Anne-Élisabeth Bossé : [00:36:48] C'est moi qui va pleurer.

[TRANSITION]

[00:36:52 Bébé s’en vient…

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[GÉNÉRIQUE]

FIN DE TRANSCRIPTION

Anne-Élisabeth reçoit Phil Roy, épaté par l’expérience vécue depuis l’arrivée de sa fille. Léane Labrèche-Dor commente son parcours de maman et… le raz-de-marée de culpabilité qui guette parfois les parents. Au programme : rires, conseils et confidences.


Invités : Phil Roy et Léane Labrèche-Dor


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